Voici notre premier numéro en collaboration avec les Éditions
érès. Nous espérons que nous ne changerons pas trop vos habitudes. À année
nouvelle, nouvelle couverture et nouvelle présentation mais si l’habit change,
« prendre la mesure de l’humain » demeure, comme le reprend notre déclaration
d’intention.
Le Comité de rédaction a accueilli, en ce début d’année,
Blandine Ponet, Marie-José Roux et Paule Amiel.
Nous espérons que notre livre Penser les pratiques sociales, une utopie utile,
vous a intéressés et fait vivre ou revivre le chemin parcouru par
Empan ces dix dernières années. Des
échos favorables nous ont confortés dans notre démarche.
Des lecteurs nous ont adressé leurs réflexions suite à
l’explosion d’azf à Toulouse. Comme
annoncé, une rubrique y sera consacrée dans nos quatre numéros de
2002.
Les numéros d’Empan
sont toujours d’actualité dans cette année 2002. Plus particulièrement
L’Europe sociale, no 27, 1997, mais aussi
La vie associative, no 20, 1995, après le centenaire de la
loi de 1901. Les derniers travaux de Gilles A. Tiberghien :
Nature, Art, Paysage (Éd. Actes Sud)
et la parution de nombreux livres sur l’art environnemental rappellent ce que
nous avions abordé dans Expériences de la
ruralité, no 41,
2001 entre land art, écologie et lien social. Enfin,
Errance des jeunes, no 8, 1992, Nouvelles formes de délinquance juvénile,
no 32, 1998,
Délinquance Juvénile, no 44, 2001, posent, à quelques années
d’intervalle, toujours la question de la gestion par la société de la sécurité
entre approche éducative et répressive.
Noël n’est pas si loin pour vous rappeler l’arrivée des robots
de compagnie et le succès du robot-chiot AIBO. Après l’ère du robot ouvrier,
voici venus ces êtres artificiels dotés de sentiments. Avoir un robot pour ami
peut-il nous amener à enrichir nos relations sociales ? Avec ces entités de «
soi-disant vivants », les enfants d’aujourd’hui vont-ils redéfinir le domaine
et la forme de leur terrain de jeu pour les relations sociales de demain ? Le
débat est ouvert.
Il en est de même du chat, dernier salon où l’on cause. Les
internautes (65 % de garçons et 47 % entre 15 et 24 ans) y bavardent
virtuellement entre leurre et imposture, créant un nouveau langage et parfois
un réel sentiment de communauté d’où peuvent se dégager des rencontres
singulières mais aussi des rassemblements de chateurs. Qu’en pensez-vous ?
(Le Monde interactif du 17 octobre
2001, « Les nouvelles technologies »).
L’Arrêt Perruche est
toujours, à juste titre, au centre des polémiques. Deux livres posent de vraies
questions : celui de Nicole Diederich, Les
personnes handicapées face au diagnostic prénatal – Éliminer avant la naissance
ou accompagner, et celui de Danielle Moyse,
Bien naître, bien être, bien mourir – Propos sur
l’eugénisme et l’euthanasie, tous deux parus en 2001 aux éditions
érès.
Enfin, tout « pratiquant de l’aide sociale » se doit de lire
Les Naufragés avec les clochards de
Paris de Patrick Declerck. L’auteur procède à un nettoyage sans
concession, avec rigueur et humour du champ de l’aide sociale. À la fois
témoignage personnel, récit autobiographique et propositions d’avenir, il
distingue l’exclusion sociale du syndrome de désocialisation où le sujet se
détourne du réel pour chercher un apaisement dans un aménagement du pire. La
désocialisation constituant, en ce sens, le versant psycho-pathologique de
l’exclusion sociale (éd. Plon, Terre Humaine, 2001).
Voici quelques questions d’actualité qui, nous l’espérons, vous
inciteront à nous proposer vos propres réflexions et à en susciter de
nouvelles.
En attendant que ce projet se réalise, bonne lecture et à
bientôt.
Rémy Puyuelo