2002
EMPAN
Actualités
Rémy Puyuelo
Nous accueillons Marcel Drulhe de l’université de Toulouse-Le
Mirail. Il vient de nous rejoindre au Comité de rédaction.
Nous espérons que les élections vous laissent un peu de temps
pour lire. Les thèmes abordés par tous les candidats aux présidentielles et aux
législatives tournent autour de la sécurité. Cette surenchère politique et
médiatique est tout à fait inquiétante en désignant la jeunesse en difficulté
comme principale responsable de l’insécurité. Cela relève de l’irresponsabilité
et détourne des vraies solutions à mettre en œuvre. Entre répression et mesures
éducatives adaptées, quelle priorité à l’éducation ? Un éducateur pour cent
policiers, trois mille éducateurs en tout et pour tout dans le service public
de la pjj, deux cent trente
psychologues et autant d’assistants sociaux pour l’ensemble du territoire. Les
juges pour enfants ne sont que trois cent soixante-deux. En vingt ans, depuis
les lois de décentralisation, le nombre d’assistants sociaux de secteur a
dramatiquement chuté, les équipes d’éducateurs de prévention ont été décimées.
N’oublions pas, si réforme il y a de l’ordonnance de 1945, qu’elle privilégie
la réponse éducative par rapport à la répression et indique clairement son
objectif d’intégration sociale. Osons vraiment l’éducatif, donnons-lui les
moyens au lieu de dire qu’il ne marche pas (Pétition du syndicat des personnels
de l’Éducation surveillée – snpes –
contre l’enfermement des mineurs délinquants).
Éric Debardiaux, dans « L’oppression quotidienne » (rapport
remis à l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure) démonte un à un
les mécanismes de la violence pour comprendre comment un certain nombre de «
quartiers » en France s’arrangent avec la délinquance des mineurs. Notre numéro
44-2001, consacré à la délinquance,
indiquait clairement la complexité des démarches tant individuelles,
familiales, que sociales et témoignait d’un certain nombre d’expériences
positives.
Notre numéro « Malaises dans la famille » est en préparation.
Dans les médias, de nombreuses publications concernent ce sujet.
Le nouvel esprit de famille de
Claudine Attias-Donfut et Nicole Lapierre (Éd. O. Jacob, 2002) fait état « de
ce fonds d’idées et sentiments, plus ou moins dense, qui passe d’une génération
à l’autre et d’où procède une nouvelle culture familiale de solidarité ».
Ségolène Royal s’élève, elle, contre la maltraitance audiovisuelle qui pénètre
les familles et constate le désengagement de l’État, de sa responsabilité
éducative dans les médias. Une enquête de 1999 de l’insee montre la grande diversité de modes de
vie des Français : quarante-quatre mille pacs, un million sept cent mille
foyers de familles recomposées, âge tardif des grossesses, familles
monoparentales, célibataires (12 % de la population), allocation parentale
d’éducation (2 % d’hommes) et 63 % de jeunes de 20 à 24 ans et 20 % de jeunes
de 25 à 29 ans qui vivent chez leurs parents.
Je m’arrête là pour vous annoncer les numéros à venir
:
- « Le Groupe : le chaînon manquant », décembre 2002
;
- « Urgence d’enfance. Accueillir, observer, orienter »,
mars 2003 ;
- « Jeunesse et générations. Jeunesse et transmission », juin
2003 ;
- « Le sport adapté », septembre 2003.
Nous continuerons à publier vos témoignages autour d’azf cette année. Nous attendons toujours avec
intérêt vos remarques, propositions et écrits.
Bonne lecture.