Empan
érès

I.S.B.N.2749200563
160 pages

p. 57 à 64
doi: 10.3917/empa.046.0057

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Les éducateurs techniques spécialisés : quelles fonctions ?

no46 2002/2

2002 EMPAN Les éducateurs techniques spécialisés : quelles fonctions ?

Enjeux de l’alternance dans la formation des éducateurs techniques spécialisés

Antonio Cordente Martinez  [*]
À l’occasion des transformations actuelles de l’intervention sociale, la profession d’éducateur technique spécialisé doit s’affirmer davantage et mettre en œuvre de nouvelles compétences pour faire face aux missions qui lui sont confiées. L’éducateur technique spécialisé se situe à l’orée de deux champs, celui du social et celui de l’économique. Il a certainement à faire jouer, d’une nouvelle manière, son rôle de « passeur » de l’un à l’autre de ces champs. Dans le cadre d’un mémoire de Diplôme supérieur en travail social [1], j’ai fait l’hypothèse que l’alternance, dans la formation des Éducateurs Techniques Spécialisés, en termes d’apprentissage individuel et d’apprentissage organisationnel, dépend du travail de partenariat mis en place par les différents acteurs. Plus le travail de partenariat dans la formation des éducateurs techniques spécialisés sera formalisé et plus l’accompagnement de la formation par les acteurs de l’alternance aura des effets sur les apprentissages des apprenants et des organisations.
Cette recherche pose le problème de la formation des éducateurs techniques spécialisés et des buts poursuivis à travers elle. Il semble nécessaire de clarifier les rôles des différents acteurs présents dans la formation en alternance des éducateurs techniques spécialisés et de mettre en place des dispositifs qui favorisent leurs interrelations.
Pour vérifier cette hypothèse, j’ai rencontré différents acteurs, soit trois groupes de professionnels :
  • des apprenants en formation et des apprenants sortis récemment de celle-ci ;
  • des formateurs de terrain et des formateurs de centres de formation ;
  • des cadres pédagogiques des centres de formation et des cadres des établissements employeurs des éducateurs techniques spécialisés en formation. J’y ai également inclus les cadres du centre de formation des formateurs de terrain.
 
Schématisation de l’alternance actuelle
 
 
Le choix de tous ces professionnels a été déterminé par leur participation à la formation en alternance des éducateurs techniques spécialisés. Ce sont eux qui matérialisent le système et c’est à partir d’eux que des changements sont possibles. Ne sera présentée ici que la synthèse effectuée à partir de ces différents discours.
L’état actuel de l’alternance nous montre une juxtaposition. Les relations entre les organismes qualifiants sont peu visibles, l’apprenant de ce fait reste le seul lien entre les deux institutions. Ce qui ressort, ce sont les moyens mis en place pour assurer la formation. En effet, on voit bien qu’il n’y a que le projet pédagogique et le projet individuel et ce dernier n’est mis en place que lors du départ en stage.
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Objectifs, moyens et projet dans la formation en alternance
 
 
Dans cette action de formation en alternance, il est important de relever que la majorité des apprenants disent être à l’origine de leur propre projet individuel de formation. Des sept catégories de personnes interviewées, trois, dont les directeurs des établissements, ne connaissent pas ou connaissent mal les orientations de la démarche de cette formation en alternance. Concernant les moyens de l’action, cinq personnes sur sept n’ont pas su répondre ou donner des informations à leur sujet.
Le constat est révélateur du manque d’élaboration de cette démarche de formation. Celle-ci a besoin d’être explicitée, d’être traduite en visées précises à travers une démarche de reformulation et de confrontation à la réalité du terrain. Par ailleurs, elle aurait aussi besoin de médiation à travers les organismes de tutelle : « Un projet d’équipe implique la définition d’objectifs communs, une répartition de tâches, une gestion bien organisée et des concertations régulières. » (G. de Vecchi [2]).
L’élaboration de la démarche de formation en alternance privilégie le contenu à la méthode. Le projet de formation, au sens où je l’entends (conçu entre partenaires), est absent. Aucun centre de formation n’a pu me le fournir : il était soit en cours d’élaboration soit remplacé par des projets pédagogiques qui parlaient plus du programme de formation que des conditions, des objectifs et des moyens de sa réalisation.
Le projet de formation est pour moi l’élément fédérateur des deux organismes de formation : le centre de formation et le terrain des pratiques professionnelles. Leur point de jonction est l’apprenant ets qui va pouvoir se situer dans cet espace « entre deux » avec une identité propre puisque appartenant aux deux organismes et ce pendant toute la durée de la formation.
Alternance intégrative à travers un projet de formation globalIMGIMGAlternance intégrative à travers un projet de form...IMGIMF
Ce projet va être l’élément moteur puisque réalisé en étroite collaboration entre les partenaires de la formation en alternance.
De leur vision, leurs objectifs, leurs moyens, va découler une orientation de la formation qui intégrera la réalité des établissements employeurs tout en préservant la distance nécessaire du centre de formation afin d’assurer les enseignements requis. De ce projet vont aussi découler la répartition des tâches, l’engagement de chaque partie, avec ses propres moyens, et la nécessaire régulation afin que les acteurs soient informés des actions des autres.
Un projet de formation en alternance insuffisamment construit laisse une place de choix au centre de formation pour mettre en place ce qui lui semble le mieux convenir, sur un positionnement d’isolement, ce qui est paradoxal pour un participant à l’élaboration d’un projet en alternance. Celui-ci devrait être construit avec des partenaires dont la parole, actuellement, est peu entendue. L’anticipation des uns et des autres doit être traduite en actions précises, leurs désirs en stratégies, afin d’élaborer dans le consensus un projet de formation digne des deux organismes de formation.
Rompre cet isolement et faire des propositions mesurables semble être une priorité pour le projet de formation en alternance des éducateurs techniques spécialisés et cela ne pourra se faire sans la participation des partenaires, apprenants, et sans un dispositif de régulation qui les reconnaisse, les articule et les décentre de leur propre projet institutionnel.
Le projet semble donc être le talon d’Achille de la formation en alternance. En effet, on voit peu sa démarche d’élaboration à travers des objectifs communs, une répartition objective des tâches et une régulation bien organisée. Les intentions d’avenir qui doivent être formulées par le projet de formation, selon Michel Huteau, directeur de l’Institut national d’étude du travail et d’orientation professionnelle, ne sont pas assez définies. Le projet étant incomplet ou inexistant, il n’est donc pas étonnant de constater la non-implication des acteurs.
Le constat sur les orientations du projet de formation met à mal l’interaction entre les différents acteurs de l’alternance. Jean-Pierre Boutinet nous rappelle qu’un des prérequis est que « le projet se fonde sur une logique de l’interaction et de la négociation, en ce sens il s’inscrit dans une logique de recomposition du lien social [3]. » Cette logique interactive est aussi présentée par G. de Vecchi qui l’élargit même à la personne de l’apprenant : « Un projet n’est pas le projet de l’enseignant, de l’équipe pédagogique ou éducative. Il faut que les élèves soient partie prenante. Il est donc nécessaire que ceux-ci participent à son élaboration, sa gestion, sa régulation et son évaluation. On ne peut donc présenter aux élèves qu’un pré-projet [4]… »
Tout projet de formation doit répondre à une problématique sur le terrain : « Il n’y a pas de projet sans problèmes, sans questionnement et inversement, pas de problème sans projet, pas de questionnement sans une certaine intention de les résoudre [5]. » Il demande à être en relation directe avec la réalité des participants à l’alternance et à s’ouvrir sur l’environnement. Il semblerait que cet environnement soit relativement cloisonné par l’action des acteurs présents dans l’alternance : « Le projet s’inscrit dans une histoire et doit être le reflet d’un besoin, il doit être clair ; moins le projet est précis et plus les acteurs vont vers leur propre projet. Par contre plus le projet est fort, plus on va vers l’institutionnel [6]. »
L’importance de la participation de tous les acteurs à l’élaboration du projet est soulignée dans les discours recueillis ; certains se sentent écartés, d’autres pas considérés. Il est donc indispensable de repositionner l’ensemble de la formation au niveau du débat entre ses acteurs pour faire en sorte de le clarifier et de l’unifier dans une orientation précise : « Un groupe devient une équipe lorsqu’il y a constitution d’un véritable projet commun, avec des objectifs communs, une répartition des tâches, un passage de l’information et une régulation [7]. »
Le projet permet un passage à l’acte et favorise l’engagement de chacun des acteurs, ces derniers sont amenés à sortir de leurs propres logiques institutionnelles pour permettre de penser le projet. De ce fait et face à cette complexité, que faut-il privilégier ? Le projet pédagogique ? le projet individuel ? le projet collectif de formation ? Et ce dans quel cadre ? Réglementaire ? professionnel ? personnel ?
Le choix des pistes de réflexion n’est pas réduit. Cependant, c’est en équipe que ce choix va pouvoir être clarifié, afin de répondre aux nouvelles exigences voire aux nouvelles problématiques à travers la création des expérimentations : « Innover, c’est non seulement tirer parti de l’instabilité existante mais prendre le risque de l’accroître davantage, ce qui ne va pas sans provoquer des résistances [8]. »
À travers l’élaboration du projet de formation, on pourrait aussi poser la question de l’évolution des contenus de formation. Ceux-ci évoluent sur le plan des sciences humaines, quel choix faut-il faire afin qu’ils répondent au plus près aux besoins des apprenants ?
Il semble donc nécessaire de ne pas fermer la porte : prévoir l’imprévu peut être possible en laissant un espace vide dans le programme de formation afin que celui-ci puisse répondre à un besoin nouveau.
Les projets pédagogiques sont centrés sur la personne de l’apprenant et non sur le lien établi avec l’organisme employeur. Ils ne traduisent pas l’engagement des organisations et des acteurs dans la poursuite de celui-ci : « La réussite d’un projet implique un engagement personnel, même s’il n’a pas la même ampleur pour tous [9]. » En parallèle au projet pédagogique du centre de formation, il devrait y avoir un projet de terrain afin d’assurer un suivi et une ouverture sur les procédures institutionnelles. Il devrait être le témoignage de son engagement à former les apprenants, voire à prouver son identité en tant que lieu de formation.
 
Le partenariat et la mise en réseau des acteurs de l’alternance
 
 
Les positions exprimées par les acteurs semblent confirmer l’importance du partenariat, cependant celui-ci semble souvent réduit à des liens administratifs. En effet, l’insuffisance de visites sur le terrain et le manque de projets de formation apparaît de façon claire. De forts enjeux de pouvoir émergent entre le centre de formation et les établissements. Le partenariat ne réussit que lorsqu’il y a un projet fédérateur. Cependant, celui-ci est en difficulté car certains acteurs sur le terrain posent la question : « Quel projet ? ». Ou bien ils confirment l’idée qu’il n’y a pas de projet au sein de l’alternance. Est-ce dire qu’il n’y a pas de partenariat ?
Nous pouvons le dire en effet car il n’y a pas de partenariat sans un engagement clair de la part des acteurs autour de la production et la mise en œuvre des compétences. De plus, pour favoriser celui-ci, encore faut-il mettre en place une information, une sensibilisation et des instances de travail afin de permettre l’engagement des partenaires. Dans ce sens, le centre de formation a une réelle mission, celle de mobiliser les établissements employeurs autour d’un projet de formation, ensemble, entre acteurs égaux mais différents. Cette démarche d’élaboration s’inscrit dans un rapport de partenariat où la recherche de sens et d’efficacité va être un des moteurs de la formation. Pour cela, la définition des objectifs, le partage des rôles, la prévision des moyens et l’explicitation des évaluations semblent être des incontournables pour définir le type, les moyens du partenariat et combler le déficit constaté sur le terrain au niveau du travail en commun.
La présence des établissements employeurs est nécessaire pour la formation en alternance. Ils ne peuvent être réduits à un terrain de stage, l’essentiel étant de se compléter et non pas de se substituer l’un à l’autre, chacun devant pouvoir garder sa propre place. Le partenariat est perçu comme difficile par les acteurs. Pourtant, être partenaires c’est faire l’effort de partager le pouvoir de former, en sachant que cela peut contribuer à réduire le décalage entre la formation et l’évolution des terrains professionnels et donc accroître les compétences des uns et des autres. Le partenariat résulte de l’intérêt posé en vue d’acquérir des compétences apportées par l’autre. Dans ce sens, les établissements employeurs, vu le peu de reconnaissance de la formation pédagogique sur le terrain, à travers ce projet de formation en alternance, trouveront des raisons identitaires en tant que lieux de formation, favorisant de ce fait leur propre identité en tant que sites qualifiants.
Par ailleurs, les centres de formation trouveront aussi des raisons d’adaptation de leur programme de formation, des ouvertures en termes de recherche et d’enrichissement, de travail collectif.
Selon Élisabeth Witasse [10], la relation de partenariat se décline comme une relation de partage, une notion de travail en commun. Cependant, pour arriver à occuper une telle position, il faut partir de l’abandon de sa toute-puissance pour reconnaître ses points faibles et les ériger en terme de forces d’association. Reconnaître ses limites, ses incompétences, ses incapacités, c’est s’ouvrir à l’aide des autres, c’est trouver des compromis qui renforceront les capacités des uns et des autres. Pour cela, Odile Ferrara [11] nous ouvre la voie à travers une meilleure connaissance réciproque, un plus large réseau d’appui et la recherche de la complémentarité entre les acteurs.
Les textes réglementaires reconnaissent le centre de formation et les établissements sur le plan du partenariat. La reconnaissance est plus difficile entre les acteurs eux-mêmes : « Cela implique que les établissements ou services soient reconnus à la fois comme des lieux producteurs de modèles professionnels identificatoires mais également comme des lieux de production de savoirs [12]. » Le but du partenariat est l’exécution d’une commande sociale entre le sommet et la base. Celui-là peut renforcer les positions des uns et des autres, afin de contribuer plus activement à la formation en alternance des éducateurs techniques spécialisés. Des propositions cherchent à modifier le système actuel, à savoir plus de partenariat, plus de présence dans le projet de formation. Les fondements de l’alternance demandent à être revisités.
En termes de modalités, l’apprentissage du partenariat peut commencer dès la formation, entre apprenants, autour d’un projet, d’un thème, d’une rencontre. L’objectif visé, c’est la production de projets et la recherche d’équilibre dans le savoir transmettre, entre théorie et pratique. L’analyse des situations rencontrées sur le terrain peut être en grande partie facilitée par le partenariat. Le cadre des politiques sociales semble aussi devoir être analysé afin de mieux s’inscrire dans la commande sociale et s’appuyer sur l’expérience acquise des professionnels sur le terrain.
Le partenariat ne pourra pas faire l’économie de la reconnaissance de tous ses acteurs et en particulier celle du formateur de terrain. Cela ne se fera pas non plus d’un coup de baguette, il sera nécessaire de réguler afin d’admettre sa propre différence. Pour cela, il faudra s’aider de dispositifs de régulation et c’est ensemble qu’il faudra les trouver. Dans tous les cas, développer le partenariat, c’est développer l’occasion de réfléchir ensemble, c’est aussi développer le travail en commun.
En conclusion, les acteurs de l’alternance semblent dire : rencontrons-nous et nous aurons de quoi parler et faire ensemble !
La mise en réseau du travail social entre établissements et avec les centres de formation reste encore à construire car six personnes interviewées sur sept témoignent d’un manque de lien. Sur le plan européen, les choses s’améliorent mais très légèrement. Les mieux lotis sont les apprenants qui, par le biais des voyages d’études et des échanges transnationaux, sont au contact de cette réalité. Par contre, aucun des directeurs d’établissements ne témoigne d’une démarche dans ce sens.
Concernant les éducateurs techniques spécialisés, il faut noter une tendance du champ social à l’isolement, au manque de travail en relation avec les autres. Ces relations, E. Lazega [13] nous les décrit comme pouvant être spécifiques : « De collaboration, de soutien, de conseil, d’échanges et [elles] semblent être construites selon des canaux non formalisés ». Ce système structuré peut jouer le rôle d’intermédiaire entre l’individu et la société, entre un projet et sa réalité. Dans le cadre de l’alternance, il peut avoir pour fonction de créer du lien entre les membres de sa propre communauté.
Parler de la formation en alternance est à la fois simple et compliqué. Simple car elle est un système pédagogique dans lequel la socialisation de l’apprenant ainsi que sa professionnalisation se construisent en parallèle. Compliqué parce que parler de l’alternance, c’est tenir compte de toutes les contraintes organisationnelles, pédagogiques et ce, à travers des finalités individuelles et collectives. Le constat que l’on peut faire est que l’alternance est à encourager, à construire, sinon à reconstruire. Elle est un enrichissement pour ses acteurs du fait de l’implication des deux secteurs professionnels, théorique et pratique ; cependant, leur articulation ne peut se faire que dans le cadre d’un projet. Dans tous les cas, elle est l’illustration du lien social, établi ou à établir, entre ses partenaires. Les rapports organisationnels que l’on retrouve au sein de l’alternance sont complexes, le travail d’équipe est difficile à mettre en place, ces rapports étant centrés autour de la notion de pouvoir.
Ce pouvoir est à relativiser en faisant circuler les informations, en organisant l’élaboration collective et en mettant en place des dispositifs pour la gestion de la rencontre des partenaires, pour la gestion des conflits. En ce sens, le centre de formation peut jouer un rôle important en devenant l’élément moteur de l’alternance en tant que lieu fédérateur des établissements employeurs.
Nous avons dit qu’il n’y avait pas d’alternance sans projet : celui-ci est la clé de voûte du système pédagogique. Des conditions doivent être mises en place afin de le faire émerger. Le projet de formation doit cesser d’être centré sur la personne de l’apprenant pour se recentrer sur le système de l’alternance car tout le système peut être apprenant ; cependant dans celui-ci on peut, ensuite, se recentrer sur l’apprenant à travers le projet individuel. Le projet améliore non seulement la reconnaissance mutuelle des partenaires mais il contribue à la problématisation des situations du terrain afin de les soumettre au travail d’élaboration théorique. Si l’on peut dire qu’il n’y a pas d’alternance sans projet, on peut dire aussi qu’il n’y a pas d’alternance sans partenariat. La difficulté qu’il y a à l’établir, c’est tout d’abord de soumettre au débat les relations de pouvoir établies sur le plan organisationnel afin de les éclairer et les orienter vers l’élaboration du projet de formation. Ces relations de partenariat peuvent être formalisées afin d’être conduites vers la recherche d’efficacité du système pédagogique de l’alternance.
Cependant, être partenaires, cela ne veut pas dire se couper des autres, professionnels ou scientifiques, sur le plan relationnel. Bien au contraire car travailler en réseau paraît être de plus en plus nécessaire et la période de formation peut déjà être le lieu qui formalise ces rencontres, d’abord entre les promotions d’apprenants, ensuite avec les professionnels et entre les professionnels.
L’efficacité et la réussite des formations en alternance dépendent de l’implication des organismes de formation, des entreprises, de leur capacité à conjuguer leurs efforts et à coordonner leurs actions autour et avec les apprenants. Alterner, c’est se confronter à deux mondes différents tout en recherchant leur mise en relation, en articulation. Le formateur apparaît comme un médiateur qui va gérer des situations et des comportements afin de les rendre cohérents et efficaces dans la recherche d’une meilleure professionnalisation. Un aspect est cependant à souligner : on n’est pas dans la reproduction du système mais plutôt dans la mise en situation de problématiques et dans leur élaboration théorique. C’est l’évolution du système sur le plan des pratiques professionnelles qui est donc recherchée.
En somme, chaque situation professionnelle est une nouvelle situation de recherche, à laquelle il va falloir être attentif afin d’élargir les connaissances que l’on peut en retirer et de les généraliser à tous les apprenants. Apprendre à apprendre semble être le socle sur lequel tout nouvel apprentissage pourra s’appuyer, d’autant plus que l’évolution de la société et celle du travail social nous confrontent tous à l’acte d’apprendre, toute la vie durant.
Les problématiques changent, les méthodes d’approche aussi, nous pouvons tous nous considérer comme des apprenants, au sein des institutions comme dans les centres de formation. C’est peut-être à ce prix que les professionnels du travail social trouveront des nouvelles réponses pour les usagers et pour leur propre épanouissement.
 
NOTES
 
[*]Éducateur technique spécialisé, formateur à l’irfces, avenue du Général De Croutte, 31100 Toulouse.
[1]A. Cordente Martinez, Apprendre, enjeux et stratégies de l’alternance dans la formation des éducateurs techniques spécialisés, mémoire de dsts, université Toulouse-Le Mirail 2002.
[2]G. de Vecchi, Aider les élèves à apprendre, Paris, Hachette livre, 2000, p. 208.
[3]J.-P. Boutinet, Sciences humaines, n° 39, 1993.
[4]G. de Vecchi, op. cit., p. 208.
[5]J.-P. Boutinet, « Pas de projet sans problèmes. Les leçons de l’étymologie », Cahiers de l’Actif, n° 266-267, Montpellier, p. 101.
[6]G. de Vecchi, op. cit., p. 72.
[7]G. de Vecchi, op. cit., p. 228.
[8]J.-P. Boutinet, op. cit., p. 102.
[9]G. de Vecchi, op. cit., p. 208.
[10]É. Witasse, Le partenariat, enjeux, en jeu, en je…, rencontre-débat, les 9 et 10 janvier 1998, Montauban.
[11]O. Ferrara, Le partenariat, enjeux, en jeu, en je…, rencontre-débat, les 9 et 10 janvier 1998, Montauban.
[12]G. Moussu, « L’alternance dans les formations éducatives et sociales », Le nouveau mascaret, n° 28, octobre 1994, p. 49.
[13]E. Lazega, « Analyse des réseaux et sociologie des organisations », Revue française de sociologie, volume xxxv, 1994, p. 293-320.
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[7]
G. de Vecchi, op. cit., p. 228. Suite de la note...
[8]
J.-P. Boutinet, op. cit., p. 102. Suite de la note...
[9]
G. de Vecchi, op. cit., p. 208. Suite de la note...
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