Empan
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I.S.B.N.2749200571
158 pages

p. 89 à 94
doi: en cours

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Adoption et procréation assistée

no47 2002/3

L’infécondité met à l’épreuve le désir d’enfant et oblige à penser la filiation, et ce dans une situation douloureuse de perte. La stérilité est vécue comme une castration traumatique, une blessure narcissique impliquant des deuils à faire, une remise en question profonde de l’image de soi et de sa place dans la lignée transgénérationnelle. Au regard de la filiation, quelle est la pertinence des propositions médicales, sociales et légales fournies aux couples inféconds et quels sont les effets de sens induits par les protocoles médicaux et les textes de loi réglementant le recours aux amp pour procréer ?
L’amp (aide médicale à la procréation) rassemble toutes les techniques rendant possible à des personnes hypofertiles ou stériles la conception d’un enfant. Progrès de la science de mieux en mieux maîtrisés, ces techniques permettent d’utiliser le potentiel biologique de sujets chez qui il est extrêmement réduit ; depuis la « simple » insémination à la fécondation in vitro (fiv), avec, éventuellement, micro-injection d’un spermatozoïde dans l’ovocyte (icsi), les amp permettent aussi de concevoir un enfant grâce à un don de gamètes.
Leur existence, prévue pour remédier à l’infertilité des couples et être une alternative à l’adoption, a vu leurs applications élargies à d’autres situations, comme celle des couples sérodifférents et des couples dont le mari est transsexuel. En France, la loi réserve les amp aux couples en âge de procréer naturellement : sont donc exclues les femmes ménopausées et les homosexuelles demandant un don d’ovocyte ou un don de sperme.
Modifiant le mode de filiation selon un cadre limité par la loi, les amp sont source de recherches et de décisions à un niveau psychologique, éthique et légal. La rencontre entre l’espace intime du couple et l’espace public, social, médical précède la conception de l’enfant et trame le réseau de sens désignant sa filiation. À partir de là, le questionnement sur les filiations particulières se noue autour de points essentiels qui sont :
  • la part du biologique ;
  • le secret sur les origines ;
  • l’anonymat des donneurs de gamètes.
Travaillant dans un centre de stérilité masculine associé à un cecos (centre d’études et de conservation des œufs et du sperme humain), je suis amenée à rencontrer les couples hypofertiles demandant une amp (iac, insémination avec le sperme du conjoint, fiv, icsi), mais je m’appuierai essentiellement sur mon expérience auprès des couples ayant recours à l’iad (insémination avec donneur) pour cette réflexion sur les filiations particulières, puisque, dans ce cas, l’accès à la paternité nécessite l’intervention d’un tiers dans le couple : tiers donneur, tiers institution.
 
L’incontournable confrontation au biologique
 
 
La mise en œuvre de techniques d’amp de plus en plus pointues donne à penser que l’aspect biologique des liens de filiation mérite d’être privilégié, au prix d’un investissement médical et financier important. La butée sur le réel du biologique illustre bien l’impasse des élaborations psychiques sur la filiation, tant à un niveau individuel que collectif. On constate que les progrès de la biologie médicale permettent à la fois d’authentifier une filiation grâce au codage génétique et de donner une descendance à des hommes et des femmes qui, faute de gamètes, ne peuvent pas se reproduire.
Depuis 1994, les lois de bioéthique règlent tous les possibles offerts par la médecine et légitiment des filiations en l’absence de liens biologiques entre parents et enfants. Ainsi, dans le même temps où la paternité peut être biologiquement prouvée grâce à des tests génétiques, l’anonymat des donneurs de gamètes exclut des liens de filiation la part du lien biologique, prouvant ainsi que des liens de parenté peuvent être reconnus légalement sans que soit prise en compte la transmission génétique.
L’insémination avec donneur (iad), mode de procréation bi-face, légitime donc une filiation paternelle hors lien biologique tout en permettant l’accès à une filiation maternelle naturelle, tout à fait légale et morale puisqu’elle se construit sans adultère. Il est cependant à noter que la relation au biologique se manifeste, dans les cecos, par le choix d’attribuer les paillettes de sperme en faisant correspondre les groupes sanguins et les caractères morphologiques des donneurs avec ceux des futurs pères.
C’est la visualisation d’une filiation biologique qui guide, en partie, le choix des couples vers le don de gamètes ou l’adoption, évaluant selon ce critère leur place l’un par rapport à l’autre et par rapport à l’enfant, ainsi que leur image à l’égard de l’entourage :
  • avec l’adoption, « on sera à égalité tous les deux par rapport à l’enfant », les femmes disant : « Avec l’iad, l’enfant ne sera que de moi » ou « L’enfant ne sera pas de lui mais d’un autre ». Et aussi : « Tout le monde saura que l’enfant n’est pas de nous, mais personne ne saura lequel de nous deux est stérile » ;
  • avec l’iad : « L’enfant sera au moins de l’un de nous deux », le don venant alors faire raccord dans la rupture de la transmission génétique. Et le plus important, exprimé à travers différents énoncés : tout est organisé de telle façon que le secret sur les origines de l’enfant, et donc sur la stérilité, soit totalement garanti.
En privilégiant ainsi, à travers l’importance des moyens offerts aux couples inféconds, la transmission biologique, on fait dépendre la filiation de la génétique et non de la généalogie, mais, sans doute, ce point d’ancrage au réel est-il nécessaire, du moins à certains, pour s’approprier vraiment l’enfant et lui donner sa place dans une filiation imaginaire.
L’option de lever le secret sur les origines met lui aussi l’accent sur le biologique puisque c’est sur ce point que porte la révélation. Pour le docteur Didier David (dans le Quotidien du médecin du 28 février 2001), « la position de certains “psys” en faveur d’une révélation systématique est critiquable car elle va dans le sens du primat du réel du biologique dans la filiation et met au deuxième rang la filiation narcissique ».
 
Le secret sur les origines
 
 
Le secret sur les origines de l’enfant né d’une amp avec don de gamètes est organisé par la loi de bioéthique du 29 juillet 1994, où on peut lire :
  • Article 311-19 : « En cas de procréation médicalement assistée avec tiers donneur, aucun lien de filiation ne peut être établi entre l’auteur du don et l’enfant issu de la procréation » ;
  • Article 311-20 : « Les époux ou les concubins qui, pour procréer, recourent à une assistance médicale nécessitant l’intervention d’un tiers donneur, doivent préalablement donner, dans des conditions garantissant le secret, leur consentement au juge ou au notaire, qui les informe de la conséquence de leur acte au regard de la filiation. Le consentement donné à une procréation médicalement assistée interdit toute action en contestation de filiation ou en réclamation d’état, à moins qu’il ne soit soutenu que l’enfant n’est pas issu de la procréation médicalement assistée ou que le consentement a été privé d’effet. »
Ainsi, la loi aménage la reconnaissance légitime de l’enfant avant même sa conception, s’assurant qu’un enfant ne puisse naître sans avoir deux parents légaux.
De leur côté, les « psys » veillent à ce que les couples inféconds trouvent la capacité psychique de se situer dans une transmission imaginaire, symbolique – et non biologique – de la filiation.
La stérilité redistribue les cartes des enjeux narcissiques et œdipiens engagés dans le désir d’enfant. Le recours au don de gamètes ou à l’adoption, le choix de garder ou non le secret sur le mode de conception renseignent sur les blessures narcissiques et la problématique œdipienne de chacun. Le choix du secret, posé comme un acte face au traumatisme, est à prendre comme un signal de l’inélaborable de la situation de deuil et des effractions subies. Dans un même mouvement, les couples revendiquent le droit à l’enfant et le droit au secret dans une tentative de renarcissisation, de réparation de leur fertilité et de leur intimité mise à mal : « Ça ne regarde que nous, ça nous appartient, on verra plus tard, les gens sont méchants, les enfants sont méchants entre eux, vous ne connaissez pas ma mère, elle est bavarde, tout le village sera au courant, chez nous c’est petit, tout se sait… »
Le besoin de secret va souvent de pair avec la honte et la peur du rejet :
  • du côté de l’homme, il s’agit d’un fort sentiment de dévalorisation lié à l’atteinte de sa virilité (car même en déconfusionnant virilité et fécondité, l’homme se voit contraint à la passivité dans la conception de son enfant), à la peur de s’entendre dire un jour : « Tu n’es pas mon père », alors que le recours à l’iad lui permet d’oublier sa stérilité, l’empêchant du même coup de faire le deuil de sa fertilité ;
  • du côté de la femme, il s’agit de protéger son mari parce qu’elle-même le trouve diminué : elle préfère faire croire que c’est elle qui a des problèmes de fertilité. Elle souhaite surtout être comme les autres femmes et ne pas donner à son père l’occasion de lui dire : « Tu n’as pas pu te trouver mieux comme mari ? »
L’argument souvent avancé de protéger l’enfant (ou les parents du couple) est une projection des souffrances enkystées, d’un fort sentiment de dépréciation et de l’importance de la fantasmatisation autour de l’adultère, de l’inceste, que le secret – faute d’une élaboration psychique suffisante – est seul à pouvoir maintenir à distance. Le secret est donc le révélateur d’une impasse psychique où l’acte et le déni empêchent l’accès à la conflictualisation et au refoulement.
Après de longues années de culture du secret, les cecos ont largement modifié leur discours institutionnel dans le sens de l’intérêt de la levée du secret, dans la mesure où elle permet une égalité et une différenciation des rôles du père et de la mère et, surtout, où elle garantit que deux parents assurent psychiquement et dès l’origine la conception de l’enfant (puisqu’il est évident que le donneur ne tient pas le rôle de parent).
Si le secret permet à certains couples de préserver une intimité largement mise à mal par les pratiques d’amp, ne pas le garder permet d’accéder à une représentation psychique de la filiation en se dégageant d’une dépendance trop étroite à la réalité du don. Reconnaître sa stérilité, son manque, permet de mieux aborder le deuil de sa fertilité et de s’approprier un nouveau projet d’enfant où chacun trouvera sa place dans la lignée transgénérationnelle, au lieu que l’enfant soit essentiellement l’objet d’investissements narcissiques importants.
 
amp et transgression
 
 
Cependant, il est difficile d’imaginer informer son enfant de la particularité de son origine biologique si le recours à l’amp est vécu comme une transgression. Le bébé ne se fait plus à deux mais à trois : le tiers institution, massivement présent à travers la loi, les lourdes contraintes de la technique, le sentiment d’assujettissement au pouvoir qui donne ou non l’accord pour l’amp ; le tiers donneur, déjà père, forcément puissant, et ce d’autant plus que le secret sur la conception est maintenu avec l’idée que le donneur est le « vrai » père.
Le fantasme de vol est parfois présent. Une patiente s’inquiète : « Que peut penser le donneur ? Pourra-t-il nous retrouver ? Le mieux est de ne rien dire. »
Il faut noter que, dans les entretiens psychologiques, rares sont les couples pouvant exprimer spontanément un quelconque sentiment de reconnaissance à l’égard des donneurs ; le discours général va dans le sens de l’effacement du donneur : « Le donneur, on n’y pense pas, personne ne saura jamais, et quand l’enfant sera là, on oubliera comment on l’a eu. » Le sentiment de la légitimité de leurs revendications au « droit à l’enfant », le maintien du secret sur la conception et l’anonymat imposé par la loi concourent à occulter la valeur du don. À moins que le sentiment de dette soit annulé par le fantasme d’un donneur profitant lui-même de son don à travers une satisfaction narcissique ? En revanche, la notion de dette apparaît en lien à leurs parents, à eux-mêmes, à leur enfant (l’enfant imaginaire conçu à deux et qui, là, sera au moins « à moitié » d’eux), dans leurs efforts à aller jusqu’au bout des possibles autorisés : « au moins, on n’aura rien à se reprocher », disent-ils, laissant voir combien l’utilisation de leur patrimoine génétique est important pour eux et combien la conception de leur enfant grâce à un don de gamètes vient faire un raccord dans la rupture de la filiation biologique.
La procréation réalisée en dehors de relations sexuelles, d’un rapproché fusionnel à deux, et avec l’intervention d’un tiers entraîne aussi un sentiment de transgression et de défaillance ; même quand il s’agit d’iac (insémination avec sperme du conjoint), une partie des couples préfère ne rien en dire : l’homme perd là aussi son rôle actif, et la femme pense là aussi que les femmes qu’elle connaît n’accepteraient pas de passer par « ça ».
 
L’enjeu de l’anonymat
 
 
La loi de bioéthique du 29 juillet 1994 précise :
  • Article l.655-14 : « Le donneur ne peut connaître l’identité du receveur, ni le receveur celle du donneur. Aucune information permettant d’identifier à la fois celui qui a fait don d’un élément ou d’un produit de son corps et celui qui l’a reçu ne peut être divulguée. Il ne peut être dérogé à ce principe d’anonymat qu’en cas de nécessité thérapeutique. »
  • Article l. 575-11 : « Le fait de divulguer une information permettant à la fois d’identifier une personne ou un couple qui a fait don de gamètes et le couple qui les a reçus est puni de deux ans d’emprisonnement et de 200 000 francs d’amende. »
La loi insiste mais n’explique pas. On peut seulement constater que le don de gamètes est assimilé à tout don de produit humain : gratuité et anonymat. De plus, la loi interdit de ce fait la réalisation de tout inceste – dans la réalité mais non dans le fantasme – puisque les dons à l’intérieur de la famille sont interdits.
À qui, à quoi, l’anonymat est-il nécessaire ? Une réflexion sur l’anonymat est clôturée d’emblée par deux énoncés essentiels et irréductibles :
  • le secret sur les origines ne peut être levé que si l’anonymat existe ;
  • sans anonymat, pas de donneur.
Chacun des partenaires du trio concerné dans la procréation par don de gamètes se retrouve dans ces énoncés :
  • le donneur, qui veut être sûr que personne ne viendra un jour « sonner à sa porte » ;
  • les couples receveurs, qui craignent de voir un jour leur enfant rechercher son « vrai » père, et même – mais c’est plus rare – que le donneur puisse s’intéresser à l’enfant ;
  • les cecos, dont le fonctionnement dépend du maintien de l’anonymat et dont le discours dominant ne va pas dans le sens d’un débat sur ce sujet. La part réservée au secret semble devoir demeurer.
Une confusion apparaît entre don de gamètes et don d’enfant. Le réel du biologique reste le point d’achoppement d’une élaboration sur les liens de filiation par iad, support de toute une fantasmatisation concernant l’enfant, liens au nœud desquels l’anonymat des donneurs fait tache aveugle.
Pour quelle fonction la question de l’anonymat doit-elle rester intouchable, inélaborable, dans le travail avec les couples et les équipes des cecos ? L’impensable de la raison d’être de l’anonymat concerne-t-il la part irréductible du mystère des origines de la scène primitive, lieu refuge pour un refoulement individuel et institutionnel des fantasmes des origines ?
Le questionnement sur le don d’embryon est peut-être le chaînon manquant à une élaboration sur le couple secret-anonymat. Il est important de considérer que les embryons pouvant faire l’objet d’un don sont issus soit d’un projet parental ayant abouti (grâce à une fiv, un ou des enfants sont nés, il reste des embryons congelés que les parents ne souhaitent ni utiliser ni détruire), soit d’un projet n’ayant pas abouti, du fait de l’atteinte de la limite d’âge ou autre événement. Deux histoires se juxtaposent : celle du couple ayant conçu les embryons et celle du couple les recevant.
De quelle filiation s’agit-il alors ? Dans quelle histoire s’inscrit celle de l’enfant ? L’anonymat, dans ce cas, est-il requis, comme pour tout don de produit humain ou par assimilation à l’accouchement sous X et à l’adoption plénière ?
Quelle vérité dire à l’enfant sur son origine, sans le blesser ? Parmi les vérités possibles, quelle est celle qui le concerne ? Certes, dans tous les cas, dire n’empêche pas les non-dits et toute l’ambiguïté du dire. Par l’anonymat, la loi crée – dans la réalité – une coupure entre l’origine biologique et la représentation psychique de la filiation dans sa dimension imaginaire, soulignant du même coup l’indicible de la scène primitive, organisatrice pour chacun – mais là, il y a division entre la part inconsciente, nécessaire et inévitable, et la part cachée, savoir détenu par une institution. On peut constater que chaque fois qu’une filiation s’établit en dehors d’une transmission biologique, la loi organise un secret, et qu’une élaboration sur la nécessité de l’anonymat est encore à venir.
 
Avoir un enfant… passionnément !
 
 
En effeuillant la marguerite du désir d’enfant, c’est bien sur « passionnément » qu’il est juste de s’arrêter dans le cadre de l’amp. Non que le désir d’enfant soit là plus fort, mais il est plus éprouvé : bien souvent, il semble se perdre au long des années de lutte pour réaliser le projet d’enfant. Et c’est bien de passion qu’il s’agit, c’est-à-dire de supporter, de subir, de souffrir, de patienter, d’investir de façon quasi exclusive dans ce projet d’enfant. C’est aussi la passion mise pour résister au discours institutionnel, pour préserver l’intimité, pour maintenir le droit au secret. Leur force est dans cette quête identitaire : l’arrivée de l’enfant leur permettra – pensent-ils – de reconstruire une bonne image d’eux-mêmes, de devenir parents, c’est-à-dire comme les autres, comme si rien n’était arrivé, de retrouver une cohérence dans leurs repères identificatoires et leur place dans la lignée. Même si, comme me le dit tristement un homme ayant recours à l’iad, « je ne pourrai pas lui montrer la photo de son grand-père » : l’acceptation d’un don, la conscience du non-fondé d’un secret sur les origines n’excluent pas la persistance d’un lien imaginaire au donneur ; on peut facilement imaginer l’importance de l’investissement narcissique et œdipien dont l’enfant sera l’objet. Quoi qu’il en soit, dans la construction des liens de filiation, la projection et la butée sur le biologique dépendront de l’histoire de chacun et de sa capacité d’élaboration.
Passion aussi chez l’équipe soignante impliquée à différents niveaux dans cette « scène primitive médicalement assistée » (comme il devient commun de l’appeler) confrontée à son propre rapport à la filiation, à la sexualité, dans cette intimité partagée avec les couples. Passion témoin des enjeux œdipiens de chacun dans ces filiations particulières.
 
NOTES
 
[*]Huguette Jordana, psychologue-psychothérapeute, centre de guidance infantile, arseaa, 27, rue Ingres, bp 1, 31901 Toulouse cedex ; psychologue, centre de stérilité masculine, hôpital La Grave.
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