Empan
érès

I.S.B.N.274920058X
152 pages

p. 141 à 142
doi: en cours

Veille sur la revue
Vous consultez

Lectures

no48 2002/4

Peut-être connaissez-vous la revue Contraste : enfance et handicap, numéro 15/16, 2e semestre 2001, vous donnera un exemple des efforts poursuivis depuis huit ans par ses animateurs pour explorer toutes les complémentarités autour de l’enfant handicapé.
De nos jours, les approches parcellaires deviennent insuffisantes dans la compréhension du développement de l’enfant en général, et en particulier dans la prise en charge de l’enfant handicapé ou en difficulté : camsp, intersecteurs infanto-juvéniles, pmi, réseaux, sessad, tous s’organisant de plus en plus dans la transdisciplinarité. Contraste a l’ambition de promouvoir, d’accompagner ce mouvement, à la fois sur le plan théorique et sur le terrain, au quotidien.
L’Association nationale des équipes contribuant à l’action médico-sociale précoce (anecamsp) publie donc son dernier numéro sur « L’enfant handicapé entre la pédiatrie et la psychanalyse », actes des Journées d’étude qui se sont déroulées à Paris les 29 et 30 mars 2001, qui ont rencontré suffisamment de succès pour que Contraste envisage une publication à son sujet.
L’équipe de rédaction a sollicité, parmi les auteurs, ceux qui pouvaient apporter des informations ou un éclairage utile et parfois nouveau sur ce double regard pédiatrique et psychopathologique (Bernard Golse), qui est à la fois l’originalité et le quotidien de l’intervention précoce dans les troubles du développement et dans la clinique du handicap (ou du risque de handicap). Les rapports de méfiance, d’incompréhension, voire d’irréductibilité entre les deux disciplines, presque aussi récentes l’une que l’autre, sont bien connus et d’ailleurs mentionnés dans plusieurs articles de ce numéro, mais ils évoluent favorablement. Louis Vallée défend la nécessité d’une approche rigoureuse neuropédiatrique et pédopsychiatrique, tandis que, dans le même registre, Nicolas Georgieff soutient la position précédente, mais à sa manière, en montrant comment la recherche exclusive du pourquoi représente un réductionnisme tout aussi inacceptable intellectuellement que la recherche isolée du comment.
Cet accord presque parfait pourrait nous servir de modèle. Sur une symptomatologie, on le voit bien polyfactorielle, comment ne pas discerner la complémentarité des deux approches. Il ne s’agit pas de trouver une explication unique mais d’aider un enfant sur les versants de son développement. L’unité théorique n’est sans aucun doute pas possible, ni même souhaitable, mais, entre pédiatrie et psychanalyse (pédopsychiatrie), l’approche transdisciplinaire et globalisante est indispensable à la compréhension et à la prise en charge de l’enfant et de sa famille, afin de permettre l’émergence d’un projet de vie.
MJF

Éducation et Maltraitance, J. C. Arfouilloux, G. Diatkine, A. Frejaville et al. (sous la direction de). 2001. Paris, puf, 148 p., 15 €

Éducation et maltraitance a été publié aux Presses universitaires de France en 2001. Cet ouvrage représente les actes d’un colloque organisé par l’équipe du Centre Georges Amado - Le Coteau et qui a eu lieu le 15 janvier 2000 à Paris, salle du Luxembourg. Il rassemble les interventions exprimées par différents techniciens du Coteau et du secteur de l’enfance et de l’adolescence inadaptée. Le contenu général constitue à la fois une dénonciation de certaines pratiques administratives, un apport à l’étude de la maltraitance, un appel à la vigilance face aux menaces qui pèsent sur l’action sanitaire, éducative, judiciaire, thérapeutique et sociale conséquente.
Il faut savoir que ce colloque s’inscrivait dans le cadre d’un conflit qui dura deux ans entre l’institution Le Coteau et son organisme gestionnaire, la Caisse régionale d’assurance-maladie de l’Île-de-France (cramif).
Alors que le projet d’établissement élaboré par l’ensemble du personnel technique du Coteau avait été très bien accepté par la tutelle en 1993, ce projet psychothérapeutique devenait soudain caduc en 1997 au regard de l’agrément que devait accorder la ddass pour permettre à l’établissement de fonctionner selon les normes de l’annexe xxiv (décret ministériel d’octobre 1989).
En résumé, les clauses du projet de fonctionnement d’un centre psychothérapique ne trouvaient plus de justifications aux yeux d’une administration qui exigeait de le convertir en institut de rééducation classique.
La cramif désigna donc un directeur avec qui elle s’entendit pour faire appliquer ses objectifs de façon autoritaire et sans concertation. Les moyens démagogiques et malsains utilisés par le nouveau directeur augmentèrent la tension et créèrent un climat propice à des dysfonctionnements graves qui ne tardèrent pas à se manifester au détriment des enfants, des parents et du personnel de l’établissement. Cette situation s’aggrava d’autant plus que trois médecins psychiatres furent licenciés ainsi qu’une psychologue.
Si aujourd’hui, en 2002, la cour d’appel de Paris reconnaît que ces quatre travailleurs sociaux ont été licenciés sans cause réelle et sérieuse et a donc condamné aux dépens leur employeur, la Caisse régionale, on ne peut que déplorer cependant la perte de la qualité d’un travail unanimement reconnu, qui avait fait ses preuves pendant quarante ans. Cet exemple démontre qu’une véritable politique d’action sanitaire et sociale ne pourra se réaliser sans une concertation de toutes les instances à tous les niveaux de la hiérarchie administrative et professionnelle.
Roland Calvez Suzanne Capul
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis