Empan
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I.S.B.N.274920058X
152 pages

p. 5 à 6
doi: en cours

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no48 2002/4

2003 EMPAN

Actualités

Rémy Puyuelo
2002 s’achève… avec ses anniversaires, celui des Twin Towers de New York, celui d’azf à Toulouse… Nous avons tous éprouvé un sentiment de solidarité, de nécessité face à ces événements, mais comment cette solidarité peut-elle aussi, maintenant, se construire au quotidien et arriver à dépasser nos clivages, nos exclusions, nos corporatismes ?
Participer à la communauté humaine ne veut pas dire enfermer les hommes dans des groupes d’appartenance collective. On se trompe sur le sens du mot « commun », qui désigne non celui qui nous ressemble ou nous appartient, mais celui qui est différent de nous. Cela pose une question fondamentale, celle de la liberté qui renvoie à une expansion, une floraison, à un accroissement qui est commun et qui met en commun. La liberté est l’indépendance de l’individu singulier par rapport à tous les autres, ce qui le sauve d’un contact dangereux avec ce qui est commun avec l’entière communauté des hommes. À partir de là, la liberté sera toujours un droit, un bien ou une faculté de l’individu qui la détient. Roberto Esposito soutient ces propos dans Communitas, origine et destin de la communauté (puf, 2000).
L’internat connaît un regain d’intérêt auprès des enfants et des adolescents car il leur permet d’échapper à des parents à la fois trop présents et trop absents. Élus et responsables de l’éducation soulignent ses avantages pédagogiques et éducatifs. Des études actuelles se penchent sur la constitution des classes de « mauvais élèves » qui alimentent la violence dans les collèges et obligent les professeurs à se concentrer sur la discipline. D’autres sont farouchement contre les classes hétérogènes, qui favorisent passivité et rébellion, mais aussi obligent les professeurs à recourir à une pédagogie différenciée et à travailler en équipe. Une ethnologue, Julie Delalande, dans son livre La cour de récréation. Pour une anthropologie de l’enfance (Presses universitaires de Rennes), nous fait réfléchir sur l’organisation groupale des enfants de 4 à 9 ans. Cet « entre-enfants » qu’est la cour de récréation est un « moment important où ils s’approprient la société, où ils réutilisent ce qu’ils reçoivent des adultes ». Elle poursuit : « Les enfants voient vite la nécessité de réguler la violence, en s’appropriant des règles, des valeurs. » Elle indique combien les jeux de récréation résultent pour l’essentiel d’une transmission et authentifient un folklore enfantin qui se transmet entre pairs et perdure d’une génération à l’autre…
Que dire des vieilles éléphantes, dépositaires incontestées de la mémoire sociale du troupeau ! Les troupeaux d’éléphants africains, formés de femelles et de leurs petits, sont dirigés par les matriarches. Elles sont âgées de 35 à 55 ans et jouent un rôle essentiel dans la survie de l’espèce. Dotées d’une « mémoire d’éléphant », elles disposent d’un répertoire de sons qui leur permet de reconnaître l’appartenance d’un autre groupe d’éléphants au clan familial et d’éviter ainsi un stress préjudiciable à la vie du troupeau (revue Science, avril 2000). Il en est de même des groupes de jeunes rhinocéros blancs, orphelins. L’introduction parmi eux, à l’adolescence, de mâles plus âgés ayant connu jusqu’alors des conditions sociales et familiales normales suffit à calmer leur agressivité sans que leurs aînés aient à faire quoi que ce soit. Chez ces animaux comme chez l’homme, le contrôle du comportement passerait-il par l’imprégnation ?
Tout cela, en désordre, nous amène à penser. Ce numéro d’Empan sur les groupes vous apportera certaines réponses ou, tout au moins, vous engagera sur certaines réflexions… à partager en groupe.
Nous comptons sur vous pour nous rejoindre en 2003. En mars 2003, Urgences d’enfance, ou comment accueillir un enfant qui advient dans des conditions difficiles et a besoin d’emblée d’être pris en compte par le social. En juin 2003, Jeunesse et générations, jeunesse et transmission, ou la gestion ordinaire des héritages économiques, culturels, symboliques, mais aussi le rapport entre générations, qui renvoie à ce qui fonde la possibilité d’un projet d’avenir ; en septembre 2003, Sport et intégration, ou « l’important, c’est de participer », pour les populations en difficulté et leurs arbitres sociaux. En décembre 2003, Vieillir entre proches et professionnels, ou quelle jeunesse pour le vieillissement, dix ans après notre numéro Vieillir ensemble (n° 12, 1993).
Je vous laisse maintenant à votre lecture… Si elle réveille en vous quelques mouvements de pensée, écrivez-nous, en ce début d’année 2003, que je nous souhaite… ENSEMBLE.
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