2003
EMPAN
Lectures récentes
Ouvrages et revues
• La maladie d'Alzheimer. Quelle place pour les aidants ?, Expériences innovantes et perspectives en Europe, Colvez, A. ; Joel, M.E. ; Mischlich, D. ; Paris, Masson, 2002, 270 p., 34,90 €
LOCZY : Un nouveau paradigme ?, L'Institut Pikler dans un miroir à facettes multiples, Szanto-Feder, A. (sous la dir. de), Paris, puf, 2002, 200 p., 19 €
L'Institut Pikler, plus connu sous le nom de « Loczy », est ce lieu où, depuis plus de cinquante ans, on réussit le tour de force d'élever, sans dommage pour leur personnalité en devenir, des enfants privés très tôt de leur famille. Pourquoi lui consacrer un livre ? « Parce que, à l'issue de ce xxe siècle étrange qui nous aura tout appris des manières scientifiques de détruire l'individu, rares sont les endroits où, comme ici, l'on sache scientifiquement l'aider à se construire. Il faut que toujours plus de gens sachent que Loczy existe. Il faut qu'ils comprennent comment cet endroit fonctionne… » (B. Martino).
Reprenant une initiative de la revue de la Société Ferenczi de Budapest, Thalassa, et l'enrichissant de nouvelles contributions, le présent ouvrage tente donc de cerner ce nouveau paradigme : l'enfant en institution. On y réfléchit, avec les atouts de la science et de l'émotion, aux ressorts profonds de la structuration de la personnalité et à l'éclosion de la vie psychique. En effet, comme le dit Bernard Golse, « à Loczy, la place de l'émotion s'avère prépondérante, émotion de celui qui assiste à ce travail incessant quant à la recherche de la plus grande qualité et de la plus grande continuité possibles de soins, mais aussi émotion en tant que facteur central de la rencontre entre les enfants et les adultes ».
Le mur du silence, L'inceste entre analyse et vécu, Solaire, P., Toulouse, Privat, 2002, 142 p., 21 €
Le secret de l'inceste n'est plus inviolable. « C'est en cherchant à percer le mur du silence que j'ai compris que même lorsqu'on se libère de ses agresseurs, on les emporte avec nous. J'avais besoin de couper le lien invisible qui me pourrissait la vie, j'avais soif de liberté intérieure. Il m'était nécessaire de larguer l'amarre qui me retenait captive », explique Pascale Solaire. Briser ce mur du silence en décodant les mécanismes-clés de l'enfermement, tel est le cheminement de cet ouvrage.
Un premier moment, centré sur la réalité intra-muros, observe la naissance du secret et son verrouillage au sein de la famille incestueuse, emmurant la victime dans une détresse impalpable, innommable.
Un deuxième moment décrit le silence des autorités, des professionnels de l'accompagnement, leur « complicité ».
L'auteur se propose de mettre en lumière les théories-prisons qui cautionnent le silence. Elle veut montrer que cet acte barbare que représente l'inceste est une sorte de négatif de l'image que nous nous faisons de l'éducation.
La maladie d'Alzheimer. Quelle place pour les aidants ?, Expériences innovantes et perspectives en Europe, Colvez, A. ; Joel, M.E. ; Mischlich, D. ; Paris, Masson, 2002, 270 p., 34,90 €
Tout miser sur la recherche fondamentale, est-ce la seule réponse pour faire face à la maladie d'Alzheimer ? La réponse est évidemment non, car, en dépit d'un considérable effort dans ce domaine, la situation des personnes atteintes et de leur famille est loin d'être satisfaisante. Il faut donc conjurer les peurs liées à cette maladie et examiner rationnellement l'ensemble de la situation pour décider des directions à prendre.
C'est à cet effort que ce livre nous invite en s'ouvrant à ceux qui, à travers les pays de l'Union européenne, ont innové dans la prise en charge de cette maladie. Il en résulte un ouvrage qui doit servir de base de réflexion à tous ceux qui sont concernés par cette maladie difficile, dont une des caractéristiques est de retentir lourdement, non seulement sur la vie du malade, mais aussi sur celle de son entourage, qui doit assumer une part majeure de la charge.
Ce livre nous aide à comprendre que si l'on peut espérer un jour retarder l'évolution de ce type de maladie par la thérapeutique médicamenteuse, cela ne dispense pas du grand effort de santé publique nécessaire pour organiser la gamme des prises en charge indispensables qui vont assurer aux personnes atteintes et à leur famille le soutien qu'elles sont en droit d'espérer d'une société développée.
Le travail social au cœur des paradoxes, Vergne, M.L., Paris, L'Harmattan, 2002, 192 p., 16,80 €
Dans cet ouvrage, l'auteure nous permet de pénétrer au cœur de suivis sociaux en nous ouvrant la porte de son bureau d'entretien. Elle s'attache à nous montrer les interactions à l'œuvre dans la rencontre usager-assistante sociale et nous fait partager ses sentiments, confrontée à deux logiques paradoxales : celle de l'administratif et celle de l'humain.
Nous plongeons au cœur de la rencontre, où nous sommes à la fois interpellés par l'incohérence de certains dispositifs et par l'immobilisme de nos administrations ; en position d'entendre les doutes, les craintes, les joies du professionnel, mais aussi de l'humain travailleur social.
Au fil de ces pages, vous allez croiser Mme Weight, femme battue qui n'est pas en mesure de protéger ses enfants ; M. Sangare face à l'immobilisme de nos institutions ; Mlle Djora qui déstabilise son interlocuteur, Mme Todorovic, au tempérament bouillonnant, et bien d'autres… Autant de rencontres, autant de parcours, l'histoire n'est jamais finie…
Ainsi, cet ouvrage s'adresse à un large public autant qu'il constitue un point d'appui pour les praticiens du social : point de recettes, juste des questions…
Les classes relais, Un dispositif pour les élèves en rupture avec l'école, Martin, E. ; Bonnery, S. ; Paris, esf, 2002, 256 p., 22, 90 €
Au sein des collèges, certains jeunes affichent des comportements qui attestent un état de démobilisation scolaire extrême : inappétence aux savoirs scolaires, refus du travail, absentéisme chronique, comportements perturbateurs, voire violents. Pour accueillir ces jeunes déscolarisés ou en voie de déscolarisation, des structures particulières, appelées « dispositifs relais », ont été créées avec pour objectif de remobiliser les jeunes et de les rescolariser.
Fondé sur des entretiens et des observations sur de nombreux sites, cet ouvrage donne à voir la diversité des modalités de fonctionnement de ces classes relais et expose les interrogations que leur existence suscite dans l'institution scolaire.
La remise en cause des normes et règles par les élèves constituant le problème majeur que ces jeunes posent à l'école, les auteurs ont choisi de s'appuyer sur cette notion de norme pour analyser les pratiques professionnelles, aussi bien sur le plan de la resocialisation que de la rescolarisation.
Du côté de l'analyse du comportement des élèves, les recherches menées, plutôt que de s'appuyer sur l'idée que ces élèves en difficulté n'ont « pas de repères », ont visé, au contraire, à comprendre quels repères étaient mobilisés par ces collégiens. Posées sous ce jour nouveau, des questions émergent : comment les jeunes des dispositifs relais perçoivent-ils l'école, les savoirs, les adultes ? Comment ont-ils vécu leur temps de passage dans le dispositif relais ? Lorsque leurs repères personnels entrent en opposition avec ceux de l'école, comment réagissent-ils ? Quels sont les conflits, les blocages, les résolutions qui alors surgissent ?…
À l'heure où l'absentéisme des élèves, la délinquance juvénile, inquiètent la société et interpellent les institutions politiques et nationales, ces dispositifs des classes relais, plus que jamais d'actualité, méritent toute notre attention en donnant l'espoir de « réconcilier » les jeunes avec l'école, et donc avec la société.
Sexualité et sida en milieu spécialisé, Du tabou aux stratégies éducatives, Diederich, N. ; Greacen, T. ; Toulouse, érès, 2002, 253 p., 23 €
Comment le secteur du handicap mental en France – qui se caractérise par une extraordinaire hétérogénéité, tant par la population concernée que dans la diversité des structures – a-t-il réagi devant l’émergence de l’épidémie du vih/sida ? A-t-il pu se croire épargné, en raison de la vigilance de l’encadrement ou de l’étanchéité des institutions par rapport au monde extérieur ? Dans quelle mesure le déni de la sexualité des personnes accueillies dans ces structures et la négation de l’existence de pratiques sexuelles potentiellement à risque de transmission du virus ont-ils constitué un frein pour une éducation à une vie sexuelle responsable ? Dans les situations concrètes, la déficience intellectuelle s'est-elle avérée compatible avec l’autonomie nécessaire à la prévention du sida ? Les établissements qui se sont engagés dans des actions de prévention ont-ils réussi à alerter les usagers sur les risques, à contrer les fausses croyances, à modifier les comportements ? Enfin, quels sont les principaux facteurs de vulnérabilité aux risques de contamination et aux abus sexuels ?
Ce sont ces questions que l’ouvrage actuel s’efforce d’explorer en présentant les résultats de plusieurs années de recherche au plus près des usagers et des professionnels des établissements spécialisés. Les constats, tantôt amers, tantôt porteurs d’espoir, ont de quoi surprendre.
Évaluer une action sociale, Lievre, P., Rennes, École nationale de la santé publique, 2002, 115 p., 20 €
Au quotidien, nous évaluons en permanence, spontanément, nos actions les plus simples et c’est ainsi que nous apprenons. La plupart de nos actions se satisfont de ce type d’évaluation. Mais, devant la complexité de certaines d’entre elles, en particulier les actions collectives, le recours à ces évaluations spontanées ne suffit plus.
Aux praticiens désireux de construire une évaluation de leurs actions, de s’approprier la démarche évaluative, cet ouvrage propose une trame méthodologique illustrée de cas concrets. Comment évaluer pour apprendre collectivement ? Cette question appelle des réponses théoriques et pratiques. Ainsi, le problème du positionnement de l’évaluation est-il abordé rigoureusement, sans concession sur le fond. On n’évalue pas une action sociale comme on évalue un médicament, le modèle de référence diffère sensiblement. Quant aux applications proposées par l’auteur, elles sont issues de sa propre pratique de l’évaluation. Les expériences présentées, évaluations de politiques et d’actions sociales, ne sont pas là seulement pour illustrer les principes théoriques : elles donnent à voir les tâtonnements, les erreurs, les bricolages inévitables sur le terrain.
Banlieues à problèmes, La construction d'un problème social et d'un thème d'action publique, Baudin, G. ; Genestier, P. (sous la dir. de), Paris, La Documentation française, 2002, 252 p., 24 €
La banlieue, souvent référée aux grands ensembles hlm en difficulté, est une question d’actualité. La perception que nous en avons aujourd'hui est marquée par le caractère urgent et spectaculaire que lui affectent les médias. Ainsi, la banlieue se voit construite en tant que problème social requérant tant une action publique – pour tenter de lui porter remède – qu’une activité de recherche – pour tenter de le comprendre.
En outre, la visibilité et la prégnance de ces grands ensembles dans le paysage urbain confèrent un caractère d’évidence à la relation communément posée entre difficultés sociales et cadre bâti. Mais dans quelle mesure l'imputation de ce mal-vivre au lieu dans lequel il s’inscrit est-elle suffisante pour en analyser les causes et imaginer des solutions efficaces ?
Indubitablement, les populations résidant dans les quartiers de logements sociaux connaissent des difficultés sociales et économiques. Certes, les « banlieues à problèmes » deviennent un objet de mobilisation qui, dès lors, permet aux acteurs politiques et aux groupes professionnels qui s’en emparent de se voir accrédités et légitimés dans leur mission. Néanmoins, à l’heure où un certain doute saisit les acteurs de « la politique de la ville », on peut s'interroger sur les principes qui guident le diagnostic et la thérapeutique prônés en faveur de ces quartiers. Il devient alors indispensable de rendre compte du système de valeurs et de représentations qui est engagé dans le processus de construction de ce problème social et de ce thème d’action publique.
C’est à cette réflexion, développée suivant des points de vue disciplinaires différents, que nous invitent les auteurs de cet ouvrage.
Comprendre la sexualité de la personne handicapée mentale, État des lieux et perspectives, Vaginay, D., Lyon, Chronique sociale, 2002, 199 p., 16,50 €
Il n’est pas toujours facile de faire admettre cette simple vérité : la sexualité des personnes handicapées mentales existe. Cette affirmation recouvre de multiples situations. Il convient de ne pas les confondre. La population des personnes handicapées mentales est complexe et hétérogène. Malgré les déclarations de bonnes intentions, on ne peut pas s’attendre à voir une personne profondément déficiente partager les projets et les responsabilités d’une autre qui le serait beaucoup moins. Chacune vit dans son corps les effets de ses éveils pulsionnels et chacune aspire à les exprimer dans une relation. Ce qui pose fondamentalement la question du droit et de l’interdit. Nous chercherons à déterminer comment aider au quotidien et dès le plus jeune âge toutes les personnes handicapées à se construire au mieux, c’est-à-dire à intégrer à leur personnalité cette part de sexualité qu’aucune personne ne saurait négliger sans dommage. Nous aborderons les questions que pose la sexualité chez les adultes et les réponses que l’on peut proposer.