2003
EMPAN
Le dossier / Jeunes et intégration
Réappropriation de la référence musulmane, parenté et
citoyenneté
Dounia Bouzar
[*]
Un certain nombre de jeunes se sont approprié des références
musulmanes qu’ils utilisent pour combattre la crispation culturelle de leurs
parents. Cette recomposition de l’attache familiale par l’intermédiaire de
l’islam leur permet de remettre en cause des valeurs familiales dépassées sans
avoir l’impression de « trahir » leur groupe large d’origine. Ce processus
n’est pas forcément représentatif d’une majorité de jeunes, mais son étude
permet de mettre en valeur la spécificité de la construction généalogique dans
un contexte d’immigration dans le pays de l’ex-colonisateur. L’objectif est
également d’insister sur la multiplicité des manières d’utiliser une référence
religieuse, qui dépasse les stéréotypes que l’on peut avoir à ce
sujet.
Certains parents immigrés, face à une insertion économique
difficile, ont développé une accentuation identitaire qui aboutit à enfermer
moralement le jeune, la fidélité aux traditions du pays d’origine devenant le
principe unique de filiation et de fidélité. Cela donne : « Chez nous, on se
marie entre nous », etc.
S’imaginant se heurter aux valeurs de la civilisation
arabo-musulmane, les travailleurs sociaux ne se sentent pas habilités à
discuter du fondement de ces positions comme ils le feraient dans d’autres
familles. C’est la perspective de changement qui alimente leur intervention.
Or, l’espace ouvert au changement leur semble plus difficile à cerner dans les
familles émigrées. Ils se sentent impuissants devant certains
dysfonctionnements qu’ils attribuent à une particularité culturelle dans sa
forme la plus statique, sans perspective d’évolution.
Face à une situation répertoriée sur un registre « culturel »
au sens large, deux types d’attitudes sont adoptées par les travailleurs
sociaux : soit ils interviennent un peu moins, soit ils proposent au jeune un
choix entre, d’un côté, ses droits (ceux-ci appartiendraient à la culture
française) et, d’un autre côté, la soumission à des injustices (conséquences de
la fidélité à la religion). Les filles, notamment, se retrouvent dans une
situation où elles ont le choix entre se soumettre à des mauvais traitements au
nom de l’islam ou rompre avec l’islam pour revendiquer leurs droits !
L’application de la loi qui fonde et légitime l’action du
professionnel intègre, dans ce cas de figure, une dimension de « gestion
ethnique » à l’égard des familles migrantes, en renvoyant comme un boomerang le
« chez nous », ce qui donne cette fois-ci : « Chez nous, un père n’a pas le
droit de frapper sa fille », « Chez nous, une fille a autant le droit qu’un
garçon de faire des études », voire : « Ici, tu dois respecter les lois »,
etc.
Les retentissements sont graves et multiples : ils instaurent
un lien de cause à effet entre la provenance géographique et religieuse de la
famille et son dysfonctionnement, ce qui renforce pour tous les protagonistes
une vision du monde bipolaire, avec le monde musulman archaïque d’un côté et le
monde occidental porteur de progrès et de liberté de l’autre côté.
Ils permettent au jeune, qui va vite prendre conscience que
chacun des protagonistes, parents et institutions, a une représentation arrêtée
de l’autre, de faire alliance avec le système de représentation de chacun à
tour de rôle, qu’il alimente d’images toutes faites. « Mon père me bat parce
qu’il ne veut pas que je fume. » « Mon éduc veut nous diviser pour mieux
régner. » Il l’utilisera pour échapper aux injonctions des deux parties, se
créant ainsi un espace hors la loi. Cette négation réciproque entrave la
progression du jeune, puisqu’il a le sentiment de devoir effectuer un choix
entre la modernité française et l’obscurantisme de la culture de ses
parents.
Le tâtonnement du professionnel pour distinguer ce qui est
normal de ce qui ne l’est pas n’est pas sécurisant pour le jeune puisqu’il lui
renvoie sa propre interrogation, qui est elle-même en grande partie le reflet
de l’intériorisation du stigmate négatif du « jeune de banlieue basané »
véhiculé par les médias : Qui suis-je ? Quelle est la culture de mes parents ?
Est-ce que tous les grands frères tapent leurs petites sœurs ? Est-ce que tous
les bronzés sont des caïds ? Doutes qui sont en résonance avec ceux d’une
partie de la société…
L’islam pour faire le lien
Pendant longtemps, un certain nombre de jeunes ayant grandi
dans la double culture hésitaient à demander la nationalité française, évoquant
pour motif la fidélité aux origines
[1], à leurs yeux rattachée au pays d’origine. Le
traitement différentiel dont leurs parents avaient fait l’objet les conduisait
à un sentiment de culpabilité envers ces derniers et le groupe large tout
entier. Prendre la nationalité du pays d’accueil équivalait à une trahison,
puisque c’était choisir entre les deux pays. Le monde était scindé en deux, et
une quelconque remise en cause de valeurs familiales était vécue comme le rejet
« d’un camp » pour l’autre. Nouria, 17 ans, résume bien cette situation : « Mon
père s’est raccroché à ses traditions, mais il est devenu plus dur que les
pères turcs restés au pays. À chaque fois que je n’adhérais pas strictement à
ses idées, il me regardait d’un sourire narquois en me disant sur un ton qui me
glaçait : “Ça y est, Mademoiselle veut devenir Marie-Cécile” »…
Face à un pays d’accueil et à des parents qui exercent une
pression en leur demandant, une fois pour toutes, de « choisir » leur
appartenance, l’islam permet à certains d’entre eux de concilier origine et
appartenance française, passé, présent et futur. Le rattachement à l’islam ne
renvoie pas à un autre pays mais à un principe transnational. Le musulman
appartient dorénavant à la Umma, la communauté des croyants du monde entier
au-delà des frontières, qui le lie symboliquement à tous les autres musulmans
de toutes origines et de toutes les couleurs. Cette façon de délocaliser
l’islam en lui redonnant une dimension universelle sur le plan géographique est
un grand soulagement pour les jeunes. Dorénavant, le monde des parents n’est
plus symbolisé par le pays d’origine.
Ce rattachement à la Umma leur permet de « dé-éthniciser »
l’islam, autrement dit, d’opérer une séparation entre leur origine géographique
et leur croyance religieuse. C’est ce processus qui les pousse à s’inscrire sur
le territoire français sans sentiment de trahison. Sortant du dilemme « Arabe
ou Français », l’islam leur apparaît aujourd’hui comme un nouveau lien avec la
mémoire de leurs parents. Son aspect non ethnique leur permet de garder une
composante commune avec leurs parents et leur groupe d’origine tout en assumant
pleinement leur propre vie dans le pays où ils sont nés.
Religion contre traditions
La religion va, dans ce contexte, non pas, comme on a pu le
croire, rapprocher les jeunes de leurs parents, mais leur permettre d’agir sur
eux. Le retour aux sources religieuses est présenté comme un moyen de combattre
les traditions archaïques. Les connaissances islamiques acquises vont servir
d’outils aux jeunes pour établir les bases d’un dialogue familial. Leur
objectif va être d’insuffler le changement au sein même de leur famille, en
démontrant à leurs parents que la plupart de leurs croyances relèvent des
traditions et non de la religion. Ainsi, de façon paradoxale, la religion
permet à ces jeunes de revendiquer dans leurs familles des demandes nouvelles.
Cela donne : « Tu t’es fait avoir, maman, il n’y a pas marqué ça dans le Coran
! »
Cette recomposition de l’attache familiale permet donc de
construire un lien beaucoup plus souple avec le milieu familial, et présente
notamment l’avantage d’ouvrir des débats sans provoquer de rupture, comme cela
était le cas auparavant. Retrouvons Nouria : « Lorsque j’ai découvert mes
sources religieuses et que j’ai pu les étudier, je me suis rendu compte que
l’islam me donnait des droits que mon père m’interdisait : les études, mon
assentiment pour choisir mon mari, qui pouvait ne pas être turc, etc. Cela a
provoqué une révolution à la maison : j’avais des arguments pour ne plus me
laisser faire, sans pour autant devenir “Marie-Cécile”… Je prouvais à mes
parents qu’ils confondaient les traditions de leur petit village et la
religion. J’avais enfin un autre choix que celui de rester fidèle en acceptant
les maltraitances ou de trahir en les refusant. Les choses ont commencé à
bouger : même ma mère a réalisé que ce n’était “marqué nulle part” de rester
enfermée. Et mon père a bien été obligé de s’assouplir, bon gré mal gré. Ce que
j’ai réussi, c’est à imposer mes propres valeurs sans pour autant partir en
foyer, comme ma grande sœur avait été obligée de le faire. »
La « désethnicisation de l’islam » et la réappropriation des
sources musulmanes relues au regard du contexte culturel français permet aux
jeunes adolescents de remettre en cause certaines valeurs familiales. Ce
conflit de génération est d’une importance primordiale : tous les adolescents
doivent faire des choix à l’extérieur de leur famille, y compris les enfants de
migrants !
En conclusion, l’aspect transnational de cet islam sert à un
certain nombre de jeunes d’outil pour se sortir des deux sortes d’espaces
prédéfinis, tracés d’avance, dans lesquels leurs parents et les acteurs sociaux
tentent, plus ou moins directement, plus ou moins consciemment, de les
assigner. Pour de nombreux jeunes, il s’agit d’abord et avant tout de se
soustraire à une assignation bipolaire qu’on veut leur imposer de toutes parts.
En se disant « Français de confession musulmane », ils tentent de se sortir
d’un enfermement ethnique sans trahison du groupe large, en reliant les deux
mondes, en identifiant et en valorisant les valeurs communes : « Plus je suis
musulman, plus je suis citoyen français. Au nom de ma référence musulmane, je
me retrouve dans la lutte pour la démocratie, la justice et le respect des
droits. »
Là où les choses deviennent très délicates, c’est que les
jeunes veulent rattacher leur appartenance musulmane à notre société et à notre
monde actuel. On pourrait même dire : « inscrire l’islam au sein de la société
française », c’est-à-dire l’enraciner avec eux au sein de ce pays qui est le
leur. C’est là que les choses se compliquent. Pour un certain nombre d’entre
eux, ne pas cacher leur appartenance musulmane est un signe d’intégration.
C’est la preuve que, contrairement à leurs parents, ils sont ici chez eux. Dans
ce cas, la visibilité de la religion se rapproche plus d’un processus
d’intégration que de son refus.
Nous nous trouvons donc au sein d’un cercle vicieux, où les
signes d’intégration des uns sont interprétés par d’autres comme des preuves de
refus de la République. Le danger est que les jeunes musulmans, notamment ceux
qui sont en difficulté, de surcroît en crise d’adolescence, renchérissent sur
leur identité religieuse devant la suspicion généralisée parce que, jamais
appréhendés pour ce qu’ils sont, ils se sentent toujours rejetés, passant de «
l’Arabe délinquant présumé » à « l’intégriste présumé ». En d’autres termes, si
le moindre signe visible, tenue vestimentaire ou utilisation d’expressions
religieuses par exemple, est interprété comme une manifestation d’intégrisme,
les jeunes, en réaction à cette stigmatisation, ne verront d’autre issue que de
la renforcer. Il ne faudrait pas reproduire sur un plan religieux l’assignation
bipolaire culturelle dont ils essayent justement de s’extraire, qui tournerait
cette fois autour de : « Être un bon petit Français qui ne montre rien de son
appartenance musulmane ou être un intégriste ». Le danger de ce type
d’assignation est que le jeune intériorise cette seule façon de mettre en jeu
son appartenance musulmane.
Du succès des prédicateurs musulmans au danger de la
toute-puissance religieuse
Les associations musulmanes implantées dans les quartiers
organisent régulièrement des conférences et des débats sur des thèmes divers et
variés : la réussite, l’éducation, la solidarité, la citoyenneté, etc. Ces
rassemblements drainent un nombre important de jeunes, pouvant aller jusqu’à
dépasser le millier dans certaines régions. Notre étude
[2] montre que le succès des
conférenciers-prédicateurs
[3] s’explique en grande partie par le travail qu’ils
font autour de la mémoire. Ils comblent les trous de mémoire et permettent aux
jeunes de se réapproprier leur histoire. D’une part, la langue d’origine des
parents ou des ancêtres va être valorisée, puisque le Coran ayant été révélé en
arabe par Dieu au prophète Mohamed, il est écrit et doit normalement être lu en
arabe. Cette langue qu’il a été interdit de parler – tant au pays pendant la
colonisation qu’en situation d’immigration où « l’invisibilité » était
sollicitée – devient belle et supplante toutes les autres de par son caractère
sacré. D’autre part, l’apprentissage de sa religion va amener les jeunes à
connaître de façon approfondie leur histoire et la culture ancestrale de leur
pays, puisque les musulmans sunnites – 99 % des musulmans – suivent la Sunna,
constituée de l’ensemble des paroles, faits et gestes du Prophète. À l’occasion
de ces conférences « éducatives », le jeune va également découvrir les apports
fondamentaux de ses ancêtres dans le domaine des mathématiques, de la science,
de l’astronomie.
Mais il y a une autre dimension dans le discours des
conférenciers religieux qui est plus surprenante. Paradoxalement, ce sont eux
qui expliquent et décryptent l’histoire de la laïcité en France : comment elle
s’est construite, les rapports de la France avec les religions et ce qu’il
ressort de cette histoire dans les représentations des Français, dans leur
rapport au religieux. Les jeunes prennent conscience qu’en France, il y a une
peur des religions en général et de l’islam en particulier.
Par ailleurs, ces religieux musulmans s’adressent aux jeunes en
prenant en compte tous les paramètres de leur situation, tout ce qui les
constitue : la situation d’exilés de leurs parents sur les terres de l’ancien
colonisateur, la relation complexe qu’entretient leur pays d’accueil avec leurs
pays d’origine, l’exclusion et la discrimination économiques dont ils sont
l’objet, l’appartenance à une religion nouvelle sur le territoire français, et
leur métissage culturel. Ils parlent aux jeunes tels qu’ils se sont construits,
à la fois français à cent pour cent mais issus d’une histoire spécifique. Ils
leur disent qu’ils peuvent être à la fois français et musulmans sans être un
peu moins français pour être plus musulmans et sans être un peu moins musulmans
pour être un peu plus français !
Les jeunes rencontrés – et notamment les filles – intègrent
l’idée selon laquelle de nombreux concepts sont communs à l’islam et à
l’Occident : instruction, utilisation de la raison, épanouissement
professionnel, engagement citoyen, respect des personnes, respect de la nature,
etc. Non seulement les jeunes ont trouvé des éléments pour décrypter la
crispation de leurs parents et la crispation des autres Français
[4], mais ils s’inscrivent en
tant qu’acteurs dans cette société sans problème de dette ou de trahison : ils
se retrouvent en situation de faire le lien, et d’apporter quelque chose de
plus aux uns et aux autres. Les discours des religieux leur ont permis de faire
le lien entre les deux mondes auxquels ils appartiennent.
Les jeunes veulent élaborer leur identité à partir de toutes
leurs références et refusent d’être définis à partir d’une seule d’entre elles.
L’enjeu est donc bien, pour les professionnels, de les aider à s’inscrire dans
une histoire partagée : la prise en compte officielle de la période coloniale,
de la guerre d’Algérie et du sacrifice de leurs grands-parents pendant la
Seconde Guerre mondiale n’est pas qu’une question de justice, pour que la
France reconnaisse sa dette, mais une question fondamentale de mémoire commune.
Ces jeunes à qui on demande tous les jours de prouver leur francité demandent
que l’on reconnaisse que leurs ancêtres appartenaient
déjà à l’histoire de France.
Passer par Dieu pour s’inscrire dans son histoire peut
présenter des aspects positifs si cela reste « un moyen parmi d’autres ». En
revanche, si le recours au religieux devient le seul chemin pour un jeune de se
sentir exister avec toutes ses références et de démontrer qu’elles ne sont pas
incompatibles les unes envers les autres, cela renvoie au danger du modèle
unique, d’autant plus puissant qu’il s’agit de religieux.
Il semble donc impératif que les travailleurs sociaux soient,
eux aussi, en capacité de déconstruire la vision du monde bipolaire qui sépare,
d’un côté, l’Occident porteur de liberté et de modernité, et de l’autre tout ce
qui est lié à l’islam, porteur d’archaïsme, afin d’accompagner les jeunes dans
la construction de leur propre parcours individuel, au-delà du poids de
l’histoire. Les aider à prendre conscience de la complexité de leur place, au
milieu d’interactions qui les dépassent, pour pouvoir se repérer en leur sein,
est un préalable à tout accompagnement éducatif.
L’apport de Durkheim sur la question du lien social a montré
que la force de la « solidarité organique » s’appuyait sur l’interdépendance et
la complémentarité des travailleurs, qui se retrouvaient en situation d’avoir
besoin les uns des autres pour réaliser une production commune. Transférée, sur
un plan sociétal extraprofessionnel, à un niveau plus philosophique, c’est
cette dimension de partage qui permet ensuite à l’individu de se sentir au
moins utile, voire indispensable, et par conséquent à l’aise dans sa société.
Or, le lien social ne peut s’élaborer qu’entre des personnes qui ont besoin les
unes des autres, sur des références communes.
Pour que les professionnels du social puissent être en mesure
de faciliter la lecture du monde et de démêler l’imbroglio au sein duquel ces
jeunes enfants de migrants se débattent, l’islam ne peut plus rester la seule «
propriété » des musulmans mais doit devenir « commun à tous », ce qui passe par
une « sensibilisation » à son histoire et à son contenu. Il s’agit de
s’approprier collectivement cette référence. La reconnaissance de l’islam comme
partie du patrimoine français passe par la multiplication de débats et
d’échanges, permettant une clarification, puis une reconstruction des
représentations de chacun des acteurs. Sa désacralisation, sa normalisation, sa
laïcisation, ne peuvent passer que par une appropriation générale.
[*]
Dounia Bouzar, chargée d’études à la Protection judiciaire de
la jeunesse (Centre national de formation et d’études de Vaucresson,
département Recherches études développement), missionnée sur le dispositif
national « Islam et action sociale », en partenariat avec le
fasild.
[1]
H. Malewska-Peyre, « Crise d'identité et problèmes de déviance
chez les jeunes immigrés »,
Les temps
modernes, n
os
452-453-454, 1984.
[2]
Réalisée dans la banlieue parisienne et plusieurs grandes
villes de France : Nantes, Marseille, Lille, Strasbourg et Lyon.
[3]
En les appelant « prédicateurs », nous nous situons dans une
ligne « authentique » de prédication dont tout endoctrinement est exclu. Il
s’agit de personnes nées en France, proches des problèmes des jeunes et ayant
réussi leur ascension sociale.
[4]
D. Bouzar, « Islam et reconstruction identitaire des jeunes en
difficulté »,
Les Cahiers de la sécurité
intérieure, n
o 45
(3
e trimestre 2001) :
Le temps des minorités ?