Empan
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I.S.B.N.2-7492-0132-2
168 pages

p. 7 à 8
doi: en cours

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no50 2003/2

2003 EMPAN

Éditorial

Rémy Puyuelo
Dans la presse, ces derniers mois, il a été beaucoup question des femmes. « L'inégalité n'est pas un effet de la nature », souligne Françoise Héritier. 46 % des femmes forment la population active. Le chômage les guette davantage, l'écart étant particulièrement important chez les jeunes. Elles sont toujours perçues comme « potentiellement enceintes » par les employeurs. À tâche égale, elles reçoivent un salaire inférieur de 10 à 15 % à celui des hommes. On apprend que 48 000 femmes ont été violées en 1999. L'image de la maman et de la putain est toujours là dans les médias. Les disparités entre femmes se sont accentuées, mais on note aussi des combats (« Ni pute ni soumise ») pour dénoncer la condition des filles et des femmes dans les cités. Beaucoup d'associations de quartiers sont menées par des jeunes femmes. La mixité scolaire est interrogée face à la montée du sexisme dans les collèges mais aussi des modalités d'apprentissages différents entre filles et garçons. Le Monde de l'éducation, en janvier 2003, propose : « Il faut sauver les garçons ! » Un numéro d'empan, en mars 2004, sera consacré à « Trajets de femmes au risque du social ».
L'insécurité est toujours à la Une. De nombreux ouvrages tentent actuellement d'élaborer une véritable doctrine sociale et démocratique de la sécurité. La revue Esprit de décembre 2002 s'intitule « L'État face aux demandes de sécurité ». Didier Peyrat fait un Éloge de la sécurité (Éd. Gallimard/Le Monde). Jacques Donzelot et Catherine Mevel interrogent « la politique de la ville aux États-Unis et en France » (Éd. du Seuil). Ils insistent sur une culture de la confiance, sur la mobilisation des gens plutôt que sur le traitement de l'espace et sur la confiance mutuelle plutôt que sur le consentement aux institutions. Bref, la solidarité y est un combat quotidien tant qu'elle restera chez nous une affaire d'État. Hugues Lagrange, enfin, dans Demandes de sécurité (Éd. du Seuil/La République des idées), réclame un « bon usage de l'Amérique », au moment où la politique de sécurité extérieure de l'Amérique suscite de vives critiques.
« Pourquoi la guerre ? » : tel fut le thème d’un échange épistolaire entre A. Einstein et S. Freud en 1932. À la question : « Y a-t-il un moyen de libérer les hommes de la fatalité de la guerre ? », S. Freud, à l'issue d'une longue lettre, écrit : « Combien de temps nous faut-il encore attendre avant que les autres aussi deviennent pacifistes ? On ne saurait le dire, mais peut-être n'est-il pas utopique d'espérer que l'influence de ces deux facteurs, la position culturelle et l'angoisse justifiée dans les effets d'une guerre future, mettra fin à la pratique de la guerre dans un avenir à portée de vue. Par quelles voies directes ou détournées, nous ne pouvons le deviner. En attendant, il nous est permis de nous dire : tout ce qui promeut le développement culturel travaille du même coup contre la guerre. »
Au moment où l'on ne peut rester indifférent à ce qui nous entoure, certes en France mais aussi en Europe et enfin face à la mondialisation, Empan pose des questions autour de la transmission dans le dossier qui vous est proposé. Bonne lecture… et pensez à transmettre Empan autour de vous. Le monde des revues et des livres est fragile et dépend de vos regards, de votre lecture.
À bientôt.
Rémy Puyuelo
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