Empan
érès

I.S.B.N.2-7492-0134-9
200 pages

p. 12 à 13
doi: 10.3917/empa.052.0012

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Le dossier

no52 2003/4

2004 EMPAN Le dossier

Dix ans après... Vieillir ensemble ?

Pierrette Ayon  [*]
Ce qui était un tout début de questionnement dans les années 1985-1993 est devenu source d’études multiples, de projets, de réalisations. Ce numéro en témoigne aujourd’hui. Des constantes sont toujours à l’œuvre qui aiguillonnent toutes ces démarches :
  • le souci des parents, des professionnels, de continuer à accompagner des personnes « fragiles », sans perdre le bénéfice des acquis antérieurs, tout en restant attentifs aux pesanteurs de l’âge, à la fatigabilité ;
  • le souci de créer des structures qui permettent de ne pas « déraciner les vieux chênes » ; une image certes, mais qui illustre combien toutes les personnes âgées ont besoin de garder des liens avec l’univers qui leur a été le plus familier. Là, elles continueront à puiser sentiment d’appartenance, d’identité, stimulation, vitalité ;
  • enfin le souci d’un « menu à la carte » pour chacun : sorte de modalité de vie spécifique (en partie) pour chaque personne, au sein des services créés ; que chacun puisse agencer sa manière de vivre selon ses goûts, ses liens, sa créativité, si minimes soient-ils.
 
Dix ans après
 
 
Que nous ayons un handicap reconnu ou pas, l’essentiel dans les moments difficiles que sont des phases de maladie, des pertes d’autonomie physique liées au vieillissement, est l’aide que peuvent apporter l’entourage, les travailleurs sociaux, les proches. L’intergénérationnel est sûrement la réponse la plus généreuse dans un monde qui a tendance à pousser chacun à vivre replié dans sa tranche d’âge. Les échanges sont alors source de découverte, de plaisir, d’envies de rencontres, de rester actif.
En 1992, dans cette même revue, nous réalisions combien des personnes qui n’ont jamais été atteintes par la maladie sont démunies à la première secousse. Mais, nous rassurant aussitôt, nous faisions alors étalage de toutes les potentialités glanées au long de la vie, qui nous rendent plus « armés » pour surmonter ces moments-là.
Dix ans après, on peut dire que tous ces trésors ne sont pas toujours à portée de nos énergies… que nous avons besoin d’être soutenus pour aller chercher au fond de nous ce qui va nous aider à tenir.
Le « passage du guet » que permet un aidant ou un soignant plein de vie chaque matin, tirant chacun de ses peurs, de sa vie ratatinée par les douleurs, est un véritable accompagnement.
Créer des lieux pour des personnes handicapées vieillissantes, c’est aussi et surtout soutenir des équipes formées, suffisantes en nombre, où chacun puisse se ressourcer.
L’ambiance d’une maison est une alchimie mystérieuse et cependant essentielle face aux pesanteurs de l’âge.
Voir des personnes handicapées vieillissantes heureuses, ayant trouvé leur place dans le groupe, voir des structures vivantes au sein d’une commune, d’une association : voilà qui donne à tous l’envie de se rencontrer, d’échanger, d’être utile : l’intergénérationnel est à ce prix.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Schmitt, Éric-Emmanuel. 2002. Oscar et la dame en rose, Paris, Albin-Michel.
 
NOTES
 
[*]Pierrette Ayon, psychologue, formateur à l’irfces, en retraite ; responsable du numéro 12 d’Empan, « Vieillir ensemble », publié en octobre 1993.
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