2004
EMPAN
Actualités du secteur
Professionnalisation des métiers d’accompagnement des personnes handicapées vieillissantes
Gilles Besset
[*]
Au sommet d’Amsterdam, l’emploi et la professionnalisation des personnes ont constitué les éléments déterminants de la politique de l’emploi mise en œuvre par la commission.
Dans la nouvelle stratégie européenne, ces priorités sont apparues comme les fondements des orientations des programmes communautaires.
Pour atteindre ces objectifs, seuls les programmes d’envergure, destinés à abolir les obstacles qui limitent l’accès à l’emploi, ont été susceptibles d’être éligibles.
Le présent projet vise donc à créer une dynamique pour l’emploi, favorisant les actions réalisées ou conduites pour expérimentation dans ce secteur d’activité qui ont fait la preuve d’innovation et d’efficacité et/ou couvrant les besoins non satisfaits.
Il s’agit de proposer la ou les mesures de prise en charge les plus adaptées au moment opportun, grâce à une offre en cohérence avec les dispositifs et les programmes existants, qui sont susceptibles de se coordonner avec les opérateurs publics et privés.
Dans ce contexte, l’ensemble des acteurs des politiques d’emploi et de formation qui ont vocation à être force de proposition, doivent être mobilisés dans une dimension partenariale et transversale d’expérimentation afin d’apprécier les perspectives d’emploi, les attentes et les besoins des institutions ou des usagers.
La conduite de ce programme doit s’inscrire dans le cadre des orientations européennes des objectifs d’emploi résultant des préoccupations du devenir du vieillissement des personnes handicapées.
Contexte et problématique
Confronté à ce défi majeur du vieillissement précoce des personnes handicapées, il s’agit de développer des réponses innovantes qui tiennent compte à la fois du niveau de perte d’indépendance, des capacités existantes, de leurs besoins et de ceux de leur famille, mais aussi de l’intégrité et du choix de l’usager et ce dans une dimension plurielle du vieillissement.
Pour cela, il est nécessaire d’analyser la réalité journalière des personnes handicapées en perte d’autonomie, en mobilisant l’ensemble des offres de services de façon concertée, coordonnée et complémentaire pour identifier les réponses individuelles et/ou collectives adaptées, intégrant l’environnement familial et le lien social.
En effet, même si de nombreuses initiatives ou expérimentations méritent d’être valorisées, elles ne peuvent être considérées comme scientifiques et doivent être confirmées avant d’être développées.
Dans l’attente, elles n’ont eu que peu d’incidence sur le devenir des personnes handicapées vieillissantes. Il existe donc une réelle variété de besoins liée à l’absence de personnel formé, de structures adaptées et/ou de projet de vieillissement, ainsi que de coordination des services. Ceci explique parfois les conditions d’existence mortifères des usagers qui se caractérisent par ce manque de désir de vouloir bien vieillir.
C’est pourquoi ce programme a été placé sous des objectifs opérationnels « d’identification des besoins, de qualification professionnelle et d’emploi, qui devront se caractériser par une multiplicité de réponses transversales inhérentes aux transformations de l’environnement social et à l’évolution des missions qui en découle ».
La finalité étant de construire de la référence pour clarifier et améliorer le devenir des personnes handicapées vieillissantes, mais aussi l’employabilité et la légitimation sociale des acteurs sociaux par une qualification qui puise son ossature sur la confrontation des résultats au niveau européen.
Ces productions devront permettre d’alimenter les réflexions des décideurs des politiques sociales, et éventuellement servir d’instrument d’aide à la décision pour inscrire dans les faits la capitalisation des résultats dans une dimension euro-régionale.
Les objectifs sont, dans une dimension européenne :
- d’identifier les besoins d’emplois et de formations ;
- de qualifier et de professionnaliser (création d’emplois) ;
- de développer l’offre de prise en charge de ce public.
Ce sont les facteurs essentiels de réussite de ce programme. Ils ont un rôle décisif dans le développement de ce secteur d’activités et ainsi de ces nouveaux emplois. Ils supposent donc que ces fonctions soient clairement identifiées et reconnues comme de vrais métiers et que les personnes susceptibles de les exercer, notamment celles qui sont les plus éloignées des emplois et de la qualification, soient soutenues dans leur démarche d’acquisition de compétences professionnelles.
Ce programme d’action a été posé au niveau des bassins d’emploi transnationaux, toutefois le niveau régional constitue un effet levier au regard des besoins exprimés, de la structuration de l’offre de formation, de la mutualisation des ressources et de l’ingénierie de formation nécessaires à la réalisation de ces objectifs de qualification et d’emploi. L’identification de ces nouveaux besoins doit s’appuyer sur une observation des réponses actuelles et des expérimentations (par exemple, création de structures, etc) et sur les tâches accomplies dans ces activités au plus près des situations de travail. Cette analyse ne peut être assurée qu’auprès des acteurs et/ou travailleurs sociaux en situation de proximité et en lien étroit avec les employeurs publics ou privés.
Mais pour des raisons d’enrichissement mutuel et de libre circulation des salariés, c’est au niveau transnational que doit être formalisée la démarche d’identification de ces métiers. En effet, les systèmes actuels de prise en charge sont fondés sur la définition des actions de formation existantes en lien avec les stratégies économiques des employeurs et des centres de formation.
Ce fonctionnement peut comporter différents inconvénients et suscite des interrogations. Les actions de formation sont-elles en adéquation avec les besoins de ce type de public ? (il n’existe pas d’étude scientifique sur des référentiels de compétences en ce qui concerne le devenir des personnes handicapées vieillissantes). Au regard des différentes activités et des modes et lieux d’exercice de ces professionnels, les formations existantes doivent-elles favoriser le passage d’un exercice en hébergement vers un exercice à domicile, et vice versa ?
Autrement dit, l’obligation de construire des réponses appropriées passe nécessairement par la réalisation de diagnostics de situations de travail et de formation comparés, pour fournir aux niveaux des acteurs du social, des partenaires sociaux ainsi que des décideurs des politiques sociales européennes, des données relatives aux caractéristiques des nouvelles modalités de prise en charge et aux possibilités d’emploi. Les résultats de l’étude devront permettre d’une part, d’arrêter des objectifs de formation et ce en s’appuyant sur l’analyse opérationnelle réalisée, d’autre part de mettre en place une programmation au niveau régional se traduisant par des objectifs d’emploi de publics non qualifiés, qui éventuellement pourraient être déclinés dans des programmes départementaux et suivis au niveau des bassins d’emploi.
Les deux grands axes sont :
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Au niveau européen, de faciliter l’information en matière de nouvelles professions ou de professionnalisation, en offrant aux acteurs un outil d’aide à la décision, permettant d’alimenter leurs réflexions sur les nouvelles modalités de prise en charge et les professions qui en découlent, dans une perspective d’employabilité européenne. Instrument qui permettra de présenter des données européennes comparées, de telle façon qu’elles servent aussi bien à la recherche de réponses novatrices et/ou adaptées pour ces usagers qu’à l’adoption de décisions et d’initiatives concrètes dans certains domaines, et notamment en ce qui concerne le placement et l’emploi ;
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Au niveau régional/national, il faut souligner l’importance d’un tel projet, notamment sur le recensement des besoins de la population, ainsi que son utilité croissante entre autres pour les décideurs, les acteurs de terrain, mais aussi les services d’orientation et de formation professionnelle, d’emploi et de réglementation.
En somme, il s’agirait :
- d’améliorer le regard sur ces publics ;
- de créer de nouveaux services et/ou des réponses novatrices individualisées ou globalisantes, où l’approche sanitaire, sociale, culturelle et l’accompagnement psychologique sont liés ;
- de professionnaliser la prise en charge ;
- de mobiliser les acteurs de terrain et les services déconcentrés de l’État.
Trois principaux critères de ciblage :
- en terme de secteur d’activité, il s’agit d’analyser l’existant mais aussi les projets novateurs ou expérimentaux ;
- en terme de public, il s’agit de viser des personnes soumises à diverses formes de précarité du fait de leur qualification, de leur âge ou de leur parcours professionnel, en réaffirmant le principe d’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes ; l’objectif étant l’employabilité et l’adaptabilité dans ces nouveaux champs d’activité, par le biais d’une qualification reconnue et transférable ;
- en ce qui concerne la nature des actions qui doivent être réalisées dans le cadre de ce programme, ce sont des travaux visant l’élaboration d’un référentiel métier requérant des compétences actuelles et nouvelles, en vue de la création ou de l’aménagement de titres et/ou diplômes, voire de leur acquisition par validation d’acquis. Il s’agira du repérage, d’une part des emplois et des métiers directement concernés, d’autre part des titres, des diplômes, et des certifications existantes à travers les actions de formation ou les processus de validation des acquis. Puis de l’analyse de ces emplois, qui se caractérisera par l’élaboration d’un référentiel d’activité, basé sur des méthodologies permettant de mieux apprécier les compétences en situation professionnelle au niveau régional et transnational.
Création de la plate-forme Equal (acronyme Handi-Vies)
Une architecture différente des précédents pic (programme d’initiatives communautaires)
Il s’agit donc d’élaborer un travail d’agrégation de différents projets par rapport à un même axe thématique, sur une logique territoriale ou sectorielle ; seul ce partenariat pouvait être éligible (le plan de partenariat de développement). Aussi, le programme initialement élaboré par l’arseaa-irfces est venu s’enrichir d’une part de nouveaux partenaires, lors de rencontres organisées par le pôle Europe du Cirffi, d’autre part d’une nouvelle thématique : la sensibilisation des entreprises aux problèmes du vieillissement et d’involution des personnes handicapées.
Les membres de la plate-forme
- l’arseaa-Action solidaire, Association régionale pour la sauvegarde de l’enfant, l’adolescent et l’adulte ;
- la résidence « Bordeneuve » comme lieu d’étude et d’observation, et en appui technique « Las Canneles » (établissements relevant de l’arseaa) ;
- le cibc 31, avec l’idée d’une collaboration transversale lors de l’étude des compétences nécessaires à ces métiers de l’accompagnement des personnes handicapées vieillissantes ;
- l’essor 32, pour son expérience de la formation aux métiers à domicile ;
- l’adapei 09, avec la double problématique de l’insertion en milieu ordinaire d’adultes venant du milieu protégé, et de la qualification et du renouvellement des personnels d’accompagnement ;
- le cfas, établissement de formation relevant de l’arseaa, avec la question de l’insertion professionnelle durable d’un public jeune reconnu travailleur handicapé ;
- l’Étincelle du Quercy, qui a pris le relais de Passage 31 pour travailler avec le ccamp sur la mise en place d’un nouveau type de « coaching » auprès des personnes autistes.
Budget : 600 000 euros au titre du fse.
Les partenariats transnationaux
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starh, piloté par notre partenaire l’awiph (Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées), membre fondateur du geie du travail social ;
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adecomer, piloté par la municipalité de Merida en Espagne.
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Bascoul, J.-L. ; Doisneau, O. ; Eynard, C. Les accompagner jusqu’au bout du chemin, fondation de France, Éditions ensp.
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Breitenback, 1990. Les personnes handicapées vieillissantes : situations actuelles et perspectives, Éditions ctnerhi.
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Breitenback. 1999. Une saison de plus. Handicap mental et vieillissements, Desclée de Brouwer.
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Gomez, J.-F. 2001. Déficiences mentales ; le devenir adulte, Toulouse, érès.
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Goode, B. ; Magerotte, G. ; Leblanc, R. 2000. Qualité de vie pour les personnes présentant un handicap, Deboeck et Larcier.
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Reboule, H. ; Comte, P. ; Jeantet, M.-C. 1985. Les handicapés mentaux vieillissants, Éditions ctnerhi.
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Site Internet français Equal : www. equal-France. com
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Zibri,G. ; Sarfaty, J. 1990. Handicap mental et vieillissement, Éditions ctnheri.
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Gilles Besset, promoteur du projet au titre de l’
arseaa-irfces, directeur de la résidence « Bordeneuve »,
arseaa, chemin Bonhomme, 82410 Saint-Étienne-de-Tulmont, gérant du
geie du travail social, 7, chemin de Colasson, 31081 Toulouse Cedex.