Empan
érès

I.S.B.N.2-7492-0134-9
200 pages

p. 179 à 185
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Actualités du social

no52 2003/4

Deux ans déjà, depuis le 21 septembre, et Toulouse porte toujours des signes visibles de cette catastrophe. Même la « tour » azf, en cours de démolition, est longue à disparaître. En ce qui concerne notre secteur, des témoignages continuent à faire écho de toutes les émotions qui nous ont submergés dans ces moments-là. Écoutons-les encore car ils sont porteurs d’enseignement sur nos attitudes face aux situations dramatiques, quelles qu’elles soient…
Paule Sanchou

Quelques expressions spontanées des besoins psychiques dans les premiers jours après la catastrophe chez les personnes, connues ou inconnues, rencontrées dans la rue ou en accueil

  • le besoin de beauté ;
  • la sensibilité à la beauté et à la bonté ;
  • le besoin de contact physique comme réassurance ;
  • l’insupportable du cassé, ne pas pouvoir supporter d’être dans un lieu cassé, abîmé ;
  • le besoin de parler ou, au contraire, de ne pas en parler, de se distraire, sortir, en sortir ;
  • l’agressivité, les cauchemars ;
  • ne pas pouvoir être dans un lieu clos (toilettes) (« Il faut que je tienne les murs, j’ai peur que les murs tombent ») ;
  • le traumatisme actuel qui réactive des traumatismes anciens (viol, guerre d’Algérie…). La souffrance est intense. On ne peut mesurer alors ce que cette réactivation permettra, en terme de reélaboration des traumatismes anciens. Cela dépendra sûrement de la nature du traumatisme ancien, des potentialités psychologiques des sujets, de l’aide qui leur sera apportée.
Louise Gatard
21 septembre 2001
Octobre
Novembre
Dans ma tête, cette période reste floue et noire, véritablement noire
Quelques flashs
Des émotions
Des ressentis
Des larmes
Je n’étais pourtant pas là le jour du drame.
Mais j’ai absorbé toute cette douleur, cette émotion.
L’espace de quatre heures, ne pas savoir…, mes collègues, pas de nouvelles.
Que leur est-il arrivé ?
Darty s’est effondré m’apprend la radio.
Je m’effondre. On est si près.
Darty, on y était parties acheter une théière. À pied. Tout près.
Au bout du fil : rien
Où sont-ils ?
Comment vont-ils ?
Les amis ?
Combien sont-ils dans la zone touchée ?
Une liste morbide se dresse dans ma tête instantanément.
Lignes téléphoniques saturées…
Embouteillages…
Attendre…
Seul moyen d’avoir de leurs nouvelles…
Ne pas sortir, l’air est vicié (paraît-il, mais on y croit).
Un coup de fil.
Ma sœur affolée.
« Ça va ? »
« Oui ça va, je ne travaillais pas ce matin, je suis chez moi, ça va… » Elle ne s’est même pas présentée, n’a rien dit d’autre que ça : « Ça va ? », tellement angoissée.
J’ai compris de suite de quoi elle parlait : comment penser à autre chose.
Et mes collègues ?…
La radio a remplacé la musique.
En boucle, j’écoute les infos de Toulouse.
15 h 30
Coup de fil.
« Ils vont bien. »
ILS VONT BIEN.
Je n’ai plus de lieu de travail.
« Pas besoin de venir lundi : on vous préviendra… »
Pas venir lundi…
Pas venir lundi… ?
Pas venir lundi… !
Lundi 9 h.
Je suis dans les rues de Toulouse, je vois les dégâts…
Je suis passée chez une cliente.
Je me dirige vers mon lieu de travail.
Je vois deux de mes collègues dans la rue.
L’émotion me saisit.
Je sais qu’elles n’étaient pas sur le lieu de travail vendredi.
Ce n’est pas pour elles que j’ai frémi.
Mais je suis si heureuse qu’on se rassemble enfin.
On est vivant.
À chaque enfant que je revois depuis ce jour-là,
la même phrase revient à n’importe quel moment de la conversation.
Ils me demandent : « T’étais où, toi ? »
Pas besoin de préalable.
On sait de quoi ils parlent
Dans toutes les têtes
Dans tous les corps
L’explosion est présente encore…
Hélène Loubes
 
Contexte
 
 
Le dimanche, tout le monde est occupé, les bruits de marteaux « occupent l’espace ». Dans les rues, les pompiers, les gendarmes, la police, mettent un semblant d’ordre dans ce monstrueux enchevêtrement de dégâts. Les humanitaires sont là dans un rapport direct, lisible, visible, avec une volonté d’apporter un « remède » aux souffrances.
Là, se pose une question devant ces militants bénévoles si nombreux.
L’action humanitaire est-elle une nouvelle façon d’appréhender le social ou un alibi pour pallier l’insuffisance des réponses structurelles ?
En tout cas, est-on condamné à s’entendre ?
Devant le cmp effondré, détruit, abîmé, les personnes de l’équipe sont écrasées, affectées.
Chacun effectue le tour de la maison pour se rendre à l’évidence, pour confirmer que le « territoire » n’est plus le même.
Que devant cet imprévisible destin, nous sommes dominés. Quelques mots, des regards, des larmes…
Et très vite, une rencontre vers les Autres est proposée.
Comme si une action immédiate – notre mission – pouvait être une « vengeance » sur le sort, une manière que l’événement ne garde pas son accent, ne soit pas une offense. Ne pas rester dans un état d’impuissance, de détresse, trop générateur d’angoisses. Le facteur individuel et subjectif est au premier plan de cette situation catastrophique et pourtant sont prises en compte les conséquences, les répercussions individuelles, familiales, collectives.
Ne fait-on pas une symétrie entre danger externe et danger interne ?
Aline Canova
 
« … Il faut que je prévienne Danielle, je vais être en retard au cmp, le téléphone ne marche pas… »
 
 
Vendredi matin, 10 h 17, groupe des grands 2-3 ans à la crèche.
Un bruit effrayant, puis un second, avec un bruit de vitres cassées (enfin je ne sais plus dans quel sens). Je sens un serrement au niveau du plexus très important, une très grande peur. Mais je ne dois pas me laisser aller. Il faut faire semblant de (sourire !). J’emmène les enfants au fond de la salle en essayant de les entourer de mes bras (en réfléchissant quelque temps plus tard, une vraie poule). Ils hurlent, tous s’accrochent à moi. Je dois sourire (c’est difficile lorsque l’on a très peur). J’ai le cœur qui bat de plus en plus fort, je ne sais pas ce qui se passe. Mes collègues m’amènent les autres enfants, car il y a du verre cassé partout. Sauf dans la salle où je suis, c’est la porte-fenêtre qui s’est décollée. Les enfants crient, appellent « Maman ». Dans ma tête, je pense attentat très proche de nous. Je dis aux enfants en riant : « Cela doit être une voiture qui est rentrée dans le magasin du boucher. » Mais « attentat » reste dans ma tête. Il faut que je prévienne Danielle, je vais être en retard au cmp, le téléphone ne marche pas.
Au bout d’une heure, je ne sais toujours rien. Des voitures toutes sales passent devant la rue, mon cœur bat très fort de plus en plus. Les enfants ne pleurent presque plus, seulement un ou deux. Une petite fille trouve un téléphone en plastique et téléphone à sa maman pour la rassurer, les autres enfants font pareil. Je suis ébahie et un peu apaisée par ce que je vois. J’essaie de leur lire un livre pour dominer mon angoisse et arriver à faire semblant.
Ouf ! La première maman qui arrive en larmes, elle nous explique ce qui s’est passé. C’est une explosion. C’est l’usine azf. Il est midi.
Une fois tous les petits partis, je pense réparation et dit à mes collègues : « Je vais chercher un vitrier. » Je ne penserai au cmp qu’en fin de journée. Tout l’après-midi nous aidons un copain dont le plafond s’est effondré. On enlève les gravats.
À la nuit tombée, je pars de Saint-Simon et vais dans les quartiers que je connais Papus, cmp La Faourette…
Quelle horreur. On a eu de la chance ! C’est une phrase que j’entends, entends…
Christine Llanas
 
Brève éducative sur une médiation culturelle : le musée
 
 
Nous sommes le 28 mai 2002… huit mois après l’explosion d’azf.
Un petit groupe de quatre enfants de 8 à 10 ans a choisi, depuis plusieurs séances, de travailler sur le thème « les dinosaures et leur disparition ». Nous sommes en réflexion sur une sortie possible à Tarascon (musée des dinosaures), quand Jérôme s’écarte du groupe et exprime : « La tour azf a fumé l’autre jour », il ajoute : « C’est éclairé la nuit, je la vois de ma fenêtre, pourquoi ? » Il me regarde. La prégnance de l’émotion du petit groupe est telle que l’activité s’arrête. Nous échangeons, sur le nettoyage du site, la fin de l’enquête, la sécurité, l’arrêt des activités de l’usine, en gros titre sur La Dépêche ce jour-là, et la peur qui ne « lâche » personne.
En y réfléchissant quelque temps après, je suis furieuse. Contre qui ? Contre quoi ? Je croyais cet accident catastrophique « oublié », et chemin faisant que nous allions vers une « reconstruction ». Voilà qu’en évoquant les origines de l’homme et de la planète, les enfants m’interrogent sur leur présent futur. Pendant combien de temps aurons-nous à être agressés par cette tragédie ? Est-ce une manière de rester vigilant ? Ne pas se soumettre à l’oubli, pour « mieux s’en sortir » ? Ne pas cacher « l’accident » pour paraître normal ? Qu’est-ce qui reste dans la mémoire d’un enfant ? Qu’est-ce qui l’impressionne ? Cela a-t-il un sens pour un adulte ? Les enfants donnent des détails de couleurs, de formes… Leurs histoires sans paroles sont imprégnées de réactions émotionnelles des adultes. Ces émotions servent souvent de repères à leurs images. Quelle cohérence peuvent-ils construire s’ils ne rencontrent pas un adulte à qui en faire le récit ? Dessins, mots, mouvements corporels, mimiques…. autant de mises en scène pour essayer de donner à l’Autre qui écoute, donner forme à ces images éprouvantes. Le repère du temps existe-t-il ? Les enfants livrent leurs réminiscences comme si l’explosion s’était produite hier. La culture laisse-t-elle la place pour parler de « ça » – l’indicible, l’innommable ? Ne sont-ils pas « prisonniers » de la manière dont l’événement a été traité familialement, socialement ? À cet insupportable réel quotidien… comment construire un présent en ayant sous les yeux le « démoli », le « cassé », l’irréparable ?
Faut-il rêver pour espérer ?
Que proposer en tant qu’éducatrice à ces enfants « blessés », interrogatifs de leur avenir ?
Réfléchissant, avec ce petit groupe d’enfants, à une réalisation plus poussée sur ce thème du « début du monde », M… nous apporte un livre sur les Gaulois et les Romains. Parallèlement, je rencontre l’animatrice du musée Saint-Raymond, pour un projet autour de ce thème.
Sensibiliser des enfants, pour la plupart « dépourvus » d’intérêt à la « culture » antique.
Au travers de découvertes (visuelles, auditives, tactiles), de manipulations, de mythes racontés, de parcours-jeux dans le musée, comment susciter un regard présent sur un passé révolu ? Comment confronter des enfants à la construction d’une civilisation ? Avec l’animatrice, nous échangeons sur l’accueil, sur l’incitation, sur la structuration de l’espace, du temps, l’intégration avec d’autres enfants (atelier du mercredi). Je souhaite des « moments de pause » avec ce petit groupe Guidance pour que, sous le micocoulier séculaire, des instants privilégiés et sereins, soient partagés.
Aller au musée devient un événement. Ces expériences innovantes de transmission (jeux, atelier) donnent de l’autonomie aux enfants. Au début, dépendants, ils viennent me demander le sens des mots, s’ils « ont bien compris »… Très vite, ils trouvent seuls et partagent avec les autres enfants (public), en recherche eux aussi. Ces propositions d’être à la fois spectateurs des œuvres et créateurs (sous forme de BD, de costumes…) suscitent de la surprise, de l’intérêt. En mélangeant les couleurs et les formes, J… joue et dit « c’est comme dans les grottes… ». C’est vrai que l’homme est un artiste depuis ses plus lointaines origines : Lascaux, Chauvet, les grottes en Tanzanie en sont des témoignages. Devant les statues, les bas-reliefs, les objets, instantanément, les enfants ont trouvé du beau. Des réactions, des sensations, du déplaisir au plaisir, ont été manifestées. Beaucoup de dimensions subjectives de la représentation, de l’apparence, un effet bénéfique de la beauté ? Comme si les œuvres « parlaient » à leur place. L’inexprimable « figure » ce qui ne peut se dire trop crûment (cette projection des processus inconscients, les enfants en ont subi passivement les effets). La participation des enfants (langage, jeux, exploration, manipulation…) permet l’expression émotionnelle qui le traverse. La légende d’Achille racontée par une conteuse, près des fresques de la mythologie, il y a là un certain enchantement à écouter l’histoire du héros. Ensuite, dans un partage collectif, les enfants peuvent dessiner certains moments du récit, récapitulés par des fiches individuelles. Comme si, comme l’écrit P. Bourdieu : « Il suffit que passent inaperçues les conditions historiques et sociales, pour rendre possible […] la pleine possession de la culture… »
Dans cette approche culturelle, la place de l’éducateur est dans l’écoute, l’aide à la compréhension, maintenir la persistance, donner l’indication nécessaire pour poursuivre, faciliter la réassurance. L’animatrice complète en suscitant le questionnement par des aspects historiques, des anecdotes. Les réflexions, attitudes de chaque enfant sont reprises au cmp ; elles peuvent servir de support à la prise en charge éducative globale. Ce travail de collaboration permet une ouverture (entre autres) sur l’apprentissage et la transmission. L’art, réponse aux angoisses de disparition. Dès l’Antiquité, les bienfaits de l’art sont célèbres : on considérait qu’il permettait « d’apaiser les âmes ». Les enfants, à des degrés divers, ont profité de ces moments particuliers, en mobilisant un autre langage que le langage verbal. L’émotion, l’expression, la communication, la désinhibition, l’affirmation de soi, l’intégration, la socialisation, ont amené les enfants vers un processus de changement. La promenade avec « nous » continue ; les livres d’art, les cartes postales sont apportés par certains enfants. Toutefois, cette année, le petit groupe a décidé de se confronter à la nature et à son environnement, mais cela est une autre histoire.
Aline Richou-Canova
Le vent d’Autan souffle ce jour-là sur Toulouse.
En montant les escaliers de l’immeuble, je suis saisie par un vacarme étrange et assourdissant qui vient de tout là-haut.
En levant les yeux, je vois une bâche bleue qui devait servir à recouvrir le toit à l’endroit où une verrière a explosé.
Elle n’est plus accrochée que par deux côtés et claque dans le vent.
Je rentre chez Z et oublie le bruit. Je le rencontre depuis le mardi 24 septembre.
Car depuis l’explosion, il dort mal et il est agressif avec ses frères et sœur. L’appartement est abîmé : plastiques à toutes les fenêtres, porte d’entrée qui ne ferme plus à clef, chambres d’enfant condamnées car les éclats de verre ne sont pas encore tous retirés des murs, du sol, des couvertures, des lits…
Ils vivent dans le salon.
Z me dit tout de suite qu’il a encore mal dormi.
« J’entends des gens la nuit qui essayent de rentrer dans l’immeuble, j’ai peur, je n’arrive pas à dormir. »
Je pense à la bâche et à son vacarme.
Alors je lui propose de venir voir ce qui fait tant de bruit dans l’escalier. Sa grande sœur et son petit frère semblent vouloir venir avec nous.
La mère m’autorise à sortir avec les deux aînés.
On monte donc tous les trois. On se rapproche du vacarme. Nous voilà tout en haut de l’immeuble.
On peut toucher la bâche, le bruit est insoutenable. On est saisi par la force de la bâche dans le vent, par le froid…
« Je reconnais, dit M, c’est ici qu’on étendait le linge, avant. » « Oui, rajoute Z, il y avait une vitre au plafond. »
Une fois redescendus dans l’appartement, on peut parler de ce bruit qu’on entend de dedans, dans le silence de la nuit. Que ce ne sont pas des gens, mais la bâche.
De leur inquiétude que quelqu’un rentre, car ni la porte du bas d’immeuble, ni leur porte d’entrée ne ferment à clef.
On peut alors bien comprendre que le matériel est très important dans la vie quotidienne, pour la construction psychique et pour être tranquille avec soi-même. Toutes ces maisons sans fenêtres, sans volets, ces portes qui ne ferment plus : les gens ont perdu leur contenant habituel et rassurant.
Plus rien qui les entoure, qui les réchauffe.
Dans ce climat d’insécurité, les enfants, et aussi les adultes, sont angoissés, ont du mal à se construire, à se reconstruire.
Un confort matériel minimum est nécessaire à la construction de la personne.
Hélène Loubes
 
Considérations à ce jour, 3 octobre 2001
 
 
…Samedi 22 septembre 2001, 9 heures.
Devant notre local dévasté, rue Ricord, après évacuation des dossiers, l’équipe est présente, soudée, représentée par cinq d’entre nous décidés à être là, à la rencontre des familles connues (notre pensée va d’abord vers elles), dans la rue, au bas des immeubles.
C’est un premier repérage de l’état et des besoins des enfants et des familles. On s’enquiert d’eux et ils s’enquièrent de nous quand ils nous voient.
Soignants et soignés, mais tous sinistrés.
Lundi 24 septembre : nous sommes dans la rue mais nous avons aussi un deuxième objectif : aller voir les écoles.
Très vite, nous choisissons de travailler à deux, nous déplacer à deux, pour se protéger du trop d’émotion, pour avoir plus de capacités d’élaboration adaptées aux situations à vif (l’expérience confirmera la pertinence de ce choix).
Également dès ce lundi, nous nous installons au cms-rue du Roussillon – ou plus exactement le cms nous offre un point de ralliement et un toit. Mais les interventions se font dans la rue, aux domiciles, dans les écoles avec les enseignants.
… Mardi 25 septembre : « Circuits jeunes » nous offre une salle. Pas seulement un point de ralliement et un toit, mais un espace-bureau où nous pourrons recevoir des appels, en envoyer, recevoir des personnes qui le souhaitent.
Les contacts avec toutes les familles figurant sur la file active vont se systématiser, s’adapter à l’intensité des besoins et des demandes, soit par téléphone, soit par visite à domicile.
Les informations sont notées au jour le jour et lues par les soignants concernés.
Des demandes d’intervention sont exprimées par « Circuits jeunes » pour des personnes qui ont besoin de consulter, connues ou pas de Circuits.
En ce qui concerne les prises en charge interrompues par la catastrophe, on diffère les projets de soins : les familles sont centrées sur l’immédiat, le matériel, le logement, éventuellement des soins physiques.
On reçoit également des messages d’amitié de familles non touchées qui nous rassurent sur eux, se préoccupent de nous et remettent à plus tard la reprise des relations engagées.
… Jeudi 27 septembre, pendant la réunion des chefs de service, rue Ingres, est projeté le film, pris par l’un d’entre nous, sur l’état de notre local rue Ricord, intérieur et extérieur. Ce film mobilise des mouvements de solidarité humaine et professionnelle au sein de la Guidance : des collègues des autres antennes se proposent pour nous aider à assurer les permanences, week-ends compris.
Aline Canova et Louise Gatard
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis