2004
EMPAN
Lectures récentes
Notes de lecture
Les uns avec
les autres. Quand l’individualisme crée du lien,
F. de Singly, Paris, Armand Colin,
2003, 267 p., 23 €.
Qui n’a pas été agacé par la chèvre de Monsieur Seguin ? Le
prix à payer pour sa liberté conduit-il inexorablement l’individualisation vers
l’abîme d’une mort sociale annoncée ? Le conte d’Alphonse Daudet nous introduit
à la conquête moderne de l’individualisme. Sa caractéristique la plus
contemporaine est qu’il touche à son aboutissement : son développement entraîne
institutions et collectivités qui sont encore sous l’emprise du communautaire à
l’épuisement.
Les nostalgiques s’insurgent, les liens sociaux se délitent,
les couples éclatent et les familles se fragmentent, les solidarités
territoriales s’effritent, la flexibilité et la concurrence à tout crin
éreintent les collectifs de travail, la fidélité à une opinion politique se mue
en opinion versatile, ils oublient qu’une multiplicité de liens électifs et
contractuels, sans doute fragiles mais bien réels, se sont substitués aux liens
statutaires, dont la force est à la mesure de la renonciation plus ou moins
grande à la liberté personnelle. Grâce à ces liens souples dont les uns se
rompent tandis que d’autres sont construits, l’individu, loin d’une
désocialisation brandie comme une menace, ne cesse de fabriquer des
attachements, des liens et des affects. Simplement, rien ne se passe plus comme
avant : ce n’est plus le donataire (figure stéréotypique de toute transmission)
qui écrit le testament mais l’héritier : notre contemporain fait l’inventaire
de ce qu’il a reçu pour y sélectionner des éléments qui participeront de son
originalité en tenant à distance son origine. La construction identitaire n’est
plus une croisière vers quelque port d’attache définitif : l’individu
contemporain jette l’ancre pour la lever aussitôt afin de fluidifier une
identité multidimensionnelle qu’il veille à stabiliser quelque peu pour
s’éprouver dans la continuité et pour rassurer les autres. Les institutions
traditionnelles (la famille, l’école, les confessions religieuses, les
syndicats…) ne donnent plus le « la » normatif, dont l’uniformité correspond à
l’exigence d’égalité : nos concitoyens en appellent à une fluidité normative
qui concilie un traitement égalitaire et un traitement différencié. À l’instar
des femmes des communautés traditionnelles (selon un stéréotype bien établi),
l’individu d’aujourd’hui n’est-il pas sous l’emprise de la tyrannie des
émotions ? Finie la morale pour qui suit la pente de ses passions… attisées par
les spectacles télémédiatiques ! Ce serait oublier tous ces mouvements de
solidarité, de protestations et de résistances collectives qui viennent du
cœur.
On devine combien la lecture de cet ouvrage est stimulante à
plus d’un titre. Soulignons seulement qu’elle permet une approche critique
et/ou complémentaire de concepts maintenant bien établis : la désaffiliation
(R. Castel), la flexibilité (les intellectuels néo-libéraux), le
communautarisme (Kymlicka), la tyrannie de l’intimité (R. Sennett) ou de la
visibilité.
Ce livre peut également inciter à lire (ou relire) l’ouvrage de
F. Dubet (Le déclin de l’institution,
Le Seuil, 2002) qui offre une autre approche de phénomènes semblables. Reste à
se demander si individualisme et lien social peuvent s’écrire au singulier : à
partir de l’enquête « Contact » de l’insee, François Héran nous avait montré
(Économie et Statistique, n° 216,
1988) que la diversité des configurations d’individus – leur sociabilité –
avait pour cadre de possibilité l’espace social. Quinze ans après, faut-il
totalement oublier cette démonstration ?
Marcel Drulhe
professeur de sociologie,université de Toulouse-Le Mirail
Les femmes
dans le combat politique en France, La
République selon Marianne, Frédérique Roussel, Castelnau-La-Chapelle (24250), éd.
L’Hydre, 2002.
Édouard Morlot, député radical de 1896 à 1907 écrivait : «
Destinée à la maternité, la femme est faite pour la vie de famille, la dignité
de sa situation sera d’autant plus grande qu’elle n‘ira point la compromettre
dans les luttes de forum et dans les hasards de la vie publique. Elle
oublierait fatalement ses devoirs de mère et d‘épouse, si elle abandonnait le
foyer pour courir à la tribune […]. On a donc parfaitement raison d’exclure de
la vie publique les femmes et les personnes qui, par leur peu de maturité
d’esprit, ne peuvent prendre une part intelligente à la conduite des affaires
publiques. »
Le ver est encore dans le fruit. Pour nous affirmer femmes,
pour constituer notre histoire et la vivre, pour l’écrire et la dire, il nous
faut sans cesse combattre, prouver, démontrer, inventer, construire. Voilà la
principale inégalité entre les hommes et les femmes. On naît homme, on devient
femme. Dans le fil des revendications, dans le fil des jours qui se font
luttes, qui se font lois à faire ou à défaire. Toutefois certains disent
que…
Alors Frédérique raconte l’histoire. Celle des femmes. Elle
raconte, sans querelle ni polémique. Pour dire l’esprit du livre, je la cite :
« L‘époque de la confrontation est caduque. La femme est cet autre animal
politique qui, par sa spécificité et au même titre que l’homme, peut apporter
l‘autre regard du monde. En définitive, il est bien question de comprendre la
différence et non de la réduire (p. 22) […] Nos grand-mères ont lutté pour le
droit de vote, nos mères pour le droit à la contraception, à nous de faire
accepter la nouvelle Ève » (p. 29).
Adam et Ève dans la transparence d’une différence qui fait
histoire.
Le xviiie : siècle des lumières et d’obscurité
pour les femmes, saga des droits de l’homme et celle des femmes reléguées dans
l’ombre sombre.
Le xxe : les femmes se battent pour leurs
droits et participent aux grands mouvements d’émancipation sociale et
politique. Une histoire qui fait date un 8 mars 1921, une histoire dans une
république, avec les frères sans les sœurs, une histoire qui se parle dans des
conférences internationale à Mexico en 1975, à Copenhague en 1980, à Nairobi en
1985, avec les thèmes prioritaires d’égalité, de développement et de paix. Une
histoire parlée par des hommes, Lénine, Marx, Engels, De Gaulle, tue par la
plupart, une histoire écrite par des femmes, Olympes de Gouges, S. de Beauvoir,
G. Halimi, S. Veil, H. Arendt et bien d’autres encore. Un oubli du côté de
Frédérique Roussel, elle ne mentionne pas E. Badinter. Pourquoi ?
Ce livre est très riche. La table des matières est à elle seule
passionnante et la bibliographie étincelle, les citations sont étonnantes, les
analyses rigoureuses. C’est une véritable traversée du temps quand le temps se
fait femme. Femmes qui ont su et qui savent encore combattre. Pour le droit de
vote, pour le droit à l’éducation, pour le droit à être responsables et surtout
pour l’immense droit de participer à la vie de la cité. Participer et parler.
Et pour cela, il faut des lois écrites et appliquées, il faut de l’égalité et
de l’équité. Il faut une vraie parité, une vraie justice. Et cela pose bien des
questions. C’est peu de le dire, de l’écrire ou de le lire. Il faut lutter et
lutter encore. Frédérique parle aussi des femmes en Afrique, du Sida, de sa
rencontre avec Lucie Aubrac, du simple, du quotidien, de la résistance à la
citoyenneté. Citoyenneté, mot clés de l’ouvrage. J’échoue à le résumer.
Ouvrez-le, lisez-le. Chacun sa lecture. Moi, j’ai lu une fois de plus que nous
les femmes, nous sommes des êtres exceptionnels. Ainsi, être est au masculin
Allons bon!
J’aime aussi sa presque conclusion : « Parce que l’égalité est
le garant d’un monde plus démocratique, elle ne doit pas uniquement être portée
par les femmes, mais par la société dans son ensemble. »
Il y a tant à créer dans l’espace « femmes », qu’il faut nous y
mettre toutes et même avec les hommes, chacun du lieu de son combat pour la
démocratie, un combat ancré dans la sincérité de chacun(e). Et c’est ce que
j’ai aimé le plus dans ce livre : la sincérité de l’engagement à dire comment
les femmes bâtissent leur histoire mais aussi celle de l’humanité.
Alors, bonne lecture et n’hésitez pas à faire appel à
Bescherelles pour trouver l’accord !
Marie-José
Colet
Mères-filles. Une relation à trois, Caroline
Eliacheff, Nathalie
Heinich, Paris,
lgf, coll. « Le Livre de Poche »,
2003, 6,5 €.
Caroline Eliacheff, psychanalyste, et Nathalie Heinich,
sociologue, directeur de recherche au cnrs, analysent toutes les relations
mères-filles possibles à partir de cas empruntés à la fiction. Elles font vivre
des personnages issus de romans et de films qui illustrent leur propos et que
le lecteur pourra reconnaître au passage, ce qui donne au livre un caractère
vivant et agréable à lire.
Le livre est construit sur trois axes :
- les positions mère-femme dans les trois premières parties
;
- les relations mère-fille dans la quatrième partie
;
- l’axe temporel des âges de la vie dans les trois dernières
parties.
Le premier axe définit
un éventail des types de positions de la mère, des « plus mères que femmes »
aux « plus femmes que mères », en passant par celles qui ne sont ni l’une ni
l’autre, celles qui sont alternativement l’une ou l’autre, et enfin celles qui
sont à la fois l’une et l’autre. Il s’agit de types de positions maternelles,
pouvant coexister chez une même femme, tel l’exemple emprunté aux Atrides de
Clytemnestre, mère sacrificielle pour Iphigénie, abandonnante pour Oreste et
rejetante pour Electre.
Le second axe
mère-fille fait apparaître un éventail de relations entre l’objectivité du
comportement de la mère et la subjectivité du vécu de la fille, qui ont en
commun leur caractère extrême : supériorité ou infériorité, jalousie ou
injustice, défaillance ou absence.
Le troisième axe,
enfin, permet d’observer les principales étapes de la vie d’une fille, qui
mettent à l’épreuve le degré de mobilité de la relation : le devenir femme, le
devenir mère. Les filles ayant noué des relations impossibles avec leurs mères
auront des chances d’entretenir des relations impossibles avec les hommes. Le
lecteur comprendra les avatars des mères trop mères, trop femmes ou extrêmes,
qui induisent des relations douloureuses avec leurs filles, mères
maltraitantes, mères incestuelles (inceste platonique mère-fille en cas
d’exclusion du père), relation d’emprise et de toute-puissance.
On sera rassuré d’apprendre qu’il peut exister des relations de
complicité heureuse ou du moins des relations « suffisamment bonnes », donc
acceptables. La condition essentielle, c’est compréhensible, est l’inclusion du
tiers dans la relation et la mobilité de la mère pour évoluer au long des âges
de la vie.
Les auteurs nous donnent aussi à mesurer « la difficulté que
peut avoir la fille à construire son sentiment d’identité par imitation d’un
être dont il lui faut en même temps se différencier, en échappant à son emprise
sans pour autant s’identifier à l’autre sexe et tout en continuant à se
concilier son amour ! ».
Enfin, définition à retenir, celle du tiers, empruntée à Pierre
Legendre, en ce qu’il peut faire jouer l’impératif de différenciation,
c’est-à-dire mettre en œuvre la logique de l’altérité.
Enfin, il est trop tentant de replacer ici l’histoire de la
maman aigle rapportée par Freud : une maman aigle veut sauver du déluge ses
petits, trop faibles pour voler de leurs propres ailes. Elle prend le premier
dans ses serres et s’envole. « Je te serai toujours reconnaissant, maman », dit
l’aiglon. « Menteur ! », dit la mère en lâchant son petit dans les flots. La
même chose se produit avec le deuxième. Quand la mère prend le troisième et
vole vers un refuge, l’aiglon lui dit : « J’espère que je serai aussi bon pour
mes enfants que tu l’as été pour moi ! » Et la mère sauva cet enfant.
Cette histoire enseigne que la dette de gratitude qui unit un
enfant à sa mère doit se situer dans le futur et non pas dans le passé ; faute
de quoi, la transmission de la vie s’interrompt.
On apprend aussi que la transmission ne peut avoir lieu que si
le père comme la mère sont prêts à céder leur place d’enfant. On ne naît pas
mère, on le devient. De même pour le père, il doit renoncer à sa condition
d’enfant pour la céder à son enfant.
Un livre abordable et très complet qui passionnera toutes les
mères et les filles, et qui fera référence sur le sujet
Mireille
Gairaud
Le dîner de
Babeth, Karen Blixen,
Paris, Gallimard, 1958 (Folio).
« Combien vous enchanterez les anges ! »
Pourquoi Babette enchantera-t-elle les anges du paradis ? Parce
que Babette est une grande artiste prête « à donner de son don » aux autres, à
tous les autres. Ce don qu’est l’art culinaire. Cette nouvelle est l’histoire
d’un billet de loterie de dix mille francs transformé en un repas. Babeth donne
à Martine et Philippa tout ce qu’elle possède : son art de la cuisine dans la
douce et absolue générosité de son amour pour elles, de son amour et de sa
gratitude. Tout : ses souvenirs, son talent si immense, le Café d’Angleterre
autrefois… Un autrefois si plein de nostalgie que nous livre Karen Blixen dans
une courte nouvelle qui dit le talent, le don de soi d’une femme et de toute
artiste. Cette nouvelle est un court hymne tendre et poétique à la
création.
« Les seules choses que nous pourrons emporter en quittant la
vie terrestre seront celles que nous auront données aux autres. »
Babeth leur a donné un repas qui les combla de félicité, qui
les fit sourire, se souvenir de leur jeunesse, qui les fit réfléchir sur les
choix de leurs vies, sur ces cœurs qui autrefois battaient de passion. Douze
ans déjà que Philippa et Martine, ces deux vieilles demoiselles protestantes,
ont recueilli Babeth la papiste en pleine détresse de son passé de communarde
sur cette côte si sauvage de la lointaine Norvège. Une sorte de bout du monde
désert et plein d’écume.
Dans cette nouvelle, tous les personnages respirent de bonté,
d’humanité, de tendresse. De mélancolie enfin. Des embruns du passé nous
atteignent, des palpitations timides du présent nous effleurent comme des
douces caresses pleine de sensualité. Le repas de Babeth retient notre souffle
et celui des douze invités de Martha et de Philippa. Les invités sont effrayés
par ces mets inconnus, par leur finesse, par tous ces goûts subtils et inconnus
de leurs palais. De la joie pure que l’on n’ose pas nommer. Martine et
Philippa, ces timides anges de bonté, n’imaginaient pas jusqu’à ce jour que les
vins portaient des noms : du « Clos-Vougeot », 1848, de l’« Amon-tillado », et
cette étrange limonade « La Veuve Cliquot », 1860. Les invités demeurent
tremblants devant « les cailles en sarcophages ». Tant de douceurs ! Tant de
finesses dans un seul repas ! Et cet étrange velouté de tortue ! Et ces
incroyables blinis Demidoff ! Les mains jointes disent la ferveur, les mots
timides disent les émotions à peine perceptibles.
« Puisse ce repas maintenir la
forme de mon corps,
Puisse mon corps soutenir les
forces de mon âme,
Puisse mon âme en actes et en
paroles
Louer le Seigneur pour tous ses
bienfaits ! »
Tous les invités sont touchés par la grâce. La grâce et la
bonté de Babeth. Les langues se délient, les oreilles s’ouvrent, les souvenirs
abondent. Autrefois leur jeunesse, leurs amours, maintenant la douce lumière de
ce repas. Dans cette grâce de Dieu. Babette, cette servante presque muette,
règne dans cette nuit nordique et froide presque bleutée. Autrefois Paris, le
Café d’Angleterre, Babeth l’exilée, la réfugiée politique. Une solitude de
femme généreuse. Ils sont morts, son mari, son fils et tous les autres qui
venaient au Café d’Angleterre. Paris ses souvenirs. Paris les deuils. Babeth
crée avec sa peine, avec son amour, avec sa sérénité. Paris, elle n’y
retournera plus. Dix mille francs. Avec son repas, elle a donné tout ce qu’elle
possédait : son passé, son avenir. Elle n’est plus qu’un présent d’amour et de
création. La création est ou n’est pas, elle est entière, absolue, sans
retenue. Elle emporte tout, donne tout.
Karen Blixen est un ange de création.
À lire dans la douceur de la vie quand elle se fait nostalgie,
quand elle dit qu’il fait bon de créer, d’aimer de donner jusqu’aux limites de
la douceur et de soi-même.
Bon appétit !
Marie-José Colet
P.S : Un jour, je donnerai ma recette de pintade aux
marrons…
La fille du
berger, Laura Mouzaïa,
Paris, L’Harmattan, 1997, 169 p., 12,96 €.
Qu’importe la nationalité
!
Tout commença par le numéro 1487 d’Algérie Actualité et déjà je m’étonne moi-même
de cette histoire franco-algérienne. En ces temps anciens, quelques fous
tentèrent de vendre en France un hebdo algérien ! Pensez, la barrière de la
langue n’existant même pas ! Aussi, je reprends avec émotion ce numéro d’avril
1994 qui avait une couverture en couleurs : je retrouve Abida Allouache qui
décrit le sort de quelques femmes en détresse, et Kamal Zemouri dont l’article,
à la gloire de la lecture, est orné de beaux visages d’enfants. La poésie,
toujours au rendez-vous, y côtoyait la littérature avec l’évocation d’un livre
publié par enal, maison d’édition
d’État en Algérie : La fille du berger
(Illis u Meksa dit en grosses lettres
la couverture). Le récit d’un « voyage » qui, de l’Algérie, conduisit l’héroïne
jusqu’en Aveyron, Decazeville pour être exact. J’eus envie de lire ce livre ce
qui devint plus facile quand, par un numéro suivant d’Algérie Actualité, j’appris que l’écrivaine
vivait près de Toulouse. Un échange de correspondances me permit de rencontrer
Laura Mouzaïa à la bibliothèque de l’université du Mirail où nous décidâmes des
conditions d’un débat à Montauban pour présenter son roman. Il eut lieu le 6
décembre 1994 et il restera gravé dans ma mémoire. Laura n’est pas très grande,
des cheveux mi-longs très noirs, un regard direct, elle semble avancer au
milieu d’intempéries plus sociales que climatiques.
Je m’étonne moi-même de cette histoire car, avouez-le,
présenter à Montauban un livre seulement disponible en Algérie, ce n’est pas
courant ! Qui plus est, une femme en est l’auteur, c’est presque du délire ! Le
roman, porteur d’une extrême tension, va susciter un débat passionnant. Pour
comprendre voici sa présentation dans l’article du journal mentionné.
« Ce roman est un itinéraire à miroir où chacun peut retrouver
ses traces. La mal-vie dans une société patriarcale aux mœurs rudes, où les
femmes ne sont que des bouts d’histoires, ballottés selon les humeurs du
pouvoir masculin ou féminin. Patriarcat, matriarcat, pouvoir du dedans et du
dehors, du dominant et du dominé, de l’armée et de la résistance. Tous les
pouvoirs sont tour à tour évoqués, dénoncés, à travers la voix d’une
femme-enfant qui constamment se rebelle. »
Suite à ce débat, j’ai publié dans notre petit journal local un
compte rendu. À le lire aujourd’hui, je n’y retrouve pas l’ambiance
chaleureuse, surprenante, que Laura sut créer par des réponses brèves,
directes, sincères et originales. Elle est née d’un couple mixte dit-elle, un
père kabyle et une mère italienne, et très librement un homme l’interrompit : «
Un couple bi-national, aurait dit Boucebci. » Alors elle précisa : « Je préfère
dire un couple inter-culturel. » Une façon d’indiquer que pour cette femme, la
sensibilité passe bien avant la nationalité. Son héroïne changera de pays sans
changer d’échelle des valeurs. Les révoltes de là-bas restèrent celles d’ici.
Bien sûr, la question kabyle fut au cœur de la soirée mais pas comme une
question identitaire. La Kabylie est, à part entière, un des éléments de ce
qu’un participant appela si bien « le continent Algérie ». En France, nous
avons si peu de volonté de pénétrer au cœur de cette diversité que nous
réduisons le continent à quelques clichés ! Juifs, musulmans, chrétiens, noirs,
blancs, nomades, paysans, citadins, tout se croise tellement en ce pays que les
intégristes, qui rêvent de purification, s’acharnent à y perpétrer les crimes
les plus odieux.
Laura Mouzaïa ne fut pas tendre avec l’Internationale
intégriste, dont la naissance tient, pour elle, au soutien que les États-Unis
lui apportèrent en Afghanistan en 1980 afin d’appuyer le soulèvement contre
l’invasion de l’urss. Elle termina le
débat par ce rappel historique : un méridional partit un jour pour l’Algérie et
au lieu d’en ramener des bijoux ou des pierres précieuses, rapporta une prune
dont il planta le noyau dans la région d’Agen, une prune qui devint le pruneau
d’Agen. En voilà un qui n’avait pas travaillé pour des prunes !
Le soutien d’Algérie
Actualité à cette jeune française ne se démentit pas et, en 1995, le
journal, encore disponible en France, publia un bel entretien que réalisa
Salima Aït-Mohamed sur une pleine page. Laura y précisa que son père ne fut pas
mineur comme celui de l’héroïne mais ouvrier, pour finir restaurateur, et qu’en
conséquence, tout n’est pas autobiographique dans sa
Fille du berger mais « derrière
Khadidja Mansour, l’héroïne, il y a moi, Laura Mouzaïa, qui n’accepte aucune
concession devant le mensonge, la bêtise, l’injustice et toutes les formes
d’oppression qui réduisent la femme ». J’ai retrouvé là toute la force du
personnage que j’avais croisé et qui devra attendre 1997 pour que son livre
trouve un éditeur en France (il serait plus simple de passer commande à
l’éditeur algérien comme on passe commande au lointain éditeur québécois, mais
reconnaître que le continent Algérie est un pays aux immenses cultures n’est
pas digne de la grandeur de la France !).
En guise de sincérité, je reprends sa réponse à cette question
: de quel auteur algérien vous sentez-vous proche et qui serait capable de vous
influencer ?
« Je vais être franche. Il y a bien longtemps que je n’ai lu
d’auteurs algériens. Mon métier me pousse vers l’ethnosociologie. Les deux
romans dont j’ai eu connaissance sont ceux de feu Mouloud Mammeri que sa veuve
m’a adressés. Les lectures d’auteurs algériens remontent un peu loin. Au cours
de mes vacances en Algérie, les espaces étant dichotomiques, le seul contact
que j’avais avec la “gent” masculine, c’était par le biais du livre. J’étais en
terminale, eux me parlaient avec beaucoup de fierté de Mouloud Feraoun, Mouloud
Mammeri, Mohammed Dib. La littérature francophone algérienne, je l’ai
découverte sur le tard, car elle n’était pas présente ici dans nos programmes
classiques français, mis à part Tahar Ben Jelloun qui est d’une grande
notoriété […] J’ai davantage été influencée par Hugo, Zola, Sartre et Malraux.
».
Laura Mouzaïa a tous ses souvenirs d’enfance en France.
Citoyenne totalement française, elle s’est sentie devenir algérienne face au
drame que vit ce pays depuis 1986. « Lorsque les libertés les plus
fondamentales sont menacées, nous sommes tous concernés. »
Il me faudra attendre sept ans pour la retrouver suite à la
sortie de son nouveau livre aux éditions L’Harmattan,
La terre piétinée. Si, pour son
premier livre, elle avait pu utiliser une citation de Mouloud Mammeri qui en
avait lu le manuscrit en 1987 (que le temps est long pour l’accouchement de
certains livres !), cette fois elle avait une préface de Lucie Aubrac ! Elle
plaça en exergue trois vers de Tahar Djaout, l’immense poète sauvagement
assassiné par les intégristes : « Si tu parles, tu meurs / Si tu te tais, tu
meurs / Alors parle et meurs. » Immense défi que cette écriture qui saigne et
qui saigne tant.
Égale à elle-même, elle me parut cependant marquée par quelques
douleurs profondes. Présente d’abord à la librairie-tartinerie de Sarrant dans
le Gers, puis à la librairie Deloche à Montauban, j’ai pu vérifier une nouvelle
fois les mérites de son combat surhumain.
Le débat du 25 janvier 2002, à la librairie Deloche, fut plus
conventionnel, plus bref que le précédent. J’ai retenu la réponse directe à la
question : « La terre piétinée est-ce l’Algérie ? » « Non, c’est la femme ! »
Pour elle, la question de l’humanité renvoie encore au second rang celle des
nationalités. Si La fille du berger
avait fait le chemin de l’Algérie vers la France, cette fois nous assistions à
un chemin inverse. Pour contester le tableau de la réalité présentée par
l’écrivaine, quelqu’un souhaita rappeler qu’il existe des intégrations
réussies. Comme si l’envie de crier devait s’éteindre face aux injustices si
présentes à cause de tel ou tel cas heureux ! Cet élément du débat renaîtra
dans une lettre qu’une lectrice envoya à notre petit journal et qui démontre au
contraire l’immense courage dont doit faire preuve Laura.
La lectrice ne trouva dans le roman « que haine contre la
famille, les hommes et les femmes dans leur ensemble ». Laura l’humaniste,
comment peut-elle subir une telle incompréhension ? L’Algérie reste au cœur de
mille malentendus et c’en est là, un de plus, que la lectrice crut utile de
compléter ainsi : « Peut-on, en tant qu’intellectuelle immigrée, déverser à
longueur de pages autant d’accusations mortelles contre les siens ? Comment
peut-on apporter pareils arguments au Front national et se plaindre du racisme
de notre société ? »
Au cours des années 1970, combien sont-ils, ceux qui
idéalisèrent l’Algérie indépendante pour ensuite la dénigrer quand ils la
découvrirent non conforme au credo socialiste qu’ils voulaient plaquer ?
Combien sont-ils ceux qui, aujourd’hui, minimisent les intégristes (qui sont
des Algériens), pour mieux prendre leur revanche sur l’Algérie démocratique
?
Laura Mouzaïa n’est pas une immigrée, elle n’est pas là pour
arrondir les angles, elle fait de la littérature, un droit qu’elle a du mal à
se gagner face à ceux qui le lui refusent. Faut-il tuer Zola qui a dépeint la
France sous les jours les plus mauvais ? Pour la lectrice, le mot « roman » fut
mis entre guillemets car elle aurait peut-être préféré lire une sage étude
sociologique. Laura Mouzaïa n’est tendre ni avec la société algérienne, ni avec
la société française, ni avec les hommes, ni avec les femmes, et pourtant le
roman s’achève par une belle victoire de l’héroïne, une victoire un peu à la
manière de celle de la femme, à la fin du film Inch’allah dimanche, la victoire de la
culture.
Il serait injuste de ne pas terminer en donnant la parole à
l’écrivaine à un moment crucial de la vie pour deux sœurs du roman, Fatiha et
Miriam : choisir son métier.
« Leurs parents furent satisfaits du choix du métier de
coiffeuse, pour Miriam. Le soir, lorsque Fatiha se rendit compte qu’il était
impossible de la convaincre, après quelques chuchotements dans le lit, elle lui
envoya un grand coup de pied en direction des genoux.
Celle-ci ne répliqua pas. Elle se contenta de se pousser, de
tirer la couverture, et de lui tourner le dos. Ce soir-là, elles s’endormirent
comme deux ennemies.
Le lendemain, Yasmina aborda sa fille Fatiha.
“Pourquoi tu veux passer le bac ? C’est encore trop loin !
Qu’est-ce que tu veux faire avec un bac ? Pourquoi tu ne fais pas comme ta sœur
!”
[…] Fatiha se sentait coupable. »
Algérie Actualité
n’existe plus en France. Pour lire les journaux de là-bas, il faut savoir s’y
prendre. Le Matin, Le Soir d’Algérie, El Watan,
Liberté, Le Quotidien d’Oran, ils sont nombreux à paraître pour
mener un travail de titan contre les égorgeurs intégristes et les menaces de
censure du pouvoir. Nous pourrions construire tant de ponts entre les deux
rives, des ponts qui pourraient alimenter un humanisme d’aujourd’hui, et nous
en sommes réduits à subir les malentendus.
Au nom de l’émancipation, que Laura Mouzaïa puisse continuer à
défier, par son écriture unique, les bandits et les tricheurs !
Jean-Paul
Damaggio
Femmes
d’Alger dans leur appartement, Assia Djebar, Paris, Albin Michel, 1980, 2002, 19,5
€.
En couverture : Femmes d’Alger dans leur appartement, 1834,
Eugène Delacroix.
Je dirais une version des « Causeuses » de Camille Claudel.
Version peinture.
Assia Djebar conclut ainsi son livre de nouvelles : « Je ne
vois que dans les bribes de murmures anciens comment chercher à restituer la
conversation entre femmes, celle-là même que Delacroix gelait sur le tableau.
Je n’espère que dans la porte ouverte en plein soleil, celle que Picasso
ensuite a imposée, une libération concrète et quotidienne des femmes » (février
1979).
Dialectique entre conversations, jamais figées, me semble-t-il,
et mouvement de libération des femmes, tel est l’enjeu littéraire de ces
nouvelles. Je vais essayer de restituer ce mouvement de « ce qui parle dans ce
livre », de « celles qui parlent », de « celles qui causent ». Les
Causeuses.
Elles parlent du lieu de leur enfermement, le voile, les voiles
qui les cachent au regard, du lieu de leurs barreaux, autrefois la prison de
Barberousse ; elles parlent du lieu des générations passées, quand le récit
s’enroule dans « la nuit du récit de Fatima », elles parlent du lieu de leurs
morts dans « Les morts parlent », elles parlent du lieu de leurs larmes dans «
La femme qui pleure » (et j’ai pensé à Marguerite Duras), elles parlent du lieu
de leur exil si douloureux dans « Il n’y a pas d’exil », elles parlent du lieu
de leurs délires, de leur rêves et du lieu du hamman dans « Femmes d’Alger dans
leur appartement ». Elles parlent, elles vivent, elles pleurent, jamais ne
rient. Elles attendent ou se révoltent. Parfois soumises à la loi des hommes
parfois non. Organigramme des paroles des femmes qui se disent de nouvelles en
nouvelles. Des nouvelles qui forment un tout. Le tout de la cause des femmes,
là-bas en Algérie, ailleurs, en exil.
Des nouvelles qui s’écrivent dans le temps d’une nuit, dans le
temps présent des conversations, dans le temps d’hier et d’une postface érudite
qui analyse ce qui fait regard, ce qui fait parole, ce qui fait murmure des
générations, ce qui fait libération. Des femmes.
J’ai beaucoup aimé « La nuit du récit de Fatima ». Cette nuit
s’enroule dans les propos de trois vies de femmes, de trois générations de
femmes : Arbia, sa fille Fatima, la bru de Fatima, Anissa. Au bout de ces trois
générations, la terrible phrase de Nadir : « Il te faudra une autorisation
paternelle pour partir avec ma fille. Je ne te la donnerai pas pour l’instant.
» Ce sera la déchirure de la quatrième génération qui s’épellera dans le prénom
de la petite Meriem. Un rapt. Un fait divers comme on entend à la radio et qui
s’éclaire de l’intérieur des mots de femmes, des faits de femmes. « Des mots
torches », des faits dans la lumière des cœurs et des traditions. Dialectique
des mots aux actes. De Delacroix à Picasso. Ce qu’il fallait écrire. Mais
fallait-il que cela se vive ainsi ? Le drame d’une enfant, enjeu entre
tradition et modernité, entre femme soumise et femme libérée ? L’enfance
déchirée. Insoluble des vies passées au tamis des générations. Irréductibilité
des désirs. Des larmes au fond des yeux, j’ai tourné la page.
J’ai aimé le prodigieux style de la longue nouvelle « Femmes
d’Alger dans leur appartement ». Du présent, presque que du présent. Un peu de
passé dans une cicatrice bleue, dans le récit de Sarah la musicienne, la mort
de sa mère. Elle était emprisonnée. Les larmes ne pouvaient couler. Maintenant,
dans le présent de l’histoire, elles coulent, libérées. Du figé à la libération
des larmes. De Delacroix à Picasso. Sarah et son amie Anna qui n’est revenue
que pour mourir mais elles ne mourra pas. Un jour, Sarah et Anna partiront et
verront la ville « trembler de lumière ». Il faudrait parler aussi de Fatma, la
masseuse. Son poignet déchiré après une mauvaise chute, elle délire et c’est
beau, mais beau ! Elle, l’exclue à qui on a lancé l’interdit, elle, l’humiliée
qui ne cause que dans le délire de la douleur de sa main blessée… À lire
absolument. Un texte parfait qui coule sur « les marbres du malheur sourd ». Un
texte comme une psalmodie. La description des baigneuses au hammam est
parfaite. Comme sont émouvants ces mots pétris dans des corps flétris. Et cette
eau chaude qui coule, qui coule. Des femmes secrètes en pleine lumière qui
parlent. Oui, j’ai beaucoup aimé cette nouvelle. Les autres aussi mais la place
me manque. J’aimerais parler de toutes, citer les phrases onctueuses,
littéraires, mouvantes d’Assia. Du mouvement dans les mots, du mouvement des
femmes, des femmes en mouvement dans l’ombre des secrets de toutes. Du mystère
aussi. Des confidences dans le temps qui passe. Des voiles qui se
dévoilent…
J’ai aimé ce livre, j’ai aimé ces nouvelles. Mais je m’arrête.
Je vous laisse les découvrir entre Delacroix et Picasso. Je vous laisse lire,
entendre. Les Causeuses.
Marie-José
Colet
Amok ou le
fou de Malaisie, Œuvres complètes de Stefan
Zweig, Pochothèque, tome I, p.
213-264.
J’avais dans un pli de ma mémoire une lecture de Zweig :
Amok ou le fou de Malaisie. Je l’ai
relu à la lumière de ce numéro d’Empan. Je cite une phrase de l’introduction avec
laquelle je ne suis pas d’accord : « Soulignons d’une manière plus générale que
Zweig, ami et futur commentateur de Freud, a voulu montrer la nature double,
ambivalente, d’un personnage dominé par “une passion” qui, toutes proportions
gardées, s’inscrit dans la lignée du docteur Jeckyll de RL Steveson. »
L’essentiel de ce récit n’est pas l’ambivalence d’un homme,
c’est l’histoire d’une femme qui avorte et qui en meurt. Elle meurt du
déshonneur dont elle a peur, elle meurt de s’être confiée à un médecin fou de
rage que cette femme ait gardé fierté, orgueil et dignité, fou de colère que
cette femme refusât de le supplier de l’aider ; une femme dans cette situation
doit supplier l’homme, celui qui a le pouvoir ou non de l’aider, qui a le
pouvoir ou non de faire passer le fœtus et non l’enfant, comme le dit le
langage courant complice de l’opprobre sociétal. Certainement, le récit de
Sweig est romancé, un récit dans un récit écrit dans un style que même Marcel
Proust pourrait envier et dont le suspens est intense mais que je casse
volontairement. La relation est celle non pas d’un scénario mais d’une
souffrance trop connue à force d’être ignorée. Histoire séculaire d’une femme
sans honneur dit-on. J’aime celle-là, fière, indomptable dans son intégrité ;
je meurs avec elle entre les mains « de la sale Chinoise » qui l’a mutilée
parce qu’un docteur a exercé son tragique pouvoir de dire « non ». Je condamne
ce docteur responsable de mort de femme même si le récit en fait un être
pitoyable. Oui, j’accuse tout ce qui constitue le trajet social mortifère de
cette femme qui la condamne à mort pour avoir aimé un autre que son mari et
pour en avoir été aimée, qui la condamne à mort au nom d’un code social qui lui
préexiste, préétabli par des hommes sans honneur. Oui, j’accuse ce docteur, le
mari, l’amant. J’accuse de responsabilité pleine et totale ce médecin qui pour
moi n’est pas un fou de Malaisie atteint d’Amok. Je pleure cette femme
imaginaire si réelle, cette femme singulière, sans prénom dans le récit et si
plurielle dans la vie. Un pluriel qui me fait hurler de colère sur la détresse
des femmes d’hier et même de celles d’aujourd’hui, tant sont scandaleuses
encore les conditions de l’ivg et la
réalité du nombre de lits dans les hôpitaux malgré les efforts de beaucoup,
tant est douloureuse encore la réalité physique et psychique des femmes qui
avortent comme en témoigne le lourd et splendide travail du planning familial.
Oui, j’accuse cet homme responsable sans honneur selon mon code de
femme.
Ma sœur, mon amie, tu es morte dans des souffrances physiques
et morales sans nom, sans prénom, dans la solitude que d’être femme.
Ma sœur, mon amie, notre combat pour toi, pour nous, continue.
Inventons notre trajet social qui doit être sans le risque imposé par des
hommes coupables d’égoïsme millénaire, responsables trop souvent de notre mort
ou de notre détresse quand il s’agit d’ivg. Ne concluons pas ce chapitre de notre
histoire. Continuons de nous indigner, continuons de lutter non pour notre
honneur tel que l’épellent certains hommes mais pour notre bonheur d’être mère
à notre heure et à celui de notre compagnon enfin aimé, enfin choisi.
Le droit à l’ivg
n’est pas une histoire de femmes. Non, non, et non ! C’est l’histoire des
couples et de tous. Continuons, faisons appliquer la loi si durement gagnée au
jour le jour et pour toujours. Rien n’est gagné, rien n’est acquis, rien n’est
conquis. Des messieurs Garraud (ump,
Gironde) et d’autres rôdent encore, des chevaux de Troie sont là aux contours
de nos ventres. Soyons vigilantes ! Attentives…
Amis, amies, bonne lecture et bonne lutte !
Marie-José
Colet