2005
EMPAN
Lectures récentes
Ouvrages et revues
Les aidants familiaux et professionnels : du constat à l’action, Fondation Médéric Alzheimer, Paris, fmd, 2002, 167 p.
Cet ouvrage réunit la contribution d’une vingtaine d’équipes pluridisciplinaires internationales, sollicitées pour présenter leurs travaux de recherche et les nouvelles pistes d’intervention qui en résultent.
Ce large panorama d’expériences souligne que l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de celles qui les aident constitue une réponse opérante à leurs besoins à condition qu’elle s’inscrive dans une stratégie de prise en charge élaborée et structurée.
L’engagement des auteurs témoigne des progrès de la réflexion et de l’action autour de programmes psychosociaux valorisés par l’évaluation qui en est faite.
La lecture de ce livre apporte aux professionnels des idées nouvelles permettant d’améliorer des procédures déjà en place ou d’aider à la réalisation d’un projet issu de leur expérience personnelle.
La Fondation Médéric Alzheimer, dédiée à l’aide aux aidants des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés liés au vieillissement, a pour vocation la promotion des actions sociales et médico-sociales destinées à aider les familles, les bénévoles et les professionnels. Elle intervient auprès des associations, des organismes et de toute collectivité susceptible d’être concernée par l’aide aux aidants.
Fondation Médéric Alzheimer,
30, rue de Prony, 75017 Paris.
Tél. 01.56.79.17.91
Fax 01.56.79.17.90
fondation@ med-alz. org
http:// www. fondation-mederic-alzheimer-org
Sociologie des « quartiers sensibles », Avenel Cyprieh, Paris, Armand Colin, 2004, 128 p., 8,50 €.
Ces quartiers que l’on dit « sensibles », et qui tendent à être définis comme des ghettos, voire des zones de non-droit, constituent le problème social et politique par excellence de la société française. Exclusion, violences urbaines et délinquance des jeunes, retour des bandes, insécurité, repli communautaire, problèmes scolaires, démission parentale, autant de thèmes qui alimentent le discours ambiant.
Médias, cinéma, musique, récits : les témoignages, de valeurs diverses, ne manquent pas.
Les polémiques foisonnent ; les pouvoirs publics tentent de « cibler » leur intervention. Et la question est devenue l’un des objets d’étude privilégiés des sciences sociales.
Ce livre propose un bilan critique et incisif des travaux sociologiques en la matière, assorti de références historiques, anthropologiques et géographiques et invite à se prémunir contre les jugements rapides, les idées trop simples. Il montre comment la sociologie et ses outils aident à mieux comprendre ce qu’il en est aujourd’hui du « problème des banlieues ».
Travailleurs handicapés : de la reconnaissance à l’emploi, Gutnik, F. ; Boes, P., Paris, Éd. Vuibert, 2004, 192 p., 12 €.
Comment se faire reconnaître comme travailleur handicapé ? Se réorienter professionnellement et se former ? Travailler dans le monde de l’entreprise ou en milieu protégé ? À qui s’adresser et quelles démarches entreprendre ? Comment recruter et former des travailleurs handicapés ? Vers qui se tourner afin d’obtenir aides et conseils pour l’insertion des travailleurs handicapés en milieu professionnel ? Autant de questions, et d’autres encore, pour lesquelles l’univers de l’orientation et de l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés représente, tant pour ces derniers que pour les employeurs, un vrai labyrinthe semé d’obstacles créés par la méconnaissance des dispositions légales, des aides financières et sociales existantes.
Véritable fil d’Ariane, ce guide permet de s’orienter dans ce monde complexe en précisant :
- quelles démarches entreprendre pour être reconnu comme travailleur handicapé ;
- quelles obligations et aides existent pour recruter et former des travailleurs handicapés ;
- quels partenaires contacter dans le milieu de l’orientation, de la formation et de l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés.
Un ouvrage indispensable prouvant que l’insertion sociale d’une personne handicapée trouve sa complémentarité avec une intégration professionnelle adaptée.
La protection sociale en France, De Montalembert, M., Paris, La Documentation française, 2004 (nouv. éd.), 189 p., 19 €.
Le système de protection sociale, mis en place progressivement depuis 1945 en France, a joué un rôle essentiel dans la politique familiale, l’amélioration des ressources des personnes âgées, la protection des personnes handicapées et des travailleurs, l’accès aux soins de toute la population… Pourtant, depuis plusieurs années, sous l’effet du déséquilibre démographique, de la persistance d’un nombre élevé de chômeurs – avec son corollaire, la pauvreté –, de la progression inflationniste des coûts de santé, problèmes communs à la plupart des pays d’Europe occidentale, l’État-providence et les principes de solidarité sur lesquels ce système repose ont été mis en cause.
Si de nombreuses réformes ont été opérées – maîtrise des dépenses de santé, réforme des retraites, territorialisation de certaines politiques (« acte II » de la décentralisation) –, l’enjeu considérable que représentent les politiques sociales continue de les placer au cœur du débat public.
Cette nouvelle édition entièrement remaniée fait le point sur la situation dans chacun de ces domaines ; après un bref historique, chaque notice présente l’état de la question secteur par secteur : les populations concernées, les difficultés rencontrées ainsi que les acteurs compétents (État, collectivités locales, organismes gestionnaires et partenaires sociaux), les mesures déjà prises ou envisagées. Des annexes complètent l’ensemble.
Autisme et prise en charge des enfants autistes : construit social et mise en perspective de pratiques, Mémoire de diplôme supérieur en travail social, université Jean-Monnet, Saint-Étienne. Michel, A., éducatrice spécialisée, chef de service éducatif, 113 p., annexes.
Qu’en est-il aujourd’hui de l’autisme et de la prise en charge des enfants autistes, soixante ans après Kanner, et depuis la loi Chossy du 12 décembre 1996 ?
À partir de cette question actuelle, l’auteur revisite l’histoire : des territoires et pratiques de prise en charge ; des courants de pensée et des querelles théoriques d’écoles dont l’autisme est « un objet révélateur » depuis les années 1970 ; des parcours de combattants menés par les associations de parents ; et de l’incidence de l’évolution du cadre législatif qui, avec la loi Chossy, désenclave « la question de l’autisme » d’une appartenance exclusivement médicale pour l’inscrire simultanément dans un champ médico-social et plus précisément de citoyenneté.
Une seconde partie, étayée sur un travail d’enquête auprès de structures médico-sociales et sanitaires, interroge les pratiques de prise en charge et les représentations des professionnels concernés. Il s’avère que la reconnaissance de l’autisme en tant qu’« objet social » engage une nouvelle bataille où la recherche des complémentarités de compétences entres partenaires concernés s’efforce de déployer ses voiles pour faire route au-delà des guerres de territoires.
L’originalité de cet ouvrage réside dans la singulière conjugaison qui anime le parcours, le style et l’éthique de l’auteur entre :
- une longue expérience d’accompagnement éducatif quotidien d’enfants autistes depuis les années 1970 ;
- une culture professionnelle et théorique élargie dont l’ouverture révèle un « fil rouge » d’ordre éthique qui doit sans cesse renaître de ses cendres en cours de route : c’est la question de la reconnaissance humaine et citoyenne de ces enfants et de leurs besoins de prises en charge humanisantes durant l’enfance et à l’âge adulte ;
- le choix de concevoir son travail de recherche dans le cadre d’une approche résolument sociologique qui ouvre un espace de communication entre les partenaires concernés à divers titres, à différents moments de leur histoire et pour une plus ou moins longue durée.
gerse/Ateliers Denis Cordonnier
16, chemin des Cuers, 69570 Dardilly.
Tél. : 04.78.66.43.80
Fax : 04.78.43.82.19
E-mail : deniscordonnier@ wanadoo. fr
Les chaos du vieillissement, Personne, M., Toulouse, érès, 2003, 183 p., 23 €.
La vieillesse est un naufrage, dit-on, un effondrement, celui de certains espoirs, de certains projets. Cette vision pessimiste est nuancée lorsque l’accueil, l’accompagnement des personnes âgées favorisent l’essor de nouvelles espérances, de nouveaux buts. Ces conditions favorables sont examinées ici par des médecins, des psychiatres, des professionnels du soin.
Parfois, tout le monde est usé : les pratiques quotidiennes ne favorisent pas l’essor espéré. Les secousses ressenties par les professionnels, les personnes âgées et les familles sont telles que la confusion, la perte des repères équivalent à un chaos. La vie dérive, s’effondre. Elle est pire qu’un naufrage.
Pourtant, le chaos peut aussi être la condition pour que la vie soit possible. Cette position contradictoire sera examinée ici à partir de l’expérience mais aussi de références neurologiques.
L’implication professionnelle du corps médical, paramédical, des gérontologues, constitue la richesse de ce recueil de textes. Le désarroi face aux pathologies, face à l’absence de solutions immédiates, montre que le chaos vécu n’est pas seulement celui de l’autre, que l’on plaint, certes, mais que l’on redoute quand on ne le comprend plus. Il est d’abord celui de l’accompagnant. L’objectif de ce livre est de contribuer au mieux-être de tous en proposant des solutions innovantes et inédites.
SDF, l’obscénité du malheur, Babin, P., Toulouse, érès, 2004, 121 p., 15 €.
Tous les hivers, l’opinion publique est avisée par les médias que des êtres humains, anonymement, meurent de froid et de faim dans la rue. Comment peut-on en arriver là, en temps de paix, dans un pays civilisé : mourir oublié, effacé, après avoir vécu hors de toute organisation et administration humaines reconnues ? Pierre Babin a voulu savoir, a voulu rencontrer ces humains que la cité ne peut supporter que là où l’on met les poubelles. Psychanalyste nomade, sans carte ni bureau, il s’est aventuré dans ce non-foulé. Entre un psychanalyste et quelqu’un qui pue et vocifère, qui incarne la part maudite, que peut-il se passer ? Fausse rencontre ou vérité de la rencontre ?
Ce vouloir-savoir qui veut pénétrer ces histoires d’exclusion, ces histoires de « meurtre ordinaire », de terrorisme intime et social, n’est pas seulement une affaire de psychanalyste. C’est aussi une affaire de citoyen : l’affaire de quelqu’un qui partage avec d’autres la vie dans la cité. Une question reste, mais peut-être pas sans réponse : comment traite-t-on son semblable pour produire un sdf ?
L’échec de la protection de l’enfance, Berger, M. (2e édition revue et corrigée), Paris, Dunod, 2004, 254 p., 24 €.
Deux cent soixante dix mille enfants et adolescents sont concernés en France par le dispositif de protection de l’enfance.
Ce dispositif est souvent inefficace et même très nuisible ; il repose depuis des décennies sur deux règles implicites :
- ne pas évaluer les résultats, c’est-à-dire l’état des enfants dont il est supposé favoriser le bien ou le mieux-être ;
- ne pas prendre connaissance des nombreux travaux qui démontrent qu’on peut mieux faire.
De fait, nous ne sommes pas en retard sur d’autres pays… nous sommes sur une voie différente, avec une idéologie bien ancrée hors réalité : celle du maintien du lien familial à tout prix.
Rappelons au passage que ce dispositif coûte au contribuable cinq milliards d’euros par an.
La première partie de ce livre détaille ce que les enfants nous montrent de leur monde interne quand on les écoute. La deuxième décrit les dispositifs mis en place pour leur permettre de penser, de parler, de progresser. La troisième enfin analyse les raisons profondes de l’échec de notre système de protection de l’enfance, et tente d’expliquer comment on peut et on doit améliorer ce dispositif.
Cette deuxième édition, intégralement revue et corrigée par l’auteur, est enrichie d’un avant-propos, de nombreux ajouts et d’une postface dans laquelle l’auteur répond aux critiques formulées lors de la parution de l’ouvrage.
Avant-propos à la deuxième édition
Moins d’un an après sa parution, une deuxième édition de cet ouvrage s’avère nécessaire : parce que nous avons avancé dans la compréhension clinique de certaines situations ; parce que nos connaissances se sont accrues ; parce qu’il faut prendre en compte les réactions provoquées par la première édition.
Au niveau clinique d’abord, j’ai ajouté la description de plusieurs jeux parents-enfants très désorganisateurs (jeu de la mort, jeu de la métamorphose, jeu de guilis, etc.), afin d’aider à comprendre les troubles psychiques de certains enfants et les difficultés thérapeutiques rencontrées.
De nouvelles données nous sont parvenues.
J’ai détaillé la manière dont la théorie et la clinique de l’attachement ne sont pas prises en compte dans notre pays (p. 169). Une étude récente réalisée à Montréal à partir de quatre cents situations montre l’importance de respecter le premier attachement sécurisant qu’un enfant a construit avec son éventuelle famille d’accueil (p. 246). En France, pourtant, il arrive que des enfants de 6 ans soient retirés à la famille d’accueil dans laquelle ils vivent depuis l’âge de quelques mois pour être envoyés dans une institution proche de la nouvelle résidence de leur mère « instable géographiquement ».
Nous savons précisément maintenant que les nourrissons soumis de manière constante à des relations éducatives « stressantes » peuvent avoir une élévation permanente de leur taux de cortisol sanguin (p. 170). Les conséquences en sont une diminution irréversible de 10 % à 15 % du nombre de neurones dans la zone cérébrale où se constitue la mémoire affective, ce qui risque d’entraîner des troubles du comportement d’une chronicité redoutable. Ces travaux, dont certains datent de 1989, sont très sérieusement pris en considération dans d’autres pays, ce qui montre la grande insuffisance de notre dispositif de recherche (p. 171).
Dans sa troisième édition, en juin 2004, le guide québécois d’évaluation des capacités parentales préconise l’utilisation d’une grille précise (telle que le test français de Brunet Lézine qui permet d’évaluer avec simplicité le développement d’un enfant de moins de 30 mois), alors que cette pratique ne rencontre qu’un (dés)intérêt poli chez beaucoup de professionnels français. Le programme de formation concernant l’utilisation de ce guide est en cours auprès de tous les professionnels de la protection de l’enfance du Québec (p. 166). J’ai été marqué par la conclusion de la psychologue experte auprès des tribunaux et formatrice à l’institut universitaire de Montréal qui a participé à la rédaction du célèbre rapport Jasmin (p. 179). Après avoir passé quatre jours de travail intensif dans notre service de pédopsychiatrie et constaté l’état des enfants au moment où nous les recevions, elle a déclaré : « Votre dispositif de protection de l’enfance en est à l’époque de Charles Dickens. Du coup, vous êtes condamnés à vider la mer avec une petite cuillère. » Cette opinion est à mettre en relation avec une étude réalisée à notre demande en mai 2004 dans un service de psychiatrie adulte, montrant qu’une partie importante de l’activité de psychiatrie publique hospitalière est consacrée au suivi de sujets qui ont été « pris en charge » par le dispositif de protection de l’enfance. Il s’agit là d’un véritable gouffre financier (p. 173).
J’ai eu l’honneur d’être sollicité par le président du comité d’experts du Québec pour commenter la nouvelle loi sur la protection de l’enfance qui sera votée dans quelques mois. Ce texte constitue une avancée considérable (par exemple lorsqu’il est indiqué qu’un enfant ne doit pas être réexposé à la situation qui compromet son développement), et il permet de comprendre comment une loi cohérente doit être structurée (p. 194). Dans le même temps, le concept d’« intérêt de l’enfant », introduit dans la loi française le 3 décembre 2003, a tout de suite été stérilisé par certains magistrats et d’autres professionnels (p. 193). On constate comment le refus prolongé des nouvelles connaissances et l’immobilisme font que tout changement ne peut être ressenti actuellement que comme dangereusement révolutionnaire. Pourtant, seule une refonte législative totale, c’est-à-dire la création d’une loi spécifique sur la protection de la jeunesse, peut permettre de changer notre manière de penser et de protéger de manière cohérente les enfants en situation de danger.
Enfin la postface, « Pourquoi ce livre ? », synthétise la philosophie de l’ouvrage à partir de l’exposé de trois nouvelles situations, répond aux diverses critiques qui lui ont été adressées, et aborde les questions qui ont été les plus fréquemment posées suite à sa publication.
Une note de lecture relative à cet ouvrage a été publiée dans le n° 54 d’Empan, p. 148 (Igor Tchernicheff).
La magistrature sociale. Enquêtes sur les politiques locales de sécurité, Donzelot, J. ; Wyvekens, A., Paris, La Documentation française, 2004, 246 p., 20 €.
« Magistrature sociale » : parler en ces termes de nos politiques locales de sécurité – groupes locaux de traitement de la délinquance (gltd), contrats locaux de sécurité – signifie les analyser comme une façon de restaurer l’autorité (magistère) des institutions pour que celles-ci puissent redevenir le vecteur d’un « lien social » qui apparaît comme le fondement de la protection de sécurité. La notion s’est construite et précisée au fil de trois enquêtes de terrain dont cet ouvrage reprend le cheminement. L’étude des gltd du tribunal de Bobigny a mis en évidence les ressorts d’un échange de ressources entre institutions répressives et non répressives autour des questions de délinquance. L’enquête relative aux contrats locaux de sécurité de la Seine-Saint-Denis a posé les bases de l’analyse de l’objectif de « restauration du lien social » ou de « proximité » comme enjeu de la question sécuritaire. La comparaison avec le community policing de Chicago, ébauchée dans la troisième enquête, a été approfondie ensuite, montrant la limite de la démarche française : là où les Américains mettent en œuvre le souci, qui leur est cher, de mobiliser la population, le partenariat français demeure exclusivement institutionnel et s’inscrit dans un rapport vertical envers les habitants.
Les théories métisses des éducateurs : savoirs professionnels et représentations, Lassaire, J.-P., Paris, L’Harmattan, 2004, 288 p., 25 €.
Les rapports entre savoirs scientifiques et savoirs de l’expérience ont fait l’objet de sérieuses controverses dans le domaine de l’éducation spécialisée. Cet ouvrage met en évidence les « constructions de savoirs » des professionnels de ce secteur. Il décrit les processus de négociation cognitive des éducateurs, le poids du marquage social des savoirs savants, des idéologies, du sens commun et la forte influence des pratiques professionnelles. Le cadre théorique des représentations sociales permet de rendre compte des conciliations de perspectives épistémologiquement différentes, envisagées ici sous la forme de « théories métisses ».
Il est courant pour un éducateur de détenir plusieurs systèmes d’interprétation du réel qu’il mobilise en fonction des difficultés rencontrées dans l’exercice du métier. Ses représentations sont alors à considèrer comme des issues cognitives aux contraintes de la situation.
Éduquer sans punir. Une anthropologie de l’adolescence à risques, Coenen, R., Toulouse, érès, 2004, 136 p., 20 €.
« Éduquer sans punir. Une anthropologie de l’adolescence à risques raconte l’aventure d’une équipe qui, à un moment de son parcours, a décidé de ne plus se protéger derrière des pédagogies de menace et de chantage au renvoi. Si tu ne rentres pas à l’heure, tu es puni ; si tu fumes un joint, tu es dénoncé ; si tu ne vas pas à l’école, tu es renvoyé…” Voilà aujourd’hui dix ans que nous ne renvoyons plus ces adolescents qui, pourtant, sont parfois synonymes de danger, de violence, de drogue, de dépression, d’automutilation, etc.
De plus, cela fait cinq ans à présent qu’aucune punition n’a été donnée.
J’ai eu envie d’écrire ce livre pour célébrer ce double anniversaire, et répondre aux questions qui nous sont sans cesse posées depuis la parution de “L’exclusion est une maltraitance”, en 2001, dans la revue Thérapie familiale de Genève. Il faut dire que le scepticisme, la méfiance, la colère des pairs face à cette avancée n’ont pas toujours été simples à vivre. Il fallait donc expliquer nos pensées et nos méthodes, et c’est à présent chose faite. Ce livre propose un développement théorique personnel et des exemples cliniques qui reposent sur une approche que je qualifierais volontiers “d’anthropologie systémique”. Cette théorie est, bien sûr, un modeste essai, mais elle cerne au plus près la façon dont j’entrevois, avec espoir, l’aide aux adolescents le plus en danger. »