Empan
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I.S.B.N.2-7492-0599-9
166 pages

p. 10 à 11
doi: en cours

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Le dossier : Management et idéologie managériale

no 61 2006/1

2006 EMPAN Le dossier : Management et idéologie managériale

Introduction. À l’heure du management...

Jean-François Amilhat  [*] Maurice Capul  [**] Marcel Drulhe  [***] Madeleine Lefebvre  [****]
Incontestablement, le management est devenu le mot « branché » : il tend à remplacer celui de direction. Mais tout n’est pas réductible à une substitution de vocables. À l’heure actuelle, dans le secteur social et médico-social, afficher son « action managériale » est un signal pour l’environnement : l’introduction de méthodes importées de la grande entreprise privée indique des pratiques de « saine gestion » censées répondre aux exigences de qualité des prestations et des services offerts aux publics dont on a la charge. Mais n’est-ce pas introduire le loup de l’urgence et de la rentabilité (faire plus avec moins dans un laps de temps le plus court possible) dans la bergerie des rencontres et des échanges visant quelque forme de maturation (les transactions identitaires), ce qui suppose la durée ? N’est-ce pas transformer l’homo educans en homo performans ? N’est-ce pas laisser s’effriter l’intérêt général et le service public au profit d’une logique d’économie libérale qui abandonne tout aux mécanismes du marché ? D’aucuns font de la loi de 2002 un texte qui fait véritablement régresser le traitement de la question sociale du fait de cette introduction officialisée des logiques managériale et gestionnaire dans les dispositifs où s’exercent les métiers du social et du médico-social. On voit bien que l’heure est non pas à l’évaluation des besoins mais à la réduction des coûts. Pourtant, qui se soucie du coût social évité par le travail social ? Quel gestionnaire prend en compte le prix des souffrances adoucies et même éradiquées ? Quel manager prend la mesure de la valeur des identités remises en forme par la patience d’un travail impossible à protocolariser ? La déferlante managériale et gestionnaire apporte-t-elle la garantie d’un renouveau innovant des activités et des métiers du social ? Mais n’est-ce pas procéder par amalgame en présupposant que toutes les pratiques managériales sont équivalentes ?
Il y a quinze ans, le numéro 5 d’Empan était consacré aux fonctions de direction. Y revenir à l’aube du troisième millénaire avec d’autres termes et d’autres interrogations indique combien nous sommes sous l’emprise du changement : il invite à une réflexion approfondie sur l’actuel et sur l’avenir pour éviter une adaptation au jour le jour, qui manque de sens faute de s’inscrire dans une orientation forte. Mais tracer les contours d’un futur virtuel ne relève pas d’un banal exercice de prospective accompli par quelque expert technicien. Le lecteur ne trouvera pas dans ce numéro des réponses définitives : nous avons rassemblé les pièces d’un dossier de façon à ce qu’il soit aussi diversifié que possible. Nous n’avons pas cherché à recomposer d’une autre manière je ne sais quel « axe du mal » en diabolisant les gestionnaires dans l’attente d’un tonnerre d’applaudissements. En passant d’un article à l’autre, le lecteur se rendra compte combien distance et pensée critique participent déjà au regard que les uns et les autres portent sur les manières d’exercer les responsabilités à la tête des établissements et sur les expériences de leur mise en œuvre : à la pendule du management, nous ne sommes décidément pas tous à la même heure. Mais au lieu de compter les coups ou de sombrer dans le découragement, ne serait-il pas possible « d’en causer » ?
Post-scriptum : Si ce numéro vous fait sursauter, puis réfléchir, n’hésitez pas à faire part de vos réactions au secrétariat de la revue.
 
NOTES
 
[*]Jean-François Amilhat, directeur Foyer de vie les Catalpas, arseaa, 33, route de Lacourtensourt, 31150 Fenouillet.
[**]Maurice Capul, membre du comité de rédaction, 26, impasse Basso Cambo, 31100 Toulouse.
[***]Marcel Drulhe, professeur de sociologie, université Toulouse-Le Mirail, 5, allées Antonio-Machado, 31058 Toulouse cedex 9.
[****]Madeleine Lefebvre, sociologue, membre du comité de rédaction, 57, chemin Savit, 31100 Toulouse.
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