Accueil Revues Revue Numéro Article

Empan

2007/1 (n° 65)

  • Pages : 150
  • ISBN : 9782749207346
  • DOI : 10.3917/empa.065.0089
  • Éditeur : ERES

ALERTES EMAIL - REVUE Empan

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 89 - 95 Article suivant
1

« C’est en matière d’orientation professionnelle que les inégalités garçons/filles apparaissent de manière la plus flagrante » constate Michelle Babillot, conseillère pédagogique [1][1] Elle & Il, L’école de la mixité, académie de Lille....

2

Un Bulletin officiel de l’éducation nationale [2][2] www. education. gouv. fr/syst/egalite Ministère de... révèle qu’en matière d’orientation, huit filles sur dix se regroupent dans les quatre spécialités du service : secrétariat, comptabilité, commerce, sanitaire et social, tandis que les garçons font des choix plus diversifiés. Seule une filière est identifiée comme spécifiquement féminine : les sciences médico-sociales où l’on ne compte que 5 % de garçons.

3

Margareth Maruani, sociologue au cnrs, observe que la fourchette de métiers socialement possible pour une femme reste toujours plus restreinte, et que la concentration des emplois féminins s’est aggravée depuis les années 1980 : « en 2002, sur les trente-et-une catégories socio-professionnelles que distingue l’Insee, 60 % des emplois féminins sont regroupés dans six d’entre elles (53 % en 1983) : il s’agit des employées (fonction publique, commerces, etc.), des personnels de services aux particuliers, des institutrices et des professions intermédiaires de la santé (les infirmières par exemple) ».

4

Elle note aussi que le fossé se creuse entre les femmes elles-mêmes du point de vue de l’échelle sociale avec d’un côté, le salariat d’exécution du secteur tertiaire (vendeuses, caissières, aides ménagères…) souvent à temps partiel non choisi et de l’autre, nombre de diplômées d’université qui accèdent à des carrières de magistrate, professeure, ou médecin : « des emplois qualifiés anciennement masculins et qui ne se sont pas dévalorisés en se féminisant [3][3] Sciences Humaines, Hors série : Femmes, combats et... ».

5

Le fait que l’on en arrive à se réjouir de constater que des professions qui se féminisent ne se dévalorisent pas, en dit long sur la valeur accordée par notre société au féminin. À ce titre, les stéréotypes sexistes dans le matériel éducatif pour enfant apparaîtraient presque comme anecdotiques si l’on ne prenait pas au sérieux leur forte capacité à modeler la pensée enfantine et à préparer le terrain à ce que l’on retrouvera plus tard.

6

En tant que psychologue, enseignante et citoyenne, je m’interroge à la fois sur la question de la restriction des choix professionnels féminins corrélés à l’exclusion des hommes de la voie médico-sociale, et sur la question, plus fondamentale, de la dévalorisation du féminin par rapport au masculin. Une approche particulière de la littérature enfantine et du matériel éducatif au sens large me permet d’apporter un élément de réponse en tant que ce matériel peut promouvoir, voire induire de manière non négligeable, ce qui se jouera dans la réalité ultérieurement.

7

Cette approche se fera à la lumière de la notion de « stéréotype de genre » étudiée depuis les années 1930. Il s’inscrit dans le courant constructiviste (par opposition au courant naturaliste) qui définit le caractère culturel et construit des identités de sexe [4][4] Sciences Humaines, Hors série : Femmes, combats et.... Le choix de l’utilisation du terme « stéréotype sexiste » plutôt que « stéréotype de genre » souligne la conséquence disqualifiante, discriminante pour le genre féminin que cela implique sur tout individu quel que soit son genre.

La dévalorisation du féminin

8

Sur la question de la dévalorisation du féminin par rapport au masculin, plusieurs études [5][5] Elena Gianini Belotti, Du côté des petites filles,... se rejoignent sur les constats suivants :

9

Les personnages masculins offrent une présence et une visibilité plus importante que les personnages féminins : ils sont plus nombreux que ceux de sexe féminin, que ce soit dans les titres des ouvrages (78 % vs 25 %), dans les couvertures (78 % vs 48 %) ou dans les illustrations. Ils occupent les rôles principaux, les personnages féminins occupant davantage les rôles secondaires : à titre d’exemple, 83 % des pères occupent le rôle du héros contre 17 % des mères.

10

Dans les contes [6][6] Josette Costes, « L’école dispense-t-elle le même enseignement..., lorsque les activités des filles sont futiles (elles se promènent ou se regardent dans un miroir), les garçons se battent, réfléchissent et prennent des décisions.

11

Les filles apparaissent comme n’étant pas sujettes de leur propre histoire, mais agies, dépendant de personnages masculins (le père, le prince charmant). Pour les garçons, il est question de rites initiatiques, de projets, de désirs et de réalisations de désirs. Pour les filles, lorsque les désirs sont réalisés, ce n’est pas de leur fait à elles mais grâce à l’intervention de l’autre sexe. On notera l’importance de la beauté chez les héroïnes de contes de fées, comme se confondant avec l’identité même de la personne.

12

Par ailleurs, le sexe masculin apparaît comme l’être humain par excellence : un personnage ursidé (créature anthropomorphique), ours asexué par exemple, sera identifié par un jeune enfant comme un homme ou un garçon. Pour qu’un personnage soit identifié comme féminin il faudra qu’il porte des vêtements et/ou des attributs liés à la coquetterie ou au travail domestique (bijoux, accessoires à cheveux, ou bien l’éternel tablier de cuisine !).

13

Enfin, en ce qui concerne les personnages animaux, contrairement à une idée reçue, non seulement ils ne sont pas asexués, mais en plus, le sexe masculin est représenté par des animaux plus imposants en taille et en force, comme les éléphants, ou alors plus présents dans l’imaginaire collectif des enfants comme les ours et les loups, occupant par là-même une position plus valorisée. À l’opposé, les personnages féminins surpassent ceux de sexe masculin avec des représentants de moindre valeur, comme les petits animaux (souris, taupes, etc.) et des insectes.

Des activités circonscrites ou diversifiées selon le genre

14

Dans la littérature enfantine, sur la question de la restriction des choix professionnels féminins et de l’exclusion des garçons de la filière médico-sociale, on remarque que ce n’est pas le même type d’activité qui est mis en exergue par les personnages suivant qu’ils soient de sexe féminin ou masculin. Les femmes et les filles sont davantage illustrées à l’intérieur et dans l’univers familial ; les femmes sont quasiment exclues du contexte professionnel, ou alors représentées dans des rôles professionnels peu diversifiés. Les adultes féminins sont principalement des mères, et le travail apparaît comme une activité essentiellement masculine. À l’opposé, les rôles dévolus aux hommes sont plus riches : en plus de leurs activités professionnelles variées, les pères partagent davantage d’activités récréatives avec leurs enfants, les devoirs parentaux et les tâches domestiques incombant plus aux mères.

15

De même, dans les manuels scolaires, les rôles professionnels tenus par l’un ou l’autre sexe diffèrent : la palette des métiers offerte aux hommes est vaste et variée. Les femmes sont cantonnées dans quelques professions : employée de maison, serveuses, institutrices, infirmières, coiffeuses, c’est-à-dire des substituts de fonctions dévolues aux femmes ; la tenue de la maison, l’éducation des enfants, l’esthétique, le soin au corps et à autrui. Toutes les professions prestigieuses comme capitaine des pompiers, explorateur, médecin, artiste, pilote, marin, astronaute, architecte, politicien, sont l’apanage des hommes. Elles représentent l’aventure, la créativité, la science, la direction des affaires et de l’État. Les manuels occultent le fait que de plus en plus de femmes exercent aujourd’hui tous les métiers et occupent des places à responsabilité.

16

En ce qui concerne les jeux et jouets, Serge Chaumier [7][7] Elle & Il, L’école de la mixité, académie de Lille..., sociologue, décrypte les trois séquences proposées aux filles : la séduction, avec tout le matériel nécessaire pour se faire belle et séduire le prince charmant, la maternité, avec des choses très concrètes pour l’alimentation, le bain, la promenade etc., et le domestique avec la marchande pour les courses, le four pour la cuisine, le mini aspirateur pour le ménage etc. Il relève que c’est proposé très tôt, dès 18 mois, aux petites filles, et qu’il s’agit de reproduction à l’identique du monde des adultes. Il note aussi que ce qui est récurrent, c’est que l’on apprend aux petites filles à avoir le souci d’être organisées, rangées, à avoir le sens pratique : le lit avec des tiroirs pour ranger les affaires, la poussette dans laquelle on pourra ranger ses courses.

L’en-deçà du rôle de la mère, l’au-delà du rôle du père : les médias pour enfants ne reflètent pas l’évolution de la société

17

Au lieu de considérer que le matériel éducatif pour enfant prépare le terrain à ce que l’on retrouve chez les adolescents au niveau du choix professionnel, on pourrait envisager le raisonnement inverse, en déclarant que ce que l’on trouve dans ce matériel n’est que le reflet de notre société et que, par conséquent, ces représentations se modifieront de concert avec l’évolution de la société.

18

C’est une conception tentante, rassurante et optimiste. C’est aussi celle qui nous permet de ne pas remettre en cause ce qui est véhiculé dans ces médias pour enfants et de fermer les yeux sur l’impact qu’ils peuvent représenter sur leur façon de concevoir le monde dans lequel ils vivent et le rôle qu’ils peuvent y jouer, la place qui leur est dévolue.

19

Hélas, triple fois hélas ! Et c’est bien en cela que les stéréotypes de genre sont en cause. Et c’est bien en cela que les stéréotypes de genre peuvent être requalifiés en stéréotypes sexistes. Car loin d’être le reflet de notre société, les médias pour enfants, tandis qu’ils témoignent de l’évolution du rôle des hommes dans notre société, voire en proposent davantage, font l’impasse sur l’évolution du rôle des femmes où on les voit maintenues dans une configuration traditionnelle de leur condition et de leur devenir.

20

En effet, au niveau de la littérature enfantine, si l’on peut percevoir une évolution en faveur du sexe féminin du point de vue de la visibilité, du point de vue de l’activité elle continue à représenter les femmes de manière stéréotypée et peu variée.

21

L’évolution de la société ne semble se refléter que du côté du masculin et non du côté du féminin : la représentation des hommes tend à évoluer dans un sens plus positif, où en plus d’être représentés dans des rôles professionnels multiples, valorisés et variés, les personnages masculins occupent aussi l’espace privé, qui plus est, dans des rôles plus gratifiants que ceux dévolus aux personnages féminins. Résultat conforme à l’évolution de la société où les pères prennent de plus en plus part à l’éducation des enfants, sans pour autant s’impliquer à fond dans la logistique domestique. Cependant, d’un autre côté, le fait que les femmes aient de plus en plus de professions variées et de niveau valorisé socialement est totalement passé sous silence dans ces médias pour enfants.

22

Au niveau des manuels scolaires, Virginie Houadec [8][8] Elle & Il, L’école de la mixité, académie de Lille... constate : « souvent, ce qui est proposé aux enfants sont des rôles plus rigides que dans la vie normale. Lorsque des enseignants inversent un problème de math et énoncent « Maman a conduit la voiture de Paris à Lille », immédiatement vous avez des élèves qui disent : « ah oui c’est vrai ma maman elle conduit aussi ! » Ou quand on formule « papa fait les courses » vous avez des enfants qui sont tout contents car la maîtresse dit quelque chose qui est de la vie vraie et pas du manuel scolaire ».

23

Au niveau des jeux et jouets enfin, à la lumière des trois séquences mentionnées plus haut (la séduction, la maternité, le travail domestique), Serge Chaumier démontre ainsi combien on propose aux petites filles d’avoir un rôle qui est en deçà du rôle que tient leur mère dans la réalité. On leur propose l’espace du domestique, comme leur mère, mais pas de s’identifier à leur mère dans le domaine public et professionnel, alors que la majorité des femmes en France travaillent aujourd’hui. Il démontre encore combien c’est l’inverse qui se produit pour les petits garçons, puisqu’on leur propose de se projeter bien au-delà du rôle du père. Non seulement de l’imiter au niveau professionnel, mais aussi d’aller à la conquête des étoiles et de devenir un super guerrier.

Des propositions récurrentes

24

Ce qu’il est important de comprendre aussi, c’est combien ces propositions stéréotypées sont omniprésentes : elles apparaissent dans les catalogues de jouets, dans la littérature enfantine, les dessins animés, la publicité, le matériel pédagogique, mais aussi dans le vocabulaire courant, les propos, les réflexions des uns et des autres au quotidien. Elles sont sous-jacentes à nombre de nos déclarations anodines sans que nous en ayons la moindre perception consciente. Elles se complètent et se répondent les unes aux autres, se contredisent rarement, constituant une toile de fond qui va fournir un matériel à l’enfant pour appréhender le monde, construire sa représentation de qui il est, qui sont les autres, quels sont son cadre de vie et sa marge de manœuvre dans ce contexte-là. Elles vont nourrir son imaginaire et orienter la construction de son identité sexuée. Serge Chaumier parle à cet effet de « valeurs récurrentes » : « ces valeurs qui répètent toujours la même chose vont faire que les petits garçons vont se sentir à l’aise dans certains espaces et les petites filles à l’aise dans d’autres ou déplacées dans d’autres espaces en pensant que ce n’est pas le leur, ce n’est pas leur place ».

25

Si ces propositions récurrentes ne constituent, bien heureusement, pas les seuls modèles d’identifications sexués à destination des enfants, il ne faut cependant pas sous-estimer leur puissance et leur efficience : on a vu combien, tout au long de l’enfance, les stéréotypes en vigueur dans les médias pour enfants présentent un champ de mobilité restreint du côté du féminin avec, pour ce qui nous intéresse aujourd’hui, un manque de modèles de référence, notamment au niveau professionnel, tandis que le masculin se voit déployé dans un large champ d’action dépassant même, au niveau des modèles, ce qui lui est possible d’accomplir dans la réalité. Guillaume Carnino pointe ainsi le manque de perspectives d’avenir mis en scène dans les albums de jeunesse, identifiant que le seul projet formalisé par les personnages féminins concerne leur corps. Il conclut : « on comprend le mutisme des petites écolières à qui l’association (« du côté des filles ») a demandé (en 1996) leurs projets professionnels : si les garçons se voient immédiatement cosmonautes, pilotes de course, informaticiens ou journalistes, quelques coiffeuses se révèlent timidement parmi les filles (quelle audace !) quand d’autres disent simplement vouloir… une maison ! [9][9] Guillaume Carnino, Pour en finir avec le sexisme, éditions...

Auto-censure ?

26

Il ne s’agit pas seulement de montrer combien les stéréotypes orientent les enfants vers tel ou tel type d’activité ludique, mais aussi de percevoir combien elle en interdit d’autres. L’idée d’auto-censure est évoquée par Michèle Babillot, conseillère pédagogique : « les garçons et les filles s’interdisent certaines activités, certains jeux sans qu’il n’y ait jamais rien de dit mais (cela est dit) de manière complètement implicite [10][10] Elle & Il, L’école de la mixité, académie de Lille... ». Et l’association Mix-cité, de questionner : « À l’heure où dans la société, les femmes ont conquis certaines sphères professionnelles et politiques réservées aux hommes, pourquoi les jouets continuent-ils de refléter une division si archaïque des rôles sociaux ? Pourquoi les filles sont-elles exclues de tout ce qui renvoie à l’aventure, aux sports, aux sciences ? Pourquoi les garçons sont-ils d’emblée exclus de la cuisine, du ménage, des enfants ? [11][11] www. mix-cite. org ». Il me semble à ce titre que le peu de garçons s’orientant dans la filière médico-social peut être entendue, au moins en partie, de cette oreille : le secteur médico-social et éducatif représente le seul secteur prolongeant les activités traditionnellement dévolues aux femmes, à savoir la mise entre parenthèse de soi pour le dévouement, le soin et l’attention portée à autrui. Et c’est aussi le seul dont les garçons s’interdisent eux-mêmes l’accès. Car ce ne sont pas les secteurs professionnels qui font obstacle, au contraire, les hommes y sont toujours les bienvenus, ils y sont même réclamés et voient, à compétences équivalentes, leurs candidatures préférées à celles de leurs homologues féminins.

Appel à la vigilance !

27

Si les stéréotypes sont dans un premier temps, importants pour l’enfant, car ils lui donnent une appréhension simplifiée du monde qui l’entoure, il faut dans un deuxième temps pouvoir sortir de ce schéma restrictif qui découpe le réel en catégories pour parvenir à une représentation plus complexe et moins clivée du monde qui nous entoure.

28

Ce qui n’est pas tolérable, c’est quand le stéréotype devient outil de discrimination entre les individus. Or, c’est ce qui se produit en ce qui concerne les stéréotypes de genre, requalifiés ainsi en stéréotypes sexistes.

29

On aurait pu croire que les stéréotypes proposaient une représentation, certes simplifiée, mais fidèle de la société, et qu’ils évoluaient avec elle. Or, on se rend compte qu’ils œuvrent en faveur du masculin et en défaveur du féminin dans la mesure où ils ne reflètent pas les avancées de la société du côté féminin alors qu’ils l’intègrent, et par là-même, le promeuvent du côté masculin : les femmes et les filles y sont toujours aussi absentes et évoluent dans un univers limité où elles tiennent encore des rôles traditionnels non gratifiants socialement.

30

Ces stéréotypes continuent à donner une image dévalorisée et restrictive du féminin à l’un et à l’autre sexe : ils proposent des modèles d’identifications freinant l’évolution des femmes dans la société, et découragent les hommes à se diriger vers des métiers dits féminins alors que la société les y réclame. Ils contribuent à maintenir les deux sexes dans deux cultures différentes et hiérarchisées tout au long de la vie de l’individu. L’orientation professionnelle n’y échappe pas. Comment parler de choix professionnels en fonction de ses goûts, de ses talents et de ses compétences dans ces conditions ?

31

On nous rétorquera qu’il ne s’agit pas pour autant de nier la différence entre les sexes, mais sous prétexte de ne pas nier cette différence-là, on occulte toutes les autres qui pourraient être tout aussi déterminantes sur nos choix de vie, si on voulait bien ne pas les subordonner à celle qui prévaut à nos yeux : la différence sexuelle.

32

Il faut aussi et avant tout comprendre combien nous sommes tous, adultes, professionnel-le-s, citoyen-ne-s, imprégné-e-s par notre culture, nos représentations, et bien malgré nous, nous véhiculons des valeurs en désaccord avec ce que nous pensons : il existe des schémas inscrits en nous, qui nous régissent en partie, régissent nos relations à autrui et à l’autre sexe en particulier, qui nous amènent à poser des actes dont nous n’avons pas conscience et à transmettre ce que par ailleurs, nous dénonçons. D’où la nécessité de les identifier, pour soi et pour autrui. Nécessité aussi, à enseigner une lecture critique de leur environnement et de leurs propres attitudes et modes de pensée aux élèves à l’école, à nos enfants dans notre éducation au quotidien. Et ce, non seulement par rapport au sexisme, mais dans tous les domaines où l’on a repéré de la discrimination.

33

Et merci à toutes celles et ceux qui, contre vents et marées, parviennent à passer outre les injonctions sexistes pour se déployer dans toute leur pluralité d’être. Ils se présentent aux autres, même si ce n’est pas leur but, en modèles identificatoires « compensateurs ».


Bibliographie

  • Carnino, G. 2005. Pour en finir avec le sexisme, éditions L’échappée.
  • Costes, J. 2001. « L’école dispense-t-elle le même enseignement aux filles et aux garçons ? », Intervention à l’iufm d’Albi.
  • Gianini Belotti, E. 1973. Du côté des petites filles, éditions des femmes.
  • Houadec, V. 2003. « Masculin-Féminin dans la littérature de jeunesse », rapport de stage dess Politiques sociales et rapports sociaux femmes-hommes, utm.
  • Ripa, Y. 2002. Les femmes, éditions Le cavalier bleu, collection « Idées reçues ».
  • Vincent, S. Le jouet et ses usages sociaux, éditions La dispute.
  • Revues

    • « Théories et courants », dans Sciences Humaines, Hors-série : Femmes, combats et débats, novembre-décembre 2005.
    • École & Syndicat, n° 28, février 2002.
    • Aujourd’hui elles peuvent oser tous les chemins, Rectorat de l’académie de Toulouse.
  • Sites internet

  • Cassette vidéo

    • « Elle & Il, L’école de la mixité », académie de Lille (cassette vidéo).

Notes

[*]

Évelyne Daréoux, psychologue et enseignante.

[1]

Elle & Il, L’école de la mixité, académie de Lille (cassette vidéo).

[2]

www. education. gouv. fr/syst/egalite Ministère de l’éducation nationale, Mission égalité des chances.

[3]

Sciences Humaines, Hors série : Femmes, combats et débats, novembre-décembre 2005.

[4]

Sciences Humaines, Hors série : Femmes, combats et débats, novembre-décembre 2005.

[5]

Elena Gianini Belotti, Du côté des petites filles, éditions des femmes, 1973.

http://www. ducotedesfilles. org l’Association européenne « Du côté des filles »

http://www2. unil. ch/liege/Egalens/index. html « Egalens » (l’égalité dans l’enseignement)

Virginie Houadec, « Masculin-Féminin dans la littérature de jeunesse », rapport de stage dess Politiques sociales et rapports sociaux femmes-hommes utm, 2003.

[6]

Josette Costes, « L’école dispense-t-elle le même enseignement aux filles et aux garçons ? », Intervention à l’iufm d’Albi, 2001. Guillaume Carnino, Pour en finir avec le sexisme, éditions L’échappée, 2005.

[7]

Elle & Il, L’école de la mixité, académie de Lille (cassette vidéo).

[8]

Elle & Il, L’école de la mixité, académie de Lille (cassette vidéo).

[9]

Guillaume Carnino, Pour en finir avec le sexisme, éditions L’échappée, 2005.

[10]

Elle & Il, L’école de la mixité, académie de Lille (cassette vidéo).

[11]

www. mix-cite. org

Association Mix-cité

Résumé

Français

Nous constatons d’une part, au niveau de l’orientation comme du choix professionnel, que les filles et les femmes se cantonnent dans une fourchette limitée de métiers, tandis que les garçons et les hommes, à l’exception de la filière médico-sociale, font des choix plus diversifiés. Nous constatons d’autre part, qu’il est communément admis que des métiers seraient susceptibles de se dévaloriser en se féminisant. L’auteure interroge le matériel éducatif pour enfant en tant qu’il est susceptible de modeler en partie la pensée enfantine. Elle souligne que les stéréotypes sont véhiculés non seulement dans le matériel éducatif, mais aussi dans les propos de tout un chacun au quotidien.

Mots-clés

  • stéréotypes de genre
  • stéréotypes sexists
  • littérature enfantine
  • matériel éducatif
  • orientation professionnelle
  • métiers sexués
  • modèles identificatoires

Plan de l'article

  1. La dévalorisation du féminin
  2. Des activités circonscrites ou diversifiées selon le genre
  3. L’en-deçà du rôle de la mère, l’au-delà du rôle du père : les médias pour enfants ne reflètent pas l’évolution de la société
  4. Des propositions récurrentes
  5. Auto-censure ?
  6. Appel à la vigilance !

Pour citer cet article

Daréoux Évelyne, « Des stéréotypes de genre omniprésents dans l'éducation des enfants », Empan, 1/2007 (n° 65), p. 89-95.

URL : http://www.cairn.info/revue-empan-2007-1-page-89.htm
DOI : 10.3917/empa.065.0089


Article précédent Pages 89 - 95 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback