2002
Enfance
Avant-propos
Jacqueline Nadel
Voici un numéro d’Enfance ciblé sur l’âge de l’école élémentaire, et qui intéressera tout particulièrement les enseignants.
Il débute par un article de Santolini, Danis et Tijus, qui revisitent les perspectives de Wallon sur le développement de la pensée de l’enfant, et notamment l’idée que l’enfant commence par penser par couples de contraires (par exemple, « blanc » suggère « noir ») avant d’atteindre la catégorie (ici, couleur). Les auteurs montrent, en leur appliquant de nouveaux modèles du développement cognitif, combien heuristiques et modernes restent les propositions du grand psychologue qui fonda cette revue.
Dans la même classe d’âge de 5 à 7 ans, Diane St-Laurent et Ellen Moss posent la question de l’aide que peut apporter une activité à deux, comme celle d’une mère et d’un enfant, dans la capacité de l’enfant à apprendre à planifier. Elles soulignent combien il est crucial que l’enfant joue un rôle actif dans l’activité à deux, pour parvenir ultérieurement à planifier tout seul : autrement dit, on n’apprend pas à gérer une tâche en restant passif. Bien des situations d’apprentissage pourraient tirer profit des résultats de cette étude.
Droite, gauche, haut, bas : comment les enfants de 6 à 9 ans utilisent-ils ces termes et comprennent-ils les informations qu’ils donnent ? Frédérique Robin montre la concomitance de l’acquisition des termes spatiaux et de la construction des notions de verticale et d’horizontale.
L’identification de l’écrit en classes élémentaires est abordée dans l’article de Marouby-Terriou et Denhière, qui met en lumière des influences comme celles de la sonorité, ou de la place de la voyelle dans la première syllabe du mot, sur l’identification de celui-ci. Autant d’éléments très utiles pour mieux comprendre les difficultés d’apprentissage de la lecture.
Enfin, un très court article présente un nouveau dispositif d’étude des compétences imitatives du nouveau-né.
En résumé, un numéro de rentrée sur les performances finement analysées des 5 à 9 ans aux prises avec des tâches cognitives.