2004
Enfance
Avant-propos
Jacqueline Nadel
Encore un numéro sur le langage ? La revue Enfance se spécialiserait-elle dans ce champ ? Pas du tout. Nous avons seulement voulu aborder de deux façons différentes l’étude des rapports entre langage, pensée et développement. Dans le no 3, 2003, coordonné par Josie Bernicot, la question posée était : Comment s’acquiert le langage dans les cas de développements atypiques ? Dans le no 1, 2004, coordonné par Bernadette Piérart, la question est plutôt : Comment se passe le développement cognitif dans les cas de troubles du langage ? Les étapes de l’accès au langage sont-elles comparables bien que réalisées à un autre rythme, ou s’agit-il d’une organisation particulière ?
Il y a une autre différence importante entre les deux numéros : tandis que le no 3 ouvrait largement ses feuillets aux perspectives internationales et notamment aux courants nord-américains, ce no 1, 2004, se concentre sur les approches européennes francophones dont la spécificité s’affiche d’emblée par une définition de la dysphasie qui se distingue de la tradition anglophone.
Pour réaliser ce numéro, sont réunis autour de Bernadette Piérart des auteurs belges et français qui représentent différentes disciplines concernées par les troubles du développement du langage : psychologie du langage, linguistique, neuropédiatrie, pédopsychiatrie.
Le développement du langage des enfants dysphasiques est comparé à celui des enfants typiques à plusieurs niveaux : phonologique, syntaxique, lexical, sémantique et pragmatique. Les hypothèses les plus récentes, neurologiques et génétiques, sont analysées. En résumé, ce numéro sera particulièrement utile aux spécialistes du langage, praticiens et chercheurs, et aux étudiants désireux de démêler les différentes options que recouvre le terme englobant de « dysphasie ».