Enfance
P.U.F.

I.S.B.N.2130544541
104 pages

p. 227 à 227
doi: en cours

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Volume 56 2004/2

2004 Enfance

À propos de la relation père-enfant, deux questions

Blaise Pierrehumbert  [1]
1 / Une chose reste obscure malgré les efforts de clarification. On a toujours l’impression d’un dimorphisme entre père et mère (mère = sécurité, père = ouverture), même s’il est dit que les deux procurent à la fois sécurité et ouverture. On a l’impression que l’auteur tourne autour du pot et on aimerait connaître sa position : est-ce que le père, c’est la même chose que la mère, mais dans des quantités différentes, ou est-ce que le père c’est qualitativement différent de la mère ? En d’autres mots : est-ce que le modèle de l’attachement (équilibre entre sécurité et ouverture) s’applique à l’un et à l’autre des parents, sachant que le point d’équilibre entre les deux termes serait déplacé (plus de sécurité pour la mère et plus d’ouverture pour le père), ou faut-il renoncer à ce modèle unique et proposer deux modèles qualitativement différents ? La réponse à cette question n’est pas quelconque. Elle est essentielle. Premièrement pour la psychologie (selon sa réponse, l’auteur remet en question toute la théorie de l’attachement ; pourquoi pas, mais il faut le dire). Ensuite pour les parents (en particulier “ monoparentaux ”). L’auteur ne doit pas esquiver la question, et dire clairement ce qu’il en pense.
2 / L’auteur fait une apologie de la compétition à l’encontre de la coopération. De nouveau, l’auteur aborde ici des questions cruciales et très chargées idéologiquement, mais sans y entrer vraiment, sans distance critique. S’il dit que la psychologie est restée ignorante des bienfaits de la compétition en privilégiant la coopération, alors on voudrait savoir d’où venait cet aveuglement et pourquoi nous aurions soudain ouvert les yeux ; est-ce que la psychologie d’aujourd’hui détiendrait la vérité absolue ? Nous savons bien qu’il y a une interaction entre valeurs sociales et psychologie. La psychologie ne ferait-elle que de suivre les valeurs sociales ? Le recours à la biologie/éthologie que propose l’auteur permet-il alors de s’affranchir de l’idéologie ? L’auteur a choisi d’aborder ces questions, extrêmement sensibles, mais, si on les aborde, il ne faut pas le faire à moitié ; il y a là un grand danger de dérive idéologique.
 
NOTES
 
[1] SUPEA – UNITé DE RECHERCHE, 25 A, rue du Bugnon ; CH 1005 Lausanne. BBlaise. Pierrehumbert@ inst. hospvd. ch :www.geocities.com/bpierreh/index.html.
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