2006
Enfance
Avant-propos
Jacqueline Nadel.
La douleur chez l’enfant. Nous avons été longs à l’admettre, en particulier chez le nouveau-né. Plus généralement, la douleur est moins aisément reconnue et peut être largement sous-estimée chez les petits avant le langage et chez les plus grands lorsqu’ils sont non verbaux comme beaucoup d’enfants avec autisme, ou comme les jeunes avec une déficience mentale profonde. Dans ces cas, seuls les comportements manifestés peuvent constituer des indices, or ceux-ci ne sont pas toujours fiables. C’est pourquoi sont si importants les travaux de recherche qui mettent en relation les indices neurophysiologiques et biochimiques concomitants à la survenue de comportements qui expriment la douleur. La France tarde à s’y impliquer. Il s’agit pourtant non seulement d’aiguiller le diagnostic mais aussi de mettre en place des traitements antalgiques pertinents. De ce fait, l’étude psychologique et neuropsychologique constitue un véritable enjeu de santé publique.
Marc Zabalia, enseignant à l’Université de Caen, coordonne le présent numéro thématique consacré à cet enjeu. Il propose en introduction un plaidoyer très convaincant en faveur d’une psychologie de l’enfant face à la douleur. Il donne ensuite la parole à un ensemble de contributeurs qui abordent différents aspects du problème, depuis le développement d’une compétence à communiquer sa douleur, l’examen de la place et du rôle de l’hypno-analgésie dans le contrôle de sa douleur par l’enfant lui-même, jusqu’à l’évaluation de la douleur chez les enfants atteints de déficience mentale. Au problème de la mémoire de la douleur, s’ajoute l’examen de l’influence des souffrances chroniques des parents sur la susceptibilité à la douleur chez leurs enfants.
Matthieu de Brunhoff apporte finalement le point de vue du pédiatre à cette question encore peu abordée dans l’étude scientifique du développement de l’enfant.