Enfance
P.U.F.

I.S.B.N.9782130562276
112 pages

p. 212 à 219
doi: en cours

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Volume 59 2007/3

2007 Enfance

Introduction

L’enfant sourd en développement. Pour une approche globale de son éducation

Cyril Courtin  [*]
Nous souhaitons ici en premier lieu fournir aux parents quelques données leur permettant d’envisager le devenir de leur enfant sourd, et donner aux enseignants des points de repère dans leur pratique quotidienne. Il nous faut donc revenir sur les spécificités linguistiques, cognitives, culturelles de l’enfant sourd, les particularités du système éducatif dans lequel il évolue, etc. On souhaite également déterminer si ces spécificités ne sont pas des clichés entretenus d’un côté et de l’autre du monde gravitant autour de la surdité, deux pôles, pro-signes vs pro-oralisme, qu’il s’agirait de dépasser afin de faire le point sur ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas. C’est un des motifs sous-tendant la publication de ce numéro thématique. Mots-clés : Enfants sourds, Développement psycholinguistique, Langue des signes. This paper is aimed at providing parents with some recent findings that could help them think to the future of their deaf child. It should also give teachers some points of reference for their own practice. To this end, we come back on linguistic, cognitive, cultural characteristics of deaf children, the specific features of the educative system in which they grow, etc. We also think about these different characteristics in order to determine whether they are not mere clichés that people surrounding deafness keep going. We would like to surpass the two oppositions, pro-signs vs. pro-oralism, and clearly state what we know and what we don’t know. This is one of the main motivations underlying the present thematic issue. Keywords : Deaf children, Psycholinguistic development, Sign language.
Mottez (1987, 2006) a très bien défini la surdité d’un point de vue social : « Il faut être au moins deux pour qu’on puisse commencer à parler de surdité. La surdité est un rapport. C’est une expérience nécessairement partagée » (p. 160).
Il faut être deux. Et il y a évidemment obligation de tenir compte du savoir de l’autre afin de s’adapter et de pouvoir communiquer.
La question qui se pose en fait est donc : « Comment communiquer avec un enfant sourd ? »
C’est à cette question que l’on va s’attacher ici tout d’abord, et donc présenter certaines spécificités cognitivo-culturelles et linguistiques de l’enfant sourd. Cela suppose de mettre en évidence les spécificités, plutôt que de les cacher suivant une perspective politiquement correcte où toute différence est niée, confondant différence et supériorité-infériorité.
De notre point de vue, on ne peut se contenter des seules perspectives philosophiques rabâchées depuis plusieurs siècles sur l’égalité (ou non) des sourds et des entendants, sur la beauté (ou non) de la langue des signes, pour permettre aux parents d’enfants sourds, aux éducateurs, de comprendre non seulement leurs rapports à l’enfant, mais encore ses besoins mêmes.
Plutôt que de persister dans ces débats idéologiques stériles qui, in fine, sont au désavantage des enfants sourds que l’on prétend éduquer, il semble préférable de reprendre les choses où elles en sont, faire un état des lieux des connaissances et non-connaissances concernant certains points fondamentaux du développement de l’enfant sourd et de sa scolarisation.
DÉPASSER LES CLICHÉS
Pour communiquer avec l’enfant, et non simplement vivre à ses côtés, il convient de dépasser certains clichés, ce que nous tentons de faire dans ce numéro. Par exemple, régulièrement revient l’assertion selon laquelle, si l’enfant sourd n’apprend pas à parler (ou, plus récemment, s’il n’a pas d’implant cochléaire ; mais aussi, s’il apprend la LSF), il ne pourra jamais lire, faire preuve de réflexion « abstraite », etc. Sans tenir compte de l’idée dès le départ fausse selon laquelle la langue des signes serait incompatible avec l’oralisation (aucune recherche ne vient appuyer cette idée à notre connaissance, au contraire ; cf. Marschark, 2001), cette assertion fait également fi des études publiées il y a déjà presque un siècle par Binet & Simon (1909) montrant la faillite du système éducatif oralisant concernant l’alphabétisation et le développement intellectuel.
D’un point de vue historique, il serait bon de revenir sur les erreurs, errements, de toute une catégorie de scientifiques, médecins et psychologues, dont les méthodes de recherche et d’action ont contribué à façonner et entretenir les mythes qui ont la vie dure, que ce soit envers la langue des signes ou le développement intellectuel.
Il convient donc de montrer, d’insister à nouveau ici en quoi l’enfant sourd, d’un point de vue individuel, n’est pas un handicapé intellectuel ou physique (il n’y aura handicap que par la situation de communication dans laquelle l’adulte ne saura ou ne voudra pas prendre en compte les besoins cognitifs de l’enfant), et surtout quels sont, le cas échéant, ses besoins et aptitudes. Ceux-ci ne peuvent être tous abordés, notamment pas les aptitudes visuelles, l’imagerie mentale, particulièrement développées chez les sourds signeurs (voir Emmorey, 2002). De même, on pourra nous reprocher une perspective non suffisamment ethnologique, culturelle, affective : il y a tellement de dimensions en jeu dans le développement de tout enfant, qu’il soit sourd ou entendant, que seule une encyclopédie telle celle de la Gallaudet University Press en 3 volumes (Cleve, 1987) saurait les aborder, encore qu’elle devrait être constamment mise à jour.
COMMUNIQUER AVEC UN ENFANT SOURD.
Alors, comment communiquer avec un enfant sourd ?
Il faut tout d’abord considérer sa langue. L’article de Geneviève Le Corre présente ici la LSF, langue des signes française, car nous supposons que la langue française n’a pas à être elle-même présentée !
Nous avons délibérément choisi un auteur français qui se démarque de la théorie prédominante en France (à savoir, celle des structures de grande iconicité développée par Christian Cuxac, 2000, et son équipe de l’Université de Paris VIII), non par rejet de cette théorie à laquelle je dois beaucoup, mais afin d’élargir le débat à des points de vue moins souvent abordés en France alors que certainement tout aussi pertinents.
Puis on considère le développement linguistique des enfants signeurs natifs, nés de parents Sourds (le terme « sourd » renvoie au statut audiologique ; « Sourd », à l’affiliation culturelle et linguistique). Bien sûr, tous les enfants sourds ne naissent pas de parents sourds signeurs, seuls 4 % d’entre eux le sont (Mitchell & Karchmer, 2004). Mais ils donnent une idée du potentiel des enfants sourds en général, une idée des possibilités. Certes, le mythe des enfants sourds de parents sourds comme référents ultimes des capacités idéales des enfants sourds tend à se briser. Brenda Schick nous présente néanmoins ce qui peut fournir le cadre général du développement signé des enfants exposés précocement à la LSF.
Qu’en est-il des autres cas, non abordés par Schick ici mais que l’on trouvera évoqués dans un autre excellent chapitre (Schick, 2006) ? Les parents non signeurs pourront apprendre la LSF, pendant un certain temps échangeront avec leur enfant en mélange de syntaxe française et de vocabulaire signé (soit, du « français signé »). Et, pourtant, ces enfants développeront d’eux-mêmes des structures apparemment plus proches d’une langue signée, de la LSF, que de la langue orale. Et c’est surtout sur ce point que nous voulons insister : même maladroite, la communication s’établira, qui amènera l’enfant à développer ses capacités cognitives langagières de base, par l’échange, et ses aptitudes métacognitives et sociales.
Le présent article de Schick répond également indirectement à une remarque dépréciative souvent formulée, selon laquelle la langue des signes serait une langue facile à apprendre. Schick montre au contraire, et en dépit des différences fondamentales entre langues signées et langues orales mises en évidence par Le Corre dans ce numéro, la relative similitude, mutatis mutandis, du développement de la langue des signes et de la langue orale, chez les locuteurs natifs.
Mais tout est-il communication ? Suffit-il de se focaliser sur les besoins linguistiques pour que l’enfant développe pleinement ses capacités cognitives, affectives, etc. ? On peut en douter : encore faut-il prendre en considération les besoins cognitifs et culturels, les spécificités de l’enfant.
Marschark nous présente donc ce développement cognitif, en se restreignant aux domaines liés à la scolarisation des enfants et adolescents sourds. Selon son habitude, Marschark, auteur non conventionnel, dépasse le stade du politiquement correct selon lequel l’enfant sourd est comme un entendant qui n’entend pas. Cette optique est généralement défendue par les chercheurs ou éducateurs refusant l’idée de différence, car la différence est ressentie comme forcément infériorité de l’un (enfant sourd) sur l’autre (enfant entendant). Cela alors même que d’autres chercheurs ont pu montrer que des différences existent réellement dans certains domaines cognitifs, et en faveur des sourds plutôt que des entendants (e.g., Bellugi, O’Grady et al., 1990, pour le visuo-spatial ; Courtin, 2000, pour le métacognitif) ! Cependant Marschark dépasse encore ce point de vue, et s’attarde sur les difficultés réellement rencontrées par les enfants et étudiants sourds aux États-Unis, i.e. à un niveau de qualité de scolarité encore jamais atteint, même en rêves, en France. Cela pourra paraître déprimant, voire dangereux à certains, mais il s’agit aussi d’apprendre des expériences pédagogiques menées aux États-Unis pour que, dans la nécessité de rattraper notre retard, nous ne fassions pas les mêmes erreurs que ceux qui nous ont devancés.
Une des nombreuses conclusions qui se dégagent de l’article de Marschark, c’est qu’une politique qui ne serait « que » bilingue (ou, pour les tenants d’un oralisme pur, que oral-écrit à 100 % par recours à la vélotypie) est condamnée à un échec relatif si elle n’inclut pas en outre une perspective biculturelle, dans laquelle le style cognitif des enfants (et adultes) sourds sera reconnu comme tel, les besoins culturels des enfants réellement pris en compte et non niés au profit d’une perspective politiquement correcte où « les sourds sont seulement des entendants qui n’entendent pas » à qui il faut simplement de la LSF.
Face à tout cela, deux questions essentielles se posent généralement aux parents et éducateurs : quid du français écrit, de l’idée reçue et sauvagement entretenue de tous côtés (on l’a retrouvée lors des débats au Sénat des amendements à la Loi sur l’égalité des chances, en 2005) selon laquelle, si l’enfant apprend la LSF, s’il n’oralise pas, il ne pourra pas écrire et lire correctement en français. Le corollaire : implantez les enfants sourds.
Concernant le français, sujet d’inquiétude bien compréhensible de la part des parents souhaitant que leur enfant sourd s’épanouisse pleinement et puisse accéder, plus tard, à un emploi stable, la relation au langage écrit paraît difficile à appréhender, ce d’autant plus que l’on est toujours incapable de comprendre, que le débat est toujours ouvert quant à savoir comment l’enfant entendant lui-même apprend à lire et écrire ! Chez l’enfant sourd, le problème est posé de façon particulièrement superficielle. Lire et écrire n’est pas que décoder des mots, processus pour lequel la voie indirecte, phonologique, l’oralisation, est certes la plus efficace. Il y a ensuite tout un travail conceptuel, exécutif, métalinguistique (Wilbur, 2000 ; Courtin, 2005), sur lequel l’oralisation n’intervient nullement, mais les connaissances générales conceptuelles, inférentielles et structurelles acquises par la communication, qui peut très bien se faire en LSF. Niederberger présente donc ici quelques données montrant en quoi langue des signes et français écrit ne sont pas incompatibles, même en l’absence d’oralisation.
ET L’ÉDUCATION ?
Cela posé, pourquoi observe t-on un apparent échec actuel dans l’éducation (encore que cela soit relatif, le nombre d’étudiants Sourds français semblant croître régulièrement) ? On pointera le fait qu’il n’y a pas, qu’il n’y a jamais eu de vraie politique bilingue en France, l’État n’a jamais osé se donner les moyens, offrir une chance à ce type d’éducation. Les établissements réellement bilingues, ceux où les enseignements se font en LSF et en français écrit, sont au nombre exceptionnel de trois en France. Les autres établissements ne sont pas bilingues, mais recourent à des mélanges de français oral, écrit et de « LSF » (en fait, le plus souvent, du français signé), ce qui correspond plutôt, pour l’enfant sourd profond, à du trilinguisme. Les piètres résultats scolaires (concernant l’alphabétisation, par exemple) ne sont alors que des preuves de l’inefficacité de ces demi-mesures, et plaident en faveur d’un réel enseignement, en LSF et français écrit, du bilinguisme ! Pourtant, cette idée d’éducation bilingue n’est pas nouvelle ; Bertin, dans son article, l’explique clairement.
Enfin, et résumant un peu le tout, la place de l’interprète en LSF, présentée par G. Paris. Reprenant le tout, car à l’intersection du développement du langage par l’enfant, des capacités en LSF des professeurs, de la politique éducative de l’établissement scolaire, mais s’ajoutant encore d’autres problématiques spécifiques telles que la question de savoir comment rendre le contenu d’un message de l’enfant encore maladroit, correct sur le fond mais erroné dans sa forme. Encore Paris ne s’attache-t-elle, par manque de place / à notre demande, qu’aux problématiques centrées sur l’enfant. Il serait également intéressant de discuter des aptitudes nécessaires à l’interprète pour ce travail cognitif fantastique sous-tendant la traduction en simultané d’une modalité linguistique et d’une culture vers une autre totalement différente.
Bref, comme pour chaque autre article, tout n’est pas dit (il y a trop à dire !) mais amorcé, chacun est libre ensuite de contacter les auteurs.
ET L’IMPLANT ?
L’implant cochléaire, incontournable de nos jours en France et dans le monde, est abordé ici par Jacqueline Leybaert, dont l’expertise dans le domaine est reconnue au niveau international depuis longtemps.
Sujet délicat, mais maintenant inévitable, que l’on soit pour ou contre, l’implant cochléaire, et plus précisément ce qu’il peut apporter et ne peut pas apporter, est présenté ici succinctement (voir Spencer & Marschark (éd.), 2006, pour des présentations exhaustives). Bien sûr, l’implant en lui-même est insuffisant, il faut y ajouter une vaste rééducation pour que l’enfant puisse comprendre ce qu’il perçoit. Il est même parfois préférable, comme le montrent Leybaert & Colin, d’adjoindre un code visuel (le LPC) afin que l’apport de l’implant soit optimal.
Les implants semblent alors indéniablement utiles à la perception, s’ils sont utilisés de façon non exclusive d’un accompagnement visuel (LSF, LPC), encore que dans la plupart des études les évaluations sont faites en situation artificielle de silence (contrairement à une recherche présentée par Leybaert et Colin ici, où une condition inclut du bruit), alors que dans la vie quotidienne le bruit est omniprésent. Les performances en situation plus naturelle de bruit sont alors objectivement moindres (voir les travaux du GRAEC, dirigé par le Pr Lorenzi, Université de Paris V, hhhhhttp:// lpp. psycho. univ-paris5. fr/ -GDR-GRAEC-html). Enfin, à un niveau cognitif supérieur à celui de la perception, les bénéfices de l’implant cochléaire restent sujets à caution, notamment quant au développement métacognitif-social (voir Peterson, 2004, et ce volume), mais ces recherches sont encore insuffisamment nombreuses pour qu’on puisse réellement se prononcer.
QUELLE SOCIALISATION À L’ENFANT SOURD ?
Les études sur le développement social sont relativement peu nombreuses. On abordera alors cette question de façon indirecte, avec les capacités cognitives à la base de cette socialisation : le développement métacognitif. Celui-ci aide l’enfant à comprendre qu’autrui ne partage pas les mêmes pensées que lui, pas les mêmes goûts et envies, aide à comprendre l’existence de niveaux de connaissance différents, et donc la nécessité de s’adapter au niveau de celui auquel on s’adresse afin d’être pleinement compris, etc. Le développement métacognitif des enfants sourds a été largement étudié ces dix dernières années, même si cette vague tend à s’essouffler alors même que certaines questions demeurent sans réponse. Peterson, pionnière en ce domaine, nous présente une vue d’ensemble de ces recherches, et ses derniers développements.
En conclusion, nous espérons, avec ce numéro thématique, ne pas faire croire aux parents d’enfants sourds que leur enfant aura les mêmes possibilités qu’un enfant entendant, principalement du fait des dispositifs scolaires actuels en France (cf. Bertin, Paris), problème plus ou moins indépendant de la modalité linguistique langage de l’enfant (cf. Le Corre, Shick, Niederberger). Mais il s’agit également de ne pas faire croire non plus, dans une perspective idéologique inverse, qu’un enfant sourd implanté est un enfant entendant, qu’un implant peut pallier le problème de la scolarité : les possibilités au niveau perceptif semblent indéniables (cf. Leybaert) mais plus douteuses à un niveau supérieur (cf. Peterson).
Nous espérons plutôt donner une idée, même très restreinte, des différentes variables entrant en compte dans le développement de l’enfant afin d’éviter toute simplification abusive du problème actuel et les « y’a qu’à » habituels qui l’accompagnent. Avec, comme idée première d’accompagnement de l’enfant sourd : le considérer comme un enfant ayant besoin qu’on échange avec lui (cf. Peterson), tout en prenant en compte ses besoins cognitifs, culturels (cf. Marschark) et, évidemment, affectifs.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Bellugi, U., O’Grady, L., Lillo-Martin, D., O’Grady Hynes, M., Van Hoek, K., & Corina, D. (1990). Enhancement of spatial cognition in deaf children. In V. Volterra et C. J. Erting (Eds), From Gesture to Language in Hearing and Deaf Children (pp. 278-298). Heidelberg : Springer Verlag.
·  Binet, A., & Simon, T. (1909). Peut-on enseigner la parole aux sourds-muets ? L’Année psychologique, 15, 373-396.
·  Cleve, J. V. (1987) (Ed.). Gallaudet Encyclopedia of Deaf People and Deafness. New York, NY : McGraw-Hill Books Company.
·  Courtin, C. (2000). The impact of sign language on the cognitive development of deaf children : The case of theories of mind. Journal of Deaf Studies and Deaf Education, 5, 266-276.
·  Courtin, C. (2005). Langue des signes française, français oral. Langue française parlée complétée et développement de la lecture-écriture chez l’enfant sourd, quelle complémentarité ? Nouvelle Revue de l’AIS, CNEFEI, numéro hors série, « Adaptation et intégration scolaires », juin, 37-44.
·  Cuxac, C. (2000). La langue des signes française. Les voies de l’iconicité. Faits de langues, 15-16, Paris, Ophrys, 391 p.
·  Emmorey, K. (2002). Language, Cognition, and the Brain : Insights from Sign Language Research. Mahwah, NJ : Lawrence Erlbaum Associates.
·  Marschark, M. (2001). Language Development in Children who are Deaf : a Research Synthesis. Alexandria, VA : National Association of State Directors of Special Education (ERIC Document Reproduction Service No. ED455620).
·  Mitchell, R. E., & Karchmer, M. A. (2004). Chasing the mythical ten percent : Parental hearing status of deaf and hard of hearing students in the United States. Sign Language Studies, 4, 138-163.
·  Mottez, B. (2006). Les sourds existent-ils ? Paris : L’Harmattan.
·  Peterson, C. C. (2004). Theory-of-mind development in oral deaf children with cochlear implants or conventional hearing aids. Journal of Child Psychology, Psychiatry, and Allied Disciplines, 45, 1096-1106.
·  Schick, B. (2006). Acquiring a visually motivated language : Evidence from diverse learners. In B. Schick, M. Marschark, & P. E. Spencer (Eds), Advances in the Sign Language Development of Deaf Children (102-134). New York, NY : Oxford University Press.
·  Spencer, P. E., & Marschark, M (Eds) (2006). Advances in the Spoken Language Development of Deaf and Hard of Hearing Children. New York, NY : Oxford University Press.
·  Wilbur, R. B. (2000). The use of ASL to support the development of English and literacy. Journal of Deaf Studies and Deaf Education, 5, 81-104.
 
NOTES
 
[*] CNRS, UMR 6194, Universités de Caen et Paris V - Sorbonne, 46, rue Saint-Jacques, 75005 Paris. E-mail : cyril. ccccourtin@ paris5. sorbonne. fr.
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