Enfances & Psy
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I.S.B.N.2-86586-787-0
160 pages

p. 111 à 117
doi: en cours

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Dossier

no 12 2000/4

2000 enfances & PSY Dossier

L’approche ethnopsychiatrique

Thierry Baubet  [*] Marie Rose Moro  [**]
Soigner les enfants en situation transculturelle pose un certain nombre de questions spécifiques. Nous envisageons ici la question de la psychothérapie des enfants de migrants, en exposant les éléments qui rendent nécessaires certaines adaptations du cadre thérapeutique, ainsi que les principes et les indications de la consultation d’ethnopsychiatrie.Mots-clés : Enfants de migrants, migration, ethnopsychiatrie, psychothérapie.
Au début des années soixante, il y avait environ deux millions de réfugiés dans le monde. Ils sont aujourd’hui dix fois plus nombreux. À ceux-ci, il faut ajouter des dizaines de millions de migrants.
En France, les psychiatres et psychologues cliniciens sont amenés de plus en plus fréquemment à travailler avec des enfants et des adolescents possédant un univers culturel duquel ils ne sont pas familiers. Nous envisagerons ici plus spécifiquement la question du soin aux enfants de migrants.
Le travail avec les enfants de migrants et avec leur famille pose des questions spécifiques : la question de l’histoire migratoire et de ses effets, la contrainte pour les enfants de parvenir à opérer un métissage entre leurs deux mondes d’appartenance, le codage culturel des troubles, l’élaboration d’un cadre thérapeutique efficient, etc. La prise en charge de ces enfants ne nécessite pas toujours un dispositif spécifique comme celui de la consultation d’ethnopsychiatrie qui requiert, nous le verrons, un certain nombre d’indications. En revanche, elle impose toujours au clinicien une grande vigilance sur ces questions : l’enfant doit être pensé dans sa famille, en lien avec deux univers hétérogènes, héritier d’une histoire familiale qui a commencé bien avant la migration de ses parents.
 
La culture de l’enfant de migrants… et celle de ses parents
 
 
Prendre en compte la culture des patients, voilà une nécessité dont la plupart des cliniciens ont aujourd’hui bien conscience. Pour autant, se représenter ce que peut être l’univers culturel d’un enfant de migrant ne va pas sans difficulté. Le phénomène par lequel la culture s’acquiert est appelé, à la suite de l’anthropologue M. Mead, l’enculturation. Toute une série de logiques culturelles redondantes sont fournies à l’enfant par sa mère et par le groupe, et cela dès sa naissance, à travers les règles de maternage, d’éducation, les soins, le langage, etc. Des schémas culturels structurent donc les premières interactions entre la mère et son bébé. On peut ainsi dire que l’interaction mère-enfant n’existe pas en dehors du système culturel des parents (Moro, 1994). Ce système culturel, que l’on désigne par le terme de culture d’origine, ne doit cependant pas être imaginé comme quelque chose d’intangible et de figé. En effet, il n’existe pas de culture « pure » : déjà, dans le pays d’origine, des influences culturelles diverses, des migrations internes conduisent à un certain degré de métissage. Par la suite, dans la migration, il a été démontré que les schémas culturels de maternage se modifiaient dans une certaine mesure, mais qu’ils continuaient de structurer la relation (Rabain-Jamin & Wornham, 1990).
L’enfant de migrant naît ainsi dans un univers double, deux mondes culturels hétérogènes, dont certaines logiques sont difficilement conciliables : le monde de la maison et le monde de l’extérieur, auxquels répondent un ici et un ailleurs, un avant et un après la migration. Le risque est que la personnalité de l’enfant se construise sur une logique du clivage, témoignant de la rupture qu’a introduit la migration dans l’histoire familiale.
 
Une histoire de rupture
 
 
Un des points communs que partagent ces enfants est d’être les héritiers d’une histoire familiale marquée par une rupture : la migration, qu’il s’agisse d’un exil, sans espoir de retour pour les parents, souvent après des événements dramatiques, ou bien d’une migration décidée volontairement. Il est indispensable de se pencher sur cette histoire, de pouvoir parler, dans les situations d’exil, des événements, parfois traumatiques, qui l’ont précédé ; de réfléchir, dans les situations de migration, aux éléments, conscients ou non, qui ont pu la produire. Quels qu’aient été ses déterminants, la migration a des effets traumatiques (Nathan, 1986). Par la rupture du cadre externe qu’elle implique, la migration entraîne par ricochet une rupture au niveau du cadre culturel intériorisé, cadre à partir duquel est décodée la réalité externe. À ces traumatismes spécifiques, liés à la rupture de cadre, peuvent s’associer des traumatismes au sens où l’entend habituellement la psychanalyse, et des traumatismes logiques, tels qu’ils ont été décrits par l’École de Palo-Alto : confrontations entre les logiques d’ici et de là-bas. Aux traumatismes s’ajoute une problématique de deuil : migrer, c’est laisser derrière soi de la famille, des amis, une terre…
Pour autant, parler de deuil ou de traumatisme ne signifie pas que la migration soit en elle-même pathogène, mais il s’agit d’une situation qui contraint à des réaménagements. Il y a donc, pour le migrant, un long travail d’élaboration à mener.
Il arrive parfois que la problématique de deuil et de traumatisme liée à la migration soit différée et, en quelque sorte, déléguée à la génération suivante. Les mécanismes de cette transmission intergénérationnelle font actuellement l’objet de différents travaux. L’une des hypothèses est que dans certains cas, le vécu de la migration accompagné de bouleversements, de remises en causes intenses, d’affect douloureux pourrait être tu, les affects lui étant liés restant clivés du reste du moi, selon le modèle de la crypte décrit par Abraham et Torok. Ce non-dit prendrait alors une place de secret pathogène, et il y aurait en quelque sorte une absence de transmission des opérateurs nécessaires au métissage [*] (Baubet, 1999b). Les enfants placés en situation de médiateurs et d’intercesseurs seraient alors les plus exposés, qu’il s’agisse du premier enfant né en France (entre les mondes), du premier enfant (entre les générations), ou d’enfants singuliers [**] (entre notre monde et le monde surnaturel).
Lorsque dans une fratrie, un ou plusieurs enfants sont dépositaires de cette problématique non élaborée, celle-ci pourra être à l’origine de manifestations psychopathologiques s’exprimant préférentiellement lors de périodes du développement recelant une vulnérabilité spécifique (Moro, 1994 ; 1998a ; 1998b) : chez le bébé, au cours des grands apprentissages, à l’adolescence, ou lors de deuils ou de traumatismes ultérieurs.
La méthode ethnopsychanalytique permet de travailler ces différents points avec l’enfant et sa famille.
 
La méthode ethnopsychanalytique
 
 
L’ethnopsychiatrie a été construite à partir d’un principe méthodologique, c’est là une de ses originalités : « Le complémentarisme n’est pas une “théorie”, mais une généralisation méthodologique. Le complémentarisme n’exclut aucune méthode, aucune théorie valable, il les coordonne » (Devereux, 1972, p. 27). Il est vain d’intégrer de force dans le champ de la psychanalyse ou dans celui de l’anthropologie exclusivement certains phénomènes humains. La spécificité de ces données réside justement dans le fait qu’elles nécessitent un double discours qui ne peut être tenu simultanément, et qui conditionne l’obtention de données fiables. Mais la question posée alors est comment prendre successivement deux places différentes par rapport à l’objet sans réduire l’une à l’autre et sans les confondre. Un apprentissage de la décentration est ici nécessaire mais ardu.
Sur le plan théorique, il est un postulat sans lequel l’ethnopsychiatrie n’aurait pu se construire, c’est celui de l’universalité psychique, c’est-à-dire l’unité fondamentale du psychisme humain. De ce postulat découle la nécessité de donner le même statut (éthique mais aussi scientifique) à tous les êtres humains, à leurs productions culturelles et psychiques, à leurs manières de vivre et de penser, pour différentes et parfois déconcertantes qu’elles soient… (Devereux, 1970).
La compréhension des symptômes psychiatriques chez le migrant nécessite ainsi un « décodage » qui passe par une analyse à un triple niveau (Moro, 1994), celui de l’être, celui du sens et celui du faire. Ce décodage permet de co-construire avec l’enfant et sa famille un cadre porteur d’un sens congruent avec ses manières de voir, et donc de poser les bases d’une réelle alliance thérapeutique.
Les trois niveaux d’analyse des symptômes portent sur :
  • les manières de voir et de considérer le monde, autrement dit, la dimension ontologique (l’être) ;
  • l’attribution de sens aux symptômes (le sens) ;
  • les logiques thérapeutiques qui en découlent (le faire).
Cultures et représentations culturelles : l’être
La culture est la somme des connaissances et des comportements qui caractérisent une société humaine. Elle permet aux membres de cette société d’appréhender le monde et d’attribuer un sens aux événements d’une manière homogène en leur fournissant une grille de lecture transmise de façon implicite à travers des représentations culturelles communes. Ces représentations culturelles varient d’une culture à l’autre, elles définissent la façon dont les membres de chaque culture se représentent l’enfant. Elles sont à la base des représentations concernant la maladie et ses causes.
Les théories étiologiques : le sens
Face à la maladie, au désordre, un processus d’attribution du sens se met en place. Ce sens se construit à partir des représentations culturelles disponibles au sein de la société considérée constituant un corpus d’hypothèses communes à ses membres. Ainsi s’élaborent de véritables théories étiologiques.
La nosologie, dans les sociétés traditionnelles, n’est pas tant fondée sur la sémiologie que sur le sens, et l’élucidation de ce sens constitue le premier temps de la prise en charge du trouble. Le sens des symptômes peut être fourni par un guérisseur dépositaire d’un savoir, au moyen de procédés divinatoires, ou bien par inférence à partir de certaines caractéristiques du trouble qui permettent de le reconnaître. Il serait vain de tenter de construire des équivalences systématiques entre ces catégories et notre nosologie.
Les théories étiologiques font appel à différentes catégories de causes parmi lesquelles on peut citer de manière non exhaustive (Moro & Nathan, 1995) :
  1. celles qui ont trait à la « nature » de l’enfant.
L’enfant est d’une autre nature que les autres enfants. Ces théories sont surtout utilisées pour rendre compte des tableaux de troubles massifs et précoces, comme les psychoses infantiles, le marasme. On les appelle enfant-médium en Chine, nit-ku-bon (mauvaise personne) chez les Wolof et les Lebou du Sénégal, m’bet singa (enfant qui marche sur un fil) chez les Douala du Cameroun… L’attitude thérapeutique qui en découle passe par la prescription d’une modification de l’attitude de l’entourage de l’enfant.
On peut en rapprocher les interprétations en terme d’élection prophétique (l’enfant présente des troubles parce qu’il est appelé à devenir devin, et l’en empêcher le rendrait définitivement malade). La conséquence logique est une « initiation ».
  1. celles qui ont trait à des vicissitudes de la vie de l’enfant.
On trouve dans ce groupe les étiologies par l’effroi, la frayeur (liée par exemple à la rencontre avec un être surnaturel), les étiologies renvoyant à un échec de l’initiation de l’enfant, par exemple une circoncision traumatique et déstructurante.
  1. celles qui ont trait à des vicissitudes de l’histoire familiale.
L’enfant, être vulnérable, souffre ici des attaques qui visent ses parents : par exemple l’envoûtement destiné à la mère aux Antilles françaises, le maraboutage ou l’attaque sorcière des parents en Afrique subsaharienne.
  1. celles qui ont trait au monde des êtres surnaturels.
On trouve dans cette catégorie de nombreux types de tableaux de possession : par les djinn dans le monde musulman, par les rab en Afrique subsaharienne, par les tsiny dans le nord de Madagascar…
L’élucidation du sens de la maladie, c’est-à-dire l’énonciation de son étiologie, implique l’utilisation de moyens thérapeutiques particuliers.
Thérapies traditionnelles et itinéraires thérapeutiques : le faire
Lorsque le sens des troubles a été identifié, le guérisseur indique un procédé thérapeutique qui dépend de l’étiologie invoquée : si la nature de l’enfant est en cause, la famille devra modifier son attitude vis-à-vis de lui, si l’enfant a été victime d’une attaque, il faudra s’occuper de sa vulnérabilité par la mise en place de systèmes de protection, s’il s’agit d’un enfant-élu, il devra être initié, etc.
Les psychiatres occidentaux sont fréquemment étonnés du peu de place apparemment accordée à la problématique individuelle dans ces théories étiologiques et dans leurs corollaires thérapeutiques. Ce serait cependant une erreur de considérer que le but n’est pas d’obtenir des remaniements intrapsychiques : simplement, ce but est ici implicite, et il est obtenu à partir de la restructuration des liens du patient.
Pouvoir travailler autour des théories étiologiques, et analyser le discours de l’enfant et de sa famille sous l’angle anthropologique et psychopathologique de manière non simultanée nécessite des aménagements du cadre thérapeutique.
 
Le cadre thérapeutique de la consultation et les indications
 
 
Sur le principe méthodologique du complémentarisme s’est d’abord construite la théorie de l’ethnopsychiatrie (Devereux), puis la technique (Nathan). La technique, elle aussi nécessairement complémentariste, est actuellement en construction. Cependant certains paramètres semblent maintenant bien établis (Moro, 1994) :
  • la nécessité d’un groupe de thérapeutes : une dizaine de thérapeutes, tous psychiatres ou psychologues, issus d’aires culturelles diverses et parlant différentes langues ;
  • l’importance de la langue maternelle : un interprète est systématiquement présent et les patients peuvent choisir la langue dans laquelle ils s’expriment ;
  • la nécessité de partir des représentations culturelles du patient.
La parole circule dans le groupe qui se donne pour tâche essentielle un travail de lien entre les univers (univers linguistiques, de croyance, de pensée). L’enfant peut à cette condition « utiliser les ressources de sa culture d’origine et les importer dans sa culture d’accueil et par la suite évoluer sans la rigidité et le risque psychopathologique inhérents au clivage » (Moro & Nathan, 1995). Face au désordre, les consultations vont permettre l’élaboration d’un cadre et d’un sens culturel. Dans un second temps, le sens individuel va pouvoir être élaboré. Celui-ci pourra être repris en thérapie individuelle.
La consultation d’ethnopsychiatrie n’exclut donc pas le travail psychothérapique « classique », les deux approches pouvant être coordonnées selon différentes modalités dans le cadre de projets thérapeutiques individualisés. La consultation d’ethnopsychiatrie est parfois indiquée d’emblée, par exemple lorsque les parents refusent de consulter un psychiatre dans la mesure où ils ne parviennent pas à se représenter la signification d’un tel acte. Dans d’autre cas, c’est après le début d’un traitement que l’indication va être posée : parce que les parents n’adhèrent pas au traitement perçu comme antinomique avec leurs représentations concernant la nature et le sens des troubles ; parce que des étiologies culturellement codées émergent (sorcellerie, possession) ; parce que la pathologie de l’enfant semble directement liée au clivage entre les mondes d’appartenance comme dans le mutisme électif extra-familial ; ou enfin parce que la pathologie de l’enfant est le lieu de confrontation entre deux systèmes de soins, traditionnel et occidental, ce qui met en danger la santé de l’enfant (Moro, 1998b). Dans tous ces cas, la consultation d’ethnopsychiatrie permet une réelle amélioration de la prise en charge. Elle permet en effet la création d’un cadre acceptable pour tous, cadre qui doit être négocié, et coconstruit, ce qui représente un préalable indispensable à l’établissement d’une alliance thérapeutique.
Il existe une autre manière d’être confronté à la pratique du soin en situation transculturelle, c’est de partir soigner ailleurs, par exemple dans le cadre d’interventions humanitaires (Moro & Lebovici, 1995 ; Baubet, 1999a). Dans tous les cas, la question de la pertinence de nos manières de faire, tant pour le diagnostic que pour le soin, se pose.
J’aimerais tant me trouver à l’instant même fiévreux, dans un village perdu sur un lit inconnu sous un toit inconnu et qu’une vieille femme que je n’ai jamais vue auparavant me demande alors qu’elle presse son mouchoir humide sur mon front : De quel pays es-tu, mon fils ? Et moi de répondre, les yeux pleins de larmes : Ah, grand-mère ! Bédouin cherche pays bédouin, Mohamed al-Maghout [*]
*.
La Joie n’est pas mon métier, Paris, Orphée/La Différence, 1992, p. 125.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Baubet, T. 1999a. Les enfants des rues d’Antananarivo et les morts : culture, psychopathologie, et intervention humanitaire. Prisme, 9, n° 1, p. 24-33 (Québec).
·  Baubet, T. 1999b. « Toxicomanies » chez les enfants de migrants : une approche ethnopsychiatrique. Le Journal des Psychologues, n° 172, p. 36-38.
·  Devereux, G. 1970. Essais d’ethnopsychiatrie générale, Paris, Gallimard.
·  Devereux, G. 1972. Ethnopsychanalyse complémentariste, Paris, Flammarion, 1985.
·  Moro, M.R. 1994. Parents en exil. Psychopathologie et migration. Paris, puf.
·  Moro, M.R. 1998a. Psychopathologie transculturelle des enfants de migrants. Paris, Dunod.
·  Moro, M.R. 1998b. Aspects psychiatriques transculturels chez l’enfant, Encycl. Méd.-Chir., Paris, Elsevier, coll. « Psychiatrie », 37-200-G-40.
·  Moro, M.R. ; Nathan, T. 1995. Ethnopsychiatrie de l’enfant, in : Lebovici, S. ; Diatkine, R. ; Soulé, M. (sous la direction de) Nouveau traité de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Tome 1, Paris, puf, p. 423-446.
·  Moro, M.R., Lebovici, S. 1995. Psychiatrie humanitaire en Arménie et en ex-Yougoslavie, Paris, puf.
·  Nathan, T., 1986. La folie des autres. Traité d’ethnopsychiatrie clinique, Paris, puf.
·  Rabain-Jamin, J. ; Wornham, W.L. 1990. Transformations des conduites de maternage et des pratiques de soins chez des femmes migrantes d’Afrique de l’Ouest, Psychiatrie de l’enfant, 33, n° 1, p. 287-319.
 
NOTES
 
[*]Thierry Baubet, psychiatre, est chef de clinique-assistant, Service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Avicenne, Bobigny, Seine-Saint-Denis.
[**]Marie Rose Moro, pédopsychiatre, Service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Avicenne, Bobigny, Seine-Saint-Denis, université Paris 13 (Bobigny).
[*]Par métissage, nous entendons ici la nécessité pour l’enfant de migrant de parvenir à se représenter non pas comme l’un ou l’autre, mais comme l’un et l’autre : « Je suis français et kabyle. »
[**]Les enfants singuliers, pour l’anthropologie, sont des enfants que quelque chose est venu distinguer du commun : une particularité psychologique ou physique signe qu’ils sont porteurs d’une énigme à résoudre. Cette représentation renvoie toujours à une double valence : l’enfant singulier peut apporter la richesse comme le malheur à sa famille. Des formes très différentes d’enfants singuliers ont été décrites selon les contextes culturels : enfant qui part et qui revient, enfant-ancêtre, bébé-esprit, enfant qui marche sur un fil, enfant de djinné, etc. (pour plus de détails, voir Moro, 1998a).
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