2001
Enfance et PSY
Actualité du réseau
Travailler à plusieurs
Transversalité, pluridisciplinarité et partenariat
Michel Villand
L’expérience nous apprend l’absolue nécessité du travail entre
les professionnels, en particulier pour les situations difficiles. Cependant la
réalité quotidienne nous montre la difficulté de ce travail ; souvenons-nous de
certaines réunions, dans notre équipe, entre équipes du même intersecteur ou
avec d’autres organismes (école, pmi,
justice). Il est donc nécessaire d’essayer de mettre à plat ces difficultés du
« travailler à plusieurs », d’en faire une analyse – au sens premier de
déconstruction – pour parvenir peut être à savoir « travailler ensemble
».
« Transversalité », « pluridisciplinarité » et « partenariat »
sont souvent évoqués, voire invoqués. Effet de mode ou reconnaissance et
appréhension par le langage de ces modalités de travail ?
Définir la transversalité
La transversalité, par la notion d’horizontalité qu’elle
implique, renvoie nécessairement, en elle-même, à l’existence d’une autre
dimension, d’un autre plan. Une coupe dite « transversale » (par exemple en
anatomie) montre l’agencement, sur un plan horizontal de différents appareils,
dont la fonctionnalité n’apparaîtra que par la mise en rapport au plan
vertical. Cette autre dimension est présente en creux et il faut la construire,
au sens de l’imaginer, pour avoir une idée de la globalité. La transversalité,
définie par sa base, la coupe transversale, est donc forcément référée à
d’autres dimensions, celles de lignes appartenant aux plans verticaux. La
convergence de ces lignes peut faire apparaître un sommet (en anatomie ce
serait l’appareil neuro-psychique). Ainsi se détermine virtuellement à partir
de la transversalité un espace, comme un cône – ou une tente indienne.
Pourquoi utiliser, en pédopsychiatrie, une telle métaphore ?
Outre que l’on pourrait y voir la structure pyramidale et hiérarchisée d’un
service, avec les interconnexions des unités entre elles, toutes – qu’elles le
veuillent ou non – reliées à la chefferie ; l’on peut aussi y voir la métaphore
même de ce pour quoi est fait ce service : ouvrir pour l’enfant un espace
psychique pour lui permettre un certain progrès.
Quelles sont les conditions institutionnelles d’ouverture d’un
espace psychique ? Du point de vue de l’institution, l’appartenance
hospitalière donne une certaine armature à cette structure, avec la chefferie
et les unités ; chaque unité a, elle-même, sa propre structure ou travaille,
douloureusement parfois, à l’établir. Cette définition, par l’extérieur de la
structure, peut servir de repère, disant ce que chacun doit faire du point de
vue de ses droits et devoirs professionnels. Mais la vie n’est pas une
application de décrets et il y a lieu de considérer l’autre point de vue, non
plus ce que l’hôpital veut, mais ce dont le patient a besoin. Il n’y a
d’ailleurs pas d’antinomie systématique entre ces deux points de vue. En fait
des référentiels différents rendent compte des divers aspects de la réalité de
l’enfant selon :
- sa réalité sociale – cet enfant est-il élevé par ses
parents, est-il scolarisé, la justice intervient-elle ?
- sa réalité biologique – cet enfant a un corps ;
présente-t-il une maladie, un handicap ?
- sa réalité psychologique – qui peut, elle-même être
subdivisée en plusieurs aspects affectif, cognitif, psychique (conscient,
inconscient…).
Le projet en pédopsychiatrie pour chaque enfant aura à tenir
compte de ces différents aspects et de leurs articulations.
Il peut ainsi être défini « par le haut », par les instances
supérieures : le chef de service, le médecin responsable, voire par un livret
de bonnes pratiques – que l’
anaes
[*] nous fera un jour parvenir… Il faudra toujours
toutefois, pour aider et soigner l’enfant, que ce projet soit vivant. La mise
en place du projet pourra donc ainsi se faire de manière autocratique,
démocratique ou ne pas se mettre en place du tout dans l’anarchie (Houzel,
1990). Les équipes, comme les petits groupes, peuvent connaître différents
types de commandements. L’autocrate procède par décrets ; le démocrate
consulte, écoute et décide ; dans l’anarchie, les différences sont effacées,
l’organisation abolie. Le moins mauvais fonctionnement procède d’un alliage
subtil de hiérarchie et de démocratie.
Nul ne niera qu’une organisation est indispensable, mais il
faut aussi qu’elle soit vivante, car il y a une homothétie, un parallèle, entre
les progrès qu’une structure permet de faire faire à un enfant et ceux qu’elle
a pu faire dans son organisation et dans les échanges qu’elle autorise. Ce
n’est pas plaider pour une rigidification de nos structures mais refaire le
constat, non pas abstraitement théorique mais tiré de la vie quotidienne en
équipe, que l’organisation de celles-ci, comme de toutes sociétés et cultures,
relève des mêmes lois que l’organisation de la structure psychique de
l’individu : de l’interdit de l’inceste et du meurtre. La première loi,
l’interdit de l’inceste, fait naître la différence, le « déconfusionnement »,
la séparation, l’individuation, la parole. L’autre assure l’organisation des
liens entre humains. Selon la psychologie collective inventée par Freud dans
Totem et tabou (Freud), les lois de
l’organisation de la société président à l’organisation de la structure
psychique, à la mise en place d’instances délimitées par des frontières, à ce
que Freud désigne comme la « topique ». On verra plus loin qu’ici la loi n’est
pas un énoncé mais plutôt une régulation de la circulation du désir entre les
générations. Les lois organisent et différencient notre univers psychique et
social.
La notion de transversalité implique, nous l’avons vu, en
elle-même, une reconnaissance d’une autre dimension d’un autre plan ; elle nous
conduit à la dimension d’un espace psychique. La création d’un tel espace
requiert l’existence :
- d’une structure, qui ouvre et soutienne cet espace en
assurant sa solidité
- comme un squelette avec une colonne vertébrale qui nous
fait tenir debout ;
- de limites, comme la peau, qui déterminent un contenant et
un contenu, un dedans et un dehors ;
- et d’échanges entre différents systèmes pour que la vie s’y
développe à l’intérieur. Comme les différents appareils physiologiques se
complètent et permettent des échanges : échange de l’oxygène et du gaz
carbonique au niveau des membranes alvéolaires du poumon, transport par les
globules rouges, propulsés par l’appareil circulatoire, de l’oxygène, pour
aller irriguer nos muscles, notre cerveau, pompes membranaires qui déclenchent
l’influx nerveux, etc.
Transversalité, espace psychique, structure et limites,
échanges. Les lois de l’interdit de l’inceste et du meurtre sont structurantes,
l’une étant du côté de la différenciation, l’autre de la préservation du lien,
toutes deux nécessaires à l’organisation. Nos liens de travail aussi, pour être
structurants pour les familles que nous recevons, doivent obéir à certaines
règles.
Dans l’article que j’ai déjà évoqué, « Le psychanalyste dans
l’institution », Houzel montre les correspondances entre les lois de
l’évolution psychique et celles du fonctionnement institutionnel. Deux notions
méritent d’être mises en relief :
- la règle d’étanchéité – le contenu d’une réunion appartient
à l’institution, aux membres présents et ne peut être déversé, tel quel, par
l’un des participants ;
- la règle de congruence – il est possible de réunir les
différentes personnes concernées par le problème d’un enfant en fonction de
leurs compétences et de leurs responsabilités.
La première notion semble correspondre à la mise en place de
limites, comme par la peau ou par l’interdit de l’inceste ; la seconde à celle
de la structuration verticale, comme par l’appareil locomoteur pour le corps,
par la différence des générations. Pour dire les choses encore plus simplement,
tout le monde ne fait pas la même chose et, pour parler des difficultés autour
d’un enfant, il y a des lieux et des moments pour cela. Cela ne peut être pas
fait dans un couloir. Houzel fait un parallèle entre les instances topiques,
définissant des provinces psychiques, et les lieux institutionnels et leurs
limites. La parole entre professionnels demande le respect de certaine règle
d’hygiène : plutôt échanger en réunion de synthèse qu’autour d’un café. Si les
échanges informels se font à l’exclusion des lieux et moments spécifiques
prévus pour parler des patients, il faut s’interroger sur une dérive perverse
du fonctionnement institutionnel. Car, en définitive, la nécessité de
l’organisation se justifie de, par et pour la clinique.
Une mise au travail des différences
La pluridisciplinarité représente la mise au travail des
différences. Le mot discipline condense plusieurs acceptions, retenons en
simplement deux aspects : celui de branche de la connaissance et celui de règle
de conduite. Notre connaissance n’est pas infinie et une règle de conduite des
uns vis-à-vis des autres assure la survie de la collectivité dans la tâche
qu’elle a à accomplir. La pluridisciplinarité imposera à chacun un champ limité
d’action qui, en se limitant, délimite celui des autres. Elle devient possible
quand les différences sont assumées. Le groupe n’est pas alors le lieu d’une
satisfaction immédiate – d’un festin totémique – mais une collectivité de
travail.
La mise en place de la pluridisciplinarité pour un patient
suppose donc le respect des places existantes et des différences entre
soignants. On ne fait pas tous la même chose et ce n’est pas de cela dont le
patient a besoin ; mais on contribue tous à l’aide qui lui est apportée et il y
a une œuvre commune à réaliser. La condition de réalisation de cette œuvre
suppose une articulation des différences, un échange de points de vue dans le
respect de celui de l’autre, ce qui ne peut être acquis au préalable mais
nécessite un travail collectif. Le travail, étymologiquement, comporte une
notion de tension, ainsi fait-on travailler une articulation ou deux forces sur
le même segment. C’est dire que la différenciation au sein même de l’équipe ne
se décrète pas mais se conquiert progressivement dans le travail d’équipe, ce
qui suppose que les conflits nécessaires y soient assumés. C’est d’un défaut de
différenciation que souffrent les patients dont nous nous occupons, d’un défaut
des différences fondatrices entre le monde extérieur et le monde intérieur,
entre le moi et l’autre, peut-être avant même les différences des sexes et des
générations.
Pour nous aussi soignants aucune de ces étapes
différenciatrices ne s’est franchie sans difficulté, mais toujours, pour tout
homme, dans la souffrance. Elles ne sont jamais franchies une fois pour toutes
et nous gardons à jamais la nostalgie de l’enfance, de ce temps d’avant la
séparation. Avoir choisi de travailler en équipe fut peut-être pour nous
réponse à une nécessité appartenant à la réalité, mais nous ne devons pas pour
autant oublier ce que cela pourrait réaliser de nos désirs infantiles d’être
portés, pris en charge, peut-être même d’être plus ou moins déresponsabilisés.
En effet, la responsabilité est une affaire d’adulte et l’adulte a dû réaliser
le renoncement à nombre de ses désirs infantiles. Le travail d’équipe n’existe
pas pour nous satisfaire, mais pour aider le patient. La responsabilité est ce
que l’on doit à l’autre en éthique ; pour Lévinas (Lévinas, 1994), l’éthique,
c’est être responsable de l’autre. Il peut être difficile d’être, chacun
individuellement, responsable ; pourtant, dans le cadre du rapport humain avec
le patient, la responsabilité devrait rester individuelle. Un médecin, par
exemple, est certes responsable des options globales devant la société et
devant le patient, mais cela ne le dispense jamais – ni qui que ce soit,
d’ailleurs – de sa responsabilité individuelle. En termes éthiques, il n’y a
pas de responsabilité d’équipe mais des responsabilités différentes dans une
équipe ; la responsabilité du médecin responsable vis-à-vis de l’équipe est
bien de permettre que chacun puisse y occuper sa place et assumer sa
responsabilité, dans son métier, envers le patient.
Une équipe, à la différence d’un groupe indifférencié, ne peut
être le lieu de la réalisation des souhaits d’omnipotence infantile qui
sommeillent chez chacun de nous et demandent à se réveiller à tout instant, que
ce soit dans le rêve – mais c’est là sa fonction, la foule, le groupe ou le
couple. L’omnipotence infantile est cet état où l’enfant – ou plutôt
l’infans, celui qui ne parle pas
encore – ne sait encore rien du monde et croit du haut de son ignorance – mais
aussi, et en conséquence, de sa totale impuissance – que le monde est sa
création : sa mère arrive quand il en a besoin, il a créé sa mère. Il reste
beaucoup à apprendre à cet enfant, sous « l’influence de la réalité » qui se
chargera, plus ou moins heureusement, en fonction de l’entourage, de lui
apprendre que cela ne marche pas vraiment comme çà, que cela ne marche pas
selon son désir. Confronté à une certaine reconnaissance de la réalité, cet
enfant, toujours selon son désir, se consolera par un « au moins, ma mère, elle
est à moi ». Eh bien, là encore, cela ne marche pas comme çà, lui répondent sa
mère et son père. C’est plutôt le désir sexuel de ses parents, l’amour entre
adultes, qui vient lui faire mesurer, et avec difficulté, que sa réalité à lui,
l’enfant, ne comble pas l’adulte. L’interdit œdipien est moins un énoncé qu’une
réalité à laquelle se heurte l’enfant : le désir sexuel de la mère s’oriente
sur un autre que lui, sur le père, l’amant, voire le travail… Si le groupe ne
fonctionne plus comme lieu de la quête de l’omnipotence, mais dans
l’articulation synergique de ses différences, il peut sortir de l’impuissance
et se mettre au service des patients.
Le mot partenaire vient de l’anglais
partner et a deux acceptions : une
personne avec qui quelqu’un est allié contre d’autres et le partenaire sexuel.
Est ainsi souligné tantôt l’aspect d’une réunion pour lutter contre quelque
chose, tantôt l’union des différences, le plaisir et la transmission de la vie.
Les partenaires sont dans un rapport de forces mais non de domination, dans un
rapport de différence et d’égalité. Chacun est alors dans sa pleine
responsabilité. Là encore, les choses ne vont pas de soi pour que chacun soit
dans sa pleine responsabilité, que chaque structure assume sa mission et que
chaque pôle se sente avec l’autre dans un rapport de différence et d’égalité.
La responsabilité des équipes de soin, dans ce travail de partenariat, est
double :
- elles doivent répondre de leur projet de soin devant leurs
partenaires, par exemple l’école qui accueillera l’enfant ou, tout aussi bien,
l’hôpital de jour devant le cmp qui
lui a adressé l’enfant – et inversement ;
- elles doivent intégrer la dynamique de travail de
partenariat, l’analyser, la restituer.
La dimension de l’écoute est essentielle, primordiale, même si
elle n’est pas suffisante. Entendre avant que de savoir, sans jugement, pour
que le travail en partenariat ne soit pas vécu comme un rapport de domination.
Écouter, par exemple, comme en clinique, dans le discours d’une institutrice
qui se plaint d’un enfant ou de la famille de celui-ci, sa blessure à elle,
institutrice, de ne pouvoir se vivre comme bonne enseignante. L’écoute semble
tout aussi essentielle dans le travail entre nos structures soignantes et,
également, entre professionnels d’une même équipe. Lorsqu’une famille interroge
une institution sur le fonctionnement d’une autre, elle peut facilement
l’entraîner à répondre de tout, et pour tous. C’est-à-dire à répondre du projet
de l’autre et à la place de l’autre, ce qui revient à lui dénier son existence
propre. Le risque est alors de devenir pour cette famille la mère toute
puissante, celle qui n’a pas besoin de partenaire. Or cette famille a besoin de
tout autre chose : non pas d’une mère toute puissante, mais que l’on puisse
entendre quelque chose de non dit jusqu’alors, un autre discours. Ce discours
peut d’ailleurs être fait moins de mots que d’actes ou de retenue à agir : une
famille peut attendre de l’institution moins une réponse en mots, que
l’assurance qu’elle établira des liens jusque-là restés impossibles à nouer –
même s’ils doivent être conflictuels ; si elle peut faire une place à un point
de vue différent du sien propre ; si les différentes équipes peuvent travailler
ensemble à établir une certaine confiance entre elles. Ici, l’alliance commence
peut-être dans le rapport entre les membres de deux équipes, dans la manière
dont ils sont mis à l’épreuve de pouvoir communiquer entre eux ce que les
patients et leurs familles ne peuvent faire communiquer en eux. En tout cas,
les familles sont très sensibles à ce qui se passe entre nous.
Transversalité, pluridisciplinarité, partenariat, ces mots ne
sont pas vides de sens et l’on peut en décrire des modalités de fonctionnement.
Quelle que soit la pathologie des enfants que nous recevons, notre tâche
consiste toujours à ce qu’advienne un certain gain psychique, un certain
progrès. Nos patients résistent toujours parce que le changement est coûteux et
qu’un nouvel équilibre ne s’acquiert qu’au prix d’un renoncement. Nous aussi,
professionnels et équipes, résistons au changement ; dans cette résistance,
notre part n’est pas à négliger puisque les patients sont dépendants de notre
propre cheminement, ne peuvent avoir un espace plus grand que si le nôtre s’est
élargi, ne peuvent se structurer qui si nous-mêmes le sommes et pouvons
résister à leur désir d’indifférenciation. Nous rencontrons sur ce chemin deux
sortes d’obstacles : ceux qui viennent des patients, qu’il nous faut repérer
pour ne pas y être entraînés, et ceux qui viennent de nous-mêmes, individus et
institutions, dans notre désir de non-séparation et notre nostalgie de la mère
toute puissante qui aurait réponse à tout. Nous méfions-nous assez de cette
identification en nous ? L’écoute est la base de notre travail : écouter les
enfants, écouter les parents et leurs souffrances, écouter les autres
professionnels de notre équipe, nous écouter entre équipes. Si nous pouvons
faire un bout de chemin sur cette voie, individuellement et collectivement,
alors commençons-nous à aider nos patients, alors notre plaisir au travail
devient réel, libidinal.
Une mise au point
Marie-Cécile Ortigues, avec la
collaboration d’Edmond Ortigues, auteurs de l’article « L’évolution d’une
pratique de psychothérapie », publié dans enfances et
psy n°
12, nous demandent d’insérer ce texte.
Nous aurions préféré que notre article ne soit pas encadré par
des sous-titres, afin que le lecteur puisse naviguer librement dans le
texte.
Deux de ces sous-titres ne conviennent pas au développement qui
les suit :
– p. 19. L’angoisse du vide plus
profonde que la culpabilité, formule qui cherche à ramener à du
connu un moment clinique de pure perplexité ; on tentait de faire percevoir
l’émergence d’une question qui, plus tard, s’est révélée être
fondamentale.
De plus, lorsqu’il s’agit de l’Afrique, la notion de
culpabilité ne va pas de soi : honte et/ou culpabilité sont toujours en débat
chez les africanistes, débat lié à l’omniprésence des positions
persécutives.
– p. 21. La mobilité de la
position personnelle, cette formulation engage le lecteur sur une
mauvaise piste, car « la » position personnelle au singulier évoque une
attitude permanente. Or, dans cette page 21, la référence faite aux pronoms
personnels attire l’attention sur le fait que les diverses
expressions qu’une personne donne
d’elle-même sont relatives aux enjeux
émotionnels qui la relient à d’autres personnes. Les attitudes de chacun ne
doivent pas être isolées mais contextualisées. Il n’y a pas de « moi » hors
contexte ; c’est pourquoi nous parlons de positions personnelles au pluriel
pour insister sur la relativité des situations individuelles qui se manifestent
l’une par l’autre.
Nous remercions enfances et
psy de faire place à cette
mise au point.
·
Freud, S. 1979.
Totem et tabou, Petite bibliothèque
Payot.
·
Houzel, D. 1990. « La
psychanalyse dans l’institution : point de vue et méthode »,
Revue française de psychanalyse, « La
psychanalyse hors les murs ».
·
Lévinas, É. 1994.
Éthique et infini, Le livre de poche
(Biblio essais).
[*]
« L’agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé –
l
’anaes –, a pour mission de
promouvoir la démarche d’évaluation dans le domaine des techniques et des
prises en charge des malades, en particulier en élaborant des recommandations
professionnelles ». Prof. Yves Matillon, directeur général de l’
anaes.