2002
enfances & PSY
L’enfance de l’art
Qu’il est dur d’avoir des parents !
Marthe Coppel-Batsch
Marthe Coppel-Batsch est psychiatre, psychanalyste
Literature is mostly about having sex and not much about having
children. Life is the other way round.
D. Lodge
Nous sommes nombreux à évoluer simultanément dans deux univers
parallèles. L’un réel et contraignant et l’autre, plus incertain et mou-vant,
constitué par les personnages des romans que nous avons lus.
L’univers des gens réels, précis et soumis à des évaluations
sociologiques ou démographiques, constitue notre environnement : notre famille,
nos amis, nos ennemis, nos voisins, le quartier avec ses commerçants et les
enfants à l’heure de la sortie des écoles. Des enfants donc, de nombreux vieux
aussi, souvent solitaires, et les adultes d’âge moyen, célibataires ou mariés.
On dit qu’il y a plus de célibataires maintenant qu’autrefois, surtout dans les
grandes villes, mais la vie en couple reste toutefois banalement la
norme.
Promenons-nous maintenant dans cet univers imaginaire, peuplé
des personnages de fiction que nous avons croisés au cours de nos lectures. Des
hommes surtout, beaucoup d’hommes : des pirates, des pêcheurs de baleines, des
mousquetaires, des aventuriers. Des femmes évidemment traversent le paysage :
elles sont souvent jeunes, en âge de se marier ou plus âgées et veuves. Les
enfants sont là aussi, venus le plus souvent des livres de notre enfance. Des
couples en revanche, il y en a très peu, extraordinairement peu. Excep-tionnels
parmi les héros, minoritaires parmi les personnages secondaires. Du fait qu’ils
sont peu nombreux, on les remarque, on s’en souvient et leur rareté est
sous-estimée ou même niée. Pourquoi y a-t-il si peu de couples dans la société
des personnages de roman ?
Est-ce que la présence des couples gêne le bon déroulement de
l’histoire ? Les histoires de couple n’intéressent-elles ni les auteurs ni les
lecteurs ? Ou bien encore, y a-t-il comme une censure secrète qui interdit de
s’y intéresser ? La question mérite qu’on s’y attarde. Mais, auparavant, il
nous faut définir notre champ d’étude en explorant l’univers, si difficilement
cernable, des personnages de roman.
Dans ce monde-là, d’Artagnan côtoie Madame Bovary et Ulysse,
David Copperfield, sans respect des classifications que l’on trouve dans les
manuels scolaires comme le Lagarde et Michard. Les différents personnages ne
sont pas pour autant tous uniformes : un héros très aimé possède plus de relief
et de couleurs qu’un autre presque oublié. Ils ne sont pas non plus tous
indistinctement dans la même catégorie. Bien que la comtesse de Ségur soit
contemporaine de Victor Hugo et bien antérieure à Marcel Aymé, Camille et
Madeleine de Fleuville jouent dans un espace qui n’est pas très éloigné de
celui de Delphine et Marinette alors que Esmeralda évolue ailleurs car on
découvre Les petites filles modèles ou
Les contes du chat perché en général
bien avant de lire Notre Dame de
Paris. L’histoire personnelle du lecteur et ses goûts propres
prennent le pas sur l’histoire de la littérature et des mouvements littéraires.
Il serait donc inutile de faire ici un état des lieux de la littérature,
forcément incomplet et contestable. Contentons-nous d’un très rapide survol,
privilégiant quelques œuvres de fiction indiscutablement très connues.
De Gargantua aux Trois Mousquetaires
Commençons par Rabelais. Celui-ci écrit l’épopée d’une famille
de géants. Dans cette œuvre de fiction, que l’on considère parfois comme le
premier roman de langue française, on s’intéresse surtout à la généalogie des
hommes : Grand-gousier est le père de Gargantua, lui-même père de Pantagruel.
La femme de Grandgousier, Gargamelle, est à peine évoquée si ce n’est au moment
où, après onze mois de grossesse, elle accouche de Gargantua par l’oreille.
Quant à la mère de Gargantua, elle meurt en accouchant de Pantagruel. Tous les
pédagogues auxquels les jeunes géants sont confrontés sont des hommes. Panurge,
autre personnage de cette fiction songe un moment à se marier, mais chacun le
décourage, et il y renonce.
Il y a pourtant un long passage, très connu, où Rabelais évoque
avec un plaisir manifeste ce que pourrait être une vie avec des femmes, mais
elle n’est pas liée au mariage : c’est l’utopie charmante de l’abbaye de
Thélème. Hommes et femmes vivent tous en harmonie. « Telle sympathie était
entre les hommes et les femmes, que chaque jour ils étaient vêtus de semblables
parures » ; « En leur règle n’était que cette clause : fais ce que tu voudras »
; « Si l’un d’eux disait Buvons tous
buvaient ; s’il disait Jouons tous
jouaient ; s’il disait Allons nous ébattre aux
champs tous y allaient ». L’abbaye de Thélème permet les rencontres
entre hommes et femmes (un peu à l’image d’une bande d’adolescent qui
s’entendraient très bien) sans passer par le couple et le mariage, car nous
verrons au cours de cet exposé que c’est moins la sexualité qui pose des
problèmes que le couple.
Sautons allègrement trois siècles pour rencontrer en Angleterre
David Copperfield, roman
d’apprentissage dans lequel Charles Dickens a mis beaucoup de sa propre
histoire.
Le père de David est mort avant sa naissance, et il vit heureux
seul avec sa mère. Quand apparaît un beau-père, il y a incompatibilité, il faut
que David quitte la maison. La mère de David mourra un an après ce second
mariage malheureux. Agnès, la jeune fille que David épousera à la fin du roman,
vit heureuse avec son père veuf. C’est cela la situation de rêve chez Dickens :
on vit avec bonheur, seul avec le parent du sexe opposé, en attendant la fin du
roman pour se marier.
Il y a pourtant dans ce roman un couple remarquable : les
Mikawber. Couple folklorique, excentrique et ridicule. Le père vantard et
mythomane est couvert de dettes qui l’amènent parfois en prison. Notons tout de
suite, mais nous y reviendrons plus loin, que ce couple ressemble fort aux
propres parents de Dickens (le père de Dickens qui avait fait de la prison pour
dettes quand celui-ci était enfant, monnaya plus tard les lettres de son fils
devenu célèbre pour payer ses dettes).
Évoquons enfin les trois grands romanciers français de la
période romantique.
Balzac est caractérisé par certains critiques comme un écrivain
du mariage (ou de l’adultère, ce qui se rejoint). Pourtant, si l’on pense aux
plus lus de ses romans (Le père Goriot, Les
Chouans, Illusions perdues, Splendeur et misère des courtisanes,
etc.), la proportion de couples reste assez faible.
Chez Victor Hugo, un seul couple dans le grand roman des
Misérables : les Thénardiers, des
sans-cœur, cruels, qui maltraitent la jeune et innocente Cosette, petite fille
confiée à leurs soins par une mère seule et trop confiante.
Notre Dame de Paris, ce roman qui se
passe au Moyen Âge, est plein d’amour, d’érotisme et de sexualité très cru.
Mais aucun des personnages ne vit en couple.
Alexandre Dumas enfin avec Les
trois mousquetaires. Parmi les très nombreux personnages du roman,
on ne trouve que deux couples : les Bonacieux et le couple royal.
Le choix de ces œuvres est évidemment très personnel et
discutable. Chacun peut explorer son propre univers romanesque et citer des
contre-exemples, sans que, pour autant, cela remette en cause cette
constatation première : si les couples existent dans les romans, ils sont
étonnamment peu nombreux.
Une première ébauche de réponse vient à l’esprit : si les héros
ne sont pas déjà en ménage, c’est qu’on aime assister à leur rencontre. Comment
ne pas être fasciné par la rencontre amoureuse, événement incroyable, aventure
humaine entre toutes ? Un homme et une femme parmi tous les autres se sont
trouvés et ils sont faits l’un pour l’autre, exclusivement. La naissance du
sentiment amoureux nous charme et nous enchante. L’événement est magique. Il
est dans le même temps intime et public, on veut le cacher et on souhaite qu’il
soit exhibé à tous. Cette histoire à la fois banale et fabuleuse, on comprend
que beaucoup d’écrivains en aient fait leur thème de prédilection et que les
lecteurs en soient friands. D’ailleurs, certaines héroïnes, bien que mariées
(Anna Karénine ou
La princesse de Clèves), vont-elles
aussi nous rendre spectateurs du miracle de la rencontre amoureuse.
Mais cette fascination suffit-elle à expliquer le faible nombre
de couples dans la littérature ? Même si les héros sont des jeunes gens en
passe de devenir amoureux, pourquoi leurs parents sont-ils le plus souvent
veufs ou veuves (les romans de Henry James sont à cet égard très démonstratifs)
? Pourquoi les personnages secondaires sont-ils si rarement en couple.
Pour progresser dans la compréhension de la conjugalité dans la
fiction, permettons-nous de suggérer cette idée : tout couple de fiction nous
évoque immanquablement le couple des parents de notre enfance et réveille en
nous les émotions d’un passé maintenant oublié, émotions qui sont souvent loin
d’être agréables, contrairement à ce que l’on aimerait croire. En effet, autant
un enfant peut adorer son père et sa mère (dans les meilleurs des cas), autant
il peut lui être pénible d’être seul de son espèce face à ces deux géants
réunis par une complicité redoutable.
Des Petites filles modèles à Harry Potter
Un détour par la littérature enfantine peut nous en convaincre.
On y repère deux options très distinctes. D’une part les romans que l’on peut
caractériser paradoxalement de « réconfortants », dans lesquels l’enfant vit
avec un seul de ses parents veuf ou abandonné ; d’autre part les romans au
contraire « impitoyables » où l’enfant, le pauvre, a encore ses deux
parents.
Les petites filles
modèles de la comtesse de Ségur est de ce point de vue
particulièrement intéressant. Ce roman est une variation autour du thème
mère-fille. Camille et Madeleine vivent dans leur château en Normandie avec
leur mère, veuve, Mme de
Fleurville. Elles accueillent Marguerite et sa mère, dont le mari s’est perdu
en mer. Sophie vit près de là avec sa méchante belle-mère, Mme Fichini, veuve
elle aussi. Au cours de leurs aventures, elles croisent deux petites voleuses,
qui n’ont aussi, semble-t-il, que leurs mères. Les petites héroïnes sauvent un
jour la vie d’une jeune mendiante qui vit également seule avec sa mère. Vers la
fin du livre apparaît enfin un homme, le boucher Hurel, très dévoué, qui
possède une femme et une fille ; mais cinq pages plus loin il meurt, laissant
là encore une fille seule avec sa mère.
Il faut savoir que la comtesse de Ségur avait écrit ce livre
pour distraire ses deux petites-filles Camille et Madeleine, qui avaient leurs
deux parents (leur père était le gendre de la comtesse). Elle a manifestement
eu l’intuition qu’il plairait beaucoup à ses deux petites-filles de leur
proposer un monde sans papa. Le succès durable de ce roman montre que cette
configuration a séduit aussi un grand nombre de petites filles.
Le petit Lord
Fountleroy est un petit garçon d’une bonne humeur inaltérable,
vivant en Amérique, seul avec sa mère, pauvre, vertueuse et veuve. Son
grand-père paternel, un vieux lord anglais solitaire et bougon l’arrache à sa
mère pour en faire son héritier. Il tombera sous le charme de la franchise et
de la gaieté du petit garçon.
Dans Les quatre filles du Docteur
March le père est à la guerre. Les quatre filles partagent avec leur
mère une vie tissée d’affection joyeuse et de tendresse.
Et dans Sans Famille,
le petit Rémi vit heureux jusqu’à l’âge de sept ans, seul avec la mère
Barberin. Il devra la quitter quand son mari revient à la maison. Dans son long
périple à travers la France avec Vitalis, le montreur de chiens savants, il ne
croise aucun couple et il retrouve à la fin du livre sa vraie mère qui est,
dieu merci, veuve !
Mais comme nous l’avons mentionné tout à l’heure, la
littérature enfantine contient aussi un certain nombre de romans cruels où
l’enfant est tout petit et tout seul à devoir faire face à ce monstre à deux
têtes qui s’appelle les
parents.
Je pense à
Poil de
Carotte de Jules Renard, aux
Contes du
chat perché (dans lesquels les parents de Delphine et Marinette
n’ont d’ail-leurs pas d’autres noms que « les parents ») ou plus près de nous
au
Petit Nicolas de Gosciny, dans
lequel les illustrations de Sempé rendent bien compte de la distance énorme qui
sépare le monde des parents de ce minuscule petit garçon. Enfin
Harry Potter : il est pensionnaire
dans un internat anglais un peu spécial : « l’école des sorciers ». Là, les
professeurs sont évidemment tous célibataires. Il y vit tranquillement (si l’on
peut dire) ses aventures, sans être dérangé par les couples. Les couples, il ne
les côtoie que pendant les vacances, moment de sa vie qui l’intéresse assez
peu. Il y a le couple odieux de « moldus
[1] » qui l’ont élevé, qui nous évoquent les
Thénardiers ou les parents de Poil de Carotte ; et un couple de parents
sorciers pour une fois assez sympathique. Sans doute faut-il être sorcier pour
être à la fois parent et sympathique.
Si, comme nous l’avons suggéré, tout couple dissimule un couple
de parents, la littérature dans son ensemble considère les parents comme
pénibles et peu intéressants. En effet, dans les livres destinés aux enfants on
constate que les parents quand ils sont en couple sont des gens le plus souvent
déplaisants et ils sont carrément écartés de la littérature destinée aux
grandes personnes. Ce n’est évidemment pas une coïncidence. Une même logique
obscure régit ces deux genres littéraires. La psychanalyse doit nous aider à la
mettre à jour.
La piste que propose la psychanalyse
Les psychanalystes nomment « scène primitive », pour un
individu donné, la scène sexuelle à l’origine de sa conception, et par
extension toute relation sexuelle des parents.
Freud a montré que le petit enfant était un être sexué, au sens
où il éprouvait de nombreuses sensations charnelles, mais aussi au sens où il
ressentait une intense curiosité concernant la sexualité : « Comment fait-on
les enfants ? Que font papa et maman la nuit pendant que je dors ? » Ces
questions sont très excitantes, mais elles sont inévitablement associées à un
fort sentiment d’exclusion, car l’enfant devine que pendant la nuit il cesse
d’être le centre d’intérêt de son père et de sa mère, ce qui est insupportable.
La curiosité pour la sexualité, et plus particulièrement celle des parents, a
donc pour corollaire un sentiment de solitude, et une hostilité vengeresse ; et
donc inévitablement un sentiment de culpabilité d’éprouver des sentiments
hostiles envers des parents qu’on aime tant.
Hostilité – curiosité – parents : voilà trois termes dont
l’association est inconvenante et qui pourtant règnent en maître dans le
paysage intérieur des enfants. Le romancier est imprégné des conflits aigus de
cette époque oubliée, et il lui incombe de poursuivre le travail psychique
commencé dans la petite enfance pour tenter de faire coexister ces trois termes
moralement incompatibles.
Ainsi l’hostilité doit se détourner de parents banaux et
prendra de préférence pour cible des parents exceptionnellement cruels comme
les Thénardiers ou bien se transformera en moquerie contre des parents de
caricature comme chez Dickens avec les Mikwauber. Un cran de plus dans la
dissimulation permettra au héros de s’attaquer à des couples qui sont loin
d’évoquer des parents, comme dans Le comte de
Monte-Christo, roman qui, chose rare, compte plusieurs couples, mais
dont l’histoire illustre notre propos.
C’est précisément le jour de son mariage qu’Edmond Dantes,
victime d’une conspiration, est arrêté et conduit en prison au château d’If où
il restera quinze ans. Quand il réapparaît sous les traits du comte de
Monte-Christo, il est devenu un justicier solitaire et doit se venger de ses
ennemis qui entre-temps, eux, se sont tous mariés. Les couples de ce roman sont
les méchants, les ennemis que le héros doit détruire. L’hostilité contre les
couples apparaît là non dissimulée ; mais quel esprit mal tourné, s’il n’est
pas psychanalyste, irait deviner des parents derrière ces êtres coupables d’une
trahison ancienne ?
La moquerie, la caricature ou le déplacement permettent de
surmonter l’interdit de la haine contre les parents de l’enfance qui, comme les
personnages du comte de Monte-Christo,
sont eux aussi coupables d’une trahison ancienne.
Comme l’hostilité à leur égard, la curiosité associée aux
parents est, elle aussi, condamnable, c’est de l’indiscrétion, du voyeurisme :
« il ne faut pas chercher à voir ce qui se passe dans la chambre des parents,
il ne faut pas regarder par le trou de la serrure ». Elle peut alors se
transformer en ce que les psychanalystes appellent une formation réactionnelle
et se métamorphoser en son contraire : indifférence et interdit de savoir.
Auteurs et lecteurs sont alors complices pour écarter de leurs préoccupations
toute histoire de couples, car loin d’être inintéressants, ils sont au
contraire dangereusement existants.
Mais ce qu’on chasse d’un côté réapparaît de l’autre, et il est
un genre littéraire très accueillant pour les histoires de couple : le théâtre.
Les exemples sont nombreux avec Molière, Beaumarchais, Feydeau, Courteline et
tous les auteurs de ce qu’on appelle le « théâtre de boulevard », mais aussi
Ibsen et bien d’autres.
Le théâtre est un dispositif voyeur. Là, le trou de la serrure
s’est démesurément agrandi, faisant disparaître le sentiment de faute. Au lieu
d’être seul et honteux à commettre ce délit d’indiscrétion, on partage avec
tous les spectateurs de la salle la même excitation voyeuse. C’est sans doute
ce qui autorise les auteurs de théâtre à nous raconter ce qui se passe dans
l’intimité des couples : disputes et réconciliations, tromperies et
remords.
Revenons maintenant à la question posée : pourquoi si peu de
couples dans les romans ? Il est apparu, d’ailleurs, au cours de notre
réflexion qu’elle entraînait une question subsidiaire : pourquoi, dans les
romans, les couples sont-ils si malmenés par le déroulement de l’intrigue
?
Nous n’avons pas la prétention d’épuiser ici le sujet, et l’on
peut imaginer plusieurs approches de la littérature qui prendraient comme fil
conducteur la présence et le rôle des couples. La piste que nous avons suivie
ici est celle que nous propose la psychanalyse : nous sommes tous, auteurs et
lecteurs, mal remis de la violence morale subie quand nous avons deviné, il y a
bien longtemps de cela, à quelle trahison de nos parents nous devons la vie.
Fascination, rejet, curiosité, haine, toutes ces émotions auxquelles nous avons
dû nous confronter avant même de savoir lire s’expriment maintenant de façon
détournée dans des volumes sagement posés sur les rayons des bibliothèques les
plus sérieuses, et nous assouvissons ainsi, en toute innocence, roman après
roman, une vengeance longuement mûrie.
[1]
C’est ainsi que l’on désigne dans ce roman ceux qui
n’appartiennent pas au monde des sorciers.