2002
enfances & PSY
Lectures croisées
Ces enfants qui ne viennent pas d’une autre planète : les
autistes
Ces enfants qui ne viennent pas d’une
autre planète : les autistes, Howard
Buten, Gallimard-Jeunesse, 2001
J’ai fait une lecture accompagnée de cet ouvrage dans une
classe de CM1 (10 ans) de vingt-trois élèves.
Avant de lire le texte aux élèves, je précise que je ne le
connais pas, que je le découvre avec eux et que j’ai besoin de leur avis sur
cette lecture et sur son sujet : les enfants autistes. Personne, à ce stade, ne
reconnaît ce mot. Les élèves écoutent ma lecture, attentifs. Aucun ne me
demandera à voir les illustrations.
Après cette lecture, la discussion s’engage tout de suite.
Voici les interventions les plus significatives, retranscrites après
coup.
« C’est long » (Clément). « On voit bien que c’est un adulte
qui parle à des enfants » (Maryline). « Est-ce que c’est possible un médecin
qui ne sait pas ? » (Jonathan). « Est-ce qu’on peut devenir un enfant-surprise
? » (Nancy). « J’ai pas tout compris » (Nawal). « Ils ne viennent pas d’un
autre pays parce que ce pays n’existe pas » (Jane). « Est-ce qu’il y a des
animaux qui sont autistes ? » (Tony). « C’est terrible des enfants qui se
frappent tout seuls, ça fait peur » (Lisa). « C’est pas vrai qu’ils sont pas
dangereux, des fois ils jettent des choses, il y a des amis de mes parents qui
ont un enfant comme ça » (Juliette). « Ils le font pas exprès » (Jane). « On
dirait qu’il est presque amoureux des autistes » (Océane). « C’est très dur
pour les parents quand il se met à crier au restaurant » (Juliette). « L’école,
c’est pas une fête foraine » (Jean-Christophe). « Ça me rappelle un film que
j’ai vu, c’est Rainman » (Saïf). «
Moi, ça me rappelle Le huitième jour…
“mon copaaiiin” » (Tony). « Comment ils font quand ils deviennent grands ? »
(Laura). « On peut pas les laisser tout casser » (Jean-Christophe). « Alors un
autiste, il joue mais tout seul, pas avec les autres ? » (Laura). « Il faut
toujours quelqu’un avec eux mais ils sont quand même tout seuls » (Juliette). «
Ils cassent les affaires des autres mais c’est pas leur faute » (Boris). « On
peut pas partager avec quelqu’un qui veut pas » (Océane). « Il sait pas, on
devrait lui apprendre » (Idriss). « Nous, quand on est malheureux, on sait
pourquoi, mais ils ne savent pas » (Océane). « Qu’est-ce qu’on peut faire comme
métier quand on est autiste ? » (Tony). « Les parents doivent être très
fatigués » (Lucy). « Pourquoi l 19;enfant de la couverture du livre est attaché
? » (Wildric). « C’est pas marrant, les autistes » (Boris). « Il était autiste,
Howard, quand il était petit ? » (Allison). « Lui, il a choisi de s’occuper
d’eux » (Boris). « S’ils ne parlent pas, ils pourraient apprendre les signes
des sourds-muets » (Tony). « Ils ne peuvent pas ou ça ne les intéresse pas »
(Lisa). « C’est pas comme des étrangers, c’est autre chose » (Maryline). « Des
fois le livre ressemble à une pub » (Saïf). « Il faudrait savoir comment ça
arrive cette maladie » (Zoran) « et aider les parents et les frères et sœurs »
(Océane). « Je crois quand même qu’ils sont très malheureux » (Lisa). « Ça
serait plus facile s’ils venaient d’une autre planète » (Jane).
La qualité de l’attention était bonne. Dans la discussion, le
partage entre les questions et les remarques m’a paru équitable. Certains
élèves pourtant peu prolixes dans les situations scolaires usuelles ont demandé
la parole et souvent à très bon escient. L’un de ceux-ci a fréquenté un hôpital
de jour plusieurs années avec une intégration scolaire à temps partiel. Ce qui
m’a conduit, dans ma lecture, à banaliser le lieu sous le vocable « hôpital ».
À aucun moment le mot « fou » n’a été utilisé. Quelques enfants n’ont pas
demandé la parole.
Georges
Guichard,
Directeur d’école
élémentaire
La souffrance psychique du bébé,
Approches pluridisciplinaires, Sous la direction de
Pierre Delion, esf
collection « La vie de l’enfant », 2002
Fruit d’une journée d’études pédopsychiatriques, ce recueil
d’articles s’est choisi un thème prometteur. Cet infans énigmatique dont nous avons si souvent
des difficultés à déchiffrer le vécu, d’éminents praticiens tentent de nous le
rendre plus « lisible » dans sa dimension souffrante.
Le propos est introduit par un passage du
Journal d’un bébé, dans lequel Daniel
Stern a choisi de mettre en mots ce monde de sensations que nous supposons être
celui de l’infans… « Supposons », car
là se révèle bien la tâche ardue à laquelle nous convient les auteurs. À
travers leurs questionnements et leurs hypothèses, nous revenons dans le monde
des adultes, nous nous éloignons quelque peu du bébé. Par quel biais l’aborder,
cet être qui, nous le reconnaissons aujourd’hui, souffre ?
– En lui prêtant une vie psychique, ce qui au fond ne va pas de
soi, car comme le souligne Bernard Golse, cela sous-tend l’idée de souffrance
et réveille chez l’adulte une profonde culpabilité. D’où les mécanismes de
déni, chez les parents comme chez les professionnels. Selon B. Golse, l’œil du
clinicien s’est dans un premier temps arrêté sur les retentissements des «
traumatismes par excès », plus visibles, pour prendre ensuite toute la mesure
des « traumatismes en creux » liés entre autres aux dépressions
maternelles.
– En lui offrant notre attention ainsi qu’à ses parents,
notamment grâce à la méthode d’observation développée par Esther Bick et mise
en œuvre par nombre de participants, dans leur pratique clinique. Dans son
article, Didier Houzel souligne l’importance vitale de cette fonction
d’attention, d’abord parentale, reprenant la métaphore de Descartes concernant
la théorie de la création continuée : « Si par inadvertance Dieu oubliait le
monde un seul instant, il serait anéanti. »
Ce concept d’attention nous paraît être en filigrane de
l’ensemble des articles rassemblés ici, qu’il s’agisse de la mise en place d’un
réseau autour du secteur infanto-juvénile à Angers, de la pratique d’une
pédiatre, ou d’une recherche-action menée en maternité autour des séparations à
la naissance. D’elle découle tout naturellement, nous semble-t-il, la notion de
bientraitance évoquée par Michel Dugnat. Bientraitance des professionnels entre
eux, de ces derniers avec les parents, et enfin vis-à-vis du bébé. À ce sujet,
M. Dugnat s’interroge sur la question de la temporalité et du rythme, celle des
différents intervenants et institutions, qui ne sont pas au diapason du
bébé.
Il est d’ailleurs frappant de constater qu’en ce début de
siècle, alors que l’enfant occupe tant les discours, la technicité à tout prix
crée des situations génératrices de souffrance pour les parents et leur bébé :
« banalisation des nombreuses séparations mère/nouveau-né en maternité »
(Sylvain Missonier), multiplication des tests et échographies pendant la
grossesse, etc. Dans ce monde plus que jamais cacophonique, comment le
praticien peut-il entendre et comprendre la souffrance de cet être discret ?
Bernard Golse le rappelle simplement : « En étant à l’écoute du bébé enfoui en
lui. »
Dominique
Dumec
Psychologue
clinicienne
Votre adolescent vous inquiète ?,
unafam –
Fondation de France, 2002
L’Union nationale des amis et familles de malades psychiques
(unafam) publie, en collaboration
avec la Fondation de France, ce petit livre à la fois utile et adapté aux
publics concernés.
Comme l’indique Jean Canneva, président de l’unafam,
dans son avant-propos, les auteurs se sont donné comme objectif d’« intéresser
un public plus large que les seules personnes déjà concernées ».
Il s’agit ici d’informer et d’expliquer suffisamment pour
soutenir la réflexion et guider concrètement. Les informations qui sont données
sont claires, simples sans être simplistes, argumentées, faisant le lien entre
différentes approches et différents domaines, notamment les aspects biologiques
et psychologiques. Le tout en essayant de sortir des schémas et des
représentations qui stigmatisent et finalement éloignent des lieux d’écoute et
de soins ceux qui en ont le plus besoin.
Philippe Jeammet et Denis Bochereau, psychiatres, ont
activement collaboré à la conception de cette brochure. Une fois de plus, la
preuve est faite que lorsque des professionnels de différents horizons et des
parents, ayant les mêmes objectifs de prévention, de reconnaissance de la
souffrance psychique et de facilitation de l’accès aux soins, mettent en commun
leurs expériences et leurs préoccupations, cette alliance porte ses
fruits.
De façon très claire et synthétique, on trouvera dans cet
ouvrage un aperçu accessible à tous, des bases biologiques et psychologiques
des changements survenant à l’adolescence et pouvant fragiliser certains
adolescents, un aperçu des différentes pathologies rencontrées, des réflexions
sur l’impact des troubles sur l’environnement familial.
Cet ouvrage tend à dédramatiser, à déstigmatiser, mais aussi à
pourfendre un certain nombre d’idées reçues ou d’idées fausses, sans pour
autant contourner la question de l’indispensable reconnaissance de la
souffrance psychique, des risques qui s’y rattachent et la nécessité de les
prévenir et de les prendre en compte le plus tôt possible. Je recommande la
lecture de ce petit livre aux professionnels du soin qui ne sont pas
spécialisés en psychiatrie, aux professionnels en contact avec des enfants et
des adolescents sans avoir directement mission de soins mais concernés par la
prévention, le dépistage et l’accompagnement des jeunes. Et, bien sûr, aux
parents, aux adolescents qui peuvent être confrontés, personnellement ou dans
leur entourage, à la maladie psychique.
J.-P. Raynaud
psychiatre
Quitter l’enfance (parce qu’il faut
bien), Annie Birraux, Éditions de la
Martinière, 2002
Comment apprendre à devenir grand et à se séparer ? Comment
faire l’apprentissage du devenir adulte ? Quels sont les moyens de
socialisation de l’enfant puis de l’adolescent, et quels objets culturels sont
à sa disposition ? Comment des adultes cessent-ils d’être des enfants pour se
positionner en tant que parents ? Est-ce qu’il faut remonter à l’enfance pour
tenter de comprendre le devenir des adolescents et des adultes ? Pourquoi
grandir implique-t-il un certain nombre de séparations obligées, de personnes
ou d’objets ?
Voici une série de questions essentielles qui indiquent au
lecteur les différentes voies de compréhension de ce phénomène pourtant si
naturel, le devenir adulte. L’auteur, psychanalyste et universitaire, ayant
déjà beaucoup écrit sur l’adoles-cence
[1] et l’enfance, brosse un tableau des vicissitudes
contemporaines de ces questions. Dans un langage toujours très clair, avec une
écriture très travaillée, proche parfois d’une écriture de roman, elle avance
pour le bonheur du lecteur, dans son exploration des différentes façons de
quitter l’enfance.
A. Birraux revisite ainsi l’enfance, en proposant de lire les
comportements violents à la lumière des séparations impossibles de l’enfance.
Et, surtout, elle explore les « tourments du sexe à l’adolescence » au travers
des tourments du corps et de l’âme, par le biais de la resexualisation du
corps. Elle constate que dans leur ensemble les adolescents vont mal. Il s’agit
pour eux de trouver des voies singulières d’apaisement de leurs tensions
internes. En ce qui concerne l’agressivité et la violence dont il est beaucoup
question actuellement, elle va à l’encontre de ces évidences mal établies qui
fleurissent dans la presse et dans les médias sur la violence des jeunes. Elle
précise qu’il ne s’agit pas de condamner la jeunesse ni de dramatiser « l’éveil
du printemps », qui est souvent paisible, mais parfois bruyant et
chaotique.
Plusieurs axes d’exploration sont possibles. D’emblée, l’auteur
nous rappelle : « Il n’y a pas d’adolescence qui ait jamais été absolument
radieuse. »
« Le temps de l’adolescence – temps de la conquête de
l’identité sexuée de l’appropriation de la capacité de penser et de désirer
pour soi-même – est souvent émaillé de passages à l’acte, plus ou moins
violents. » La redéfinition de la place du langage et des mots quand
l'adolescent s'adresse à l’autre va déterminer son entrée dans la culture. La
violence est ainsi conçue comme le témoin de la difficulté du processus
d’hominisation. L’auteur parle à ce sujet de « blessure d’estime ». Elle
rappelle que la quiétude est nécessaire à tout enfant pour se construire et
apprendre. L’appel au père et le recours à celui-ci permet alors de sortir de
la relation duelle au maternel, souvent enfermante.
La conquête de l’autonomie commence dès la première enfance.
Annie Birraux insiste sur le fait que l’adolescent ne peut se déprendre
facilement de son lien infantile à ses parents. La référence aux expressions
populaires montre que « tuer le père » ou « couper le cordon » ne sont pas
choses aisées. La séparation dont il s’agit, la plus douloureuse, n’est pas
spatiale mais bel et bien psychique. Il s’agit d’une injonction à aimer
autrement père et mère et d’aller aimer ailleurs. Annie Birraux nous invite au
voyage dans l’adolescence, dans ce qui peut faire difficulté ou symptôme. Dans
un langage toujours clair et compréhensible, elle nous livre des clefs pour
penser le malaise adolescent et les maux actuels de notre société comme la
violence qui, insiste-t-elle, n’est pas le seul fait des adolescents : elle
pointe en miroir la violence de notre monde contemporain. La nécessité de
s’individuer, de devenir autonome est parfois difficile à obtenir. Elle passe
parfois par des aléas ou de la souffrance, mais elle devra dans tous les cas se
réaliser.
Parce qu’il faut bien quitter l’enfance…
Didier Lauru
La famille en désordre,
Élisabeth Roudinesco, Éditions Fayard,
2002
Les sociétés sont en mutation, les mœurs évoluent, les rapports
réels et symboliques entre hommes et femmes changent. C’est un constat de base
que tout praticien fait à propos de la parentalité, comme de la situation
familiale contemporaine. Cet essai sur l’état actuel et l'évolution de cette
institution ancestrale qu'est la famille, toujours étudiée de façon parcellaire
ou fragmentée, était nécessaire. D’autant que l’auteur, historienne et
psychanalyste, prend le recul nécessaire par rapport à la complexité d’un tel
objet d'étude.
La famille est effectivement en désordre, dans le sens où
l'ordre patriarcal qui régnait depuis des millénaires se fragmente en de
multiples figures. Les formes contemporaines de la structure familiale sont
analysées avec pertinence.
La déconstruction du père et de sa place est analysée
méthodiquement. Les références à la mythologie grecque, et bien évidemment à la
place centrale d'Œdipe, sont reprises, en spécifiant l'apport de Freud dans
l'utilisation de ce mythe central. Mais Antigone, Oreste et Hamlet sont aussi
convoqués au regard de leur position à l'égard de la place du père autour d'une
question qui taraude l'huma-nité : qui a tué le père ? Avec son pendant, la
destinée du fils coupable. Car la fondation de la famille passe par cet axe
central.
Les positions de Freud sont reprises « La famille pour Freud
est l'une des grandes collectivités humaines de la civilisation, elle ne peut
prendre ses distances avec l'état animal qu'en affirmant la primauté de la
raison sur l'affect et de la loi du père sur la nature. » La différence
sexuelle régit les places de chacun dans l'ordre familial, ordonnant la figure
du père et de la mère. Le fils est appelé à devenir un rival du père et la
fille une concurrente de la mère. Freud introduit une coupure radicale en
inventant une structure psychique de la parenté qui inscrit le désir sexuel «
au cœur de la double loi de l'alliance et de la filiation ». Il différencie le
désir sexuel, exprimé par la parole, des pratiques de la chair. La famille
devient le creuset d'une force civilisatrice.
L'irruption du féminin, au xixe siècle, annonce une mutation
irréversible des positions de chacun des sexes dans la famille. C'est l'amorce
du déclin du patriarcat.
La place de l'enfant évolue considérablement car il est
considéré, au sein de la famille bourgeoise, comme un lieu de la transmission
du patrimoine et comme un être désirable.
L'apparition des techniques de procréation nouvelles au
xxe siècle annonce une révision de
l'identité du père qui se scinde en deux pôles : « producteur de semence d'un
côté et inspiration d'une fonction nominative de l'autre » C'est ainsi que
l'appellation de « chef de famille », notion qui déterminait la puissance
paternelle est abolie par la loi en 1970, produisant ainsi, selon l'heureuse
formule d'E. Roudinesco, un « patriarche mutilé » en place de père.
Si l'anatomie et la biologie distinguent les sexes masculin et
féminin, le genre détermine leur position sociale. Cette différence culturelle
et identitaire déterminent la place qu'ils occupent respectivement dans la
société. L'auteur repère l'émergence d'un nouveau désordre de la famille dans
l'émergence d'un fantasme d'abolition des différences et des générations. Elle
reprend en les critiquant les thèses des féministes américaines et les tenants
de la « Queer theory », conception qui rejette à la fois le sexe biologique et
le sexe social, tout individu pouvant adopter successivement toutes les
positions possibles. Elle n'hésite pas non plus à critiquer les positions «
bourgeoises » de Freud qui reconnaît la place de la femme dans l'avènement de
la culture et dans sa dimension civilisatrice de l'humanité, mais sans pour
autant les encourager à occuper des fonctions sociales, ou à exercer des
professions pouvant les amener à rivaliser avec les hommes ! « Si les femmes
transmettent la vie et la mort, les hommes incarnent le Logos séparateur tout
en héritant de la violence des pères à laquelle ils doivent renoncer. » Freud,
en effet, a beaucoup étudié la révolte des fils contre les pères, plus que
celles de filles contre les pères ou les mères et surtout des fils contre les
mères.
La fin du livre passe en revue les modèles de familles à venir
: monoparentales, homo-parentales, recomposées, pacsées, déconstruites,
clonées, génétiquement modifiées, qui inquiètent tant, car le fantasme de la
destruction des valeurs et celle de la famille traditionnelle serait menacée.
Le risque d'effacement de la différence des sexes est brandi par beaucoup et en
premier lieu par des psychologues et des psychanalystes. Ce qui au premier
abord semble surprenant. La place des homosexuels est principalement visée dans
leur désir de fonder une famille. Débat humain et éthique délicat où l'auteur
n'hésite pas à démasquer les idées reçues et les préjugés moraux. Le
dsm iv a fait des ravages
outre-Atlantique et a, par exemple, fait disparaître le terme d'homosexualité
au profit de celui de « désordres mentaux », et effacé le mot perversion pour
parler de « paraphilie ». C'est la logique de la légitimité homoparentale qui
est en cause : comment refuser de laisser accéder à la parentalité des
homosexuels ? Comment refuser le droit de fonder une famille à ceux qui ne sont
l'objet d'aucune discrimination légale ? Cette question épineuse est posée par
l'auteur qui ouvre le débat avec ses enjeux éthiques et moraux, insistant en
creux sur la place classique du père, modèle supposé perdu mais qui, en fait,
perdure.
Au travers de cet essai engagé, ce sont les questions sur la
place de l'enfant et sur le devenir de nos sociétés qui sont posées. À nous les
praticiens de poursuivre cette réflexion au cœur de notre pratique.
Didier Lauru
[1]
A. Birraux,
L’adolescent face à
son corps, Coll. Païdos, Bayard Éditions, 1994.