Enfances & Psy
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I.S.B.N.27492-01640
136 pages

p. 103 à 110
doi: en cours

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Dossier

no24 2003/4

2003 enfances & PSY Dossier

On n’apprend pas tout seul

Alain Bentolila Alain Bentolila est linguiste et professeur à la Sorbonne. Parmi sesnombreuses publications, citons les deux derniers ouvrages publiés sous sadirection aux éditions Nathan : – Les promesses de l’école (2001) – École et langage (2002)
L’article veut répondre à trois questions complémentaires : la première a trait aux rapports de rupture et de continuité entre les systèmes de communication animale et les langues humaines et montre comment seule la langue humaine est capable de dépasser les seules fonctions de désignation ou de demande ; la seconde permet de s’interroger sur les modes de médiation qui permettent un apprentissage réussi de la communication en décrivant le nécessaire accompagnement à la fois bienveillant et exigeant de l’adulte ; la troisième ouvre sur une réflexion à propos des responsabilités qu’impose l’exercice du pouvoir linguistique et notamment sur le fait qu’un médiateur n’est pas simplement un passeur de mots, mais aussi celui qui révèle le nécessaire équilibre entre les droits et les devoirs de l’utilisateur du langage. Mots-clés : Apprentissage, communication, pouvoir linguistique, médiation.
Un nombre assez considérable de recherches ont tenté, durant ces vingt dernières années, non pas seulement d’analyser les modes de communication de certaines espèces animales mais aussi de démontrer qu’il était possible de leur apprendre à communiquer avec nous et comme nous. Pour pallier leur incapacité à articuler les sons des langues humaines, on a le plus souvent utilisé la langue des signes. Ce qui anime ces recherches, c’est l’idée, devenue politiquement correcte, qu’il y aurait une sorte de continuité entre les capacités de communication humaines et celles auxquelles peuvent prétendre les espèces animales les plus évoluées. La différence entre la langue des hommes et les « langues » animales tiendrait alors à un « déficit phonatoire » qui ne permettrait pas à l’animal de réaliser nos prouesses articulatoires. Il suffirait donc de donner au singe un système de communication par signes inspiré de celui des humains sourds pour qu’ils entrent dans le cercle du verbe jusqu’ici réservé aux seuls êtres humains. Je dois, tout d’abord, avouer que l’utilisation de la langue des signes dans la plupart de ces recherches me gêne quelque peu. Créée pour permettre à l’homme sourd de communiquer avec d’autres hommes, son usage avec les singes me semble suspect. Mais au-delà de ce transfert ambigu, qui réduit considérablement la valeur sémiologique et la puissance de communication de la langue humaine des signes, la vraie question est la suivante : « Y a-t-il ou non un écart essentiel et irréductible entre le verbe humain et les modes de communication animale aussi évolués soient-ils ? » À cette question, je répondrai sans l’ombre d’une hésitation : oui ! Aucun des résultats de toutes les recherches que j’ai analysés n’a réussi à ébranler cette conviction.
Cet écart n’est pas simplement d’ordre quantitatif ; il ne se résume pas au fait que les singes utilisent un nombre de signes moins important et des combinaisons moins complexes. Ce qui importe c’est que, quelles que soient les sollicitations auxquelles on les soumettra, quel que soit le code qu’on leur inculquera, les animaux se contenteront de communiquer le reflet le plus fidèle et le plus immédiat de la réalité qu’ils perçoivent. La communication animale, dont il n’est aucunement question de nier l’existence, se limite à transmettre ce qui est vu, entendu, senti ou désiré. Les abeilles comme les grands singes n’ont ni l’ambition ni les moyens d’évoquer un monde dont leurs sens n’attestent pas immédiatement et directement l’existence. En d’autres termes, ce que l’on appelle improprement « langage animal » n’est en fait qu’un instrument qui peut certes désigner, indiquer, avertir ou demander, mais qui, en aucun cas, n’a ce pouvoir propre à l’humain [1] de créer par le verbe un monde que jamais leurs yeux n’ont vu ni ne verront : c’est certes plus qu’un geste, mais en aucun cas une langue. Le fait qu’un singe soit effectivement capable de mémoriser plusieurs centaines de signes humains de nature idéographique ou gestuelle, qu’il soit capable d’en combiner certains, n’est qu’une performance de dressage et de conditionnement. La vraie question se pose à propos de ce qu’il voudra en faire, c’est-à-dire des enjeux qu’il va assigner à son acte de communication. C’est sur ce point que l’écart avec l’être humain s’avère irréductible et essentiel.
 
Le pouvoir du verbe
 
 
Toutes les langues humaines ont la même ambition : permettre à l’homme et seulement à l’homme d’être l’interprète du monde et non d’en être le miroir fidèle. Par la parole, l’homme est du côté des créateurs et non des créatures. Le monde parlé n’est pas le monde perçu, c’est le monde transformé par le pouvoir de l’intelligence humaine ; c’est un monde que l’homme soumet au pouvoir de sa pensée ; il le crée en le disant, il n’en rend pas un compte exact.
La langue humaine donne sens à ce qui sans elle ne serait que formes. J’ai le souvenir d’une expérience que me raconta mon collègue et ami, Yves Quéré [2] : la scène se passe dans une école maternelle avec des élèves de 5 ans environ. Dans le courant de la journée, toutes les heures, la maîtresse demande à Sophie de se planter au milieu de la cour et à chaque fois on dessine sur le sol le contour de l’ombre de Sophie. Ainsi, à mesure que s’égrènent les heures, se succèdent les traces qui rappellent les différentes positions de l’ombre projetée. Lorsqu’ils les examinent à la fin de la journée, la plupart des enfants disent : « c’est une fleur ». Ils parlent de ses pétales ; pour les uns, il s’agit d’une « rose », d’une « marguerite » pour d’autres. La maîtresse ne se satisfait pas de la réponse ; elle incite à la réflexion, rappelle comment l’on a obtenu ces traces successives, s’interroge sur ce qui a pu produire un tel dessin. Et une petite fille ose enfin dire avec la timidité de celle qui a eu l’audace de regarder derrière le rideau : « Maîtresse, c’est parce que ça a tourné. »
Répondant à une « poussée » pédagogique exigeante, cette petite fille a dépassé le simple constat ; elle ne s’est pas contenté de mettre un mot sur une apparence ; elle a décidé de tenter de s’engager dans cette quête propre à l’humain de savoir pourquoi les choses sont ce qu’elles sont. Et c’est sa langue qui le lui a permis, passant du substantif : « c’est une fleur » au verbe « ça a tourné ». Identifier une forme en la nommant ne suffisait pas ; comprendre ce qui l’avait générée supposait que l’on passât de la simple désignation d’une forme à l’évocation du processus qui fut à l’œuvre pour la concevoir. Pour franchir ce palier décisif, il fallait mobiliser des outils linguistiques différents : abandonner le substantif (fleur) au profit du verbe (tourner). Plus tard, viendra un concept : la rotation.
La langue donne ainsi à ceux qui y sont justement initiés un merveilleux pouvoir : celui d’aller au-delà des apparences afin de concevoir une représentation du monde, éclairée par leur intelligence. Le temps d’une phrase ou d’un discours, nous pourrons proposer et parfois imposer cette représentation singulière à quelqu’un ou à quelques-uns. Quand Nicolas Copernic, au milieu du xvie siècle, soutient que la terre tourne autour du soleil mais aussi sur elle-même, il ne décrit rien, il ne rend compte de rien de ce qu’il perçoit. Aucun instrument ne lui permet de constater les mouvements dont il affirme la réalité. Les preuves n’en furent apportées que par Kepler et Galilée ; par ce dernier notamment qui construisit une lunette d’approche qui lui permit de découvrir les phases de Vénus que Copernic avait prévues. Seul, le verbe porta et manifesta une pensée qui s’opposait à la certitude de tous ceux qui voyaient, de leurs yeux, le soleil se déplacer au-dessus de leur tête. Pouvoir formidable du Verbe humain d’imposer, contre l’évidence du « perçu », une représentation qui privilégiait l’explication audacieuse sur le simple constat !
Dans un élan d’imagination et de rigueur mêlées, la langue porte et diffuse la pensée scientifique. C’est dans le même élan qu’elle ouvre à la poésie les portes de l’imaginaire. Écoutons Paul Éluard qui nous dit que « la terre est bleue comme une orange » et qui ajoute pour bien insister sur la puissance des mots : « Jamais une erreur, les mots ne mentent pas. » Et si les mots de la langue ne mentent pas, c’est bien parce que sa grammaire permet d’imposer aux autres une pensée singulière qui n’a d’autres limites que celles qu’elle s’impose. C’est à la fois le goût du pouvoir linguistique mais aussi la conscience des responsabilités qu’il impose qui constituent les enjeux essentiels de la transmission et de la médiation. La conquête du pouvoir du verbe et son juste exercice ne peuvent s’apprendre seul.
 
Transmettre les droits et les devoirs de la communication
 
 
Le tout jeune enfant, quand il commence à faire ses premières armes linguistiques, va s’adresser à des gens, qui le connaissent fort bien et qu’il connaît fort bien, pour leur dire des choses que ces gens savent déjà, ou qui sont là, offertes à leur vue. Les premières armes linguistiques se font donc dans un cercle très étroit où ceux à qui on s’adresse sont connus, et ce que l’on dit est tout aussi connu. La question qui va se poser à ce petit enfant qui va grandir est de parvenir à quitter ce cercle étroit de la connivence et de la familiarité pour donner à son langage une tout autre ambition : celle de pouvoir s’adresser à des gens qu’il ne connaît pas pour leur dire des choses que ces mêmes personnes ne savent pas encore. Il s’engage donc dans une démarche où son langage va devoir porter une charge de plus en plus lourde d’inconnu et la porter de plus en plus loin. Mais pour atteindre ces rivages encore vierges, c’est-à-dire là où il va s’adresser au plus étranger parmi les étrangers pour lui dire les choses les plus étranges possibles, il lui faudra des moyens linguistiques de plus en plus puissants. Comme disait Deleuze, il faut « pousser la langue jusqu’à ce qu’elle bégaie », c’est-à-dire la pousser jusqu’à ses derniers retranchements ; c’est en effet à ce moment-là que l’on fait honneur à la langue, qu’on la place au niveau où elle doit être. Pour atteindre cette fonction du langage, qui est celle de la distance et du défi à l’inconnu, il faut bénéficier de l’apport à la fois très bienveillant et très exigeant d’adultes qui, de proche en proche, vont offrir cette phrase toute simple et tellement essentielle : « Je ne t’ai pas compris, mais je veux te comprendre. »
« Je ne t’ai pas compris » dira la mère ou le père. Cela veut dire « il m’importe de te comprendre ». Cela veut dire aussi « je ne suis pas toi ». Cela signifie : « aussi proche que je sois de toi, tu sais des choses que je ne sais pas » ; et la langue est justement faite pour apporter à l’autre ces choses qu’il ne sait pas. C’est cette question essentielle qui est en œuvre tout au long de l’apprentissage du langage. C’est cette question essentielle qui va permettre effectivement de gagner un peu de pouvoir à travers l’usage de la langue.
Je vais prendre l’exemple de la petite Tiphaine (4 ans) qui propose à sa mère de lui raconter une histoire. La petite raconte son histoire : « Voilà, ils l’ont prise, ils l’ont emmenée et ils l’ont enfermée là-bas. Heureusement, les autres l’ont vue et sont venus la délivrer, et enfin, il l’a épousée. »
La mère prend la décision de lui dire : « Ma petite Tiphaine, je n’ai pas compris grand-chose à ton histoire » ; et la petite en conçoit de l’irritation. Les enfants n’aiment pas qu’on leur dise qu’on ne les comprend pas. Ils ont toujours l’impression que leur mère sait ce qu’ils savent, et que si elle ne les comprend pas c’est parce qu’elle y met de la mauvaise volonté. Passée cette irritation, la maman lui explique : « Je ne t’ai pas comprise parce que je n’étais pas là quand l’histoire t’a été racontée. Alors je ne sais pas qui sont ceux qui l’ont enlevée, où ils l’ont emmenée, et qui l’a épousée. » Tiphaine, petit à petit, lui explique que c’étaient les méchants lutins et le dragon qui avaient enlevé la princesse, qu’ils l’avaient enfermée dans une caverne, que le roi et le prince l’avaient délivrée, et qu’enfin, le prince l’avait épousée.
Dans la soirée, lorsque son père va rentrer (on peut bien sûr intervertir les rôles), Tiphaine va lui raconter son histoire. Elle aura l’immense satisfaction de constater que son père ne lui dira pas : « Je ne t’ai pas comprise. » Elle se rend ainsi compte que les efforts qu’elle avait produits pour utiliser les formes anaphoriques judicieuses, des déictiques pertinents n’avaient pas seulement pour but de faire plaisir à sa mère ; cela lui permettait de laisser sur l’autre une trace qu’elle n’aurait pas laissée autrement. Elle a exercé sur son père son pouvoir de parole : il est arrivé ignorant, elle l’a rendu savant ; c’était certes un savoir modeste mais sa juste transmission justifiait les efforts fournis.
Il faut que l’adulte aide l’enfant à comprendre qu’adresser un message à quelqu’un ne se résume pas à l’inviter à regarder un spectacle qui se trouve dans sa propre tête. Il faut lui montrer que communiquer exige que l’on maîtrise le débit d’une source d’informations qui doit s’adapter à une situation spécifique et à un partenaire singulier sur lequel on exerce certes un pouvoir mais envers lequel on a des devoirs.
 
Transmettre une probité de parole
 
 
La langue donne à l’Homme ce pouvoir considérable de se placer par son discours hors des limites de l’espace et du temps. Mais ce pouvoir de dire ce que nous croyons vrai partout et toujours nous laisse seuls juges de son contrôle. Ceci plus que tout autre chose fonde la spécificité de la communication humaine : le verbe nous donne autant de pouvoir que de responsabilité ; son exercice nous impose d’emblée de nous poser la question de nos droits et de nos devoirs car à la loi la mieux établie comme à l’allégation la plus gratuite et la plus intolérable, la langue prête les mêmes structures, les mêmes mécanismes.
Examinons par exemple l’énoncé du principe ou théorème d’Archimède : « Tout corps plongé dans un liquide subit une poussée verticale dirigée de bas en haut ; elle est égale au poids du fluide déplacé et elle s’applique au centre de gravité de ce corps. »
À l’aide de l’adjectif indéfini « tout », en utilisant le présent de l’indicatif (« subit », « s’applique »), on parvient à poser le caractère universel de ce principe : il vaut aujourd’hui, il valait hier, il vaudra demain ici comme ailleurs. Des moyens linguistiques particuliers nous permettent de l’affirmer sans ambiguïté.
Lisons en parallèle ce que publie en décembre 1944 l’organe de la collaboration nazie Je suis partout : « Il est une loi parfaitement démontrée : tout juif, demi juif ou quart de juif menace notre intégrité nationale. Il fait subir à nos systèmes juridique, économique et politique une intolérable pression. » L’auteur de cette affirmation infâme, présentée comme définitive et incontestable, utilise les mêmes moyens que ceux mobilisés pour donner au principe d’Archimède sa dimension de vérité universelle. L’adjectif indéfini « tout » appliqué à « juif », le présent de l’indicatif accolé au verbe « menace » donnent à cette phrase valeur de vérité générale.
La langue sert ainsi, avec le même dévouement, l’usurpateur et le juste. À tous deux, elle donne le même pouvoir de situer leur discours au-delà du constat, hors d’atteinte du perçu. Mais c’est bien parce que la langue donne à ceux qui l’utilisent ce pouvoir démesuré qu’elle impose une exigence éthique sans faille à celui qui parle ou écrit comme à celui qui écoute ou lit. Exigence personnelle de celui qui ose utiliser le discours du « partout » et du « toujours » parce qu’il doit à lui-même et aux autres d’être capable d’en démontrer la légitimité avec la plus grande rigueur. Exigence à l’égard de celui à qui s’adresse un tel discours parce qu’il devra le questionner sans complaisance, en traquer obstinément les failles et les faux-semblants. Je dirais volontiers en déformant à peine Rabelais : « Langue sans conscience n’est que ruine de l’âme. » La nécessité de cette exigence éthique, à la hauteur de la puissance créatrice de la langue est inscrite au cœur même du verbe. Elle en fait l’irréductible spécificité.
Nous vivons dans un monde où l’on a de plus en plus tendance à accepter, sans les mettre en cause, les affirmations radicales, les explications définitives. La personnalité de celui qui impose le message (gourou, ayatollah), la puissance du vecteur qui le véhicule (radio, télé, journaux) suffisent à calmer les velléités critiques de ceux à qui s’adresse un message présenté en forme de vérité. À nos enfants, nous devons donc apprendre, à l’école comme à la maison, qu’ils ont le droit de réfuter la vérité proférée, qui que soit celui qui la profère. Nous devons aussi leur montrer que lorsqu’ils s’aventurent eux-mêmes sur le terrain du « verbe créateur », ils doivent s’attendre à devoir rendre des comptes, à devoir apporter les preuves qui fondent la valeur de leur proposition car ils s’inscrivent alors dans la volonté collective de donner un sens honorable au désordre et au tumulte du monde. « Passer » la langue à un enfant ne se réduit pas seulement à lui fournir des mots et des structures ; transmettre le verbe au petit homme, c’est le convaincre de l’exigence du parler juste, l’exigence de dire justement le monde : « Tu es responsable du verbe parce que le verbe est créateur. » Voilà ce que jamais le singe le plus intelligent ne signifiera à sa descendance.
L’humain commence au moment où des êtres vivants décident collectivement d’imposer par le verbe leur pensée au monde ; le jour où, ne se contentant plus de dire le monde qu’ils perçoivent, ils se donnent l’ambition de l’interpréter, de le transformer et surtout de créer d’autres mondes par la force du verbe. L’humain commence à l’aube de la bataille engagée pour dépasser les contraintes de l’espace et du temps. Le jour où s’ouvre le paradigme du futur et du passé ; le jour enfin où cet être vivant et mortel ose dire l’infini et l’éternel. Être ici et dire l’ailleurs, être maintenant et dire « demain », « hier » ou… « peut-être ». Être ici et maintenant et dire l’infini du « partout » et du « toujours ». Tel est l’extraordinaire pouvoir du verbe humain. C’est bien la langue et seulement la langue qui nous permet d’assumer au plus haut notre humaine condition mais plus encore de la dépasser. En ce sens, elle suggère par le pouvoir qu’elle nous donne combien est lourde la responsabilité des adultes, parents et enseignants, qui doivent la « passer » aux petits hommes : « Parle au plus loin de toi-même avec la volonté d’imposer ta pensée au plus juste mais aussi en respect constant pour l’intelligence singulière dans laquelle tu oses entrer. »
 
NOTES
 
[1] À tous les êtres humains, quelles que soient leur race, leur culture et leur situation sociale.
[2] Membre de l’Académie des Sciences, promoteur de « La main à la pâte ».
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