Enfances & Psy
érès

I.S.B.N.2-7492-0333-3
136 pages

p. 124 à 130
doi: en cours

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Lectures croisées

no26 2005/1

Le corps adolescent, Annie Birraux, Bayard, 2004

Le livre d’Annie Birraux arrive à point nommé, à un moment où les questions adolescentes éveillent les préoccupations de nos dirigeants et des tutelles : suicides des adolescents, accidents de la route, consommations de cannabis, etc.
L’auteure dépeint, sans moralisme et sans concession aucune, le tableau socioculturel dans lequel émergent aujourd’hui les pathologies adolescentes : valorisation des apparences et de l’agir immédiat au détriment de la pensée, perte des repères symboliques, de la différence des sexes et des générations – parents qui ont des difficultés à assurer (et à assumer) leur autorité, fonctions maternelle et paternelle qui tendent à se confondre où l’adolescent est placé en position de parent de ses propres parents.
Dans ce livre, des détours heureux par l’histoire, la philosophie, la sociologie, la littérature et les arts viennent enrichir une clinique psychanalytique déjà solidement documentée. Ainsi, les histoires cliniques nous font-elles percevoir la complexité des enjeux du rapport de l’adolescent à son corps. Il s’agirait alors de resituer la marque (ou le marquage) du corps dans une perspective de recherche du sens et d’inscription dans une histoire personnelle, familiale et transgénérationnelle.
L’auteure nous rappelle si l’en faut l’importance des tout premiers échanges mère-bébé, et la naissance de la constitution de l’image du corps, « dans un maillage du somatique et de la pensée qui différencie progressivement l’interne de l’externe », processus au fondement même de la constitution du sentiment d’existence. Le corps adolescent ou comment, à l’adolescence, refont surface en quelque sorte les ratés de cette étape primordiale…
Annie Birraux nous aide alors à comprendre différemment les appels lancés par les corps meurtris, blessés, scarifiés à l’adolescence, comme autant de messagers du malaise interne certes, mais également comme autant de tentatives de s’extraire de ce monde interne chaotique et violent, tentatives d’assurer un lien avec l’extérieur et de maintenir le sentiment de son unité.
Loin du constat amer et stérile sur une société en perdition, Annie Birraux nous propose avec ce livre un regard lucide et éclairant, nous donnant à penser et à repenser les liens ténus entre le corps, ses représentations et la construction du sujet adolescent dans ses rapports aux autres et au monde.
Faroudja Hocini

Humeurs et pratiques d’art-thérapie, Sous la direction de Jean-Luc Sudres, Guy Roux et Muriel Laharie, L’Harmattan, collection « Psychanalyse et civilisations », 2003.

Voici un livre stimulant et dont les auteurs n’ont pas peur de mettre (raisonnablement) les pieds dans le(s) plat(s) de l’art-thérapie !
Les professionnels qui travaillent avec des enfants et des adolescents s’appuient très souvent sur les médiations artistiques. Depuis des années, l’art-thérapie, les psychothérapies à médiation artistique, les ateliers d’expression fleurissent et donnent lieu à de multiples pratiques, à des débats, à des écoles, à des initiatives, qui témoignent d’une diversité et d’une créativité impressionnantes.
Ce petit livre part d’une idée originale de la Société internationale de psychopathologie de l’expression et d’art-thérapie (sipe) : publier régulièrement dans sa Newsletter les « petites humeurs » de ceux qui s’intéressent, à différents titres, à l’art-thérapie. L’ouvrage regroupe ainsi une quarantaine de textes d’autant d’auteurs, parfois très brefs. Ce sont des témoignages, des mises au point, des partages de pratiques, des réflexions théoriques, des convictions, nés d’une libre expression dans un cadre souple mais contenant (cela nous rappelle bien entendu quelque chose). Et le résultat est forcément hétérogène mais vraiment intéressant. Les idées circulent, les prises de position s’expriment parfois avec fougue, des points de vue très différents se suivent, et finalement le lecteur, qu’il soit néophyte ou lui-même en questionnement quant à sa propre pratique de l’art-thérapie, voit sa pensée bousculée et enrichie.
Parmi les auteurs, on relève quelques noms prestigieux, mais surtout une grande diversité des professions représentées, toutes « traitées » de la même façon. Qu’ils soient thérapeute, artiste, infirmier, psychomotricien, éducateur spécialisé, critique d’art, responsable d’association, historien, ils ont souvent plusieurs cordes à leur arc (on devrait dire de nombreuses couleurs à leurs palettes).
Au total, que l’on intervienne auprès d’enfants, d’adolescents ou d’adultes, il est rare de trouver une telle liberté de ton et une telle diversité des approches et des regards. On sort de cette lecture avec des idées nouvelles, des certitudes moins certaines, quelques grincements de dents et l’envie d’en lire plus pour mieux connaître la pensée de certains auteurs.
Par les temps qui courent, où tout se passe comme si l’on prononçait le mot psychothérapie à ses risques et périls, une telle démonstration de passion, d’énergie, de liberté de créer et d’écrire, et de tolérance pour la pensée d’autrui est à la fois rassurante et vivifiante.

Lire Dolto aujourd’hui, Sous la direction de Claude Schauder, Édition érès, collection « Actualité de la psychanalyse », 2004

Figure incontournable de la psychanalyse en France, Françoise Dolto consacra, sa vie durant, son œuvre à la cause des enfants. Se situant aux confins de la psychanalyse et de la pédiatrie, ce « médecin de l’éducation » – comme elle aimait à se qualifier elle-même – se démarqua par sa remarquable intuition clinique et la hardiesse de ses interprétations, au plus près de l’inconscient, et dont le génie a été de repousser les limites de l’intervention psychanalytique au premier jour de la vie. Fidèle à la découverte freudienne et poursuivant le travail initié par ses précurseurs comme Melanie Klein ou Winnicott, Françoise Dolto a incontestablement contribué par son travail avec les tout-petits à bouleverser en profondeur le regard posé sur le petit d’homme en lui reconnaissant son statut d’être de langage et de désir.
Interrogeant le rôle du psychanalyste dans la cité, Dolto – par ses prises de position publiques en matière d’éducation – a réussi par un tour de force à sortir du lieu de la cure pour le déplacer sur la scène sociale et médiatique. Cette exigence éthique, qui fut la sienne, de transmettre un savoir et une parole vraie, celle qui parlerait la vérité de l’enfant, a contribué à une très large diffusion de son enseignement auprès des parents comme des professionnels. Suscitant tour à tour engouement ou méfiance à son égard, cette surmédiatisation dont l’impact fut retentissant dans le champ de la psychanalyse a en tout cas eu pour effet certain d’éviter une étude rigoureuse que l’œuvre de Dolto mérite indéniablement.
Se dégager de cet apparent pragmatisme clinique qui a fait la particularité du « style Dolto » pour revenir au texte grâce à une lecture approfondie des principaux apports conceptuels de son enseignement, voilà donc ce que proposent avec justesse les auteurs de Lire Dolto aujourd’hui. Rassemblant, sous la direction de Claude Schauder, les contributions de nombreux psychanalystes, élèves ou proches collaborateurs de Dolto, cet ouvrage collectif se fait témoin de l’héritage toujours vivant d’une pensée dont la pertinence clinique et théorique s’avère plus que jamais d’actualité. L’occasion est ainsi offerte au lecteur de découvrir, ou de redécouvrir, la complexité de certaines de ses constructions théoriques relatives au fonctionnement précoce de l’appareil psychique de l’infans, parmi lesquelles nous retrouvons ses concepts majeurs d’« image inconsciente du corps » et de « castrations symboligènes ». Cet ouvrage répond par ailleurs au projet initial proposé par Claude Schauder, celui de voir se confronter dialectiquement les théorisations de Dolto à celles de Lacan, unis l’un l’autre par une solide amitié et un fidèle compagnonnage. S’agissant de « faire travailler l’écart » entre ces deux figures de la psychanalyse contemporaine, un certain nombre de questions majeures se verront ainsi mises en tension, parmi lesquelles la question du sujet, de l’Autre, de la structure et de l’infantile.
Si l’œuvre de Dolto connut toute une série d’élaborations et de réélaborations successives, avec son lot nécessaire de contradictions, de reprises, d’oppositions entre les diverses périodes de sa vie, c’est bien la marque, nous rappelle Alain Vanier, d’un effort de théorisation constant dont la contrainte est à la mesure de la difficulté inhérente « aux tentatives de cerner l’objet même de la psychanalyse ». Derrière ces allers-retours de la pensée, ce qui organise l’œuvre de Dolto restera ce témoignage sans cesse renouvelé d’une pratique et d’une conviction unique : l’enfant est par essence un sujet de langage. Certes, le bébé ne peut encore parler mais, parce qu’il est tout entier pris dans la fonction symbolique du langage, elle anticipe qu’il peut écouter, comprendre et être pacifié par une parole vraie si elle lui est directement adressée. « Avec les mots qui parlaient, nous dit Eva-Marie Golder, de ce que l’enfant vivait au jour le jour avec ceux qui l’entouraient, elle lui traduisait ce qu’il en était d’une éthique du sujet. » Dégager l’infans du langage pervertissant de l’autre maternel pour lui permettre d’advenir comme sujet désirant à une parole singulière. Cette éthique fondamentale de la parole fondée sur l’écoute du sujet-enfant (mais aussi de l’enfant-sujet resté dans l’adulte) constitue cette part essentielle de l’héritage transmis par Dolto dans le travail avec les bébés et les tout-petits et dont témoignent, dans leur style et leur particularité, les contributions de Catherine Mathelin et de Marie-Hélène Malandrin, cofondatrice de la Maison verte.
Entendre l’archaïque à partir de l’intuition de ce que ressent un bébé, de ce qu’il éprouve, de ce qui le traverse, conduisit donc Dolto très tôt à s’intéresser au texte d’avant le langage parlé, texte en deçà « qui se vit dans le corps et qui laisse des traces qui sont de l’ordre de l’inscription, de la lettre à déchiffrer ». De cette capacité innée à se mettre dans la peau du bébé, à trouver les mots qui lui donneront le sens de ses sensations internes et l’espace « parlable » de ses images du corps, s’élaborera son concept central d’image inconsciente du corps dont le tranchant clinique ne manquera pas d’être rappelé tout au long de cet ouvrage, notamment par Claude Schauder et Gérard Guillerault. « L’image du corps, dit Dolto (1984), est la synthèse vivante de nos expériences émotionnelles : interhumaines, répétitivement vécues à travers les sensations érogènes électives, archaïques ou actuelles. Elle peut être considérée comme l’incarnation symbolique inconsciente du sujet désirant et ce avant même que l’individu en question soit capable de se désigner par le prénom personnel Je, sache dire Je (…). C’est grâce à notre image du corps portée par – et croisée à – notre schéma corporel que nous pouvons entrer en communication avec autrui. » Il s’agit donc de ne pas se méprendre sur la terminologie utilisée par Dolto : l’image du corps est ici tout sauf une image puisqu’elle se constitue à partir des perceptions sensorielles non scopiques, telles que le gustatif, l’auditif, le tactile… Appelées à chuter dans l’inconscient, ces images du corps sont donc par essence non visuelles, non spéculaires. Là où Lacan inscrivait l’expérience du stade du miroir (concomitante de l’enracinement narcissique du sujet) dans la catégorie exclusive du visible, Dolto envisage au contraire l’image comme invisible et la traite « comme une écriture, à lire ». « L’image inconsciente du corps serait, dit Vanier, une théorie de l’image pour se déprendre précisément de l’image. »
Nous voyons en tout cas à partir de cette élaboration se dessiner l’orientation principale de ce que Dolto vise. Pour chaque enfant, elle cherche à atteindre l’institution de la séparation symbolique, en particulier grâce aux « castrations symboligènes » qui ont pour but de couper l’enfant du corps à corps avec la mère. Partant de la première castration, la castration ombilicale qui signe la naissance d’un être et qui est le prototype de toutes les autres, Dolto fait reposer sa théorie non pas sur une castration symbolique issue de la loi dont le père est le représentant mais sur l’idée de strates de développement (oral, anal, génital) ayant à chaque fois à être dépassées par un don – don d’une coupure d’avec la mère, devenue pour l’occasion agent symbolique de la castration. Ainsi comprises, les castrations – également appelées « castrations humanisantes » – vont permettre la symbolisation et contribuer à modeler l’image du corps édifiée sur le rapport du corps au langage et sur le rapport langagier à autrui.
Si cette conception de la castration ainsi entendue, c’est-à-dire dégagée de sa dimension phallique, ne va pas sans soulever quelques questions, ce que n’a pas manqué de faire en particulier Alain Vanier, il semblerait que le point d’accrochage fondamental qui ait divisé Dolto et Lacan repose sur le problème des stades de développement. La différenciation essentielle entre les deux théorisations réside dans le fait que Lacan s’en tient à une approche structurale de l’infantile, radicalement opposée à la perspective développementale, alors que Dolto considère que l’on ne peut se passer, lorsque l’on parle de l’enfant, de la dimension temporelle propre aux stades. Visant à construire de l’antériorité au sujet, Dolto ira jusqu’à intégrer dans l’analyse qu’elle fait du développement de l’enfant une dimension idéologique et philosophique en affirmant qu’il y a du sujet depuis toujours, c’est-à-dire qui préexiste à sa venue même au monde et qui conditionne son désir de vivre. Cette conception du sujet « déjà-là », qui restera une constante dans l’œuvre de Dolto, marquera, rappelle Nazir Hamad, une rupture supplémentaire avec Lacan pour qui ce qui préexiste est, non pas le sujet, mais la parole, l’Autre, l’Autre « déjà-là » devenant la condition du sujet. Ce qui fut considéré par certains comme une dérive, et qui aura eu pour effet de diviser encore un peu plus les psychanalystes entre eux, tient à l’hypothèse que Dolto fait de ce sujet « déjà-là » défini comme incarnation de l’Autre sacré. En affirmant : « Il n’y a pas de sujet sans Dieu. Si j’existe, c’est parce que Dieu existe », Dolto révèle sans détour sa foi et ses convictions de croyante, brouillant ainsi les pistes entre éthique, morale et idéologie et engageant radicalement son acte et sa position transférentielle à l’endroit de la psychanalyse.
Sonia Araquistain

La folie adolescente, Psychanalyse d’un âge en crise, Didier Lauru, Denoël, collection « L’espace analytique », 2004.

Ce livre sur les problématiques adolescentes trace un portrait en demi-teinte des adolescents. D’une part, l’auteur balaye les arcanes de la psychopathologie rencontrée dans la pratique illustrée par des exemples cliniques, d’autre part il prend du recul pour tenter de situer cette folie adolescente dans la culture contemporaine.
Didier Lauru n’hésite pas à puiser de-ci de-là pour disserter sur le thème de la folie et de la déraison adolescentes. On y retrouvera aussi bien Freud, Lacan et Winnicott, forcément Winnicott. Mais son expérience praticienne nous apporte aussi quelques vignettes cliniques qui étoffent utilement son propos.
« Je considère l’adolescence non comme une structure de passage, mais comme un passage dans la structure », affirme-t-il. Il y a là matière à réflexions.
Les passages sont périlleux, ils ne se réalisent jamais sans risques ni dangers. « C’est le temps des inclinations amoureuses, du choix difficile des objets de ses désirs, si délicats à négocier, comme dans tout commencement. » Or l’adolescent doit en passer par là, « par cette curieuse “maladie d’amour” pour se constituer comme sujet de l’inconscient à part entière ».
Et l’amour, Didier Lauru, ça lui cause et il en parle, et l’adolescent, c’est précisément ce qui lui importe, il ne peut en faire l’économie. « Les problématiques adolescentes passent par les arcanes de la sexuation : positionnement dans l’identité sexuée et délicate opération du choix d’objet amoureux et sexuel. Comment négocier ce virage dangereux, cette bascule dans l’inouï, dans ce qui n’a pas été éprouvé jusque-là par le sujet ? »
L’apparition du sentiment amoureux, le temps de la sexualisation de la pensée et du rapport à l’Autre… avouez qu’il y a de quoi y perdre son latin. C’est entre l’expérience d’un renoncement aux imagos infantiles et l’établissement d’une nouvelle donne affective que l’adolescent va devoir construire son indépendance. Lourde tâche, comme disait un célèbre général.
Parallèlement, il nous met en garde : « Les analystes vont être par l’adolescent interpellés, au vif du transfert, avec des demandes qui bien souvent vont mettre à mal l’idéal de leur position d’analyste, sa neutralité dite bienveillante et sa réserve. »
À l’analyste donc de donner de lui-même et de mouiller sa chemise à l’autel de la sacro-sainte authenticité qu’exige l’adolescent de celui ou celle qui détient la place du supposé savoir. « C’est par un retour à sa propre adolescence et à la façon dont elle a été reprise dans son analyse personnelle » qu’il pourra se risquer à cette aventure.
L’adolescence a le charme ambigu du paradoxe, le parfum des affects de l’enfance, et l’amour est son mal nécessaire. Comme l’amoureux, l’adolescent est pris dans la tourmente, les mots lui manquent, sa pensée s’absente. « Cet imparlable, cet insaisissable est précisément ce qui en fait sa richesse, son énigme… Mais c’est aussi ce qui peut le porter vers les rives incertaines de la psychopathologie. » Il s’avère donc fondamental de repérer, au-delà des faits et gestes qui peuvent en imposer pour de la folie, que c’est le procès du symbolique qui souterrainement est à l’œuvre : « La folie recouvre le champ des incertitudes du désir, des faillites de l’être qui ne justifient pas un classement nosographique, maladie scientiste de notre ère post-moderne. Elle est inspirée par un souffle créateur, celui de la vie qui, par le biais du symbolique, tente de s’exprimer. »
L’auteur sort des sentiers battus pour tenter de trouver une position originale dans ses partis pris théoriques et dans la position de psychanalyste qu’il soutient avec les adolescents.
Il s’explique sur ce qu’il entend par folie : « La folie (adolescente) serait alors une tentative de singularisation, au temps des transformations pubertaires, face à l’implacable de la répétition et de son assignation à l’impossible complémentarité dans l’Autre. […] La singularité de l’être et sa complexité montrent que l’adolescent, malgré ses efforts, ne peut éviter ce qui l’attend : une traversée des turbulences du symbolique jusqu’à se constituer dans un devenir qui lui appartienne, dans l’acceptation de son aliénation dans l’Autre. »
Voilà une saine lecture qui nous dégage des certitudes consensuelles hâtives et qui n’hésite pas à redonner sens au symptôme. À mettre entre toutes les mains !
Nicole Vacher Neill
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