2005
enfances & PSY
Dossier : Que proposer ?
Surpoids et obésité : un programme de santé publique
[*]
Élisabeth Feur
Élisabeth Feur est médecin de Santé publique, chef du service
des Études et évaluations du département du Val-de-Marne.
Lancé en 2001 à l’initiative du Département du Val-de-Marne, le
programme Prévention Obésité 94 a
concerné l’ensemble des classes de 5e du département dès 2002. En 2003, il a
été complété par une proposition d’atelier pratique, groupe de prise en charge
collective de jeunes patients hors du cadre scolaire.
En classe de 5e, dans le Val-de-Marne, sur 2 261
élèves, 22 % ont un poids excessif (surpoids : 15 % ou obésité : 7 %). La
majorité de ces jeunes en excès de poids (78 %) ont accepté un « programme de
changement » qu’ils ont construit eux-mêmes après l’identification de leur
surpoids, un bilan avec l’infirmière scolaire, puis la fixation d’objectifs
avec le professeur d’éducation physique et sportive (eps) sous la responsabilité du médecin
scolaire. Le programme proposait un changement dans les habitudes alimentaires
et dans le mode de vie.
Après 6 mois de suivi, il apparaît plus facile de changer son
mode d’alimentation (diminuer le grignotage pour 65 %, réduire la taille des
portions pour 50 %) que de modifier le comportement (seuls 46 % des jeunes ont
diminué leur sédentarité). Les parents semblent mieux armés pour aider leurs
enfants à mieux manger (70 %) qu’à plus bouger (40 %). Il faut noter que 20 %
des parents ne se sont pas impliqués dans le projet de changement de leur
enfant. En fin d’année, 19 % des jeunes ne sont plus en surpoids. 30 % de ceux
qui étaient obèses ne sont plus qu’en surpoids. Seuls 5 % de ceux qui étaient
en surpoids ont franchi le seuil de l’obésité.
En 2003-2004, des ateliers pratiques ont été proposés en
complément du programme d’action au collège. Animés par un éducateur, une
diététicienne et un professeur d’eps,
ces ateliers s’adressent à des jeunes de 11 à 14 ans en surpoids ou obèses,
repérés au collège ou adressés par leur médecin traitant.
14 séances sur l’année, dont certaines destinées aux parents,
proposent aux jeunes l’acquisition de savoirs et de savoir-faire pour
Manger mieux et Bouger plus. 158
jeunes se sont inscrits, dont 20 % par l’intermédiaire du médecin traitant. 76
% des jeunes ont montré une implication forte, la proximité du domicile et la
facilité d’accession à l’atelier représentant un facteur important pour un
suivi régulier.
Au total, le programme Prévention
Obésité 94 s’efforce d’offrir et d’articuler des réponses
complémentaires à un problème de santé et de société. En effet, quand un
adolescent sur 5 en collège est en surpoids ou obèse, organiser la prise en
charge de ceux qui sont obèses et/ou souffrent déjà de leur surpoids requiert
imagination et complémentarité entre professionnels et institution.
[*]
Extrait de « Les morsures de la faim », P
r Marcelli dir.,
op. cit.