Les inscriptions corporelles enfantines : une saga familiale ?
Élisabeth Darchis-Bayart
Les inscriptions corporelles que l’enfant fait sur son corps évoquent parfois de véritables tatouages, rappelant les coutumes de certaines cultures qui inscrivaient l’histoire des ancêtres sur leur peau. La trace et le dessin que l’enfant dépose sur son épiderme, plutôt que sur un support extérieur comme le papier, relatent le difficile chemin de l’individuation par rapport au groupe familial. Les angoisses de séparation issues de traumatismes familiaux entravent l’autonomie et conduisent les enfants à des tentatives d’appropriation au plus près de leur intimité corporelle, peut-être dans un besoin à la fois de se relier au corps familial et de renforcer une enveloppe singulière. De nos jours, la pratique du tatouage peut-elle se lire aussi en rapport avec cette problématique de l’insécurité de l’enveloppe générationnelle et des défaillances de la contenance ? Est-ce une tentative d’autonomisation dans un contexte de liens issus des groupes ancestraux et encore très prégnants ?Mots-clés :
inscriptions corporelles, traces enfantines, tatouages, angoisse de séparation, indifférenciation, autonomisation.
The body inscriptions that the child draws on his body recall sometimes real tatoos. It is a reminder in some ways of customs of cultures which inscribed the history of their ancestors on their skin. The mark and the drawing the child sets down on his skin rather than on a sheet of paper express the difficult way to become a unified human being with regards to the family unit.
The separation anxieties resulting from family traumas impede autonomy and lead children to appropriation attempts closest to corporal bodily, may be with a need to bind themselves with the family unit and to reinforce a singular appearance.
Nowadays, can tattooing also be linked to this problem of insecurity of generational appearance and lack of boundaries ?
Is it an attempt at autonomy in a relational context deriving from ancestral units which remain uptodak ?Keywords :
body inscriptions, children drawing, tatoo, séparation anxieties, adherence, autonomisation.
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