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Enfances & Psy

2012/3 (n° 56)

  • Pages : 160
  • ISBN : 9782749234885
  • DOI : 10.3917/ep.056.0090
  • Éditeur : ERES

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Dans cet article, je souhaite aborder l’influence des loyautés familiales dans la consultation en pédopsychiatrie. Le plus souvent, cette notion est considérée comme issue de la pratique des thérapies familiales et des travaux de Boszormenyi-Nagy (1973) et de Stierlin (1977), mais il ne faut pas oublier que des psychanalystes, parmi les plus éminents, comme Anna Freud (1965), Winnicott (1966) et Erickson (1968), ont tenu compte des conséquences des loyautés pour la psychothérapie de l’enfant ou dans son développement et sa maturation. Les moments de fins des séances de consultation avec l’enfant illustrent notre propos : alors que l’enfant s’était investi dans la consultation et auprès du consultant, à la vue de ses parents il prend un air désintéressé, tournant le regard et tendant la main vers eux. Ce moment peut être très bref, mais il peut devenir source de difficultés quand le conflit de loyauté est intense entre le consultant et les parents, il peut même parfois occuper une grande partie de la séance et entraver le travail thérapeutique.

Un point de vue philosophique : les loyautés comme principe d’unité

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À la fin du xixe siècle, le philosophe américain Josiah Royce, dont les travaux ont été présentés en France par le philosophe existentialiste Gabriel Marcel, a été le premier à étudier les racines éthiques et ontologiques des loyautés. Dans son ouvrage Philosophy of Loyalty (1908), Royce développe une conception des loyautés centrée sur la fidélité et l’engagement à l’égard d’une cause. Selon Royce, le choix d’une cause à laquelle un individu décide de se consacrer offre une possibilité de devenir soi-même et de dépasser les tendances contradictoires et confuses. La cause devient donc un principe unifiant la personne, et lui permet de se définir au travers de l’action. Pour Royce, entre l’individu et la cause, s’établit une relation d’un type spécial : la loyauté. « La seule façon d’être pratiquement autonome consiste à être librement loyal » (Royce, 1908).

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Cette conception a suscité de nombreuses critiques, car elle laisse supposer que l’attachement à une cause est plus important que le contenu de la cause. Il y a en effet de nombreuses causes, bien entendu contradictoires, voire violemment opposées, entraînant également une grande loyauté. Et pourtant, toutes ces causes ne sont pas également souhaitables. La loyauté à un tyran n’a pas de valeur éthique même si elle donne à l’individu une identité artificielle afin de combler son manque de ressources pour créer sa propre identité. Royce prend en considération cette critique et pour cela s’oblige à élaborer un critère permettant d’apprécier la valeur de la cause. Pour lui, c’est la notion de loyauté elle-même qui va le fournir : la loyauté à la loyauté (loyalty to loyalty). Ici, la loyauté dépasse l’aspect de constitution de la personne pour contribuer à la construction de la communauté humaine. Dans ce cadre, les loyautés présentent trois aspects : individuel, relationnel et communautaire, au sens universel. Elles se situent donc à l’intersection de l’ontologie et de l’éthique sans recouvrir l’une ou l’autre. Ce que Paul Ricœur écrivait à propos du thème de la disponibilité chez Gabriel Marcel peut s’appliquer à la conception de la loyauté de Royce. La catégorie du don marque le recouvrement l’une par l’autre de l’éthique et de l’ontologie. L’éthique de la disponibilité incline vers l’ontologie à la faveur de son lien avec la fidélité, comprise comme réponse à un don qui me précède. L’ontologie de l’être incline vers l’éthique dans la mesure où il peut être répondu au don par la trahison, le refus, l’« inespoir » (Ricœur, 1981).

Loyauté dans les thérapies familiales

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La notion de loyauté a été introduite dans le domaine des psychothérapies par des thérapeutes familiaux comme Ivan Boszormenyi-Nagy (1965, 1973) et Helm Stierlin (1977, 1979). Ces deux pionniers de la thérapie familiale, à la différence d’autres thérapeutes familiaux comme Selvini (1978), ne veulent pas rejeter l’héritage freudien, mais cherchent à le faire fructifier dans de nouvelles situations thérapeutiques. Ainsi, même si la notion de loyauté n’est pas une notion freudienne, on peut considérer que son introduction représente un élément pour maintenir l’héritage freudien dans la pratique des thérapies familiales.

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Ivan Boszormenyi-Nagy, psychiatre hongrois émigré aux États-Unis, distingue trois aspects des loyautés dans la vie familiale : les conflits de loyautés, le clivage de loyauté et les loyautés invisibles qui donnent le titre de son ouvrage le plus célèbre (1973). Selon lui, les conflits de loyauté sont inhérents à toute trame de loyauté. Il y a une rivalité entre deux parties que le sujet peut choisir : s’il choisit l’une, c’est au détriment de l’autre. C’est dans le temps que les conflits de loyauté ne se transforment pas en relation pathogénique : après avoir été loyal avec une partie, on peut être loyal à l’autre. Cela implique qu’il n’y a pas ou qu’il y a peu d’hostilité entre les deux parties. Dans le cas contraire, les conflits de loyauté peuvent être destructeurs. Le clivage de loyauté représente une situation plus lourde en potentialités pathogènes. Les loyautés sont clivées quand être loyal à une personne rend systématiquement déloyal à une autre. Cela arrive pour tout enfant dont les parents sont dans des rivalités ou des hostilités destructrices et qu’ils cherchent à accaparer l’enfant. Les loyautés invisibles, quant à elles, peuvent qualifier des comportements ou des actions apparemment déloyales à l’égard d’une autre partie, mais qui représente une façon détournée, voire la seule façon possible, d’exprimer sa loyauté.

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Les conflits et les clivages de loyauté ainsi que les loyautés invisibles peuvent avoir pour conséquences la parentification de l’enfant. L’enfant se retrouve dans des fonctions parentales envers ses parents ou l’un de ses parents. Dans ce cas, « l’enfant est appelé à donner plus que ne le voudraient son âge, sa maturation et le contexte social. Il peut s’agir d’une expérience tout à fait positive quand la reconnaissance des parents offre à l’enfant une possibilité de se valider. Par contre, si l’enfant reçoit un blâme ou si ses efforts ne sont pas reconnus, il peut se retrouver dans une impasse destructrice » (Le Goff, 1999).

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Maxime, âgé de 15 ans, en classe de 3e, vit seul avec sa mère, une femme isolée, en retrait de la société. Il vient consulter pour d’importants troubles du sommeil : il a des difficultés d’endormissement et se réveille au bout de deux heures ; il ne se souvient pas de ses rêves. La fatigue qu’entraîne cette insomnie a pour conséquence des moments d’absentéisme scolaire, sans atteindre ses résultats qui restent bons. Aux consultations, il tient absolument à la présence de sa mère. L’attitude de l’un envers l’autre prête immédiatement à la confusion des places, avec toute la souffrance engendrée ; ils se renvoient tantôt des reproches sévères, tantôt des échanges chaleureux. Pourtant, au domicile, ils se parlent à peine, se comprenant sans parler ; ils redoutent l’effondrement de leur entente tacite bien que coûteuse.

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Maxime présente une obésité importante ; il est suivi sans beaucoup de résultats par une équipe de diététique. Cela contraste avec l’aspect physique de sa mère, très maigre, qui ne cache pas qu’« elle a connu des périodes franchement anorexiques ». Elle donne l’impression d’être une petite fille boudeuse avec son énorme nounours !

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Maxime semble cependant timidement désireux de s’épanouir, son travail scolaire est bon, il a des amis. Finalement, on ne peut pas s’empêcher de se demander si la boulimie et l’obésité de l’un ne sont pas des manifestations de loyauté invisible envers l’autre et vice versa. En se nourrissant autant, Maxime ne nourrit-il pas sa mère, tout en acceptant son anorexie ? N’est-il pas en train, aussi bien pour lui que pour sa mère, de tenter des compromis valables à la recherche d’une issue de ce système destructeur de loyautés ? Bien entendu, la notion de loyauté invisible dans cette situation clinique n’épuise pas sa compréhension, car de nombreux autres éléments, comme les identifications projectives, le vécu abandonnique, les affects dépressifs interviennent, mais elle permet d’articuler les relations entre la mère et le fils sans les placer dans un conflit de loyauté qui risquerait de freiner les prises en charge.

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Avant même cet usage en thérapie familiale, des psychanalystes comme Anna Freud ou Winnicott ont utilisé à leur manière la notion de loyauté. En effet, la tradition britannique a toujours attaché une grande importance aux loyautés, notamment dans le contexte historique de l’après-guerre mondiale où, en Grande-Bretagne, la loyauté aux traditions, à la défense de la liberté et à l’indépendance avait pris une dimension de survie de la communauté. Des écrivains comme Graham Greene dans Le rocher de Brighton ou Georges Orwell dans La ferme des animaux et 1984, ont évoqué l’importance des loyautés comme déterminant majeur des actions des individus et des groupes.

Anna Freud et le conflit de loyauté

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Bien que n’étant pas un concept analytique freudien, la notion de loyauté n’a pas été ignorée par les psychanalystes, particulièrement par des psychanalystes de langue anglaise comme Anna Freud et Winnicott. Anna Freud a considéré le rôle des conflits de loyauté dans les thérapies de l’enfant. Winnicott s’est intéressé aux loyautés familiales et à la dynamique de ses loyautés dans la construction du self.

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Dans le normal et le pathologique chez l’enfant (1965), Anna Freud constate que toute situation thérapeutique peut induire un conflit de loyauté entre thérapeute et parents pour l’enfant. Si le thérapeute commence à réussir là où les parents ont échoué, l’enfant est pris dans un conflit difficile, car rapidement, l’attachement de l’enfant au thérapeute et à la thérapie le rend déloyal à ses parents. Les conséquences pour l’enfant ne doivent pas être méconnues, ni par les parents, ni par le thérapeute ou l’équipe thérapeutique. La tâche des parents consiste à aider le moi de l’enfant à surmonter les résistances et les périodes de transfert négatif sans abandonner l’analyse. L’analyste est sans recours si les parents manquent à cette tâche et s’ils se mettent du côté des résistances de l’enfant. En période de transfert positif, ils aggravent souvent le conflit de loyauté qui, invariablement, naît chez l’enfant à leur égard, à propos de l’analyste (A. Freud, 1965).

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Quand l’enfant commence à se sentir mieux, n’est-il pas en train de trahir ses parents en trouvant le thérapeute « meilleur » parent que ses parents ? C’est là une expérience quotidienne en psychiatrie de l’enfant. Mais l’ignorance de la notion de loyauté empêche de comprendre tous les enjeux de cette situation. La régression de l’enfant est trop souvent rapportée à ses résistances et, pire, aux manipulations et à la mauvaise volonté des parents face à la perte d’un « symptôme dont ils auraient besoin », ou à leur incapacité d’exercer leur autorité.

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En fait, toute thérapie place l’enfant, ses parents et le thérapeute dans une situation existentielle et éthique particulièrement difficile : si l’enfant donne plus d’attention et de créativité au thérapeute qu’à ses parents, s’il apparaît plus loyal au thérapeute qu’à ses parents, il peut se sentir coupable d’aller mieux et d’abandonner ses parents. Dans cette situation, le conflit de loyauté est un élément à ne pas sous-estimer. L’attitude des parents quand ils se montrent inquiets ou hostiles ne devrait pas toujours être rattachée à des spécificités psychiques ou sociales. Les conflits de loyauté renforcent la parentification de l’enfant et, par ailleurs, peuvent le conduire à interrompre sa thérapie au travers de passages à l’acte adressés à l’équipe thérapeutique. Il se sent obligé de dire « non » aux soignants pour ne pas dire « non » à ses parents qui restent les adultes de référence.

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Damien, 15 ans, est suivi en pédopsychiatrie depuis plusieurs années pour isolement, retrait social et des bizarreries. Après le divorce de ses parents, la garde a été accordée à la mère, car le père souffre d’un alcoolisme ravageant l’entraînant dans la marginalisation et la précarité. Malgré les conseils de son entourage de garder des liens lointains avec son père, il s’acharne à le contacter régulièrement, allant jusqu’à lui demander d’arrêter de boire comme cadeau d’anniversaire de ses 16 ans. Confronté à l’apathie et aux négligences de son père, il sollicite le pédopsychiatre pour soigner son père et déclare qu’après tout ira bien pour lui, laissant échapper une phrase énigmatique : « C’est un secret douloureux entre trois hommes ; moi, mon père et mon grand-père. » Les soignants s’inquiètent de l’attitude de Damien et y lisent une emprise du père et une fascination par apport à la déchéance. Cependant, comprendre la situation de Damien en termes de conflits de loyauté et de parentification comme conséquence de ce conflit permet de redéfinir la situation et de donner une nouvelle dynamique aux consultations avec Damien.

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Pour le thérapeute, il est important de porter la plus grande attention à la place de l’enfant dans la thérapie et à la nécessité de ne pas favoriser des déloyautés afin de ne pas susciter l’échec ou la régression ; c’est là un impératif éthique de premier plan. En effet le transfert, domaine intrapsychique, ne modifie pas la réalité des loyautés, domaine éthique et relationnel, et n’en libère pas l’enfant. Ce que décrivait Anna Freud est valable dans d’autres contextes comme l’école, les mesures éducatives, la protection de l’enfance et la justice des mineurs. Même quand des décisions sont prises dans l’intérêt objectif de l’enfant, les conséquences peuvent entraîner des conflits de loyauté si ces décisions disqualifient les parents, même de façon implicite.

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Mamadou, 8 ans, consultant pour retard scolaire, et son frère Abdou, 10 ans, ont été victimes de maltraitance physique de la part de leur mère, immigrée guinéenne. L’école avait signalé de traces des coups multiples. Devant le juge, la mère n’a aucunement nié les faits, les expliquant par son désarroi, exacerbé par sa solitude avec quatre enfants et la précarité de l’exil. La mise en place d’une aide éducative permet de sortir de l’impasse. Les enfants et la mère sont soutenus et en sont satisfaits. Cependant, les enfants crient à l’injustice, car le juge avait également condamné leur mère à leur verser des dommages et intérêts, ce qu’ils considèrent comme discréditant leur mère, qui reste pour eux l’adulte qui les soutient. Cette décision, pourtant prise dans l’intérêt des enfants, les place dans un conflit de loyauté.

Winnicott et les loyautés dans le groupe familial

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Dans un chapitre de Conversation ordinaire sur l’enfant dans le groupe familial, Donald Winnicott (1966) étudie la trame des loyautés et des déloyautés dans la famille. Pour lui, la famille représente l’environnement permettant à l’enfant de croître, d’évoluer et finalement de s’en séparer pour devenir un individu capable de dire « Je ». Il y a donc, dans le groupe familial, un réseau complexe de loyautés qui, en s’entrecroisant, offre plus que tout autre environnement, et, le plus souvent, avec moins de risque d’intolérance et de rejet, la possibilité d’expérimenter loyauté et déloyauté. Ainsi l’enfant peut aller vers le père en s’éloignant de la mère pour revenir vers elle si ses parents ne sont pas eux-mêmes dans un conflit de loyauté insoluble, sans pour autant perdre leur confiance et leur amour. Avec ses frères et ses sœurs, il peut découvrir les conséquences du monde des loyautés en l’expérimentant dans des disputes et des réconciliations. Ce réseau a tant d’importance qu’il se retrouve au centre d’une activité aussi essentielle pour l’enfant que le jeu. Dans les jeux, les enfants d’une même famille introduisent toutes les tensions liées à ce type d’expérimentation de la loyauté, y compris les tensions et les jalousies perçues par eux chez les adultes de leur entourage (Winnicott, 1966).

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Pour Winnicott, l’expérience des loyautés dans la famille est un facteur favorisant la maturation de l’enfant. Elle participe à l’émergence des capacités et des désirs d’investir le monde des adultes. Dans le monde réel où les enfants seront amenés à vivre lorsqu’ils seront adultes, toute loyauté implique son contraire, une déloyauté en quelque sorte, et l’enfant qui a eu la chance de connaître tout cela au cours de son développement est le mieux armé pour trouver sa place dans le monde (Winnicott, 1966). Dans cet article, Winnicott s’intéresse surtout à l’ambivalence des sentiments de loyauté. Pour lui, la maturation s’effectue par la séparation et la mise à distance : « Si on est soi-même, on est déloyal envers tout ce qui n’est pas soi » (Winnicott, 1966).

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Ainsi, « être seul en présence de quelqu’un » et la « capacité de sollicitude » ne représentent pas seulement des stades de maturation. Ce sont avant tout des expériences à la fois internes et relationnelles décisives pour la formation d’un Self authentique par la découverte de l’autre comme sujet de réciprocité qui peut être abordé sans être détruit et sans l’angoisse de le détruire. Ces expériences, quand elles se déroulent sous l’œil bienveillant des personnes essentielles pour l’enfant, confirment par la relation à l’autre, par la sollicitude réciproque, le sentiment d’être réel et la continuité d’être.

Implication de la notion de loyauté en consultation de pédopsychiatrie

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Pour le consultant, la prise en considération de la trame des loyautés ouvre de nouvelles possibilités fructueuses d’actions et de réflexions ; cela permet d’éviter les conflits et les clivages de loyauté et de donner de nouveaux sens à des « loyautés invisibles ».

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Parmi les éléments de cette démarche :

  • la question de la déloyauté en thérapie est primordiale. Cela peut être le conflit de loyauté entre parents et thérapeutes pour l’enfant (avec l’exigence éthique de ne pas endommager le lien parent-enfant, plus durable que le lien thérapeute-enfant) ou la déloyauté de chaque conjoint par rapport à sa famille d’origine, même s’il a rompu ou s’il considère ne plus rien devoir à « ces gens-là », ce qui a de multiples conséquences sur les enfants ;

  • comme l’ont souligné des thérapeutes familiaux (Boszormenyi-Nagy, 1973 ; Stierlin, 1977), c’est en tenant compte de trois générations qu’il est possible de prendre en considération les conséquences profondes des conflits de loyauté ;

  • traduire la fonction des symptômes et des comportements destructeurs ou pathologiques dans la trame des loyautés et pouvant prendre l’aspect de loyauté invisible ;

  • favoriser les mouvements de reprise de relation, car la prise en considération des loyautés et le rétablissement du dialogue permettent une plus grande liberté dans les relations ;

  • favoriser l’expression ouverte et créatrice des loyautés permet de se différencier sans subir les conséquences néfastes de comportements vécus par soi-même et par les autres comme expression de déloyauté.

Cette prise en considération n’est jamais incompatible avec d’autres orientations théoriques et permet de créer une « sécurité de base » pour l’enfant, ses parents et le consultant à l’égard du travail effectué en consultation.


Bibliographie

  • Boszormenyi-Nagy, I. ; Framo, J. 1965. Psychothérapies familiales, Paris, Puf, 1980.
  • Boszormenyi-Nagy, I. ; Spark, G. 1973. Invisible Loyalties: Reciprocity in Intergenerational Family Therapy, New York, Brunner-Mazel.
  • Boszormenyi-Nagy, I. ; Krasner, B. 1986. Between Give and Take, New York, Brunner-Mazel.
  • Erikson, E. H. 1968. Identity: Youth and Crisis, New York, Norton.
  • Freud, A. 1965. Le normal et le pathologique chez l’enfant, Paris, Gallimard, 1968.
  • Le Goff, J.-F. 1999. L’enfant, parent de ses parents, Paris, L’Harmattan.
  • Ricœur, P. 1981. Soi-même comme un autre, Paris, Le Seuil.
  • Royce, J. 1908. Philosophie du loyalisme, Paris, Aubier/Montaigne, 1946.
  • Selvini, M. ; Boscolo, L. ; Cecchin, G. F. ; Prata, G. 1978. Paradox and Counterparadox, New York, Aroson.
  • Stierlin, H. 1977. Psychoanalysis and Family Therapy, New York, Aronson.
  • Stierlin, H. 1979. Le premier entretien familial, Paris, Delarge.
  • Winnicott, D. W. 1966. « L’enfant dans le groupe familial », Conversations ordinaires, Paris, Gallimard, 1988.

Résumé

Français

Les loyautés familiales ont été abordées, d’une part, du point de vue des thérapies familiales par Boszormenyi-Nagy et Stierlin en termes de conflit de loyauté, de clivage de loyauté et de loyauté invisible, et d’autre part, du point de vue psychanalytique par Anna Freud et Winnicott. Un conflit de loyauté entre parents et thérapeutes peut avoir des effets négatifs, selon Anna Freud. Winnicott examine la trame des loyautés familiales et leur importance pour la maturation de l’enfant. Plusieurs vignettes cliniques montrent que la dynamique des loyautés ne doit pas être négligée dans la consultation de pédopsychiatrie.

Mots-clés

  • loyauté
  • conflit de loyauté
  • consultation en pédopsychiatrie

English

On the one hand family loyalties have been approached on the family therapy side by Boszormenyi-Nagy and Stierlin in terms of conflicts of loyalty, loyalty cleavages and invisible loyalties. On the other hand, they have been approach on the psychoanalytical side by Anna Freud and Winnicott. According to Anna Freud a conflict of loyalty between parents and therapists could have some negative effects. Winnicott studies the family loyalties frame and its importance for the child’s maturation. Many clinical thumbnails show that loyalties dynamics must not be neglected in the pedopsychiatric consultation.

Keywords

  • loyalty
  • conflicts of loyalties
  • pedopsychiatric consultation

Plan de l'article

  1. Un point de vue philosophique : les loyautés comme principe d’unité
  2. Loyauté dans les thérapies familiales
  3. Anna Freud et le conflit de loyauté
  4. Winnicott et les loyautés dans le groupe familial
  5. Implication de la notion de loyauté en consultation de pédopsychiatrie

Pour citer cet article

Al Allo Nahla, « L'influence des loyautés familiales en consultation de pédopsychiatrie », Enfances & Psy, 3/2012 (n° 56), p. 90-97.

URL : http://www.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2012-3-page-90.htm
DOI : 10.3917/ep.056.0090


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