Entreprises et histoire 2011/4
Entreprises et histoire
2011/4 (n° 65)
148 pages
Editeur
I.S.B.N. 9782747218931
DOI 10.3917/eh.065.0137
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Vous consultezHommage

Terushi Hara (1943-2011)

AuteurPatrick Fridenson du même auteur


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Terushi Hara aurait été heureux qu’on parle de lui dans un numéro de cette revue tout entier consacré à l’histoire de l’enseignement de la gestion et notamment au Japon : historien, il avait fait l’essentiel de sa carrière à la Faculté de Commerce de l’Université Waseda à Tokyo.

2 T. Hara était originaire de la région montagneuse de Matsumoto. Grâce à une énergie devenue proverbiale, à un apprentissage réussi de deux langues étrangères : le français et l’anglais, à ses travaux et son enseignement, il avait grimpé tous les échelons de la carrière universitaire dans cette prestigieuse université privée de Tokyo. Tout en restant le même : un homme direct, jovial, avec un humour décapant, ponctué par sa fine moustache, passionné par l’enseignement et les rapports avec les étudiants, exprimant par de multiples questions une curiosité très vaste, et toujours soucieux de garder le contact avec la nature. Son site arborait sa devise : « la poursuite de la vérité par les études historiques ».

3 Dans ses recherches, T. Hara avait d’abord été un des pionniers de la redécouverte des questions coloniales, grâce à sa maîtrise d’histoire à l’Université Paris IV sous la direction de François Caron puis à sa thèse de gestion à Waseda, l’une et l’autre consacrées aux investissements ferroviaires français en Algérie au XIXe siècle. Il avait ensuite mené d’autres recherches sur la France au XXe siècle, consacrées à la quête de la productivité au miroir de l’Amérique, au temps de l’introduction du taylorisme puis à celui des missions aux Etats-Unis. Il s’était aussi consacré aux relations économiques et techniques entre firmes françaises et japonaises dans différentes branches tout au long du XXe siècle. A ses recherches personnelles il avait joint la rédaction de plusieurs volumes de synthèse sur le capitalisme français et la direction ou codirection d’ouvrages collectifs sur les cartels internationaux, sur les investissements étrangers directs du Japon et l’interdépendance économique de l’Asie, sur les rapports entre les industries japonaise et allemande, et d’un numéro spécial de revue sur l’américanisation de l’Extrême-Orient. Il avait également traduit en japonais deux livres d’historiens français.

4 Les activités collectives étaient devenues une des spécialités de notre ami. Il avait été ainsi le délégué à la formation continue de son université. Il avait participé à ce grand moment de transformation de l’histoire des entreprises japonaise et occidentale qu’ont été les réunions annuelles de la Fuji Conference et y avait invité beaucoup d’historiens français. Organisateur sans pareil de colloques et de sessions de conférences, il avait aussi exercé des responsabilités dans quantité de sociétés savantes : la Société franco-japonaise de gestion, la Société franco-japonaise d’histoire, la Japan Railway History Society, la Japan Socio-Economic History Society, la Japan Business History Society. Il faisait partie des correspondants étrangers de notre revue depuis son premier numéro en avril 1992.

5 Un accident du travail survenu dans son bureau a arrêté l’essor de ses activités, et a peu à peu transformé sa vie en souffrance.

6 Terushi Hara n’avait que des amis en France. Je suis heureux d’avoir été l’un d’eux depuis quarante ans. Et d’avoir enseigné un semestre avec lui sur la France et la construction européenne comme d’avoir réalisé grâce à lui les trois premiers colloques franco-japonais d’histoire des entreprises.

7 Le Comité de rédaction de la revue exprime sa profonde sympathie à sa femme et à leur fils Ftoshi.

 

POUR CITER CET ARTICLE

Patrick Fridenson « Hommage », Entreprises et histoire 4/2011 (n° 65), p. 137-137.
URL :
www.cairn.info/revue-entreprises-et-histoire-2011-4-page-137.htm.
DOI : 10.3917/eh.065.0137.