2007
Espace géographique
Lectures
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Le corps, objet central des Feminist Geographies
Longhurst R. (2000). Bodies. Exploring fluid boundaries. Londres, New York : Routledge, 176 p. Moss P., Dyck I. (2002). Women, body illness. Space and identity in the everyday life of women with chronic illness. New York : Rowman an Littlefield Publisher, 244 p. Nelson L, Seager J. (2004). A Companion to Feminist Geography. États-Unis : Blackwell, 640 p.
Parmi les objets dont la géographie s’est emparée il y a peu, le corps fait figure de tard venu. Il est apparu au début des années 1990 au sein de la géographie féministe anglophone, et trois ouvrages fournissent une idée assez représentative de cette approche des relations entre corps et espace. Ces auteur(e)s ont en commun de dépasser une définition qu’ils présentent comme figée du corps, marquée par les dualismes de la pensée rationaliste occidentale tels que les oppositions corps-esprit, homme-femme, santé-maladie ou intérieur-extérieur. Leur approche se veut plus dynamique : le corps y est conçu comme un objet plastique et malléable, susceptible d’être soumis à des réinscriptions sociales et spatiales permanentes.
L’ouvrage de R. Longhurst (université de Waïkato, Nouvelle-Zélande) a pour objectif d’explorer certains recoins oubliés de la géographie et l’auteure questionne la place du corps sous ses aspects les plus triviaux. Son utilisation de la notion de « fluidité » est représentative d’une démarche qui articule sans les hiérarchiser les dimensions matérielles et discursives de la réalité. La « fluidité » est définie à la fois comme une rupture des limites entre l’intérieur et l’extérieur du corps, et comme une remise en cause des frontières entre les sphères intimes et publiques ; ainsi le corps et l’espace ne méritent ni d’être séparés par la pensée, ni considérés comme des entités stables. L’auteure met en scène cette conception à travers trois études de cas : celui du corps de la femme enceinte dans l’espace public, tiraillé entre représentations pathologiques et représentations bienveillantes ; celui des hommes dans les toilettes et la salle de bains, espaces intimes que le corps habite ; celui enfin des codes vestimentaires que les cadres adoptent dans les Central Business Districts pour, comme le montre très bien l’auteure, exprimer un souci de contrôle du corps. Ce faisant R. Longhurst repousse les limites même de la discipline, en posant les bases d’un questionnement sur la place du corps dans l’espace géographique, et faisant place à ce qui est volontiers perçu comme intime, sinon abject.
L’ouvrage de P. Moss (université Victoria, Canada) et de I. Dyck (université de Colombie Britannique, Canada) traite également de cette inscription spatiale des corps. C’est aussi l’une des premières recherches géographiques associant les problématiques féministes à celles de la santé. Les auteures ont choisi de travailler sur les espaces quotidiens et la construction de l’identité des femmes atteintes de maladies chroniques (syndrome de fatigue chronique et rhumatisme arthritique). Les quatre premiers chapitres présentent un cadre conceptuel très solide dans lequel elles articulent un ensemble de concepts « issus de leur propre immersion dans les récits des femmes atteintes de maladies chroniques » (p. 58). Elles mettent l’accent sur l’analyse de la matérialité et de trois réalités dont elles montrent qu’elles se construisent mutuellement : l’espace, le corps et la maladie. Pour ce faire, elles partent de deux postulats symétriques : « le corps n’est jamais une entité individuelle mais doit toujours être envisagé dans un contexte » (p. 52) et l’espace est « incorporé ».
Une des originalités de ce travail réside dans sa méthodologie – à base de traitement qualitatif d’entretiens – et dans l’implication des deux auteures, l’une d’entre elles vivant l’expérience de la maladie chronique. L’enchaînement des chapitres cherche à refléter le déroulement de la maladie : ils commencent tous par un prologue qui met en scène un personnage fictif, Patience, atteinte d’une maladie chronique ; puis, ils rendent compte, tour à tour, du corps déstabilisé par les premières manifestations de la maladie, des effets du diagnostic médical sur les représentations du corps des femmes et des conséquences des fluctuations de la maladie sur les comportements sociaux et spatiaux des femmes concernées. Ce « corps chaotique » nécessite un ajustement permanent des routines quotidiennes. Ces femmes vivent à la fois une « présence de l’absence » (due aux nombreux manques par rapport à leur vie antérieure à la maladie) et une « absence de présence » (elles ne peuvent plus être présentes à leur propre vie). Elles doivent restructurer, re-connaître et ré-apprendre tant leur environnement (professionnel, médical et domestique) que leur corps, reconfigurant ainsi leur propre spatialité.
Bien qu’il ne constitue qu’un des cinq thèmes de recherche qu’il privilégie, l’ouvrage dirigé par L. Nelson (université de l’Oregon, USA) et J. Seager (université d’York, Toronto, Canada) affirme d’emblée que « le corps est la pierre de touche de la géographie féministe » (p. 2). Et, en effet, une place de choix lui est réservée dans cet ouvrage. Il est traité de façon transversale puisque de nombreux chapitres l’abordent plus ou moins directement. Entre autres, on peut citer R. Silvey qui prend le « corps migrant » comme point de départ de ses analyses sur les études féministes des migrations (chap. 10). De même, V. Preston et E. Ustundag montrent que la présentation des corps dans l’espace de la cité est régulée par les médias : elles donnent pour exemple le cas de l’instrumentalisation des images de femmes voilées après le 11 septembre 2001 (chap. 15). Enfin, au chapitre onze consacré aux géographies politiques féministes, E. Kofman propose d’étudier le corps comme échelle d’analyse et de mettre en rapport corps, pouvoir et espace.
Le corps est également abordé comme objet spécifique de la géographie féministe puisque la partie quatre lui est entièrement dédiée. Après une présentation générale, quatre chapitres sont consacrés à des recherches originales. T. Dirsuweit examine le cas d’une prison de femmes sud-africaines et démontre que « le genre et la sexualité dans les prisons se développent à l’intersection entre les pratiques disciplinaires étatiques, l’économie carcérale, et les stratégies de résistance des prisonnières » (p. 351). Puis, K. Agot décrit les politiques d’interventions contre le SIDA au Kenya. Elle dénonce l’inefficacité des campagnes de prévention due pour partie à l’indifférence affichée à l’égard des représentations sociales du corps de la femme. Ensuite, R. Mohammad s’appuie sur l’exemple des femmes pakistanaises musulmanes en Grande-Bretagne pour analyser le rôle des vêtements et de la mise en scène corporelle dans l’affirmation d’une identité collective distincte. Enfin, le dernier chapitre traite des constructions sexuées de l’espace : J. Kaur Puar analyse comment la globalisation participe de la définition de la « spatialité gay et lesbienne » à Trinidad. Ainsi, la diversité de ces articles illustre « qu’au sein de la théorie féministe contemporaine, “le corps” ne constitue pas une position unique, ni une échelle spécifique ; mais qu’il est envisagé comme un concept qui regroupe une multitude de terrains matériels et symboliques, certains situés aux interstices de l’exercice du pouvoir sous diverses formes » (p. 2).
À travers ces trois ouvrages se dessine un champ disciplinaire particulier et une manière spécifique d’appréhender le corps comme objet de recherche. Ces géographes ont en commun de s’inspirer explicitement de travaux féministes (J. Butler, G. Rose, E. Grosz…), de proposer une définition plurielle, très spatialisée, du corps, et d’afficher de grandes exigences en matière de méthodes qualitatives, notamment de traitement et d’utilisation des entretiens. Les auteur(e)s tendent aussi à mettre en scène une expérience personnelle de leur sujet (grossesse, maladie, appartenance à la communauté étudiée…). Leur posture est toujours soigneusement décrite et analysée comme préalable à la présentation de la recherche. Ils-elles reconnaissent ainsi que le savoir construit ne peut faire l’économie de la subjectivité voire de l’affectivité inhérentes au rapport à l’objet de recherche. Ces quelques caractéristiques sont révélatrices d’une curiosité thématique assortie d’une position épistémologique, toutes deux méconnues dans le monde francophone, mais potentiellement porteuses d’un projet pour l’ensemble de la discipline : promouvoir un savoir incarné, et glisser d’une « géographie du corps » à une « géographie incarnée ».— Anne Fournand, université de Genève
Suisse, le mal de ville
Salomon-Cavin J. (2005). La Ville mal aimée. Représentations anti-urbaines et aménagement du territoire en Suisse : analyse, comparaisons, évolution. Lausanne : Presses polytechniques et universitaires romandes, coll. « Logiques territoriales », 238 p.
« En Suisse, d’une façon générale, on n’aime pas l’urbain » (Leresche, 1995), reprend l’auteur dans sa conclusion, alors qu’en 2000, la majorité de la population suisse (73,3 %) habite et travaille dans les agglomérations suisses. L’ouvrage ainsi présenté par J. Cavin-Salomon issu d’une thèse soutenue en 2003, décrit, identifie et met en exergue la prégnance de l’hostilité à l’égard de la grande ville en Suisse et son influence sur la manière de concevoir l’aménagement du territoire.
À l’aide d’une investigation historique à l’échelle de la Confédération sur plus de 200 ans, l’auteure étudie dans un premier temps (chapitres 1 et 2) le contexte fortement et résolument anti-urbain dans lequel apparaît et se développe l’aménagement du territoire en Suisse à travers l’analyse de la construction du mythe du village suisse, dès la fin du xviiie siècle ; elle dégage des figures archétypales du discours anti-urbain, ce qu’elle appelle « un modèle global de référence pour la critique de la ville en Suisse », ainsi que leur contexte d’émergence.
Loin du Sonderfall Schweiz, faisant allusion au destin bien particulier de la Suisse dans la communauté européenne, l’auteure montre dans un deuxième temps (chapitres 3 et 4), qu’en matière de représentations anti-urbaines, la Suisse n’est pas un cas isolé en Europe (Angleterre, Italie, Allemagne, France). Reste qu’en Suisse tout de même, jusqu’au début des années 1980, la « ville » n’existe pas. Révélatrice de cette forte hostilité, la loi fédérale sur l’aménagement du territoire de 1979 ne mentionne pas le terme de ville et l’auteure, citant François Walter, rappelle que « la plupart des Suisses sont encore convaincus de vivre dans un pays où les villes figurent comme des exceptions ».
Prenant ensuite comme exemple la ville de Lausanne, « ville mal aimée » (chapitre 5), l’auteure analyse les représentations négatives récurrentes, tout comme les relations difficiles, en matière d’aménagement régional et cantonal, avec sa région environnante (composant aujourd’hui son agglomération) et le canton. Finalement (chapitre 6), en partant du contexte urbain actuel de renforcement du poids des cinq grands centres urbains suisses, l’auteure décrit les temps forts du retour à la ville, et la prise en compte progressive de la ville dans la politique fédérale, pour conclure (chapitre 7) sur les représentations de la Suisse urbaine, « entre ubiquité et absence » : « vers une Suisse urbaine loin du consensus ».
Cet ouvrage original, extrêmement intéressant et richement documenté, souffre peut-être de quelques défauts, liés sans aucun doute à son ouverture sur un sujet encore insuffisamment développé. Notamment vis-à-vis de ce que l’auteure nomme les « dimensions du retour à la ville ». Soyons prudents en effet, sur cette terminologie qui renvoie plus à l’idée d’un « back to the city », c’est-à-dire à cette tendance récente d’un retour au centre ville d’une certaine catégorie de population lasse d’être périurbaine, qu’à une prise de conscience progressive de l’entité ville, prenant place à côté du traditionnel village suisse.
Le choix de la ville de Lausanne pourrait également être discuté, dans la mesure où son contexte local spécifique, nourri d’hostilité urbaine depuis plus d’un siècle, l’isole finalement de la réalité contemporaine des autres grands centres urbains suisses, moins en prise avec ce contexte spécifique finalement assez localisé.
Quoiqu’il en soit, cet ouvrage sur ce sujet, largement méconnu, du lien entre les idéologies anti-urbaines et les politiques d’aménagement du territoire est passionnant en même temps que remarquable par son originalité.— Béatrice Bochet, université de Lausanne
Le regard des Suisses sur leurs agglomérations
Kübler D. (2005). La Métropole et le citoyen. Les agglomérations urbaines en Suisse vues par leurs habitants. Lausanne : Presses polytechniques et universitaires romandes, coll. « Logiques territoriales », 166 p.
À son tour, la Suisse se préoccupe, dans le cadre de l’élaboration de ses politiques publiques, du l’hiatus croissant entre territoires fonctionnels et territoires institutionnels, et de l’ajustement des modalités de gestion des espaces urbains aux exigences démocratiques.
De fait, préparé dans le cadre du vaste programme de recherche prioritaire « Demain la Suisse », mis sur pied par le Fonds national de la recherche scientifique, le court ouvrage proposé par le politologue Daniel Kübler a le triple mérite de poser le problème en termes particulièrement clairs. Il parvient à viser juste et large, en dépassant le problème classique qui a trop longtemps tourné autour des seules questions d’efficacité et d’équité dans l’allocation des ressources publiques et la gestion des services, pour s’intéresser aux implications en matière de légitimité et de citoyenneté démocratiques. La recherche étudie les représentations que se font les habitants-usagers-citoyens de leurs liens avec leur agglomération et les dispositifs de gestion mis en place. Et ce, à partir d’une enquête systématique sur quatre agglomérations helvétiques : Zurich, Lausanne, Lucerne, Lugano. Quatre domaines faisant l’objet d’une actualité pressante en Suisse ont été étudiés : l’approvisionnement en eau potable, les transports publics d’agglomération, les services socio-médicaux pour consommateurs de drogue, les équipements culturels urbains. L’occasion au passage pour l’auteur de présenter, avant d’entrer dans le débat théorique et les analyses empiriques, l’évolution de l’armature urbaine suisse, les structures institutionnelles et la différenciation sociopolitique de ces agglomérations.
L’apport méthodologique est modeste, réduit à une présentation très classique et non critique des questionnaires téléphoniques et des résultats des analyses en composantes principales, de variance et des régressions linéaires multiples. En revanche, on appréciera la manière, tout à fait originale cette fois, dont chaque chapitre associe un ensemble d’hypothèses explicites à un contenu spécifique à l’habitant (rapporté à l’identité territoriale, et à l’appropriation matérielle, cognitive et affective de l’agglomération par les individus qui y vivent), à l’usager (du point de vue de son appréciation de la performance et de la qualité des services urbains), au citoyen (dans son rapport aux autorités locales, aux liens de la communauté à l’agglomération, dans ses pratiques démocratiques). Restait alors à tenter de jauger l’attitude de la population envers d’éventuelles réformes et de dresser le bilan théorique et pratique. L’auteur s’y prête avec beaucoup de prudence. L’un des résultats essentiels est cependant la découverte,– même dans ce pays de démocratie semi-directe où tout un chacun est constamment appelé à se prononcer en matière de politique publique –, de la faible visibilité pour les intéressés des dispositifs existants pour résoudre les problèmes d’agglomération et du fait que la majorité de la population (des sondés ?) dans les agglomérations n’a pas conscience qu’il existe déjà des réponses aux enjeux d’agglomération. D’où l’importance du travail de sensibilisation que rend possible ce travail.— Jean-Bernard Racine, université de Lausanne
Perspectives russes
Cabanne C., Tchistiakova E., (2005). La Russie, perspectives économiques et sociales. Paris : Armand Colin, coll. « U Géographie », 304 p.
Cet ouvrage est la deuxième édition, actualisée, d’un manuel publié en 2002. Après un premier chapitre un peu fourre-tout où sont présentés en 22 pages les ressources naturelles, le relief, le climat, mais aussi la guerre en Tchétchénie et la reprise en main des régions par le pouvoir central, les auteurs s’attachent, dans une série de chapitres thématiques (intitulés « Population », « Société et niveau de vie », « Problèmes généraux de l’économie », « Ressources énergétiques », « Agriculture », « Finances », etc.), à décrire les principaux traits de l’évolution économique et sociale de la Russie.
Première déception : on cherche en vain une problématique géographique, une vision de l’évolution du territoire. De fait, ce manuel est dans le droit fil des ouvrages descriptifs et non problématisés proposés naguère aux candidats à l’agrégation et au Capes. Rien n’est vraiment faux, naturellement, dans les chiffres cités, et l’on pourra glaner au fil des pages des tableaux réutilisables. Mais en quoi cette compilation rapide, plus ou moins heureusement commentée, de « faits » socio-économiques est-elle un manuel de géographie, comme le laisse entendre sa parution dans la collection « U Géographie » ?
Autre défaut, et non des moindres : l’absence de recul analytique. On retrouve la présentation caractéristique de la première édition de cet ouvrage : les éléments factuels et les statistiques proposés au lecteur ne sont jamais réellement interprétés. On crédite volontiers les auteurs de leur souci de présenter des données issues des dernières livraisons de l’Office statistique russe, mais ils en restent là. Remettre en perspective ces données, éventuellement s’interroger sur leur validité et leur degré de pertinence pour pouvoir en extraire le maximum, voilà un travail qui n’est pas fait. Quand on parle d’emploi par exemple, on ne peut se contenter de paraphraser le contenu des tableaux de l’Office fédéral. Et quand, au hasard des pages, les auteurs corrèlent imprudemment l’évolution démographique avec les fluctuations économiques (p. 33, la crise financière d’août 1998 est mise en avant pour expliquer la dégradation du solde naturel en 1999), ils proposent une interprétation pour le moins légère. De chapitre en chapitre, le lecteur sursaute à tel ou tel énoncé imprudent, voire erroné. Il serait fastidieux d’en faire un répertoire. Comment peut-on, au début d’un passage sur le fait religieux, décréter que « le peuple russe est profondément mystique » (p. 59) ? Est-on encore dans l’exposé méthodique des faits, des interprétations – ou des hypothèses – qui devrait caractériser un ouvrage universitaire ?
La question des sources est également problématique. Outre des annuaires statistiques officiels, les références mentionnées en fin d’ouvrage sont pour l’essentiel des bulletins d’information institutionnels et des journaux de grande diffusion (Kommersant, Moscow Times, etc.). Quant à la bibliographie, elle est très lacunaire : une vingtaine d’ouvrages seulement, et seulement huit articles de recherche : sept des auteurs eux-mêmes (pour l’essentiel issus des Cahiers nantais et de Norois) et un article isolé de Jacques Sapir. Visiblement, les auteurs n’ont pas utilisé les travaux – nombreux et de tous horizons disciplinaires – publiés en russe, en français ou en anglais, sur les transformations du pays. Ceci conduit à s’interroger sur leur connaissance de ces travaux et des débats acharnés qui ont agité les milieux de la recherche. Un ouvrage fort décevant au total.— Denis Eckert, CNRS Toulouse