Espaces et sociétés
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I.S.B.N.2749203244
264 pages

p. 199 à 214
doi: en cours

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II. Hors dossier

no 119 2005/1

Patrimoine et conflits sociaux : l’exemple de la défense de la montagne minière de Potosi, Bolivie

Pascale Absi
Contrairement à ce que suggère le concept universalisant de Patrimoine de l’humanité, dans les faits, le patrimoine n’existe jamais que dans des appropriations et des configurations sociales et historiques particulières. Ces dernières sont elles-mêmes traversées par des clivages qui divisent les populations concernées, à l’heure de définir où commence et où finit l’injonction du patrimoine. En raison de son histoire coloniale, le site minier de Potosi a été déclaré Patrimoine de l’humanité en 1987. L’usage fait de ce titre, par une partie de la population pour s’opposer à sa mise en exploitation massive, et la relégation des enjeux économiques et politiques du débat sont ici l’occasion de s’interroger sur les tensions et les écueils qui surgissent de la confrontation entre la vocation universalisante et publique du patrimoine et les intérêts particuliers des acteurs sur le terrain.Mots-clés : patrimoine industriel, mines, conflits sociaux, Potosi, Bolivie. The concept of « Mankind Heritage » is universal and abstract. It really exists only in specific social and historical contexts. These contexts give birth to conflicts dividing the population on the size and scope of what must be protected. As a witness of colonial history, the Potosi mine became « Mankind Heritage » in 1987. A sector of the population takes advantage of this prestigious title to refuse a large-scale exploitation of the site, without paying attention to economic and political issues. This example shows tensions and obstacles between local private interests and the universal and public characters of a patrimonial heritage.Keywords : Potosi, Bolivia, industrial patrimony, mine, social conflict. Contrariamente a lo que sugiere el concepto « universalizador » de « Patrimonio de la Humanidad », en los hechos, el patrimonio solo existe dentro de apropiaciones y configuraciones socio-históricas particulares. Estas se caracterizan por discrepancias que dividen las poblaciones a la hora de definir donde empieza, y donde acaba, la autoridad del patrimonio. Debido a su pasado colonial, el sitio minero de Potosí fue declarado « Patrimonio de la Humanidad » en 1987. Un sector de la población hace uso de ese título para oponerse a la explotación a grán escala de los yacimientos mineros, eliminando, de esta manera, los factores económicos y políticos que están en juego. Esta situación brinda la oportunidad de reflexionar sobre las tensiones y los problemas que surgen de la confrontación entre la vocación universal y pública del patrimonio y los intereses particulares de los actores locales.Palabras claves : patrimonio industrial, minas, conflictos sociales, Potosi, Bolivia.
• Le « non » de Potosi au projet de la comibol
• Le Cerro Rico, âme de Potosi et de l’Amérique latine
• La défense du Cerro Rico, catalyseur des conflits entre Potosi et l’État bolivien
• La relégation de la dimension industrielle de la montagne
• Entre le marteau et le patrimoine : la position inconfortable des mineurs coopérateurs
• L’unesco au service de la muséographisation du Cerro Rico
• En guise de conclusion
• Références bibliographiques


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