2001
Essaim - REVUE DE PSYCHANALYSE
Torsions : du modernisme au baroque
Denise Maurano
Marco Antonio Coutinho Jorge
L’entrée de la psychanalyse au Brésil
C’est pendant les années vingt que le mouvement psychanalytique a
surgi au Brésil, à la même période que le début du modernisme, dont les participants ont organisé la Semaine d’art moderne à São Paulo en 1922, cent ans
après l’indépendance du pays. Les mêmes personnes fréquentent les deux
mouvements. Malgré le but du mouvement moderniste de réaliser une lecture
anthropophagique de la culture européenne, l’entrée de la psychanalyse au
Brésil a été marquée par la fascination exercée par une pensée tout à fait nouvelle, celle de Freud.
Cette période de l’entre-deux guerres est une période de transformation
philosophique, esthétique et sociologique profonde. Il y a un grand changement de coutumes, concernant surtout la place de la femme dans la société.
Comme Cláudia Boddin l’a observé, la psychanalyse et le cinéma font leur
entrée lors de l’expansion bourgeoise et de la consolidation du capitalisme
[1].
Maintes difficultés rencontrées par la psychanalyse sont dues au fait qu’elle
arrive en même temps que la médecine organiciste. De ce fait, la psychanalyse
est mieux acceptée par les médecins non psychiatres et quelques intellectuels.
Durval Bellegarde Marcondes ( 1899-1981) a été probablement le premier
psychanalyste du Brésil. Devenu médecin en 1924, il s’est très tôt intéressé à
la psychanalyse. C’est à la lecture d’un article publié dans le journal
Folha de
São Paulo le 20 mars 1919, à propos d’un cours fait par Franco da Rocha à la
Faculté de médecine de São Paulo qu’il entend parler de Freud pour la première fois. Ensuite il s’abonne à l’
International Journal of Psychoanalysis, dont le
premier numéro a paru en 1920, et commence à exercer la psychanalyse en
autodidacte. Sa thèse,
Le Symbolisme esthétique dans la littérature. Essai d’orientation pour la critique littéraire basée sur la connaissance fournie par la psychanalyse
[2], a été écrite, en 1926 à l’occasion d’un concours pour devenir professeur
dans un lycée de São Paulo. Après sa publication, le volume a été envoyé à
Freud qui, à la surprise de son auteur, a répondu. Leur correspondance commence à ce moment.
Un an plus tard, Duval Marcondes fonde la Sociedade Brasileira de Psicanálise, première institution psychanalytique d’Amérique latine. L’acte de fondation inclut les psychiatres Franco da Rocha et Osório César, et deux
modernistes très actifs : Menotti Del Picchia et Cândido Motta Filho, ainsi que
d’autres intellectuels et médecins importants, parmi lesquels Raul Briquet,
considéré comme un des hommes les plus cultivés de son époque. En 1928, il
crée la Revista Brasileira de Psicanálise (fig. 1), dont un seul numéro paraîtra.
Elle ne reparaîtra qu’en 1967, annonçant la grande expansion de la psychanalyse des années soixante-dix au Brésil. Ce numéro de 1928 a été envoyé à
Freud, qui a répondu tout de suite en disant qu’il avait acheté une grammaire
brésilienne et un dictionnaire allemand-portugais afin de pouvoir lire lui-même cette revue pendant les vacances.
Marcondes a été également le fondateur du premier cours de psychologie
au Brésil, à l’université de São Paulo. Il est fort remarquable que ce soit un
psychanalyste qui ait fondé le premier cours de psychologie dans le pays, surtout si l’on pense à l’importance de l’espace occupé par la psychanalyse à
l’université brésilienne dans l’actualité, comme l’a souligné Élisabeth Roudinesco dans son récent ouvrage
Pourquoi la psychanalyse ? : « Il est certain que
les pays latino-américains (le Brésil et l’Argentine, notamment) sont aujourd’hui à l’avant-garde de la renaissance du freudisme, du fait d’abord de la
puissance particulière des départements de psychologie installés dans les universités, lieux où l’on privilégie l’enseignement de la psychanalyse au détriment des autres disciplines
[3]. » En effet on voit surgir dans le cadre
universitaire brésilien contemporain plusieurs travaux rigoureux sur les questions les plus actuelles de la clinique psychanalytique, comme les toxicomanies et les psychoses, aussi bien que sur des sujets sociaux importants, tels les
rapports de la psychanalyse avec la criminologie, la question des enfants
abandonnés, etc.
Durval Marcondes a beaucoup travaillé pour obtenir l’insertion de l’institution psychanalytique brésilienne dans le cadre international. Il a finalement réussi à le faire en invitant Adelheid Koch, psychanalyste allemande qui
est devenue la première psychanalyste didacticienne au Brésil. Ainsi l’institution a définitivement été reconnue par l’IPA en 1951 au Congrès d’Amsterdam.
Même si en 1928 Marcondes a invité Juliano Moreira à fonder à Rio de
Janeiro une section de la Sociedade Brasileira de Psicanálise, et si diverses tentatives ont été faites pour amener des analystes didacticiens à Rio, y compris
Daniel Lagache, ce n’est qu’en 1947 que l’Instituto Brasileiro de Psicanálise sera
fondé à Rio. C’est seulement après la Deuxième Guerre mondiale qu’il se
trouve un analyste, Mark Burke, juif polonais naturalisé anglais, disposé à
s’installer à Rio pour prendre en analyse dix médecins.
Dix mois plus tard, Werner Kemper, un analyste allemand reconnu par
l’IPA, débarque à Rio de Janeiro avec sa femme Anna Kattrin Kemper et ses
trois enfants. Kemper avait accepté des postes importants sous le régime nazi.
Comme d’habitude, les divergences au sein de l’institution ne tardent pas
à se faire jour : Kemper commence à accepter en analyse didactique des non-médecins, contrairement à Burke qui ne prend comme candidats à la formation psychanalytique que des médecins. Dans le même temps, un groupe
d’analystes qui était parti auparavant pour faire sa formation en Argentine
commence à revenir à Rio et introduit le kleinisme. Ce groupe va s’allier à
Burke.
En un court laps de temps, deux sociétés psychanalytiques rivales se sont
installées avec des perspectives de travail différentes : en 1955, le groupe de
Kemper est reconnu par l’IPA comme Sociedade Psicanalítica do Rio de Janeiro. En
1959, Burke fonde la Sociedade Brasileira de Psicanálise do Rio de Janeiro. Ils se
nommaient respectivement « freudiens » et « kleiniens ».
Burke quitte le pays précipitamment et quelques années après, en 1967,
Kemper fait de même en laissant femme et enfants. Malgré les critiques, ce
dernier avait nommé analyste sa femme Kattrin Kemper, qui était graphologue. Elle devient membre de la SPRJ et un an après le départ de son mari,
selon Boddin, elle sort de la Société et fonde avec son analysant Hélio Pellegrino, l’Instituto Brasileiro de Psicanálise, en dehors de l’IPA. Cet institut s’est
appelé plus tard Círculo Brasileiro de Psicanálise et est à l’origine du Círculo Psicanalítico do Rio de Janeiro.
Mais le mouvement de psychanalyse à Rio ne se réduit pas à ce qui se
passe à l’IPA. Dominício Arruda Câmara, qui avait fait son analyse aux États-Unis, même s’il a favorisé l’installation de l’IPA à Rio, n’a bizarrement pas
réussi à obtenir la reconnaissance de l’IPA. Mais cela ne l’a pas du tout empêché de travailler activement en tant qu’analyste jusqu’à sa mort. Il recevait des
clients chez lui, parfois au grand air, dans le jardin de sa maison à Alto da Boa
Vista. Il est resté en dehors des institutions, même celle que sa femme, Iracy
Doyle, a fondée en 1953 à Rio de Janeiro, l’Instituto de Medicina Psicológica. Elle
aussi avait fait sa formation aux États-Unis, et pensait la psychanalyse hors de
l’IPA, aspirant à des articulations avec l’anthropologie, la sociologie et la psychiatrie.
Un autre analyste important pour l’entrée de la psychanalyse à Rio a été
Décio Soares de Souza, qui est parti à Londres pour faire sa formation à l’IPA.
Il est rentré en 1954 à Rio, et a constitué un Grupo de Orientação Infantil à l’Universidade de Medicina do Rio de Janeiro, apportant des contributions sur la
psychanalyse de l’enfant, des adultes et des psychotiques. Nous n’avons pas
de renseignements sur les motifs de son expulsion de la SBPRJ en 1965.
S’agissant des publications psychanalytiques, la période précédant la
création des sociétés de psychanalyse a été très riche et on constate une grande
prolifération de publications, de caractère d’abord très éclectique, puis très
liées à la production académique médicale.
La première référence à Freud semble avoir été faite par le psychiatre
Juliano Moreira ( 1873-1933), en 1899 déjà, dans son cours à l’École de médecine de Bahia, ce qui a été confirmé par des témoignages ultérieurs. En 1914,
Genserico Pinto, médecin venu du Ceará, soutient à Rio de Janeiro une thèse
de doctorat intitulée De la psychanalyse (La Sexualité des névroses); elle sera
publiée l’année suivante et sera le premier livre brésilien de psychanalyse.
Plusieurs travaux des pionniers se sont tournés vers l’approche psychanalytique de la littérature, ce dont témoignent les différents travaux du médecin
de l’état de Minas Gerais, Luiz Ribeiro do Valle : Psychologie morbide dans
l’œuvre de Machado de Assis ( 1916), Psychopathologie decertains écrivains brésiliens
( 1921) et Machado de Assis et la psychanalyse ( 1930).
À São Paulo, le 20 mars 1919, Franco da Rocha, titulaire de la chaire de
neuropsychiatrie de la faculté de médecine, publie dans le journal
O Estado de
São Paulo un article, « Du délire en général », dans lequel Freud est mentionné.
La même année, il publie dans la
Revue du Brésil l’article « La doctrine de
Freud ». L’année suivante, il publiera son livre
Le Pansexualisme dans la doctrine
de Freud, lequel sera réédité en 1930 avec un nouveau titre,
La Doctrine de
Freud, qui supprime la référence au pansexualisme, terme critiqué par Freud
lui-même. La résistance que la psychanalyse a rencontrée à ce moment-là peut
être illustrée par le fait qu’après la publication de son livre, Franco da Rocha
a été considéré comme malade mental et une commission de la faculté de
médecine a été formée pour mieux évaluer ses conditions mentales
[4]. À ce
moment, Franco da Rocha a soutenu sa position de façon très ferme et a
affirmé qu’un jour viendrait où la psychanalyse serait une chose « consolidée
et sue, acceptée par tout le monde ».
Parmi les premiers diffuseurs de la psychanalyse au Brésil, dont les travaux présentent parfois des interprétations singulières de la psychanalyse, on
peut citer également le journaliste et homme de lettres Medeiros e Albuquerque, son frère le psychiatre Maurício de Medeiros, le psychiatre Henrique
Roxo et le neurologiste Antonio Austregésilo. Parmi ces pionniers, trois noms
méritent une mention spéciale : Julio Porto Carrero, médecin de Pernambuco,
qui a publié Essais de psychanalyse ( 1929) et Psychologie profonde ou psychanalyse
( 1934), volume qui réunit dix-sept conférences prononcées par l’auteur à Rio
de Janeiro entre 1927 et 1929. Cet auteur est un des pionniers qui s’est efforcé
de rapprocher l’éducation des apports de la psychanalyse. Le médecin Gastão
Pereira da Silva a une place spéciale en tant que diffuseur de la pensée psychanalytique dans le pays, puisqu’il a publié quinze livres sur la psychanalyse
entre 1931 et 1970, outre deux romans, douze biographies de personnages brésiliens importants dans le champ de la politique, la médecine et l’art, et quinze
pièces de théâtre, la plupart présentées par le grand acteur Procápio Ferreira.
Médecin de Bahia, Arthur Ramos a publié plusieurs travaux sur des sujets les
plus divers, parmi lesquels L’Angoisse : essai clinique et psychanalytique ( 1931),
Psychiatrie et psychanalyse ( 1933), Éducation et psychanalyse ( 1934) et L’Enfant
problème ( 1947).
Psychanalyse et modernisme
Lors du passage au Brésil de l’exposition de la Bibliothèque du Congrès
de Washington
Freud : conflit et culture, il a été réalisé une étude
[5] sur le rapport entre la psychanalyse et le mouvement moderniste dans notre pays, rapport qui avait déjà été indiqué auparavant
[6], mais n’avait jamais fait l’objet
d’une recherche plus vaste. Cette étude a fait apparaître d’une façon surprenante que ce rapport était beaucoup plus profondément enraciné qu’on ne le
croyait jusqu’alors. En fait, dès les années 1910, la pensée freudienne parvient
dans le milieu intellectuel brésilien et circule entre les modernistes, leur fournissant les bases de leur révolution esthético-idéologique.
Le modernisme brésilien a été un puissant mouvement d’avant-garde qui
a marqué toute la vie culturelle du siècle dans le pays et qui a débuté avec la
Semaine d’art moderne (fig. 2) conçue par Di Cavalcanti et réalisée par un
groupe d’intellectuels, artistes et poètes du Théâtre municipal de São Paulo en
février 1922. Son antécédent avait été une exposition des peintures d’Anita
Malfatti réalisée en 1917 qui suscita une polémique dans la presse, et fut particulièrement critiquée par le célèbre écrivain Monteiro Lobato. Pendant la
Semaine, une exposition montra les travaux d’arts plastiques dans le hall du
théâtre, pendant qu’à l’intérieur les écrivains et les poètes donnaient des
conférences et lisaient leurs poèmes. Outre les peintures d’Anita Malfatti, y
étaient exposées, entre autres, celles d’Emiliano Di Cavalcanti, Vicente do
Rego Monteiro, John Graz, et les sculptures de Victor Brecheret. Le musicien
du groupe était Heitor Villa-Lobos et les écrivains étaient nombreux : entre
autres, Mário de Andrade, Oswald de Andrade (ils ne sont pourtant pas de la
même famille), Menotti Del Picchia, Cândido Motta Filho, Sérgio Milliet. La
fameuse pianiste Guiomar Novaes s’est produite les premières nuits en jouant
Chopin, mais s’est ensuite écartée du mouvement.
La grande admiration pour Freud est la règle chez les intellectuels brésiliens : « Ils reconnaissent sa contribution fondamentale pour la compréhension tant de la nature humaine, que de la création artistique et littéraire qui les
intéresse en premier lieu
[7]. » Les deux Andrade, Mário et Oswald, parlent de
Freud d’une façon différente, chacun dans son style : le premier écrit dans une
lettre de 1928 que Freud avait fait faire un immense pas à la psychologie et
qu’il était, comme Darwin, une victime de ceux qui ne l’avaient pas lu ; le
deuxième se répand avec effusion sur Freud plusieurs fois dans son œuvre.
D’une part, Oswald de Andrade cite Freud trois fois dans son fameux
Manifesto antropófago, qui est lancé en mai 1928 et propose une relecture complète de la culture brésilienne, tout en jouant avec les concepts freudiens de
Totem et tabou. Ce manifeste a inspiré le tableau Abaporu, peint par sa femme
Tarsila do Amaral et aujourd’hui devenu célèbre ; c’est elle qui le lui avait
offert en cadeau quatre mois auparavant. En fait, la figure féminine nue d’Abaporu, qui se répète dans la toile de 1929 intitulée Anthropophagie, avec ses
grands pieds et sa petite tête, parmi les cactus et en plein soleil, est devenue
emblématique du modernisme brésilien. À ce moment, Tarsila commence sa
période nommée anthropophagique, où les toiles explosent de formes oniriques et de couleurs vibrantes.
Dessin de
Tarsila do Amaral
D’autre part, Mário de Andrade est considéré comme le plus grand lecteur de Freud parmi ses contemporains (il lisait les traductions françaises de
son œuvre). Ses textes sont pleins de références à Freud et à la psychanalyse,
sa conception de la création littéraire et artistique suppose un vrai dialogue
entre l’inconscient et le conscient de l’auteur. D’ailleurs, son roman Aimer,
verbe intransitif ( 1927) a été critiqué pour excès de freudisme. Il a même suggéré l’utilisation du terme brésilien seqüestro, qui signifie séquestre, pour traduire le mot allemand Verdrängung (refoulement) employé par Freud, terme
qui sera adopté par d’autres écrivains, dont le poète Carlos Drummond de
Andrade.
L’expression « Freud explique ! » qui est devenue très familière dans le
langage populaire de la culture brésilienne contemporaine pour désigner
humoristiquement et avec une légère connotation critique (et parfois sexuelle)
une espèce de toute-puissance, une tendance à tout expliquer, prêtée à l’œuvre
de Freud, surgit pour la première fois dans un roman posthume d’Alcântara
Machado.
Les différentes revues issues du modernisme – Klaxon, Estética, A Revista,
Verde, Revista de Antropofagia – manifestent aussi un grand intérêt pour l’œuvre
de Freud. ARevista, de Belo Horizonte, a fait paraître dans son numéro 3, pour
la première fois au Brésil, une traduction d’un texte de Freud : celle réalisée en
1925 par le médecin Iago Pimentel d’une partie des Cinq Leçons de psychanalyse,
les conférences prononcées par Freud aux États-Unis en 1909.
Les traductions de l’œuvre de Freud
C’est en 1932 qu’on voit paraître au Brésil les premières traductions de
Freud aux éditions Guanabara. Seuls quelques livres sont parus, dont La Psychopathologie de la vie quotidienne et Totem et tabou. Plus tard, en 1958, sort aux
éditions Delta le premier des dix-huit volumes des traductions directes de l’allemand. Ces livres sont très difficiles à trouver maintenant car ils sont épuisés,
mais ont été pendant longtemps la source d’étude de l’œuvre de Freud au Brésil. Les possibles rapports entre les éditions Guanabara et la maison Delta
n’ont pas pu être précisés, mais ce sont les mêmes traducteurs des textes freudiens qui ont travaillé pour les deux maisons d’édition. Ces traductions sont
considérées encore aujourd’hui comme de bonne qualité, ce qui est surprenant
surtout quand on pense à leur caractère pionnier et au manque de réflexion
théorique plus vaste à l’époque où elles ont été réalisées.
Nous ne savons pas très bien comment la question des droits d’édition se
posait à ce moment-là. C’est en effet plus tard seulement, que ces droits seront
officiellement concédés à Jayme Salomão, psychanalyste membre de l’IPA à Rio
de Janeiro, par Ernst Freud, fils du maître viennois. Salomão nous a raconté
lui-même qu’un jour l’adresse du fils de Freud, qui s’occupait des droits d’édition de l’œuvre de son père, lui est tombée entre les mains. Il a essayé de transmettre cette adresse à une maison d’édition carioca, mais celle-ci n’a pas
manifesté d’intérêt. Un an plus tard, en 1965, quand il était à Londres pour le
pré-Congrès de l’IPA, il a décidé de s’adresser directement à Ernst Freud. Lors
des premières tentatives, il a eu des difficultés à être reçu par celui-ci, mais il
a fini par y réussir. Lui qui osait à peine demander le droit de traduire et de
publier un livre de Freud eut la surprise de recevoir le droit de publier les
œuvres complètes de Freud.
En rentrant au Brésil, il prend la décision de monter une maison d’édition
qui s’appellera Imago, avec comme but exclusif de publier les œuvres complètes de Sigmund Freud. Il commence le travail en 1967, le premier volume,
le XI, sur les Cinco lições de psicanálise et Leonardo da Vinci, paraît en 1970 et la
collection des vingt-cinq volumes est complétée en 1977. La réception de ces
livres a été très étonnante et le chiffre de vente a été superbe jusqu’aux années
quatre-vingt. Mais les critiques faites à ces traductions, à partir de la version
anglaise, ont fait peser un poids assez négatif sur ces volumes. En fait, cette
traduction présente toutes sortes de problèmes, soit théoriques, soit de sens.
Cela a imposé un travail, toujours en cours, de révision de ces traductions et
ce travail est encore très loin d’être considéré comme satisfaisant. La tendance
actuelle des psychanalystes brésiliens, qui travaillent avec le texte de Freud
d’une façon plus rigoureuse, est d’utiliser les traductions en espagnol publiées
par l’édition argentine de la maison d’édition Amorrortu. Imago a ensuite
commencé à publier aussi d’autres travaux, d’abord seulement de psychanalyse, puis de littérature et de sciences humaines. Cet éditeur constate une
diminution des ventes actuellement.
Le mouvement éditorial actuel
Parallèlement, la maison d’édition de tradition Zahar, reconnue pour sa
présence dans la culture académique et érudite, commence à publier, elle
aussi, des livres de psychanalyse. En 1964, elle avait déjà fait paraître la Psicopatologia da vida cotidiana de Freud et un volume de Melanie Klein, As fontes do
inconsciente. Elle a fort intensifié ses publications dans ce champ dans les
années soixante-dix et en 1979 Zahar a édité le premier volume de l’importante série des séminaires de Jacques Lacan, le séminaire XI sur Os quatro
conceitos fundamentais da psicanálise. En 1975, la maison d’édition Perspectiva
de São Paulo avait déjà publié une traduction partielle assez problématique
des Escritos. Ce livre paraîtra intégralement en 1998 chez Jorge Zahar, après un
tour de force éditorial qui a réussi à obtenir une traduction de qualité de ces
textes difficiles. À ce jour, les dix volumes du Séminaire de Lacan parus en
français ont déjà été traduits et publiés chez le même éditeur. C’est ainsi que
l’école française contemporaine trouve une place fondamentale dans le champ
psychanalytique au Brésil.
En 1987, cette maison d’édition commence à organiser deux collections
qui jusqu’à maintenant contribuent beaucoup à la diffusion de la psychanalyse, surtout lacanienne : « O campo freudiano no Brasil », sous la direction de
Jacques-Alain et Judith Miller, qui compte actuellement quarante titres et
« Transmissão da psicanálise » sous la direction d’un des auteurs de cet article,
Marco Antonio Coutinho Jorge (les premières années ont compté avec la collaboration d’Octavio de Souza); plus de soixante volumes sont parus. Parmi
les auteurs publiés, on peut citer, entre autres, Maud et Octave Mannoni, Alain
Didier-Weill, Juan-David Nasio, Catherine Millot, Gérard Pommier, Laurence
Bataille, Érik Porge, Pierre Benoit, Claude Conté, Michel Arrivé, Alphonse De
Waelhens, Paul-Laurent Assoun, Jean-Jacques Moscovitz, Philippe Julien.
D’une façon générale, dans le vaste cadre des publications psychanalytiques
de Jorge Zahar, il y a prévalence d’auteurs étrangers, mais la production nationale est en train de commencer à ouvrir son espace éditorial aux textes issus
originellement des travaux universitaires, comme ceux de Noga Wine, Olandina Pacheco, Ana Maria Rudge, Betty Fuks, Malvine Zalcberg, pour n’en citer
que quelques-uns. Jorge Zahar publie aussi hors collection plusieurs œuvres
psychanalytiques, comme les livres de Luiz Alfredo Garcia-Roza. À cette
époque, les éditions Zahar avaient déjà subi une réorganisation de leur structure à partir de laquelle elles s’appelleront Jorge Zahar Editor.
C’est dans les années soixante-dix que la psychanalyse occupe une place
énorme dans la société brésilienne. À ce propos, il faut faire quelques observations tirées du travail d’Ana Cristina Figueiredo
[8]. Elle montre que la
grande affluence des psychanalystes argentins au Brésil à cette époque a laissé
une trace profonde. Ils sont arrivés en grand nombre au Brésil et ils ont
accepté des psychologues en analyse en leur donnant une formation psychanalytique parallèle, alternative à l’IPA. La psychanalyse et la psychologie clinique sont posées d’une façon indissociée, dans une perspective appelée alors
psychologie psychanalytique. Cela a eu deux effets : d’un côté, l’adhésion des
psychologues a beaucoup élargi le public intéressé par la psychanalyse et, de
l’autre côté, un éclectisme qui prétendait élargir le champ d’intervention psychanalytique. D’autre part, comme a pu le remarquer Coutinho Jorge en 1999
dans un exposé à Paris
[9], la démédicalisation progressive de la psychanalyse,
promue par l’ouverture de la formation aux psychologues de la part des institutions lacaniennes, a joué un rôle très important à cette époque
[10]. Comme
exemple de cette expansion, nous pouvons rappeler qu’une association alternative fréquentée par des psychanalystes a, entre 1970 et 1976 lors de deux
congrès de psychanalyse, réussi à rassembler environ deux mille
participants
[11].
Leão Cabernite, membre de l’IPA et président de la SPRJ de 1972 à 1980, a
manifesté en public son mécontentement envers ce mouvement qu’il appelle
alors « génération spontanée » de professionnels. Néanmoins en 1980, pressée
par les événements, l’IPA se décide à accepter des psychologues dans son cours
de formation psychanalytique; auparavant seuls les médecins avaient accès à
ce cours. Il faut remarquer aussi que, dès 1962, quand la profession de psychologue a été reconnue au Brésil ainsi que sa pratique clinique, cette clinique
psychologique semble presque indissociable de la psychanalyse, car ce sont
les psychanalystes qui ont travaillé à l’implantation des facultés de psychologie.
Au début des années soixante-dix, il y avait une nette prévalence de la
référence à l’école anglaise chez les psychanalystes brésiliens. Les ouvrages
qu’ils consultaient étaient surtout des livres de Melanie Klein, Hanna Segal,
Winnicott, Anna Freud. Vers la moitié des années soixante-dix, on peut ajouter à cette liste le nom de quelques psychanalystes argentins : José Bleger,
Pichon-Rivière, Marie Langer, Mauricio Knobel, Leon Grinberg. L’école
anglaise se mêle alors aux théories marxistes et ce mouvement est connu
comme le néo-kleinisme argentin.
Entre 1970 et 1976, on note une prolifération très significative des associations psychanalytiques non soumises au monopole de l’IPA. Dans ce cadre,
la question : « Quelle est la fonction d’un psychanalyste ? » est au centre des
préoccupations des analystes. Le mouvement lacanien avec le renouvellement
qu’il apporte aux réponses données à cette question trouve alors sa place. La
perspective ouverte par Jacques Lacan en France, fondée sur la proposition
d’une relecture de Freud et d’une rupture avec le discours médical et le discours psychologique, restitue la rigueur perdue à cause de l’extrême éloignement des textes de Freud où se trouvent les psychanalystes.
Cette perspective commençant à se répandre dans le monde, à Rio de
Janeiro en 1976 est fondé le premier groupe lacanien, Colégio Freudiano do Rio
de Janeiro, grâce à la forte personnalité de son président M.D. Magno. L’IPA est
vivement remise en question par les lacaniens qui cherchent à définir les nouvelles bases de la fonction du psychanalyste. Dès lors la psychanalyse brésilienne témoigne pour Lacan d’une ouverture aussi grande qu’elle l’avait déjà
fait pour les autres postfreudiens importants. Mais, cette fois-ci, l’ouverture
du champ psychanalytique aux psychologues et, plus tard, le début de l’ouverture démocratique ont fourni des conditions encore plus propices à une
diffusion massive de la pensée freudienne à partir de l’enseignement de
Lacan. Aujourd’hui, la référence à Lacan est, au Brésil, tout à fait incontournable. Le fait que les membres de l’IPA assistent très souvent à des groupes
d’étude sur Lacan avec des psychanalystes lacaniens est exemplaire de cette
situation.
Évidemment la multiplication des institutions et des professionnels dans
les années soixante-dix a favorisé une forte expansion des publications psychanalytiques, en particulier lacaniennes qui sont au premier plan des publications psychanalytiques. La maison d’édition Artes Médicas, de Porto
Alegre, commence dans cette décennie à publier des livres de psychanalyse et,
à cause de la proximité de l’Argentine et de l’Uruguay, ils importent beaucoup
de livres en espagnol. La psychanalyse se présentait comme une proposition
révolutionnaire et cela a beaucoup plu à son fondateur, Henrique Leão Kiperman. Il a commencé par traduire les textes espagnols de Arminda Aberastury,
Bleger, Etchegoyen, Bleichmar. Ensuite il a publié également des œuvres de
Langer, Winnicott, Sandler, Tustin, McDougall, Racker, Laplanche, Kernberg,
Wallerstein, puis a investi sur les auteurs brésiliens tels Osório Zimmermann,
Outeiral. Plus tard, ils ont créé la collection « Discurso psicanalítico », dirigée
par Alduísio Moreira de Souza, dédiée aux œuvres lacaniennes comme celles
de Contardo Calligaris, Joël Dor, Marcel Czermak et Charles Melman, afin de
répondre à l’intérêt croissant pour l’école française.
À partir de cet « arbre généalogique », cadre que nous avons élargi en
tenant compte des données présentées en 1989 dans le numéro 1 de l’
Agenda
de psicanálise
[12], nous pouvons observer que la prolifération des institutions de
psychanalyse à Rio se poursuit jusqu’au milieu des années quatre-vingt-dix.
Parallèlement, diverses maisons d’édition sont apparues, soutenues par le
grand intérêt du public pour la psychanalyse.
Sur ce point, il est intéressant de mentionner un entretien, donné à Paris
en 1990, sur l’expansion de la psychanalyse dans le monde, à l’occasion de la
VIe Rencontre internationale du champ freudien. Les journalistes de Libération
ont exprimé leur surprise quand l’un des auteurs de cet article, Denise Maurano, les a informés qu’il existait vingt-quatre institutions psychanalytiques à
Rio de Janeiro. Ils se sont exclamés : « Mais c’est plus qu’à Paris ! »
Dans ce contexte, la maison Relume Dumará est née en 1989 et fit un
important investissement sur la psychanalyse en privilégiant notablement les
auteurs brésiliens qui augmentaient leur production. L’éditeur Alberto
Schprjer observe que le marché de la psychanalyse était encore en expansion
à cette époque, et il croit que nous sommes actuellement dans une situation
inverse. Jusqu’à maintenant il a publié environ trente titres de psychanalyse.
Il faut encore citer sur le marché éditorial de psychanalyse la maison
Companhia de Freud, dirigée par José Nazar, qui a débuté en 1990, avec l’intention expresse de ne publier que des auteurs lacaniens non millériens encore
peu connus à cette époque au Brésil. Cette maison a eu une production considérable en un court laps de temps. Jusqu’à maintenant ils ont publié presque
cinquante titres et ils commencent maintenant à publier aussi de la littérature.
Mais ils observent, eux aussi, une diminution des ventes de livres psychanalytiques.
En 1993, une grande maison d’édition médicale à Rio de Janeiro, Revinter, dirigée par Sérgio Dordas, s’est mise à publier de la psychanalyse. Dirigée
par les psychanalystes Francisco de Farias, Gilsa de Oliveira et Carlos
Eduardo Leal, la collection Freudiana est alors créée, et elle compte aujourd’hui seize livres d’orientation lacanienne. D’autres travaux psychanalytiques
ont été publiés hors collection. Les traductions des auteurs étrangers ont un
espace privilégié mais il y a aussi un pourcentage significatif de textes produits par des psychanalystes brésiliens, comme Jô Gondar et Ana Beatriz
Freire.
D’autres maisons d’édition méritent d’être citées pour leurs travaux de
diffusion de la psychanalyse : dirigée, pour le secteur psychanalytique, par
Durval Checchinato, Papirus est une maison d’édition de Campinas qui
publie une grande diversité d’auteurs, parmi lesquels on peut citer Moustapha Safouan. Escuta est une maison de São Paulo dirigée par le psychanalyste
Manoel Berlinck et destinée à publier spécifiquement les ouvrages psychanalytiques d’auteurs étrangers, comme Piera Aulagnier, Pierre Fédida, Conrad
Stein, Donald Meltzer, Guy Rosolato, et brésiliens comme Urania Tourinho
Peres, Márcio Peter de Souza Leite, Renato Mezan, Octavio de Souza et
Miriam Chnaiderman. La maison Ágalma de Salvador, dirigée par Marcus do
Rio Teixeira, a été fondée en 1991 et publie trois collections différentes de psychanalyse :
Discurso psicanalítico,
Psicanálise da criança et
Dicionário de psicanálise – Freud & Lacan. Contracapa est une nouvelle maison d’éditions carioca qui
a débuté dans les années quatre-vingt-dix. Luiz Eduardo Meira, son fondateur, raconte qu’en 1995, ils avaient commencé par publier les œuvres de psychanalyse, littérature et sciences humaines. Vingt pour cent des publications
sont réservées au champ psychanalytique et ils poursuivent leurs investissements d’une façon extensive. Une initiative mérite d’être mentionnée, c’est la
récente traduction et publication des textes psychiatriques fondateurs de
Kraepelin, Krafft-Ebing et Kahlbaum, entre autres, faites directement de l’allemand par la psychanalyste Sonia Alberti et qui n’avaient jamais été publiés
en portugais
[13].
On peut considérer que le récent accroissement de la production des
ouvrages psychanalytiques brésiliens doit beaucoup aux rapports établis avec
l’université. Même si en 1914, comme nous l’avons dit au début, un médecin
venu du Ceara a soutenu à Rio la première thèse avec comme thème la psychanalyse et que l’on peut trouver ensuite de façon éparse quelques autres
thèses, comme celle de 1938 sur le travail de Melanie Klein, c’est avec l’intensification du travail des analystes à l’université et en particulier des cours de
troisième cycle (Especialização, Mestrado et Doutorado), que la production
des auteurs nationaux a été stimulée. Peu à peu ceux-ci ont réussi à gagner la
confiance des éditeurs et du public. Peu à peu la psychanalyse conquiert son
espace propre, où elle est en rapport continu avec la psychologie, la philosophie et beaucoup d’autres disciplines, mais aussi où elle peut mieux se différencier d’elles. Dans les librairies aussi, la psychanalyse commence à avoir son
rayon spécifique. Nous n’avons pas mentionné les revues de psychanalyse
qui, elles aussi, commencent à surgir avec plus d’intensité. Elles sont plutôt
liées aux institutions psychanalytiques ou aux départements psychanalytiques universitaires, comme par exemple la revue Ágora, de l ‘Universidade
Federal do Rio de Janeiro.
Ces notes n’ont pas la prétention de couvrir tout le vaste champ des
publications brésiliennes en psychanalyse, ni de citer toutes les maisons d’édition qui en sont responsables. Notre intention était d’offrir simplement
quelques données que nous jugions importantes pour la compréhension du
développement et de la situation actuelle de l’écriture psychanalytique au
Brésil.
Avant de conclure, nous voudrions ébaucher quelques réflexions sur l’aisance avec laquelle la psychanalyse a pénétré au Brésil. Sans les développer
ici, nous introduirons quelques idées que Denise Maurano travaille actuellement dans le cadre d’un projet de recherche
[14].
À l’occasion de la commémoration des cinq cents ans du Brésil
[15], des
recherches effectuées par des Français et des Brésiliens ont mis en évidence
que l’expression artistique la plus caractéristique du Brésil est celle du
baroque. Évidemment il ne s’agit pas ici d’envisager le baroque dans sa perspective historique et géographique, mais de penser le baroque en tant que
constante décelable dans plusieurs périodes de l’histoire. Cette idée a été proposée par Eugenio d’Ors
[16], qui souligne que les productions esthétiques de
l’humanité oscilleraient d’une façon permanente entre les tendances à l’obscurité, à la multiplicité et à la nostalgie de la sauvagerie, qu’il propose d’appeler « baroques », et les tendances à l’unité, à la discipline, à l’ordre
convoquées par l’équilibre rationnel, qu’il nomme « classiques ». De plus, il
les identifie respectivement à la polarité féminin/masculin, en rapprochant
deux principes du fonctionnement psychique, et remarque que le baroque
opère comme la voix de l’inconscient qui proteste contre l’impérialisme de la
rationalité consciente.
Au Brésil, il y a indiscutablement une sorte de vocation à une pensée et à
des productions qui ne se prévalent pas du cartésianisme ou de l’inspiration
classique. C’est une pensée qui n’accueille pas seulement les contraires, mais
qui soutient aussi sans exclusion des valeurs hétérogènes, les frontières entre
l’illusion et la réalité y sont mises en question, ainsi que celles entre le profane
et le divin, dans une logique hyperbolique, telle qu’elle a été proposée par
Hölderlin
[17]. Par ce biais, on trouve de riches et profondes affinités entre la
pensée tragique, l’expression baroque et les lois de l’inconscient.
Cette modalité spécifique de fonctionnement nous apporte avantages et
problèmes. L’accueil spécial que notre culture a fait à la psychanalyse, non pas
seulement au travers des artistes et des intellectuels – comme dans les premiers temps avec notre modernisme particulier
[18] et son goût pour ce qui était
nouveau –, mais aussi dans la société en général, s’explique peut-être par les
raisons qui ont amené Lacan à faire allusion, dans son séminaire
Encore, au
« baroquisme » de la psychanalyse
[19].
Si on pense le baroque non pas comme style situé dans le temps, mais
comme modalité assez particulière de sensibilité, on peut soulever l’hypothèse que là opère une éthique qui a peut-être une structure proche de celle de
la psychanalyse. Ainsi, l’affinité du Brésil pour la psychanalyse trouverait une
explication possible dans ce qu’on pourrait appeler sa vocation proprement
baroque.
·
ALBERTI, Sônia (org.). 1999. Autismo e esquizofrenia na clínica da esquize, Rio de Janeiro,
Rios Ambiciosos.
·
ARAÚJO, Olívio Tavares de (org.). 2000. Brasil – Psicanálise e modernismo (catálogo), São
Paulo, Museu de Arte de São Paulo Assis Chateaubriand.
·
BODDIN, Cláudia Fernandes. 1999. L’Arrivée du freudisme au Brésil et l’implantation du
mouvement lacanien à Rio de Janeiro, Villeneuve-d’Ascq, Presses Universitaires de
Septentrion.
Brésil baroque : entre le ciel et la terre. Catalogue de l’exposition de novembre 1999 à
février 2000, Musée du Petit Palais, Paris, Union Latine.
·
BRITO, Ronaldo. 1986. « O trauma do moderno », dans Canongia, Lígia, Modernismo
(catálogo), Rio de Janeiro, Funarte.
·
CHIAMPI, Irlemar. 1998. Barroco e modernidade, São Paulo, Perspectiva, FAPESP.
·
DASTUR, Françoise. 1994. Hölderlin, tragédia e modernidade, dans Hölderlin, Reflexões,
Rio de Janeiro, Relume Dumará.
D’ORS, Eugenio. 2000. Du baroque, Paris, Gallimard.
·
FIGUEIREDO, Ana Cristina. 1988. « O movimento psicanalítico no Rio de Janeiro na
década de 70 », dans Birman, Joel (org.), Percursos na história da psicanálise, Rio de
Janeiro, Taurus.
·
JORGE, Marco Antonio Coutinho. 1999. Lacan et le renouvellement de la clinique psychanalytique, Actes du colloque du Mouvement du coût freudien « Lacan psychanalyste », Paris.
·
LACAN, Jacques. 1985. O seminário, livro 20 : Mais, ainda, Rio de Janeiro, Jorge Zahar.
·
MAURANO, Denise. 1999. La Face cachée de l’amour : une investigation philosophique de la
tragédie à la lumière de la psychanalyse, Villeneuve-d’Ascq, Presses Universitaires de
Septentrion.
·
MOKREJS, Elisabete. 1993. A psicanálise no Brasil – as origens do pensamento psicanalítico,
Petrópolis, Vozes.
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NOSEK, Leopold (ed.). 1994. Álbum de família/Imagens, fontes e idéias da psicanálise em São
Paulo, São Paulo, Casa do Psicólogo.
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RIBEIRO, Maria Anita Carneiro. 1999. A cisão de 1998 da Escola Brasileira de Psicanálise,
Rio de Janeiro, Rios Ambiciosos.
·
ROPA, Daniela, et MAURANO, Denise (coord.). 1989. Agenda de psicanálise I, Rio de
Janeiro, Xenon.
·
ROUDINESCO, Élisabeth. 2000. Por que a psicanálise ?, Rio de Janeiro, Jorge Zahar.
[1]
Cláudia Boddin,
L’Arrivée du freudisme au Brésil et l’implantation du mouvement lacanien à Rio de Janeiro.
[2]
Les titres des différents ouvrages ont été traduits pour la meilleure compréhension du lecteur français.
[3]
É. Roudinesco,
Por que a psicanálise ?, p. 152.
[4]
Elisabete Mokrejs,
Apsicanálise no Brasil – as origens do pensamento psicanalítico, p. 35.
[5]
Olívio Tavares de Araújo,
Brasil – psicanálise e modernismo.
[6]
Par exemple, dans le volume réalisé par Leopold Nosek,
Álbum de família/Imagens, fontes e idéias da psicanálise em São Paulo.
[7]
Olívio Tavares de Araújo,
Brasil – psicanálise e modernismo, p. 7.
[8]
A.C. Figueiredo, « O movimento psicanalítico no Rio de Janeiro na década de 70. »
[9]
M.A.C. Jorge,
Lacan et le renouvellement de la clinique psychanalytique.
[10]
Il faut observer que le rôle du Colégio Freudiano do Rio de Janeiro, institution fondée en 1975 par
M.D. Magno et Betty Milan, a été sur ce point décisif.
[11]
A.C. Figueiredo,
op. cit., p. 132.
[12]
Daniela Ropa e Denise Maurano,
Agenda de psicanálise 1.
[13]
S. Alberti (org.),
Autismo e esquizofrenia na clínica da esquize.
[14]
« Implications du baroque dans l’éthique de la psychanalyse » : recherche en développement à l’Universidade Federal de Juiz de Fora. Cette recherche est une continuation de celle sur le rapport entre
le théâtre tragique et la psychanalyse publiée dans
La Face cachée de l’amour.
[15]
Brésil baroque : entre le ciel et la terre.
[16]
Eugenio d’Ors,
Du baroque.
[17]
Françoise Dastur
, Hölderlin, tragédia e modernidade.
[18]
Irlemar Chiampi commente, dans son ouvrage
Barroco e modernidade, que tout le débat sur la modernité dans l’Amérique latine qui n’inclut pas le baroque est partiel et incomplet. Il propose la notion
de baroque comme carrefour esthétique et culturel, d’où le moderne a surgi. D’autre part, Ronaldo
Brito a pu remarquer, dans
O trauma do moderno, que le modernisme brésilien, tardif, se différencie de
l’européen dans la mesure où il arrive à concilier (baroquement ?) des choses très différentes, par
exemple, les travaux constructifs de Tarsila do Amaral avec l’expressionisme d’Anita Malfatti, ce qui
serait impossible pour l’avant-garde européenne.
[19]
J. Lacan,
Mais, ainda, p. 145.