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I.S.B.N.2-7492-0037-7
214 pages

p. 167 à 182
doi: 10.3917/ess.009.0167

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no9 2002/1

Il n’en est que plus remarquable que l’effet qu’elle [la lettre] porte sur ceux qui tour à tour la détiennent, tout arguant du pouvoir qu’elle confère qu’ils soient pour y prétendre [à sa possession], puisse s’interpréter, ce que je fais, d’une féminisation.
J. Lacan, « Lituraterre », dans Littérature, n° 3, Paris, Larousse, octobre 1971, p. 4. L’appellation de « femme-corsaire » court le risque (corre el albur) d’éveiller des souvenirs vaguement gênants : ceux de revues passées de mode, où des théories d’évidentes femmes de chambre jouaient les pirates choréographiques sur des mers de visible carton. Et pourtant il y eut des femmes-corsaires, des femmes aptes à la manœuvre des bateaux, au commandement d’équipages brutaux, à la chasse et à l’abordage des vaisseaux de haut bord. Mary Read fut une de ces femmes ; elle déclara un jour que le métier de pirate n’était pas à la portée de tout le monde et que pour l’exercer dignement, il fallait, comme elle, être un homme courageux [… ].
J. L. Borges, « Histoire universelle de l’infamie », OC, vol. 1, Paris, Pléiade, (tr. Callois, Guille, Bernès), 1993, p. 315.
 
Le jeu de l’albur. Un exemple
 
 
Yo soy toro en mi rodeo
y torazo en rodeo ajeno.
Siempre me tuve por güeno,
y si me quieren probar,
salgan otros a cantar
y veremos quién es menos.
(Je suis taureau dans mon rodéo
et bison dans le rodéo d’autrui.
depuis toujours je me suis cru très bon,
et si l’on veut me tester
que d’autres viennent chanter
et l’on verra qui est moins). [souligné RT]
J. Hernández, Martín Fierro (Madrid, Alianza, 1981, p. 11).
A = interlocuteur 1, B = interlocuteur 2.
1. A. Quihúbole San tiago Ca Gar cía ! ¿Cómo estás ?
1. A. Salut Santiago Ca García ! Comment vas-tu ?
(La partie que nous avons soulignée et qui cache l’albur exprime : te hago cagar, je te fais chier.)
2. B. ¡ Qué milargo ! ¡ Hacía mucho que no te veía !
2. B. Quelle surprise ! Il y a longtemps que je ne t’ai pas vu !
([… chier ?] sur mon pénis, mi largo).
3. A. Más que dito, vas a despertar al vecindario.
3. A. Plus bas ! Tu vas réveiller les voisins.
([… le pénis ?] tu suces, masque = masca)
4. B. La noche se hizo pa’ platicar mi buey amigo.
4. B. La nuit a été faite pour bavarder, mon bon ami.
(tu es un cocu, châtré, buey = taureau châtré)
5. A. Te hago saber que voy al trabajo, trabajo horas extra…
5. A. Je te fais savoir que je m’en vais au boulot, je fais des heures supplémentaires…
(châtré, je te fais, te hago)
6. B… Chaquetas, pantalones… y ¿ qué más hacen en la fábrica ?
6. B… Blousons, pantalons et qu’est-ce qu’on fait d’autre dans ton usine ?
(tu me fais une masturbation, une « chaqueta », une puñeta).
7. A. De todo. Ahora hay unas chaquetas con embroque [1] atras finisimos. ¿ No quieres una para tu chico ?
7. A. De tout. En ce moment il y a des blousons avec des clous derrière très à la mode. N’en veux-tu pas un pour ton petit ?
(mais pour ton anus, pour le prendre, pour l’accrocher par-derrière)
8. B. Dame razón de los tuyos, ya hasta se me olvidó (olvidaron) sus nombres.
8. B. Donne-moi des nouvelles de ta famille. J’ai déjà oublié leurs prénoms. (cet anus, donne-le-moi)
9. A. Son tres hijos los que tengo.
9. A. J’ai trois enfants.
(moi (je te donne/je te ferai) trois enfants)
10. B. ¡ Caramba ! Yo te hacía cuatro.
10. B. Mon Dieu ! Je pensais que tu en avais quatre.
(et moi, je t’en ferai quatre)
11. A. Manuela no es mi hija, es mi sobrina.
11. A. Manuela n’est pas ma fille, c’est ma nièce.
([mais uniquement] « à la main », si tu me masturbes)
12. B. Hazme favor de saludarla cuando la veas.
12. B. S’il te plaît, salue-la de ma part quand tu la verras.
(plutôt toi, tu me masturbes)
13. A. Con « el pelón » le pasaré tu recado.
13. A. Je lui ferai passer ton message par « le chauve ».
(mais avec mon pénis)
14. B. Su razón tendrás para mandarle el recado con él. Bueno, quedamos en qué ¿ cómo se llaman tus chamacos ?
14. B. Tu as tes raisons pour le faire par son intermédiaire. Donc, comment s’appellent tes gamins ?
([mon pénis], tu lui chies dessus)
15. A. El grande Meto dio : el pelón [2]. La de enmedio Rosa (Ud.), y el chico Damián, ¿ y los tuyos ?
15. A. L’aîné (le grand) Metodio (dit) « le chauve », la deuxième (la moyenne) Rosa, et le cadet (le petit) Damian. Et les tiens ?
(le gros, je te le mets; celle du milieu, tu me la caresses et l’anus tu me le donnes)
16. B. Pues todos tienen su apodo. « El gordo » es E meter io, « la negra » : Pela ncha, y « el chico » : trueno.
16. B. Eh bien, tous ont un surnom. Emeterio est « le gros », Pelancha « la noire », le petit trueno.
(le gros je te le mets; la noire tu me la décalottes et l’anus je te le romps)
17. A. A tu señora no la he visto.
17. A. Et ta femme ? je ne l’ai pas vue.
([rompre cela ?], plutôt à ta femme)
18. B. En Pino. En este momento fue a ver a su hermana.
18. B. Elle est (dans Pino dans la) rue Pino. En ce moment, elle rend visite à sa sœur.
(je la mets sur moi pour lui faire l’amour)
19. A. Pasa un día de estos a echarte una copa. Hace tánto que no platicamos.
19. A. Passe chez moi un de ces jours boire un pot, il y a longtemps que nous n’avons pas bavardé ensemble.
(ta femme ?, tu me l’offres)
20. B. Pero yo siempre me acuerdo de ti cuando voy al baño.
20. B. Mais je pense toujours à toi quand je vais aux toilettes.
(je me souviens toujours de toi quand je vais aux chiottes)
21. A. Y yo de tu hermana cuando tomo rompope.
21. A. Et moi à ta sœur quand je bois du rompope.
(et moi de ta sœur, que je déchire)
22. B. Bueno, ahí nos vidrios.
22. B. Bon, à bientôt !
23. A. Adios matado !
23. A. Salut la bête !
24. B. Adios mantenido.
24. B. Au revoir gigolo.
25. A. De tu sister [3].
25. A. De ta sœur.
 
Explication
 
 
Introduction
La première citation en épigraphe de Lacan, et la citation de Borges sur Mary Read, semblent aller à l’encontre l’une de l’autre : tandis que la première parle de « féminisation », la seconde le fait, implicitement, de « masculinisation ». Étant toutes deux placées dans une dimension imaginaire, il nous importe de montrer quelques-unes de leurs caractéristiques mais surtout la possibilité de leur renversement mutuel au profit ici de la féminisation… de la part de ceux qui « ont » en leur possession la lettre. Le but de cette étude est de montrer comment la féminisation imaginaire (Lacan) peut être possible dans le cadre très restreint et précis de l’albur [prononcez « albour »], et qu’elle fait surgir une dimension phallique. Cette possibilité est pour nous la charnière qui nous permet d’expliquer la complexe dynamique de ce jeu. On verra qu’une partie de cette complexité repose déjà sur l’ambiguïté de nommer albur deux modalités très différentes, mais superposées, de pratique langagière : un albur ponctuel qui fait rire, et un albur développé, un jeu, une joute, qui fait rire davantage et semble viser quelque chose de plus. Cette étude, de même que l’albur sont des effets de discours. Nous allons démontrer que dès le départ se dégage partout une foncière et problématique ambiguïté du mot. Cette ambiguïté permet en même temps la grande variété de tournures et leur richesse rattachée à la pratique de l’albur au Mexique.
Les ambiguïtés de l’albur, et le passage du « faire » au « dire »
Le mot albur (ar. al-buri) enferme une ambiguïté qui envahit tout sur son passage ; en passant à travers les siècles de l’arabe à l’espagnol, il désigne encore aujourd’hui : a) une ville, b) un poisson et c) deux jeux. Et cette ambiguïté (et ainsi parfois une certaine confusion), nous la retrouvons partout accolée à ce mot et ses expressions, à savoir : a) sur la localisation même de la ville : Bura ou Burayda (l’Égypte ou l’Arabie Saoudite ou les deux ?); b) un poisson, notamment en Espagne, dont la classification déjà et, entre autres, ses dimensions, sont loin de faire l’unanimité [4].
Concernant les jeux – et apparemment dans l’ordre qui suit –, albur dénomme dans ce passage de a) à b) et de b) à c) un hasard, un jeu de cartes. Mais un jeu de cartes où le fait même de les donner par le haut ou par le bas de l’ensemble reçoit des dénominations différentes (à Cuba par exemple :) gallo et albur, qui, engage de manière différente les joueurs. Ce n’est pas tout… albur désigne le jeu de cartes en soi, mais aussi le fait de donner les cartes. Autrement dit, dans le fait de correr les cartes (de les distribuer, de la part du banquier, banquero), on joue déjà à l’albur. On parle donc de correr un albur (du fait de donner les cartes), en attendant néanmoins le résultat du jeu d’albur – puisque chaque carte dévoilée peut faire perdre ou gagner. Le deuxième jeu, c’est la joute d’albur.
C’est à partir de ce point précis et de ce qu’il engage dans le fait de le courir, que nous avons préféré pour nos développements sur cet albur mexicain la racine latine albus : « favorable », « propice ». Ce « propice », toujours en rapport avec le discours et l’affrontement alburero qui vient avec, dégage une dimension du dire qui fait l’objet de notre étude. Quant à la racine arabe, désignant en priorité le poisson, et l’activité de sa pêche, il ne nous a pas semblé pertinent de la retenir.
Correr un albur, Courir un albur
¡ Moza de mi vida ! – gritó el Manteca entusiasmado con un albur. Sobre la sota de espadas puso una moneda de veinte centavos de plata.
¡ Cómo cree que a mi nadita que me cuadra el juego, curro !… ¿ Quiere usté apostar ?… ¡ Andele, mire ; esta viborita de cuero suena todavía ! – dijo Anastasio sacudiendo el cinturón y haciendo oír el choque de los pesos duros.
En estas corrió Pancracio la baraja, vino la sota y se armó un altercado. Jácara, gritos, luego injurias. Pancracio enfrentaba su rostro de piedra ante el del Manteca, que lo veía con ojos de culebra, convulso como un epiléptico. De un momento a otro llegaban a las manos. A falta de insolencias suficientemente incisivas, acudían a nombrar padres y madres en el bordado más rico de indecencias.
M. Azuela, Los de abajo, Madrid, Cátedra, 1997, p. 111 [5].
Correr un albur apparaît ainsi comme synonyme de « courir sa chance » (ou de « filer un albur ») car, c’est surtout ce sens qui est retenu pour servir notre propos comme façon ordinaire de parler dans le monde hispanophone, surtout en Amérique latine et plus particulièrement au Mexique. Mais il existe partout d’autres acceptions usuelles du mot. Rappelons-en quelques-unes : « risque », « hasard », « chance » (Espagne), « argent » ou « vol » (Colombie ; peut-être, à l’origine, en rapport au « banquier », mais que nous avons écarté de notre étude), « tenter sa chance » ou « courir un risque, une aventure » (Cuba, Puerto Rico), « être amoureux » ou « croire être influencé par quelqu’un » (Costa Rica), etc.
En prenant à la lettre, et en cherchant à en dégager les conséquences, nous faisons de la dénomination « courir un albur » un point clé de nos démonstrations et applicable uniquement au Mexique à l’albur développé (malgré la citation de Borges). Cela nous permet de faire valoir une conjecture qui nous semble nécessaire pour expliquer cette « transformation extrême » (Corominas) que le jeu (au départ exclusivement de cartes) aurait subie en Amérique espagnole – notamment en Nouvelle-Espagne, le Mexique d’alors [6], pour devenir une joute – et qui compléterait la transformation linguistique du mot en débordant sur d’autres frontières langagières. Rappelons-en les deux temps :
a) Le fait de « courir » l’albur aurait permis d’abord que, dans la tension propre à tout jeu de cartes, les joueurs rivalisent entre eux ou se défient du fait de leurs engagements et de leurs craintes, ou se vantent aussi du fait de leurs réussites. Le « débordement » évoqué tient au fait que, au fur et à mesure que ce jeu se modifiait en zone mexicaine, le parler « alburero » aurait commencé à envahir la vie de tous les jours avec des expressions ou des tournures impliquant une dimension encore propre au jeu de cartes mais visant déjà un au-delà. Ce passage a été renforcé, entre autres, par les allusions à la virilité, à savoir plus ou moins « homme », comme le rappellent J. Hernández et M.Azuela (pour se risquer dans ce jeu et les endroits où il se déroulait), par opposition au côté féminin, à savoir : « femme », « vieja », « puto », « homosexuel », etc., et à l’humiliation que le gagnant pouvait faire subir aux perdants comme pour dissuader ou carrément empêcher la présence des femmes au jeu. Cette particularité, cette exclusion prête à soupçon et impose de se demander pourquoi.
b) Vieja selon le Dictionnaire désigne, pour l’aire mexicaine, un poisson (la dorade), la carte (sota vieja) qui fait perdre (cf. Azuela) et, bien entendu, la femme; – « puto », l’homosexuel. Sans que nous sachions interpréter jusqu’où – sauf dans son lien avec « femme » –, ce mot clé « vieja » aurait été un « carrefour » dans le passage d’une forme d’albur à une autre depuis le jeu de cartes pour déboucher sur la joute verbale. Le mot vieja ne garde aujourd’hui au Mexique que sa face péjorative et insultante. Abordons maintenant le jeu d’albur à proprement parler.
Les participants à l’albur et les règles
Ces changements de dynamique et d’engagement alburero auraient permis aux joueurs de se retrouver « seuls entre eux [7] » et de pouvoir arriver à isoler les trois éléments nécessaires au jeu : un alburero, un second alburero, plus celui que nous appelons le « tiers », place que le banquier (du jeu de cartes) a dû, dans un premier moment, commencer à assumer de plus en plus spécifiquement pour n’être plus tard que « tiers » alburero à part entière. Pourquoi ? Parce qu’au départ, en tant que celui qui « courait l’albur » : qui donnait les cartes (« maître » du jeu), lui seul pouvait être en mesure d’arrêter le jeu, d’imposer un ordre, de séparer même les bagarreurs… Il fallait qu’il soit vu différemment par les albureros tout en étant l’un d’entre eux, « connaisseur » de leur modus loquendi. Lui seul pouvait avoir la tâche de faire face et d’arrêter, au besoin, la foncière et nécessaire spécularité (que l’on constate dans l’exemple) de l’échange entre les albureros en lice.
Ensuite, et pour cause, ce jeu aurait commencé à l’impliquer davantage en tant que tiers et cela doublement : et en tant que banquier et en tant qu’alburero (rompu maintenant à leur langage et leurs attentes et nécessaire au bon déroulement du jeu), du fait plus que probable que les insultes, tôt ou tard, auraient fini par le viser, lui, et qu’il ne pouvait participer que depuis sa place. Sa participation au jeu d’albur, et parfois aussi au jeu (et sûrement pas toujours exclusivement jeu)… « d’injures », aurait permis tout de même que sa place, devenue alors double un certain temps, ne se confonde pas tout simplement avec celle des interlocuteurs.
Deuxième temps : désormais et de cette manière précise, « courir » sa chance au jeu d’albur pouvait se jouer sur deux tableaux et de plus en plus au bénéfice du deuxième : celui de la violence physique comme celui du jeu d’esprit. Mais comme l’élégance dans les échanges et la délimitation de plus en plus forte de la place du tiers, en tant que « tiers » de la joute, auraient été des points devenus essentiels pour rendre possible que le jeu continue, on aurait trouvé du même coup la place du tiers (ainsi isolée) et les règles de l’albur rattachées à cette place. Ces règles implicites, pour ménager au départ un flou dans cette place double du tiers, auraient ensuite gardé d’une part par « tradition » leur caractère implicite pour que les albureros puissent continuer à rester seuls entre eux. Mais aussi parce que, d’autre part, les albureros auraient cherché à n’admettre dans ce cadre de jeu restreint que ceux qui pouvaient l’enrichir langagièrement, à savoir les meilleurs albureros, les albureros chingones. Être seuls entre eux.
Les trois règles connues et implicites sont :
  1. El que se lleva se aguanta. Celui qui joue ne proteste pas/Celui qui prend
  2. risques les assume;
  3. El que se enoja pierde. Le joueur qui se fâche perd (et ne peut pas conti-
  4. à jouer, encore moins à se bagarrer);
  5. El jugador que no responde pierde. Le joueur qui ne répond pas perd.
Le tiers est responsable de l’application des règles et du bon déroulement du jeu.
Chingar, et l’albur ( 1 et 2) au Mexique
Avoir isolé ainsi la place du tiers a apporté un double avantage au jeu : que la violence, de physique, devienne exclusivement verbale et que chingar transcende la dimension réelle des rapports entre albureros, pour ne devenir qu’un effet de discours (symbolique ou imaginaire). Disons, à propos de ce mot chingar et du poids particulier qu’il a au jeu, que si la place et rôle de la femme exclue sont pour nous la clé pour résoudre l’énigme de l’albur, le détour par le mot chingar (et ses dérivés et la portée particulière de ceux-ci) rend possible l’explication d’un tel fonctionnement. Au Mexique, ce mot vise l’être. On es (être) chingón, et non point está (être) chingón.
Sa foncière ambiguïté a produit donc, et comme allant de soi, la présence de deux niveaux discursifs dans l’albur, ce que nous appelons le discours ordinaire et le discours alburero (la partie soulignée dans chaque phrase.) Le premier, avec sa logique propre, servant à l’enchaînement discursif formel mais aussi à déguiser le second en en cachant le contenu aux oreilles non averties (aux non-albureros, à ceux qu’on voulait exclure).
Nous constatons qu’au Mexique on appelle albur un simple jeu de mots drôle et/ou insultant mais à l’effet risible (comme n’importe quel échange ponctuel), ainsi que tout un échange suivi d’albures (comme notre exemple) qui constituent le discours alburero proprement dit. Il semblerait que la distinction et le passage de l’un à l’autre n’aient jamais été ni clairs ni suffisamment interrogés non plus. Et que souvent, en abordant la dynamique de l’albur, on reste ainsi en permanence dans un flou ou balancement très fâcheux… attrapés dans l’ambiguïté invoquée. Comme au Mexique, donc, tout jeu d’esprit un peu salé peut être appelé albur et, comme tout jeu d’albur démarre par une insulte ou une allusion subrepticement adressée à un alburero, à fort contenu sexuel (cf. l’exemple), nous avons cru convenable et inévitable de faire la distinction entre le premier alburalbur 1, ponctuel) et le second ( albur 2, la joute). À cela, l’usage linguistique semblait déjà nous autoriser. Ainsi, notre objet d’étude se délimite et se précise. Bien que l’expression echar albures existe, correr un albur vise et désigne le fait de s’aventurer dans le jeu d’albur, « notre » jeu. En revanche, le seul mot albures désigne ces jeux de mots isolés qui n’ont pas de suite et qui sont seulement des éclats passagers et nomme en exclusive l’albur 1. Ces deux modalités d’albur font rire mais le jeu d’albur cherche en plus avec ses tournures à aboutir à une monstration phallique, de là qu’il ne doit pas être interrompu n’importe où et n’importe comment. De là l’énorme responsabilité du tiers.
Ce jeu n’est joué que par les hommes, il se déroule entre hommes « chingones » (normalement des camarades de travail, de quartier, d’école, etc.), et les femmes en sont radicalement, délibérément exclues. Expliquer le pourquoi de cette exclusion nous permettrait de résoudre l’énigme de la dynamique de l’albur. Si ce jeu se déroule entre des hommes qui se connaissent et se respectent, c’est afin de garantir le développement de l’albur et de rendre ainsi propice la phallophanie (Lacan), autant que le but – insu, mais attendu – de cette dernière : grand phi (φ), le phallus symbolique, petit phi (Ï•), le phallus imaginaire, et petit phi négativé (-Ï•), le phallus « de l’autre côté » (« côté puto », homosexuel, comme l’affirme la tradition, mais en réalité du côté féminin, c’est notre affirmation), rendant perméable imaginairement la frontière entre les sexes.
Le jeu d’albur exaltant tout spécialement la dimension orale du discours, peu d’études – et de surcroît très partielles et/ou résolues d’avance– lui ont été consacrées. Chez les quelques auteurs mexicains qui se sont occupés du sujet, nous trouvons très peu de consistance dans leurs démarches, mais aussi une grande constance dans le manque de rigueur à aborder un sujet si délicat et problématique. Pour essayer d’éclaircir quelque peu le panorama concernant ce jeu, pour mieux guider le lecteur, mais aussi et surtout pour pouvoir engager convenablement le débat avec ces auteurs, nous proposons donc toute une « taxinomie » de l’albur dont « albur 1 et 2 », « tiers », « discours ordinaire », « discours alburero », « phallophanie », etc.
Malgré un nombre étonnamment grand de différences tant dans leur sélection des thématiques que dans l’abord en général du jeu de la part de nos auteurs mais aussi et notamment dans les conclusions partielles auxquelles ils sont en mesure d’arriver de par leur cadre de réflexion, malgré cela et malgré leurs divergences d’approche, théoriques ou autres, pas un seul de nos auteurs ne s’écarte de la conception générale au Mexique et que nous avons dite « résolue d’avance », et synthétisée par eux comme « homosexuelle », du jeu d’albur. Dans le jeu d’albur donc, les albureros sont, selon cette conception, des homosexuels : « putos », l’un, de toute évidence (celui qui sera) le gagnant, est « l’actif » et l’autre (celui qui sera), le perdant, « le passif ». Parfois, dans leur façon de concevoir cette dynamique, le rôle et la place du tiers ne sont point isolés comme tels et restent ainsi insuffisamment délimités ou carrément indistingués de ceux des interlocuteurs en lice [8].
Dégradé(e)-chingado(a) et le manque d’attributs
Le résultat final de notre confrontation est maigre mais de grande importance. D’Octavio Paz et ses remarques :
Il est significatif [… ] que l’homosexualité masculine soit considérée avec une certaine indulgence, du moins en ce qui concerne l’agent actif, le passif, au contraire, est un être dégradé et abject. Le jeu des albures – ce combat verbal fait d’allusions obscènes à double sens et qui se pratique si couramment à Mexico – laisse transparaître cette conception ambiguë. Chaque partenaire, de par les pièges de langage et d’ingénieuses combinaisons verbales, essaie de vaincre son adversaire ; et le vaincu est celui qui ne trouve plus rien à répondre, qui doit avaler les paroles de son ennemi. Or ces paroles sont tissées d’allusions sexuelles agressives : le perdant est possédé, violé par l’autre. Autrement dit, l’homosexualité masculine est tolérée, à condition qu’il s’agisse du viol du partenaire passif. Comme dans le cas des relations hétérosexuelles, ce qui importe c’est de ne pas « s’ouvrir » et simultanément de « fissurer », de blesser l’autre ( El laberinto…, p. 39)
nous avons isolé la notion de « dégradé(e) » de la femme chingada et de l’homosexuel chingado dans leurs rapports avec les autres, notamment les hommes. Cette notion, nous l’avons ajoutée à ses élucidations sur la place et le rôle de la femme dans la société mexicaine. Tout cela nous permet de commencer à entrevoir le pourquoi de l’exclusion de la femme du jeu dû finalement à l’absence de pénis, « l’attribut », comme l’exprime G. Alvarez. De celui-ci – en plus de la troisième règle de l’albur –, il vaut d’être retenu que :
Les albures ne se jouent pas entre dames, même si elles maîtrisent l’albur, n’ont pas les éléments nécessaires pour mettre une autre personne dans le rôle d’homosexuel passif ( Gaceta, p. 10).
Nous avons isolé, avec d’autres éléments secondaires, la notion essentielle de « manque d’attributs » qui empêche la femme, selon Alvarez, de participer au jeu. Cela nous permet d’interroger différemment nos auteurs et de nous interroger à notre tour sur les attributs eux-mêmes (leur statut et fonction) et le pourquoi de ce manque chez la femme et de leur présence chez l’homme en général et chez l’alburero en particulier. De ces deux notions posées par nos auteurs dans leur face purement négative (d’exclusion), nous en avons fait des notions positives et leviers de nos explications.
De Carlos Fuentes [9] nous isolons une expression qui, de par sa portée, est cruciale, car elle semblerait refléter beaucoup de cette façon langagière d’être du Mexicain : « Qui vas-tu chingar aujourd’hui pour être (réellement) ? » qui donne un relief propre à la notion d’être en jeu : « Ou toi ou moi, mais pas les deux » et la teneur de leurs échanges.
Être-avoir, femme, grivoiserie et albur
Les tournures que le mot chingar comporte au Mexique nous permettent : a) de rendre évident que le parler quotidien nous autorise à établir une distinction entre ser y estar, « être », et tener, « avoir », et en tirer les conséquences ; b) pour montrer que des affrontements albureros – en ne tenant compte cette fois-ci que du contenu du discours alburero – cherchent à faire valoir qui des joueurs peut l’emporter par la force et élégance de ses constructions albureras et aboutir ainsi à se montrer chingón, détenteur du phallus; c) ainsi, l’homme peut montrer (ou pas) le phallus parce qu’il ne peut que l’avoir (« l’avoir sans l’être », dit Lacan [10]); en revanche, la femme ne peut qu’être le phallus (« l’être sans l’avoir ») et du même coup « intimidatrice » (Freud [11]) si l’on a une idée de la portée de sa place. C’est pour ces deux raisons, et pour mieux montrer le phallus, côté homme, mais de l’homme alburero comme « féminisé », à l’issue de l’albur, que la femme est exclue du jeu pendant l’affrontement alburero. Expliquons-nous.
Nous aboutissons à déceler l’ébauche de cette dimension phallique présente déjà dans la grivoiserie freudienne (au niveau des places de la femme qui peut sortir ou rentrer « au besoin ») et dans le rire (et repérer la place « de l’autre côté »). De la grivoiserie chez Freud, nous retenons la délimitation des places en jeu, mais surtout le fait que la femme, par nature intimidatrice car phallique, doit être, quand elle sort, représentée, pour que l’homme puisse (enfin) l’atteindre… et se vanter de l’avoir fait. Déjà dans la représentation verbale grivoise, la femme apparaissait depuis toujours située dans une place double : parfois seulement réelle et parfois symbolique (véhiculée par des mots). L’homme, dans la grivoiserie première, à but exclusivement sexuel, essayait de l’atteindre et toujours en tant que femme réelle, avec la complicité d’un autre homme, le rieur. Mais dans ce que nous appelons la « deuxième » grivoiserie freudienne, celle évoluée, affirme Freud, étant la femme au préalable représentée mais uniquement de façon imaginaire par cet homme « deuxième », l’affaire restait inscrite au niveau symbolique et la finalité, de sexuelle qu’elle était, se transformait alors en un simple « amusement ».
Dans l’albur, cette femme – également représentée et assumée par l’un des hommes albureros dans le va-et-vient de la joute ne sera de préférence mais seulement à la fin du jeu, qu’exclusivement imaginaire. Bien que, lorsqu’elle circule dans les échanges verbaux, elle soit aussi, comme la femme de la grivoiserie, foncièrement symbolique de par les allusions à son égard qui l’impliquent et la visent, elle. De l’affrontement alburero, elle est donc exclue car elle est seulement représentée dans le jeu et rendue ainsi plus « maniable » : à distance et simultanément à portée de main. Les allusions sexuelles de l’albur ne font que la viser, elle, en permanence dans ce que l’autre, le camarade alburero, montre être leur lot commun au niveau de ce qui du corps fait bord mais qui peut se détacher aussi du corps : les zones érogènes et leurs produits. Là est le point d’aboutissement qui nous permet de faire l’équivalence précise, et rendre possible le passage hommefemmephallus.
De notre exemple d’albur, une faille de construction due à la contrainte d’improvisation dans les échanges ( 15 A) nous a permis tout de suite d’avoir un aperçu de ce qui s’est avéré être un indice vers cette dimension phallique : « La de enmedio Rosa Ud. » Il est évident que dans la phrase on fait allusion au pénis, mais en même temps on perçoit qu’il ne s’agit pas que du pénis. Il est vrai aussi qu’il s’agit seulement d’« effleurer » ( « rosarrozar » ), autrement la phrase n’a pas de sens et devient incompréhensible car, signalant au départ uniquement la localisation du pénis, elle vise toute la corporalité… comme pour la femme et son être phallique.
Dans le contexte mexicain, des tournures populaires, en passant par le dictionnaire, être homme ( macho-chingón), ou ne pas l’être ( chingado-a), éloigne ou rapproche de la dimension propre à la femme, de cette femme fissurée, chingada, Mère et Malinche, bref, vieja. La phallo-phanie, cet apparaître du phallus, se fait en provenance de la place du chingado, de celui qui assume la femme ou la vieja (et l’on rit)… De la place de celui dont il faut savoir d’abord s’il est (être) moins (« y veremos quién es menos » comme l’affirme Martín Fierro). Être chingón est une question d’être, de ser. Dans la langue de tous les jours s’est (ser) chingón.
Le phallus et Alice
L’exemple nous montre aussi que le transitivisme foncier établi entre les albureros dans leurs échanges ne peut se rompre, dans l’albur accompli, qu’avec la monstration de la dimension phallique. Si la femme est le phallus, l’homme alburero doit être capable de démontrer qu’il peut l’« avoir » (heureuse ambiguïté !). La femme-phallus étant véhiculée par les constructions albureras qui la visent, elle, devient de ce fait le phallus symbolique (φ); brandie pour agresser ou être agressée mais, ne recevant après tout qu’humiliation ou injure, « elle » sera respectivement le phallus imaginaire (Ï•) et/ou le phallus imaginaire négativé (-Ï•) : vu de « l’autre côté [12] ». Le tiers dans le jeu, dans un rapport d’« extimité » (Lacan) vis-à-vis du jeu, ne peut être, en tant que garant du jeu, que le seul à établir un rapport d’écoute et de sélection (phallique), celui qui peut et doit avoir un aperçu de φpour en juger avec son rire. L’alburero gagnant, depuis sa place particulière, croit posséder Ï•; et l’alburero perdant ne trouve à sa place que -Ï•. Tous obtiendront un signifiant phallique; c’est pour cela que le jeu doit se courir, se poursuivre et aboutir à ce signifiant qui résume le trébuchement et l’arrêt du discours : St φSt φSt…
Alice au pays des merveilles nous permet, à travers les multiples métamorphoses qu’elle subit, de trouver que la dimension phallique se montre là aussi, chez elle, d’une façon toute particulière, compréhensible avec le losange lacanien (de la formule du fantasme : S ◊ a) comme « plus petite ou plus grande que », « dans un rapport d’inclusion ou d’exclusion » (ce que nous venons d’appeler, pour parler des deux en même temps, « extimité »), etc. Les transformations physiques d’Alice nous permettent de dégager la notion de « superposition d’être » (ce qui lui arrive, ses métamorphoses), d’ailleurs ce que nous constatons également dans le transitivisme alburero, et d’appliquer cette notion aux albureros devant l’impossibilité de figer leurs rôles en tant qu’exclusivement chingón ou exclusivement chingado, de telle sorte que le perdant puisse re-jouer après à l’albur. Autrement dit : s’agissant dans l’albur de ser (être) et non pas d’estar (être) en ce qui concerne le chingón, comment se fait-il que le chingado puisse re-jouer… puisque son ser s’est trouvé modifié ? Et si cette superposition semble claire en français, en mexicain, elle ne tient, à plus forte raison, que de la « féminisation », base de toute cette étude.
L’alburero perdant peut rejouer et il le fait en tant qu’homme chingón, car une fois le jeu fini, la dimension imaginaire, comme le phallus, s’envole. Et la dimension de l’être, spécifiquement féminine, cède ainsi la place à celle de l’avoir, plus propre à l’homme. Il y a eu superposition mais transitoire, comme pendant les échanges. La superposition d’être, comme la féminisation, sont transitoires, placées, comme elles le sont, dans la dimension imaginaire. Le but de l’albur n’est point la prétendue homosexualité des albureros, et de fait, pas davantage la féminisation, mais la phallophanie… imaginaire.
Cela explique que lorsque C. Fuentes traduit le to be or not to be de Hamlet, « à l’usage des quartiers prolétariens de Mexico », cela donne, comme pour l’alburero : Ser o qué [13] ?»
 
NOTES
 
[1] « Embrocar. Abocar : vaciar una vasija en otra volviéndola boca abajo. 1. Devanar los hilos o las sedas en las brocas para bordar. 2. Sujetar las zuelas con los clavos llamados brocas para hacer los zapatos. 3. Coger el toro al torero entre las astas. » (Verser : vider un récipient dans un autre en le renversant. 1. dévider ; 2. assujettir les semelles avec les clous appelés broches. 3. prendre le taureau, le torero.) M. Moliner, Diccionario de uso del español, Madrid, Gredos, 1990, vol. 1, p. 1076. Pour une explication détaillée de cet exemple, prière de se référer à R. Toscano, « De l’albur », revue Littoral, n°23-24, « La déclaration de sexe », Toulouse, érès, 1987, p. 35-56.
[2] Ici B rétorque en disant « Ah ! el que se parece a chupadrino » = « Ah ! celui qui ressemble à son parrain. » Le jeu de mots ici relève de chupar (sucer) qui fait suite à ce que A vient de dire. Si nous ne l’avons pas considéré en son lieu, c’est qu’il nous semble que B se précipite pour répondre sans attendre que A termine sa phrase. Voilà pourquoi nous avons préféré donner toute la réponse de A d’une traite, ignorant ce que B a dit ici. Nous croyons que l’albur n’en est pas affecté.
[3] Chaf y Queli, Disque Albur La vecindad. Disque. Numéro de série MD-O 3, Maison d’éditions « Diablo », sd., Mexico. Aussi en CD : Chaf et Queli, Albures mexicanos 2, Mexico, Fonovisa (alhelí TFA 2328), 1998.
[4] Cf. Dictionnaires de langue espagnole, DRAE, Autoridades, J. Corominas ou de langue française, Le Grand Robert, etc. Aussi, J.-P. Etienvre, Figures du jeu, études lexico-sémantiques sur le jeu de cartes en Espagne, Madrid, Casa de Velázquez, 1987.
[5] Trad. « Belle de ma vie !– a crié le Manteca très enthousiasmé par un albur. Il a mis sur la sota de espadas une pièce d’argent de vingt centimes. // N’allez pas croire que le jeu ne m’emporte en rien, gaudin !… Voulez-vous parier ?… Allez-y, regardez : cette bourse en cuir fait encore de bruit ! dit Anastasio secouant sa ceinture et faisant entendre le son des pesos durs. Sur ce, Pancracio a donné les cartes, la sota est apparue et l’altercation a démarré. // Agitation, cris et des injures ensuite. Pancracio affrontait son visage de pierre à celui du Manteca, qui le dévissait avec des yeux de couleuvre, en crise, comme un épileptique. Dans le moment qui suivait, ils se battaient. Manquant d’insolences assez mordantes, ils cherchaient à nommer pères et mères dans le tissu le plus riche d’indécences. »
[6] « La ville de Mexico et quelques colonies d’Espagnols disséminées dans le pays furent dans les premiers temps les seuls points où les Indiens pouvaient apercevoir d’autres types de représentations, cette fois de caractère profane mais également déconcertantes. Ce fut le cas notamment des cartes à jouer, dont les envahisseurs ne se séparaient jamais », S. Guzinski, La Guerre des images, Paris, Fayard, 1990, p. 120.
[7] Comme l’affirme Freud pour la Zote, la Grivoiserie, dans Le Mot d’esprit, Paris, Gallimard, 1930, p. 161.
[8] Se référer à : A.Jiménez, Picardía mexicana 1 et 2, Mexico, Eds. mexicanos unidos, 1958 et 1971, multiples éditions, et Vocabulario Prohibido de la Picardía mexicana, Méx., Posada, 1995. O. Paz, El laberinto de la soledad, Méx., FCE., 1951, mult. éds. G. Alvarez, Una nota acerca de los albures, tesis de licenciatura, Méx., UNAM, Fac. Psic., 1976. G.Alvarez et E.Pérez, « Entrevistas sobre el albur », dans Gaceta de l’UNAM, Méx., 14 de marzo de 1985, p. 10 et 11. J.-M. Prieto, Albures y refranes de México et Así habla el mexicano. Diccionario básico de mexicanismos, Méx., Panorama, 1985 et 1996. C. Monsivais, Escenas de pudor y liviandad, Méx., Grijalbo, 1988. Une étude, comme celle récemment publiée par H. Beristáin, est plus décevante encore du fait de rester très en deçà de tout puisqu’elle nourrit le moulin sans fin de l’abord purement lexical ( jerga juguetona, dialecto social, qui donne des metáforas, des alusións, des alegorías, etc.) d’une forme d’albur basée sur une chanson de S. Flores. Sans s’inquiéter de savoir quel type d’albur elle aborde ( 1,2 ou autre) et les interrogations que celui-ci pose(rait). Cf. H. Beristáin, La densidad figurada del lenguaje alburero, Revista de retórica y teoría de la comunicación (I, n° 1), Madrid, Enero 2001, p. 53-60.
[9] C. Fuentes, La muerte de Artemio Cruz, Méx., FCE, 1962, p. 146.
[10] J. Lacan, Le Désir et son interprétation, 1958-1959, séances sur Hamlet, notamment celle du 11 mars 1959.
[11] S. Freud, Le Mot d’esprit, op. cit., p. 164.
[12] Cf. J. Lacan, Encore, Paris, Le Seuil, 1975, Schéma de la sexuation, 13 mars 1973, p. 73.
[13] C. Fuentes, Cristobal nonato, Mexico, FCE, 1987, p. 345.
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Ici B rétorque en disant « Ah ! el que se parece a chupadri...
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[3]
Chaf y Queli, Disque Albur La vecindad. Disque. Numéro de s...
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[4]
Cf. Dictionnaires de langue espagnole, DRAE, Autoridades, J...
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[5]
Trad. « Belle de ma vie !– a crié le Manteca très enthousia...
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[6]
« La ville de Mexico et quelques colonies d’Espagnols dissé...
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[7]
Comme l’affirme Freud pour la Zote, la Grivoiserie, dans Le...
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[8]
Se référer à : A.Jiménez, Picardía mexicana 1 et 2, Mexico,...
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[9]
C. Fuentes, La muerte de Artemio Cruz, Méx., FCE, 1962, p. ...
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[10]
J. Lacan, Le Désir et son interprétation, 1958-1959, séance...
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[11]
S. Freud, Le Mot d’esprit, op. cit., p. 164. Suite de la note...
[12]
Cf. J. Lacan, Encore, Paris, Le Seuil, 1975, Schéma de la s...
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[13]
C. Fuentes, Cristobal nonato, Mexico, FCE, 1987, p. 345. Suite de la note...