2003
Essaim - REVUE DE PSYCHANALYSE
La passe : entre la fin de l’analyse et le désir du psychanalyste
Mauro Mendes Dias
Situer la passe entre la fin de l’analyse et le désir du psychanalyste
[2]
implique d’emblée la notion d’intervalle. Cette position selon laquelle il
n’y a pas superposition entre la fin de l’analyse et l’émergence du désir du
psychanalyste est fondée par l’expérience analytique. Cela conduit à la
nécessité de considérer la fin de l’analyse, identifiée par le passage de la
position d’analysant à celle d’analyste, et la fin d’une analyse sans ce type
de passage. Nous pouvons ainsi dire que le passage de la position d’analysant à celle d’analyste examinée dans la passe introduit la nécessité d’articuler l’émergence du désir du psychanalyste avec le fait de devenir
psychanalyste. Cette clarification semble d’autant plus nécessaire qu’elle
pourra permettre une tentative de réponse au type d’implication qui existe
entre le désir de l’analyste et le fait de devenir psychanalyste, mais aussi
conduire à essayer de situer de quelle façon le désir du psychanalyste est
saisissable dans le choix de devenir psychanalyste.
Si l’on affirme que la passe occupe une place et une fonction entre la
fin de l’analyse et le désir du psychanalyste, il est nécessaire de mettre en
relief l’expérience qu’elle inaugure. Le problème que cette expérience met
en évidence est lié à l’incidence du désir de l’Autre comme moyen de
constitution du discours du sujet, à un moment où il faut préserver les
conditions nécessaires à l’exercice de la singularité. Cette condition
implique des questions qui méritent d’être articulées, étant donné que le
passage de la position d’analysant à celle d’analyste, adopté comme synonyme de devenir celui qui pratique la psychanalyse, maintient voilé le
désir de l’analyste. Cela s’explique car l’émergence du désir du psychanalyste au terme de l’analyse permet d’établir la distinction entre le passage
de la position d’analysant à celle d’analyste et la condition de devenir ou
de maintenir la position de celui qui pratique la psychanalyse. Selon
J. Lacan : « Ainsi la fin de la psychanalyse garde en elle une naïveté, dont
la question se pose si elle doit être tenue pour une garantie dans le passage
du désir d’être psychanalyste
[3]. »
Cette citation souligne le fait que le terme d’une analyse ne se constitue pas comme élément de garantie du passage du désir d’être psychanalyste. Ceci réaffirme donc la nécessité de préciser la distinction entre le
désir d’être psychanalyste et le désir de l’analyste. L’émergence du désir est
considérée ici comme l’élément porteur du choix du psychanalyste, c’est ce
qui va soutenir le choix du sujet de devenir psychanalyste. Par conséquent,
la différence entre le désir d’être psychanalyste et le désir de l’analyste se
remarque pour le premier dans le fait qu’il se soutient à travers la référence
à un être, nommé comme analyste et dont la condition est celle à partir de
laquelle l’image s’installe comme semblant. En ce qui concerne le désir de
l’analyste, la différence se remarque par rapport au premier, puisque c’est
par la chute qu’il surgit. Cette chute se situe dans une double implication,
présente dans la chute de l’être qui retentit sur la fonction que le sujet
confère à l’Autre comme objet cause de son désir et sur la destitution de la
place d’où l’analysé se propose comme aimable. En ce sens, la différence
entre s’avérer comme celui qui pratique la psychanalyse en tant que synonyme du désir d’être psychanalyste et réaliser le choix de devenir psychanalyste se fait sentir parce que « la prise du désir n’est rien que celle d’un
désêtre
[4] ».
Donner du relief à la passe en tant qu’expérience entre la fin de l’analyse et le désir du psychanalyste se justifie par la nécessité toujours actuelle
de ne pas identifier une fonction, celle du psychanalyste, à un désir. Cette
conception permet d’établir une différence entre les conséquences de la fin
de l’analyse, élaborée par Jacques Lacan en ce qui concerne l’émergence
d’une nouvelle position du désir et celle de Freud. Contrairement à Freud,
le choix de devenir psychanalyste s’établit ici comme un effet des transmutations de l’économie de la jouissance et de la dynamique du désir à travers l’analyse. Par conséquent, le fait de devenir psychanalyste introduit
un statut de l’expérience fondé sur le passage vécu par le sujet au terme de
son analyse faisant l’économie dès lors de tout type de soutien à une garantie institutionnelle ou non pour s’effectuer. Jacques Lacan affirme qu’il n’a
jamais parlé de formation psychanalytique, mais plutôt de formations de
l’inconscient.
Une fois que le choix de devenir psychanalyste est permis par la fin
d’un parcours qui mène à « l’acte analytique inaugural
[5] », on doit considérer, de façon à suivre ce qui est en jeu en ce moment, que cet acte dispense d’un soutien dans la conscience du sujet pour être effectué. De [la]
même [façon] qu’il n’y a pas de support à un jugement intellectuel, l’expérience de la passe permettra au passant de situer pour lui-même l’extension des effets que la psychanalyse a déterminés. Même si ce passage a déjà
été réalisé, le sujet ne possède pas les moyens de se situer en dehors de
l’après-coup. C’est une première conséquence de la non-réflexivité qui soutient le sujet dans son acte. Ce qui implique par conséquent que l’acte inaugural de devenir psychanalyste, comme effet de ce que le psychanalyste ne
s’autorise que de lui-même, se distingue d’une « autoritualisation
[6] » dans
la mesure où ce qu’il faut faire passer n’est pas quelque chose que l’on possède déjà et que l’on connaît. Comme le souligne M.-M. Chatel : « [… ] il
cherche à donner l’air de savoir, dans le dialogue même, à cette passe qu’il
vient de transposer. Le témoignage est un dire qui n’est pas pré-produit,
c’est un dire inédit
[7] ».
La dimension de l’acte inaugural à partir d’un dire inédit implique de
devenir pour l’autre l’objet qui a été représenté précédemment par l’analyste. Une fois que ce type de soutien se vérifie sans le support de l’identification, nous sommes amenés à localiser sur ce point l’interrogation qui
mérite d’être recherchée. Nous rencontrons ici au minimum, aussi bien un
« risque fou
[8] » qui évoque la condition d’être éjecté que la présence d’être
un rebut de l’humanité à partir de l’instant où le savoir du psychanalyste
se distingue d’un apprentissage. Donc, s’attacher aux déterminations de ce
point qui atteste le choix de devenir psychanalyste, c’est ce qui commence
à se vérifier comme étant foncièrement important pour la communauté
analytique de façon à considérer que les effets de la fin de l’analyse ne
s’établissent pas de façon univoque. En d’autres termes, l’émergence du
désir du psychanalyste n’est pas semblable à l’épanouissement d’un fruit
mûr ! C’est pour cette raison que le sujet pourra être celui qui pratique la
psychanalyse, mais le passage à la position d’analyste ne se réalise que
dans un moment ultérieur.
Étant donné que le passage « au psychanalyste » est réalisé par le sujet
qui se maintient par le non-savoir, c’est-à-dire, sans la garantie d’un savoir
pré-établi sur le sens de son acte, nous pouvons en déduire que la passe
comme expérience introduit la possibilité pour le passant lui-même de
pouvoir reprendre le sens de son dire. Cette condition nous semble assez
significative pour qu’elle puisse, à partir de là, soutenir la nécessité de
reprendre les rendez-vous avec son analyste, ou même avec un autre, de
façon à s’occuper de questions que les rendez-vous avec les passeurs ont
pu susciter en dépit du résultat sur la nomination. Ce point garde son
importance, particulièrement lorsque nous considérons la valeur de cette
expérience dans un registre qui permet au sujet de pouvoir la vivre autrement que comme la conquête ou la privation d’un titre.
Parmi les questions que le thème de la passe suscite, nous considérons
comme important d’essayer de situer les raisons pour lesquelles un sujet
peut demander la passe. Cette question est posée aussi par certains psychanalystes qui font état pour cela des écrits de Jacques Lacan concernant
la fin de l’analyse. Pour certains la demande de passe s’inscrit comme une
déviation de la finalité de l’analyse, dès lors que la tentative dans la passe
de s’adresser à l’Autre est envisagée comme synonyme de l’absence de la
chute de ce qui soutenait le transfert. On ajoute à celle-ci une autre raison,
selon laquelle la demande de passe s’inscrit comme un geste de solidarité
du passant avec le développement de l’école.
Autant dans le premier que dans le second cas, nous rencontrons à
notre avis, un effacement de ce qui est en jeu lorsqu’un sujet considère son
analyse terminée. Cela arrive parce que dans la conception du transfert qui
oriente une analyse selon Jacques Lacan, nous rencontrons un état suivant
lequel il est établi qu’il y a une adresse des questions de l’analysé vers un
Autre qui à son tour est au-delà de celui vers lequel le sujet se dirige. C’est
ce qui fonde les interventions du psychanalyste dans une direction où le
transfert n’est pas manié comme synonyme de répétition. Nous pouvons
ainsi dire que : « Répondre au transfert, ce n’est pas intervenir parce que le
sujet parle de nous, mais parce qu’il s’adresse à nous
[9]. »
Il arrive qu’à la fin de l’analyse le sujet ne s’adresse plus à personne.
Cette position révèle son caractère problématique quand elle réédite l’individualisme libertaire, un des symptômes de notre époque. C’est pour
cette raison que nous sommes tout d’abord amenés à poser que la
demande de la passe « n’a rien à voir avec l’analyse
[10] ». Avec cette affirmation, Jacques Lacan signale que la demande de la passe n’est pas
quelque chose qui s’inscrit dans le circuit transférentiel avec l’analyste. Ce
qui est en jeu pour le sujet, c’est de savoir si l’autorisation qui lui vient par
elle-même est authentifiée par d’autres, ce qui l’amène à renoncer à une
autogarantie, conquise par anticipation. En ce sens, interroger dans la
passe son autorisation comme psychanalyste redouble la chute de l’identification qu’il maintenait par le fantasme.
Lorsque nous considérons que la demande de la passe doit partir
exclusivement d’une décision du sujet, sans aucune suggestion de l’analyste, nous privilégions l’importance d’un phénomène qu’on repère dans
quelques analyses proches de la fin, à savoir la nécessité, pour certains
sujets, de parler de leur parcours à d’autres qui ne soient pas l’analyste lui-même. Évidemment, le fait d’adresser cette question dans le dispositif de
la passe ne surgit pas parmagie. Le résultat, c’est une solidarité de la passe
avec l’école, ou encore, qu’il n’y a pas de passe sans école. Il serait légitime
de considérer la réciproque qu’il n’y a pas d’école sans passe. La question
se pose de savoir si cela peut être vrai ? Il ne nous semble pas que ce soit
par hasard qu’à un certain moment de son parcours, Jacques Lacan ait proposé à trois de ses élèves italiens dans le texte « Note italienne », l’effectivité de la passe comme l’unique nécessité pour le groupe analytique.
Surtout lorsque nous prenons en compte ses paroles à cette occasion : « Le
groupe italien, s’il veut m’entendre, s’en tiendra à nommer ceux qui y postuleront leur entrée sur le principe de la passe prenant le risque qu’il n’y en
ait pas
[11]. »
Qu’une telle expérience n’ait pas été conduite plus avant, nous met
aujourd’hui dans la nécessité de considérer les questions qui lui ont fait
suite. Parmi celles-ci, celle qui est rappelée dans ce document concernant :
« Ce à quoi il a à veiller, c’est qu’à s’autoriser de lui-même il n’y ait que de
l’analyste
[12]. »
Une fois rappelé que la nomination dans l’expérience proposée aux
italiens a été maintenue telle qu’elle a été établie dans la Proposition du
9 octobre 1967, nous rencontrons l’un des effets que l’expérience de la
passe conditionne, à savoir celui du passage au public. Cela parce que la
structure minimum de la composition pour que le dispositif de la passe
puisse être réalisé exige la présence du passant et de quelques autres. Dès
lors, le fait de s’adresser à un Autre qui ne soit pas l’analyste du sujet
conditionne, par la nomination de l’analyste de l’école, le nom du sujet
comme nom de l’analyste. En ce sens, proposer la passe à l’entrée de l’école
implique entre les analystes un type de lien qui les prive de l’être par la
nomination. Dans le même temps, par la dimension publique de la passe
on réaffirme l’inconscient comme transindividuel, ce qui nous sépare de
toute prétendue psychanalyse d’inspiration psychologique.
Si le passage au public est difficile à saisir, c’est parce que la notion de
privé que la règle du secret éthique établit, tend à conserver la supposition
suivant laquelle l’analyse se réalise entre la personne de l’analyste et la personne de l’analysant. C’est pour cette raison que pouvoir repérer cette
dimension du public que l’expérience de la passe introduit, permet de considérer un au-delà de l’analyste qui à son tour, évoque l’expérience du désir.
Nous sommes amenés à admettre une chute nécessaire de la notion de
vie privée qui lorsque elle se tient exclusivement dans l’entre deux, maintient préservée la supposition d’un sujet à côté de l’Autre, obstacle au
dénouement du désir inconscient. Il convient de rappeler le passage
énoncé par Jacques Lacan dans le séminaire
L’acte analytique ( 27 mars
1968): « On parle de vie privée. Je suis toujours surpris que ce mot “vie privée” n’ait jamais intéressé personne, surtout chez les analystes qui
devraient être particulièrement intéressé par ça. Vie privée… de quoi ? On
pourrait faire des broderies rhétoriques… Pourquoi est-ce qu’elle est si privée, cette vie privée ? À partir du moment où on fait une analyse, il n’y a
plus de vie privée… Ça ne veut pas dire qu’elle devient publique. Il y a un
éclusage intermédiaire : c’est une vie psychanalysée ou psychanalysante.
Ce n’est pas une vie privée
[13]. »
Étant donné ce qui a été exposé dans ce travail la possibilité de faire
avancer les questions qui relèvent du psychanalyste et de sa communauté,
dépendront étroitement de la forme grâce à laquelle l’expérience d’une
analyse pourra ou ne pourra pas trouver sa place dans une école. À cet
effet, il est nécessaire qu’en premier lieu on puisse considérer que la passe
comprise comme une expérience qui se dispose à éclairer le passage à
l’analyste survenu à travers une analyse, puisse avoir une incidence sur les
conceptions de la fin de la psychanalyse. Ceci parce que les deux opérations – celle du passage et celle de la fin – sont différentes, si elles ne sont
pas distinctes dans le temps de l’analyse, elles le sont au moins dans leur
effectuation. La formalisation de la première a forcément des conséquences
sur la seconde, vu que les deux touchent au désir de l’analyste. À l’opposé,
l’absence de cette question à l’horizon de toute l’analyse, hypothèque la
perspective d’une fin définie, reconnue, et confie cette fin aux impressions
et intuitions de l’analyste, quelles que soient les qualités effectives de sa
praxis et son souci d’une rigueur clinique
[14].
Si l’incidence du désir de l’analyste a lieu aussi bien dans le passage de
l’analysant à l’analyste que dans la conception de la fin de la cure, c’est
parce qu’à ces deux situations correspond un questionnement au lieu
réservé à la thérapeutique. Ceci parce qu’à partir du principe que la thérapeutique est conditionnée par les limites de la rémission des symptômes
qui ont mené le sujet à demander une analyse, on peut affirmer qu’il y a
une réduction possible de la thérapeutique à la suggestion en tant que pratique de soustraction du désir à la demande. En ce sens, l’analyse thérapeutique ainsi nommée a comme objectif, comme le déclarait Jacques
Lacan, le retour à un état antérieur, à savoir, celui de mise sous silence du
sujet inconscient, un autre nom de l’adaptation.
En ce qui concerne le passage à l’analyste, la thérapeutique provoque
une résistance qui empêche la traversée du plan de l’identification, dans la
mesure où la détermination exercée par le fantasme sur le symptôme est
laissée de côté par la force de la suggestion à remplacer la souffrance par
un nouvel impératif de la jouissance. C’est à partir de là que nous pouvons
retrouver un des sens de l’affirmation de Lacan : « La psychothérapie…
ramène au pire
[15]. »
En ce qui concerne la fin des analyses, le sens qui est conféré à la thérapeutique revient par le biais des différents problèmes que beaucoup de
psychanalystes retrouvent dans l’exercice de leurs fonctions. À cet effet, il
est nécessaire de prendre en compte qu’aujourd’hui au Brésil beaucoup de
psychanalystes maintiennent leurs activités professionnelles dans le cadre
des différents plans de sécurité sociale privés qui existent dans le pays. Ce
qui les obligent à suivre des règles établies par ces services : nombre permis de séances, rarement plus d’une par semaine et le prix imposé
d’ailleurs toujours insignifiant, payé après l’établissement des dossiers et
pas avant un délai de 30 jours. Les analystes qui ne cèdent pas sur leur
désir, et qui refusent la pratique de la suggestion, rencontrent des questions
inédites, par exemple la nécessité d’introduire une autre séance, non autorisée par le plan de sécurité sociale, ce qui les conduit à aborder la question
du paiement directement avec leurs analysants.
Tant pour le passage à l’analyste que pour la terminaison des analyses
menées dans le cadre des plans de sécurité sociale ou dans le cadre du
privé, l’incidence du désir de l’analyste introduit de nouvelles questions et
de nouveaux problèmes. Ce nouveau n’est pas source de paix. D’où la
nécessité d’une communauté de travail qui puisse relancer le désir et permettre aux analystes de se maintenir à la hauteur des défis de leur fonction.
Il faut dès lors considérer la distinction entre la vie associative, réglée
par le juridique et l’administratif, et le lien spécifique à l’expérience de la
psychanalyse. Ainsi l’expérience de la passe qui tente de rendre compte du
passage à l’analyste a eu des conséquences différentes des expériences
menées par Freud et ses élèves. Analyser tenait selon Freud de l’impossible. Mais les implications du concept d’impossible n’étaient pas véritablement comprises. C’est de l’impossibilité de former des psychanalystes
dont il est question et cela touche aussi à l’instance de nomination elle-même, c’est-à-dire au symbolique.
Une fois que l’être de désir est constitué par un lien grâce auquel il
pourra plus ou moins « savoir y faire avec son symptôme
[16] », il faut
admettre que la prétendue normalité n’est en vérité qu’inhibition à la rencontre contingente. En résulte la nécessité de pouvoir cultiver et préserver
les conditions qui permettent que les découvertes se réalisent. Donc il
s’agit non seulement d’instituer des espaces où ce qui est déjà su s’installe
comme conquête, mais encore de pouvoir « situer le désir de l’analyste
dans un ordre logique de découverte qui doit être radicalement distingué
du désir de savoir, d’où éclôt l
’agalma
[17]. »
Étant donné que l’expérience de la passe peut être inscrite entre la fin
de l’analyse et le désir du psychanalyste, une interprétation possible de la
question qui reste posée pour la formation du psychanalyste, devra porter
sur la notion d’étranger. On crée alors la possibilité de réinsérer l’extérieur
dans ce qui est intime. Point à partir duquel on rénove les possibilités de
soutien et d’avancée de la psychanalyse.
Qu’une partie de la communauté d’orientation lacanienne ne s’intéresse plus à la question de la passe tient, sans doute, à la négligence d’une
des grandes inventions de Lacan. Dans la suite de son enseignement chacun doit s’engager. Et chacun a à déclarer ses raisons.
[1]
Ce texte est un nouveau développement des idées présentées dans un article intitulé « O passe :
entre o final da análise et o desejo do psicanalista » publié dans la Revista
Litteral n° 4 ( 2001), de
l’Ecole de psychanalyse de Campinas et dans le recueil « O passe : reflexões ( 2002), du Centre
d’études freudiennes de Recife.
[2]
E. Porge,
Porque o passe ? Transmissão da Psicanálise, Revue du colloque sur la Transmission de la
psychanalyse, réalisé à São Paulo les 26 et 27 août 2000, p. 63-72, Édition photocopiée.
[3]
J. Lacan, « Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’école », dans
Autres écrits, Paris,
Le Seuil, 2001, p. 255.
[4]
J. Lacan, 1967,
op. cit., p. 254.
[5]
M.-M. Chatel : « Passe » dans
Dicionário Enciclopédico de Psicanálise, editado por Pierre Kaufmann,
Rio de Janeiro, Jorge Zahar Editor, p. 398.
[6]
J. Lacan, 1973, « Note italienne », dans
Autres écrits, Paris, Le Seuil, 2001, p. 308.
[7]
M.-M. Chatel,
op. cit., p. 405.
[8]
J. Lacan, « Sur l’expérience de la passe », 1973,
Ornicar 12/13, Sur la passe, p. 120.
[9]
M. Safouan,
A transferência e o desejo do analista, Campinas, Papirus, 1991, p. 57.
[10]
J. Lacan,
op. cit., 1973, p. 120.
[11]
J. Lacan, « Note italienne »,
op. cit., p. 307.
[13]
J. Lacan,
L’acte psychanalytique, Notes de cours, Éditions Schamans. p. 258.
[14]
J.-P. Hiltenbrand, « Fins e destinos » dans
O passe : Reflexões, Publication du Centro de Estudos
freudianos do Recife, p. 153.
[15]
J. Lacan,
Télévision, Le Seuil, p. 19.
[16]
J. Lacan, « L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre » ( 1976-1977),
Ornicar 12/13, « Sur la
passe », p. 7.
[17]
M. Safouan,
Le transfert et le désir de l’analyste, Paris, Le Seuil, p. 228.