2004
Essaim - REVUE DE PSYCHANALYSE
Bingham Dai, Adolf Storfer et les premiers pas de la psychanalyse
en Chine : 1935-1941
[1]
Geoffrey Blowers
Il aura fallu attendre la seconde décennie du
XXe siècle pour assister à une première diffusion des
concepts psychanalytiques en Chine. Mais c’est seulement vers la fin des années
1930 et de façon assez sporadique qu’une véritable culture psychanalytique
finit par voir le jour, essentiellement sous l’impulsion de deux hommes dont
les brefs séjours en Chine n’ont que rarement coïncidé. Originaire de Chine et
diplômé de la St Johns University de Shanghai, Bingham Dai avait suivi une
formation psychanalytique tout en préparant un doctorat de sociologie à
Chicago. Rentré en Chine en 1935 où un poste lui était proposé par le Peking
Union Medical College, il y enseigne la psychologie médicale aux médecins
chinois, crée un petit groupe de formation à la psychanalyse et reçoit des
patients. En 1939, l’intensification de la guerre sino-japonaise met un terme à
ses projets et il repart pour les États-Unis.
Paradoxalement, c’est aussi la guerre qui pousse Adolf Storfer,
l’éditeur de Freud, à gagner la Chine en 1939 pour se soustraire à
l’antisémitisme viennois. Établi à Shanghai, Storfer y publie le
Gelbe Post, journal rédigé pour la
communauté germanophone expatriée et qui se propose d’explorer les liens entre
les cultures asiatiques, la psychanalyse et la linguistique. Mais il attire
ainsi l’attention des autorités japonaises et, en 1941, quitte la Chine pour
l’Australie où il devait mourir trois ans plus tard.
Sur place, ces deux hommes ont manifesté un réel attachement à
la culture chinoise qui explique en partie le succès de leurs efforts pour
sensibiliser à la psychanalyse les communautés auxquelles ils appartenaient.
L’exil a mis fin à leurs deux tentatives. Cet article revient plus en détail
sur ces différents événements et trace un parallèle entre les destinées
historio-graphiques de ces deux personnalités.
Lorsque Bingham Dai (Dai Bingyeung) ( 1899-1996) – le premier
analyste profane chinois récemment formé – revient dans son pays en 1935 pour
enseigner la psychologie médicale aux médecins de Pékin, la culture
psychothérapeutique chinoise fait un grand pas en avant. Les idées
psychanalytiques – essentiellement freudiennes – y circulaient déjà depuis près
de deux décennies, quoique de façon assez diffuse, dans le sillage du mouvement
du 4-Mai ( 1919) qui avait intensifié parmi de très nombreux étudiants chinois
le désir d’un changement social généralisé. Formés à l’étranger, plusieurs
d’entre eux avaient découvert Freud un peu par hasard, soit par la lecture
directe de ses ouvrages, soit par le biais de commentaires toujours plus
nombreux, et des traductions en chinois étaient déjà en cours. Pour la plupart
de ces étudiants, les travaux de Freud servaient des objectifs plus politiques
que thérapeutiques. Les écrits de cette période concernent principalement la
théorie freudienne de la sublimation « en tant qu’exutoire aux désirs refoulés
mis au service d’autrui » (Blowers, 1997 a, 1997 b; Zhang, 1992).
À l’époque, il n’existe pas encore de pratique psychanalytique
per se et les quatre écoles de
médecine chinoise où la psychiatrie est enseignée s’intéressent plutôt à une
réforme globale de la prise en charge des malades mentaux, dans le droit fil
des acquis de la médecine somatiqueet de la neurologie. Par ailleurs, la
volonté existait aussi de réformer les centres de guidance infantile placés
sous contrôle médical, de mieux former les travailleurs sociaux à la
psychiatrie et d’organiser des séminaires postuniversitaires de
psychothérapie.
Formée à Vienne par Julius Wagner-Jauregg et Alfred Adler,
Fanny Halpern a été l’une de ces réformatrices mais elle ne se sentait aucune
inclination pour la psychanalyse. Dans un rapport rédigé en 1935, elle
n’accorde qu’une priorité toute relative à la formation psychanalytique et il
lui paraît plus urgent d’améliorer les services psychiatriques en général. Elle
pensait également que la psychanalyse devait rester l’affaire des médecins dans
le cadre d’une pratique privée avec, en dernière instance, la possibilité
d’ouvrir des cliniques psychothérapeutiques et d’organiser un enseignement
médical post-universitaire (Halpern, 1935 ; Westbrook, 1950). Halpern avait
accepté un poste au National Medical College de Shanghai en 1933 où elle
prenait la succession de Richard Lyman, diplômé de la Johns Hopkins School of
Medicine, lequel avait rejoint le Peking Union Medical College (PUMC ). C’est
Lyman qui avait proposé à Dai un poste d’enseignant au département Neurologie
et Psychiatrie de la faculté et lui avait suggéré de donner des cours de
psychologie et de psychothérapie aux médecins chinois.
Le choix d’une personnalité telle que Dai s’était vite imposé
au PUMC, hôpital universitaire chinois le plus prestigieux et le plus richement
doté du point de vue financier. Au moment où Dai postule, il a déjà achevé sa
thèse de doctorat en sociologie à l’université de Chicago et il a été choisi en
1932 pour participer à Yale à un séminaire d’un an sur le thème « Culture et
personnalité » parrainé par la Rockefeller Foundation. Ce séminaire était animé
par l’anthropologue Edward Sapir et par le sociologue et psychanalyste John
Dollard. Leur objectif commun était de former à l’anthropologie et à la
sociologie une douzaine d’étudiants étrangers qui, une fois rentrés dans leur
pays, pourraient étudier l’impact de la culture sur la personnalité et «
rassembler des données empiriques en vue d’une étude interdisciplinaire sur le
sujet » (Darnell, 1990, p. 332). Plus tard, Dai a tenu à préciser que c’était
le choix par Dollard de l’approche psychanalytique qui avait pesé sur sa
décision de commencer lui-même une analyse. Et l’occasion lui en a été donnée
après que l’un des conférenciers invités, Harry Stack Sullivan, eut proposé à
Dai de venir chez lui, à New York, se perfectionner en techniques de
l’entretien. Sullivan prit toutes les dispositions nécessaires pour que Dai
puisse faire une analyse au Chicago Institute avec Leon Saul qui, à l’époque,
avait pour contrôleur Karen Horney.
C’est ainsi que Dai est devenu le premier psychothérapeute
chinois formé à la psychanalyse. Sullivan et Horney s’étaient l’un et l’autre
écartés de l’orthodoxie freudienne et, à propos du développement psychosocial,
ils avaient créé un appareil conceptuel qui devait jouer un rôle important dans
l’élaboration par Dai de ses propres idées sur la psychothérapie. Lorsque Dai
rentre à Pékin, il travaille à sensibiliser les médecins à différentes
thérapies basées sur un système de pensée qui s’écarte du cadre de référence
freudien. À l’instar de ses deux mentors, plutôt que d’envisager les problèmes
de la personnalité exclusivement en termes de tensions intrapsychiques, il
pensait les comprendre en les situant dans leur contexte socioculturel. Si
cette orientation devait beaucoup à l’influence de Sullivan, dans le cas précis
de Dai, elle trouvait son origine dans une série de rencontres intellectuelles
bien antérieures.
Si la formation de Dai en tant qu’analyste néo-freudien peut
apparaître comme le fruit génial de circonstances fortuites, il avait déjà
développé une représentation élargie et plus éclectique de la résolution des
problèmes psychologiques avant même de se rendre aux États-Unis pour y parfaire
sa formation. Issu d’une famille convertie au christianisme lorsqu’il était
encore enfant, le jeune lycéen Dai se passionne pour l’instruction religieuse
et, en 1920, il obtient une bourse de la St John College School of Theology. Il
s’intéresse alors à différents sujets qui touchent à la philosophie, à la
psychologie, à la sociologie, à la religion, et c’est l’anglais qui est sa
langue de travail. Bon élève, il est désireux d’acquérir les toutes dernières
connaissances dans chaque domaine et se plaint de ce que, en tant
qu’institution à vocation missionnaire, l’objectif principal de l’établissement
qu’il fréquente ne soit pas de faire découvrir la science occidentale à la
Chine mais de développer l’influence du christianisme sur les étudiants et de
recruter des néophytes (Dai, 1932).
Cette perspicacité devait éloigner Dai des pratiques les plus
autoritaires de l’établissement et le pousser à s’intéresser à d’autres écoles
de la pensée religieuse et philosophique. Il lit la
Baghavad-Gita et les poèmes de
Rabindranath Tagore mais c’est le livre de Liang Shuming,
Les cultures d’Orient et d’Occident et leurs
philosophies, publié en 1922
[2], qui devait avoir sur lui l’influence la plus
profonde. Ancien bouddhiste devenu adepte du confucianisme, Liang était un
critique résolument conservateur dans une époque de réformes culturelles.
Ouvrage à succès, son livre s’attarde sur la nécessité d’identifier, de
développer et de protéger l’essence de la culture chinoise contre les atteintes
des idées scientifiques récemment importées d’Occident. En soi, le problème
n’était pas nouveau. Pendant la dernière décennie de la dynastie Qing qui avait
précédé la proclamation de la République, il y avait déjà eu de nombreux appels
à une modernisation basée sur le principe du
ti-yong, concept issu de la juxtaposition de
deux caractères chinois
ti (essence)
et
yong (utilité) selon lequel
l’adhésion à la culture chinoise traditionnelle devait être le fondement des
apprentissages et l’apport de l’Occident réservé aux considérations pratiques
et techniques. La traduction de nombreux ouvrages avait permis à la Chine
d’accéder aux connaissances élaborées en Occident mais la préoccupation était
restée vive dans certains milieux de voir ce type d’éducation faire peser une
menace réelle sur les valeurs traditionnelles, jugées irremplaçables pour la
culture, et qu’il fallait donc protéger à tout prix. Bien que les nombreuses
références à l’idée d’une « essence nationale » soient restées assez floues et
qu’il y ait eu des divergences sur la manière de la préserver au mieux, les
étudiants, les poètes et les enseignants étaient tous d’avis qu’elle signifiait
un retour aux valeurs éthiques confucéennes, et notamment au principe selon
lequel, dans le cours de l’existence, tous les éléments sont harmonieusement
reliés avec, pour rendre compte au mieux de cette réalité, le concept de
ren (bienveillance). En réaction
contre la « modernité », Liang pense qu’un savoir exclusivement basé sur la
science occidentale ne pourra que favoriser la critique rationnelle, laquelle,
à son tour, fera peser une menace sur toutes les valeurs traditionnelles par
simple dépréciation critique. Pour remédier à cet état de fait, il suffirait
d’inscrire les apprentissages dans des contextes qui favorisent non seulement
les acquisitions intellectuelles mais aussi l’épanouissement moral (Alitto,
1976).
En 1922, Liang soumet ses idées à l’épreuve de la réalité et
crée dans la province de Shandong une petite « communauté de vie doublée d’une
structure d’enseignement » (Alitto, 1986, p. 136); les étudiants et les
enseignants partagent la même vie et chacun veille sur les défaillances morales
des autres, tout à fait dans l’esprit des premiers sages confucéens et de leurs
disciples. Les étudiants sont vivement encouragés à tenir leur journal, à y
noter les pensées qui leur viennent à l’esprit et à laisser libre cours à leurs
émotions tout en exprimant leurs difficultés éventuelles à les comprendre.
C’est à cette brève expérience (elle ne devait, en effet, durer que quelques
années) que Dai s’intègre en qualité de jeune enseignant, après avoir obtenu
son diplôme à St Johns. Il avait déjà joué un rôle de conseiller auprès des
étudiants – mais sans véritable préparation – dans un établissement de Tianjin
où il avait brièvement enseigné. Après s’être installé à Shandong, s’il adopte
rapidement les pratiques plus systématiques de Liang, il conserve une position
différente de ce dernier pour qui ces expériences éducatives vécues doivent se
dérouler dans le strict respect des impératifs confucéens, ce que Dai ne
pouvait plus admettre après son séjour à StJohns. Tout en acceptant qu’il soit
parfaitement légitime d’insister sur la piété filiale et le respect fraternel,
il lui semble que la meilleure politique consiste à faire découvrir aux
étudiants différentes écoles de pensée et à les laisser former leur propre
jugement. Bien que, pour des raisons de santé, cette aventure ait pris fin pour
lui en 1925, il est resté convaincu par ses méthodes de prise en charge des
difficultés psychologiques des étudiants et par la nécessité d’élaborer un
cadre philosophique qui permette de les affronter.
Dans un ouvrage beaucoup plus tardif qui devait lui permettre
d’articuler les similitudes entre son approche psychothérapeutique et son
expérience religieuse, Dai prend pour exemple le concept zen du «
désintéressement » en vue de définir l’objectif primordial d’une
psycho-thérapie : « [… ] au sens de l’implication dans une tâche permanente ou
une relation interpersonnelle sans la contrainte des préoccupations égoïstes
compulsives ; [le désintéressement] n’est pas qu’un idéal religieux ou
philosophique ; c’est également un objectif concret fixé à la psycho-thérapie »
(Dai, 1973).
Dans une lettre de recommandation rédigée à son intention,
Edward Sapir soutenait que la formation suivie par Dai à Yale avait mis
l’accent sur l’importance des « modèles culturels sur le comportement
individuel » et lui permettait d’être « plus sensible que d’autres à la réalité
des différences personnelles significatives ». Sa formation analytique
ultérieure avait aussi nourri cet intérêt et il avait rapidement adopté « la
façon particulière qu’avait Saul de [décrire] les forces émotionnelles du
psychisme et, en particulier, les sentiments induits par les structures
affectives de l’enfance ». Pour Dai, la personnalité est un ensemble structuré
« de désirs et d’attitudes, conscients et inconscients, centrés sur la
représentation fondamentale que l’individu a de lui-même »; les difficultés
éprouvées trouvent leur origine dans « l’ajustement social considéré comme un
processus bidirectionnel d’adéquation aux nécessités de la personnalité et aux
besoins de la société au sens large » (Dai, 1939). Dans le cas particulier des
patients chinois, les « situations sociales étaient le reflet des affections
dont le pays souffrait et, notamment, la perte de membres de la famille, les
tensions sexuelles induites par le concubinage et les problèmes sexuels avant
le mariage » (Dai, 1941).
Lyman avait été suffisamment impressionné par Dai pour lui
donner carte blanche. Pendant sa première année, Dai a bénéficié d’une bourse
de la Fondation Rockefeller
[3] mais à compter de 1936 et jusqu’à son départ de Chine
trois ans plus tard, il a vécu de son activité de maître assistant. Au cours de
cette période, il a « reçu des patients, formé des internes et d’autres
personnels à la psychothérapie d’inspiration analytique et joué le rôle de
contrôleur au Peking Municipal Psychopathic Hospital » (Dai, 1979). Il a aussi
sélectionné un petit groupe de médecins et formé chacun d’eux pendant une
période de dix mois à la technique de l’introspection, « assez semblable à
l’analyse personnelle dans une école de psychanalyse mais pas tout à fait
identique » (lettre à Bolton, 11 avril 1986). Il avait également été question
de former une association psychanalytique mais, après le début de la guerre
sino-japonaise et avec l’entrée à Pékin de troupes japonaises venues de
Mandchourie, Dai a décidé de repartir pour les États-Unis. Il obtient un poste
à la Fiske University mais en 1943, il rejoint Lyman – déjà rentré de Chine –
au département Psychiatrie de la Duke University, où il restera en poste
pendant les vingt-six années qui vont suivre; jusqu’à sa retraite, il proposera
chaque année aux internes en psychiatrie une formation didactique accélérée. Il
meurt en Caroline du Nord en 1996 après n’être retourné en Chine qu’à deux
reprises et pour de courts séjours : le premier en 1945 dans le cadre d’un
travail sur la guerre
[4],
et l’autre en octobre 1982, à l’invitation du gouvernement chinois, pour y
faire des conférences sur la psychothérapie.
Dai aura surtout cherché à réorienter la problématique de la
santé et de la maladie. Il se plaignait autant de l’attitude de nombreux
médecins de son propre pays à l’égard des patients dont aucune réalité
organique connue ne justifiait l’état que de l’incapacité de la médecine
moderne – même dans les conditions où elle se pratique en Occident – de
s’affranchir de ses traditions. Il a donc choisi de combiner la psychanalyse et
la socio-logie et n’a éprouvé aucune difficulté à justifier son approche : s’il
était apparu important à Freud, dans le contexte culturel de son époque,
d’aider le patient à résoudre les conflits intrapsychiques induits par ses
pulsions primaires, « les cliniciens chinois, dans l’environnement culturel qui
leur est propre, préfèrent mettre l’accent sur les relations interpersonnelles
et il leur paraît plus urgent d’aider les patients à affronter les problèmes
liés au fait qu’ils sont des êtres humains » (lettre à Lowinger, 27 décembre
1986). Dai a tout fait pour intégrer son modèle de la personnalité et de la
culture à la formation des futurs psychiatres. Mais ce projet a dû être écourté
en Chine et n’a pu être repris qu’après son retour forcé en terre étrangère
(Vivian Dai, communication personnelle). Au cours des trente années qui ont
suivi, il a continué d’approfondir ces orientations théoriques bien après
qu’elles furent passées de mode.
Le 31 décembre 1938, quelques mois avant que Dai ne quitte la
Chine, un autre exilé proche des cercles psychanalytiques, Adolf Josef Storfer
( 1888-1944), y débarque. Qui était Storfer ? Dans l’article qu’elle lui
consacre, c’est la question que pose pour la forme Inge Scholz-Strasser, avant
de hasarder une réponse : « Journaliste, écrivain, éditeur de journaux, membre
de l’Association psychanalytique de Vienne, directeur d’une maison d’édition,
éditeur lui-même et… émigrant » (Scholz-Strasser, 1989-1990, p. 26). Né en
Europe de l’Est, c’est en 1910 que Storfer attire pour la première fois
l’attention de Freud en lui adressant un article que Freud devait
ultérieurement publier sous le titre « De l’importance particulière du
parricide » ; à l’époque, Storfer était reporter au
Züricher Tagesanzeiger. Il se rend à
Vienne en 1913 et assiste régulièrement aux réunions de l’Association
psychanalytique de Vienne.
Au début de la Première Guerre mondiale, il est enrôlé en tant
qu’officier dans l’armée autrichienne mais est réformé deux ans plus tard alors
que, toujours selon Scholz-Strasser, il semble qu’il ait commencé une analyse
avec Freud. En 1921, il est l’assistant d’Otto Rank à la maison d’édition
viennoise International Psycho-Analytical Publishing House. Il en prend la
direction en 1925. Esprit universel, il consacra deux semestres à l’étude de la
philosophie, de la psychologie et de la linguistique comparée à
Klausenburg
[5], avant
d’aller étudier le droit à Zürich et de s’y jeter à corps perdu. Il occupa des
fonctions de direction dans de nombreux journaux : codirecteur d’
Imago, il a également publié la revue
Die psychoanalytische Bewegung (Le
mouvement psychanalytique) ainsi que l’
Almanach
der Psychoanalyse et il a rédigé des articles et des études pour ces
deux dernières publications. Il était toujours en quête de travaux à publier
sur les idées psychanalytiques. À l’occasion du soixante-dixième anniversaire
de Freud en 1926, il publie une édition de luxe des
Œuvres complètes. Mais il semble qu’il
n’ait pas eu véritablement le sens des affaires et il est souvent arrivé que
l’entreprise dont il assurait la direction connaisse des difficultés
financières ; finalement, il a renoncé à ses fonctions en 1932 et compromis à
cette occasion ses relations personnelles avec Freud.
Jusqu’à son exil en 1938, il vécut de son travail de
journaliste à la Frankfuter Zeitung
puis comme écrivain indépendant, auteur de deux dictionnaires étymologiques –
le Wörter und ihre Schicksale (Les
mots et leur destin) publié en 1935 et Im
Dickicht der Sprache (Dans le labyrinthe du langage) publié en 1937;
ces deux ouvrages ont été récemment réédités et chaleureusement accueillis par
la critique (Storfer, 2000a, 2000b). Pendant cette période, il conserva de
bonnes relations avec de nombreuses personnalités du mouvement psychanalytique
viennois, dont Paul et Ernst Federn, Edit et Richard Sterba, Siegfried Bernfeld
et Fritz Wittels, qui tous restèrent ses correspondants après qu’il eut
émigré.
Comme bon nombre de ses collègues, il a désespérément tenté de
gagner les États-Unis. Fritz Wittels et A.A. Brill ont tout fait pour l’y
aider. Mais, à cette époque, il y a encore une interdiction d’entrée de dix ans
pour certains émigrants et notamment pour ceux qui, comme Storfer, étaient nés
en Roumanie (Mühlleitner, 1992). C’est pourquoi il s’embarque pour Shanghai,
destination de nombreux juifs autrichiens et allemands contraints d’émigrer
dans des circonstances analogues ; en effet, la Chine est à l’époque le seul
pays au monde qui autorise l’immigration des juifs sans leur imposer de
fastidieuses formalités administratives ou des délais qui, ailleurs, pouvaient
atteindre deux mois. Jusqu’en août 1939, lorsque les autorités japonaises en
charge de l’administration du port décident de restreindre l’immigration des
juifs européens, aucun passeport, ni visa n’est nécessaire pour entrer dans le
pays. Un simple billet de bateau suffit. C’est ainsi que plusieurs milliers de
juifs autrichiens, allemands, polonais, tchèques et roumains – tous
germanophones – ( 18000 selon une estimation pour la période 1933-1947) ont pu
entrer en Chine et y trouver un refuge sûr (Scholz-Strasser, 1989).
À l’époque, Shanghai était divisé en trois secteurs : la ville
chinoise, la colonie internationale (britannique et américaine) et la
concession française. La ville était administrée par un conseil municipal où
siégeaient des Européens, des Américains et des Chinois. Comme la plupart des
immigrants, Storfer s’installe à Hongkew, secteur sous contrôle japonais. Il y
est logé avec d’autres immigrants dans des locaux financés par une caisse de
secours créée par Paul Komor, un homme d’affaires installé à Shanghai. Connu
sous le nom de Comité Komor, cet organisme propose aux nouveaux arrivants des
logements dans l’un des foyers de l’institution. Par le biais de donations
privées, de riches familles juives telles que les Sassoon, les Kadoorie ou les
Abraham ont mis d’importantes sommes d’argent à la disposition du Comité. C’est
l’American Joint Distribution Committee – ou « Joint » pour faire vite – qui a
soutenu financièrement cette organisation de secours depuis
l’étranger.
Confronté, pour trouver du travail, à la concurrence des
nombreux arrivants, Storfer décide de revenir à l’édition. Cinq mois seulement
après son arrivée, il fait paraître sous sa direction les cinq premiers numéros
d’un bimensuel, le Gelbe
Post.
Publié en allemand pour la communauté germanophone expatriée,
il peut se prévaloir des contributions de plusieurs réfugiés qui avaient été
des figures intellectuelles respectées en Allemagne, et notamment des
journalistes Julius Kaim et Bruno Kroker – ce dernier également directeur des
magazines
The China Journal et
The Far Eastern Engineer –, du
sinologue Willy Tonn qui s’était particulièrement distingué par ses traductions
et ses adaptations de textes chinois et de Lothar Brieger, célèbre historien
d’art. Le contenu rédactionnel des toutes premières livraisons donnait
clairement le ton de la publication : elle proposait un mélange d’articles de
grande qualité sur la psychanalyse, de textes divers sur le cuivre, l’argent ou
le papier-monnaie en Chine, de reportages sur différentes manifestations
culturelles à Shanghai, de critiques de pièces de théâtre, de films et de
livres, d’études linguistiques, d’extraits des ouvrages de Storfer, d’essais de
Sigmund Freud, pour ne rien dire des toutes dernières nouvelles qui
intéressaient beaucoup les immigrants, comme la liste des vapeurs en provenance
d’Europe. Storfer pouvait aussi compter sur les contributions de différents
auteurs restés à l’étranger et souhaitait plus que tout réserver à la
psychanalyse une place centrale dans sa publication (lettre à Siegfried
Bernfeld, 31 mars 1939). C’est ainsi qu’il put obtenir des articles sur les
pionniers de la psychanalyse au Japon et en Palestine
[6], sur l’interprétation d’un rêve dans un
roman japonais du XI
e siècle
[7], et un essai de 1927 sur la psychanalyse
des caractères chinois
[8]. Storfer avait insisté pour associer à cet article
quelques exemples de l’écriture manuscrite de Freud.
Aux dires de Fred Fields, un jeune Allemand âgé de 19 ans
seulement qui travaillait gratuitement à la composition des textes pour
Storfer, celui-ci était « un homme brillant, très exigeant pour tout ce qui
concernait la précision de l’expression écrite… C’est à lui que je dois d’être
devenu très attentif à la beauté du langage ; c’est lui qui m’a appris à
élaguer tous les termes inutiles dans le texte des articles et à tout faire
pour être aussi ouvert d’esprit et honnête que possible. Il avait de très
solides acquis, se comportait en vrai gentleman et il était très fier d’avoir
travaillé pour Freud » (interview de Paul Rosdy, décembre 1998). Mais Storfer
pouvait aussi se montrer obstiné, voire même franchement buté, en refusant par
exemple de tenir compte des contraintes financières ou des avis de ses
collègues qui lui recommandaient de publier un texte moins sophistiqué (Rosdy,
1999).
Une fois encore, Storfer se retrouve à la tête d’une entreprise
qui reflète bien la portée et la diversité de ses préoccupations
intellectuelles. Mais il est intéressant de noter ici que, n’ayant au départ
aucune intention de vivre en Chine, il a pourtant rapidement placé au cœur du
renouveau de son activité éditoriale divers aspects de la culture ancestrale de
ce pays. Dès son arrivée, il avait remarqué, tout comme de nombreux autres
réfugiés récents, qu’il n’y avait que peu ou pas du tout de contacts entre les
immigrants et la haute société européenne, britannique et russe, installée à
Shanghai. C’est pourquoi il a tout fait pour entrer en relation avec
l’intelligentsia chinoise qu’il considérait comme le groupe avec lequel il
partageait, plus qu’avec les autres occidentaux, une véritable identité de
vues. Il s’en est clairement ouvert dans une lettre à son ami Fritz Wittels : «
J’ai l’impression que seuls les Chinois ont une vie intellectuelle. Ici, les
Européens et les Américains ne sont que des brasseurs d’affaires et du genre
sans scrupules, comme on peut facilement l’imaginer dans cette ville sans
références ni traditions. En dehors de l’argent, ils n’ont d’intérêt que pour
le sport, les ragots et la vie mondaine. Il ne fait aucun doute qu’un coiffeur
jouit ici d’une bien meilleure réputation et qu’il a beaucoup plus de chances
de bien gagner sa vie qu’un professeur de la Sorbonne, par exemple »
(Reichmayr, 1987).
Si des intellectuels chinois font régulièrement paraître leurs
articles dans le
Gelbe Post, il semble
que tous ces textes ont déjà été publiés ailleurs et la question reste posée de
savoir si Storfer a ou non réussi à établir un contact direct avec ces sources
originales. Quoi qu’il en soit, le
Gelbe
Post « a été à cette époque un vecteur important pour les échanges
intellectuels entre cultures » (Rosdy, 1999). Malheureusement, rien ne dure
jamais… Ce même été, Storfer est atteint par la malaria. Il interrompt
provisoirement la publication du
Gelbe
Post qui reparaîtra en 1939, d’abord sous la forme d’un hebdomadaire
puis d’un bihebdo. Le coût de la publication avait considérablement augmenté et
Storfer recherchait à l’étranger un soutien financier qui tardait à venir,
comme il le précise dans ses lettres à Bettina Warburg ( 22 septembre 1939) et
à Fritz Wittels (juillet 1941)
[9]. Finalement, l’argent arrive de New York mais
seulement durant l’été 1940. À la suite d’une crise cardiaque consécutive aux
efforts qu’il a dû faire pour tenir tête à ses concurrents, il vend à son
principal rival, Ossi Lewin, éditeur du
Shanghai
Jewish Chronicle – beaucoup plus solide financièrement et qui avait
le soutien du Comité Komor. La diffusion du
Gelbe
Post cesse immédiatement. Lewin avait la haute main sur le marché
très lucratif, quoique relativement restreint, des publications destinées aux
émigrés; il avait ainsi obtenu les droits exclusifs sur des listes d’adresses
actualisées en permanence par le Comité Komor, où figuraient également les
courriers reçus par les nombreuses organisations de secours aux émigrants. Ces
listes comportaient des informations déterminantes pour survivre et elles
étaient donc très importantes pour tous les émigrants. Lewin a profité de ce
monopole pour élargir son lectorat et il a été le seul éditeur de presse à
s’être montré capable de créer un groupe d’abonnés à son journal (Seywald,
1989, cité par Scholz-Strasser, 1989-1990).
Storfer parvint à trouver un poste de rédacteur et de lecteur
de dépêches auprès des services britanniques de renseignement. Des émigrants
ont indiqué qu’ils avaient entendu sa voix dans une émission de la radio
britannique en langue allemande. C’est grâce à ce travail qu’il put s’échapper
de Shanghai. Peu après Pearl Harbour ( 8 décembre 1941), un navire britannique
l’a évacué, d’abord vers Manille, puis vers Melbourne en Australie. Dans sa
notice nécrologique, Josef Kalmer rappelle que Storfer a pu y trouver du
travail dans une scierie, avant de mourir d’un cancer des ganglions
lymphatiques, dans un hôpital de Melbourne, le 2 décembre 1944 (Rosdy, 1999). À
en croire Wittels, il était « l’un des derniers bons vivants de Vienne… Il
était le “Viennois” par excellence : un travailleur acharné et un ami dévoué.
Il est tragique de penser que celui qui incarnait si bien ce type d’homme ait
fini par disparaître avec le type lui-même » (Wittels, 1945, p. 235).
Dai et Storfer : une destinée historiographique commune
Menacés par la poursuite des incursions japonaises, Dai et
Storfer ont dû quitter la Chine et leur départ a signifié la fin de leurs
activités (et de l’influence qu’ils exerçaient dans le pays). Considérés
isolément, chacun y a joué un rôle personnel important. Pendant leur séjour en
Chine, l’un et l’autre ont manifesté un réel intérêt pour la culture chinoise
qui n’a pas peu contribué au succès de leur tentative de sensibiliser leurs
communautés respectives à la psychanalyse. Les contributions de Dai montrent
également comment les nécessités concrètes d’une intervention d’inspiration
psychanalytique se sont d’abord manifestées dans le domaine de l’éducation,
plutôt que dans des contextes cliniques; ainsi, ce sont des étudiants et des
médecins qui ont été les premiers à être analysés et non des patients au sens
strict. Par ailleurs – et peut-être de façon plus significative encore – Dai
considérait que l’orientation néo-freudienne, associée aux exigences
confucéennes qu’il reconnaissait, était davantage caractéristique des
populations avec lesquelles il était entré en relation.
Quoi qu’il en soit, la recherche ultérieure n’a que très
imparfaitement rendu compte du rôle joué par ces deux émigrés. En dehors d’une
sélection de ses textes compilés par l’un de ses anciens étudiants peu après sa
mort (Atkins, 1997), bien peu a été dit sur la contribution de Dai
[10]. C’est peut-être à cause
de ses trop brefs séjours en Chine que je n’ai pu découvrir aucun texte en
chinois qui fasse mention de ses activités. Il est cité parmi les membres du
personnel dans une histoire du PUMC rédigée en anglais (Ferguson, 1970), mais
l’étude la plus exhaustive de cette institution en chinois (Deng, 1987) – qui
débute après la fondation de la République populaire de Chine – n’en dit pas un
mot. Au cours de sa longue existence, que ce soit à la Duke University ou après
avoir pris sa retraite, il a pourtant publié des travaux très divers, largement
diffusés dans des revues de socio-logie et régulièrement dans
Voices, publication de l’American
Academy of Psychotherapists. En ce qui le concerne, Storfer s’est distingué à
plus d’un titre et, récemment, les sept premiers numéros de son
Gelbe Post ont fait l’objet d’une
réédition (Storfer, 1999). Non seulement ses expériences en Chine ont été le
sujet de plusieurs ouvrages d’érudition, articles et monographies sur lesquels
je me suis appuyé, mais il a également fait l’objet d’un récent documentaire
filmé sur la vie des juifs de Shanghai en temps de guerre. Coréalisé par Joan
Grossman et Paul Rosdy,
Port of Last
Resort
[11]
(Le port de la dernière chance) utilise non seulement des documents amateurs
assez rares en 16 et 8 mm mais la bande-son du film intègre également en voix
off le texte de lettres de Storfer,
pour « donner vie à des scènes qui plongent le spectateur dans le passé et
rendre ainsi plus intense l’évocation nostalgique de l’émigration en temps de
guerre
[12] ».
Que le Gelbe Post de
Storfer soit considéré comme « un monument de la résistance intellectuelle au
Troisième Reich », comme le prétend Rosdy ( 1999, p. 7), ou plus modestement
comme un énième exemple des ambitions de son propriétaire mises au service
d’une presse de qualité – ambitions motivées, dans ce cas précis, par les
impératifs de la survie économique –, cette publication qui restituait bien la
diversité de l’univers intellectuel de son directeur a constitué, ne fût-ce que
brièvement, un authentique forum où la trame de l’orthodoxie psychanalytique a
croisé la chaîne de la spécificité culturelle chinoise.
Dai et Storfer avaient l’un et l’autre prévu que la présence
japonaise rendrait plus difficile la poursuite de leurs travaux mais, après la
défaite du Japon, ni l’un ni l’autre n’ont su anticiper la guerre civile en
Chine, pas plus que son virage idéologique inspiré par la Russie soviétique
immédiatement après la création de la République populaire. Il faudra attendre
encore quarante ans pour assister dans le pays à la renaissance de la
psychanalyse.
Je souhaiterais adresser mes remerciements à M. Fan Ying qui a
réussi à obtenir pour moi dans les archives du Peking Union Medical College les
copies des documents originaux, ainsi qu’à M. Fu Wai qui a bien voulu en
assurer la traduction ; mes remerciements vont aussi au professeur Sally Atkins
qui m’a autorisé à consulter les documents personnels de Dai ainsi que tous les
articles de lui qu’elle a rassemblés ; je remercie également Charles Rutt et la
bibliothèque du Centre médical de la Duke University qui m’ont donné accès à la
documentation de Richard Lyman, ainsi que Vivian et Meiling Dai qui ont accepté
de partager avec moi leurs souvenirs d’épouse et de fille de Dai. Je
souhaiterais aussi remercier tout particulièrement Paul Roazen et Paul Rosdy
qui m’ont guidé vers certaines sources sur Storfer, mais également Albert
Koenig qui s’est procuré les copies des exemplaires du
Gelbe Post et des articles de Rosdy et
Scholz-Strasser, Elke Mühlleitner, pour une copie de l’article sur Storfer
publié dans son Biographical Lexicon,
et enfin Mme Tonja Fung qui les a traduits. Un grand merci
également à Alex Freund qui a retrouvé des documents dans les archives de Fanny
Halpern à la Simon Fraser University.
·
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sur le serveur des Archives de la DDB (Die Deutsche Bibliothek, hhttp :// www. ddb. de/ index. htm). Accès direct par
http ://deposit.ddb.de/index.htm, puis prendre « Exilpresse digital - Deutsche
Exilzeitschriften 1933-1945 ».
[1]
Cet article a d’abord été publié dans la revue
Psychoanalysis and History, 6 ( 1),
2004, p. 93-105. Il a été traduit de l’anglais par Magnolia Chiang-Laluc. Une
version antérieure de cet article a été présentée aux Neuvièmes rencontres
internationales de l’Association internationale pour l’histoire de la
psychanalyse, Barcelone, 24-27 juillet 2002, sous le titre
Psychoanalysts in Exile : Elements of a
History (« Psychanalystes en exil : fragments d’une histoire
»).
[2]
Traduction française,
Les
cultures d’Orient et d’Occident et leurs philosophies, Paris,
Presses Universitaires de France, coll. « Orientales », 2000.
[3]
La Fondation assurait également le financement de la faculté
par le biais de son Comité médical pour la Chine.
[4]
Bien que Dai se soit trouvé en Chine avec Richard Lyman pendant
l’été 1945 pour évaluer les besoins de l’Administration nationale chinoise de
la santé en services neuropsychiatriques, il travaillait également à Kunming
pour l’OSS. Sa collaboration était probablement liée au travail confié à la
même époque à Henry Murray, chargé d’estimer les aptitudes des parachutistes
chinois dans les domaines du « combat, du sabotage et du renseignement derrière
les lignes japonaises » (Robinson, 1992).
[5]
Aujourd’hui Cluj-Napoca en Roumanie.
[6]
« Die Psychoanalyse in Japan », article de Marui Kiyoyasu,
Gelbe Post n° 1, p. 9 ; «
Psychoanalyse in Palästina »,
ibid.,
article de Max Eitingon, p. 105-106.
[7]
« Ein Traum aus einem japanischen Roman des elften Jahrhunderts
», article de Ruth Jane Mack (initialement publié dans le numéro XIV
d’
Imago),
ibid.
[8]
« Zur Psychoanalyse der chinesischen Schrift », article de J.L.
McCartney,
ibid., p. 9-11.
[9]
Ces correspondances ainsi que la lettre adressée à Siegfried
Bernfeld le 31 mars 1939 figurent toutes dans Rosdy, 1999.
[10]
Tout récemment, le critique Lung-Kee Sun (Sun Longji), dans son
ouvrage
The Chinese National Character : From
Nationhood to Individuality, présente Dai comme un « disciple » de
Harry Stack Sullivan (égratignant au passage la graphie de son nom) mais ne
semble pas accorder beaucoup d’importance à sa contribution puisque son livre
insiste sur ce que les étrangers – plus que les Chinois eux-mêmes – pouvaient
penser de la Chine du XX
e siècle, du double point de vue
psychologique et anthropologique.
[11]
Pinball Films, 1998, couleur et noir et blanc, 16 mm, 79
min.
[12]
Notes de la production, publiées à l’occasion du
23
e Festival annuel du film de Hong Kong, 1999.