Essaim 2005/1
Essaim
2005/1 (no14)
200 pages
Editeur
I.S.B.N. 2-7492-0380-5
DOI 10.3917/ess.014.0199
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Vous consultezQuelques notes sur le mouvement psychanalytique en Grèce[*] [*] Nous avons reçu de M. Nicolas Gougoulis la lettre suivante...
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AuteurNicolas Gougoulis du même auteur



L’article de Brigitte Lemérer « Andréas Embiricos : psychanalyse et surréalisme » publié dans le numéro 10 de votre revue donne l’occasion de proposer quelques remarques.

2 D’abord il est heureux de voir l’intérêt de votre équipe pour cette figure du mouvement psychanalytique grec. Le dossier est assez riche à cet égard, le texte du poète est très émouvant, notamment pour ceux qui découvrent sa force imaginative. Cependant, dans l’article de Mme Lemérer on découvre quelques petites inexactitudes qui nuisent à la qualité de sa recherche.

3 Nicolas Dracoulidis n’a jamais fait partie du premier groupe psychanalytique grec, comme l’indique d’ailleurs l’article de Mme Scarpalézou publié quelques pages plus loin. Dracoulidis (parfois indiqué comme Dracoulidès) a essayé de s’approcher de ce groupe mais il fut exclu de ses activités. Cependant, ce personnage dynamique mais ambigu a eu une présence dans le mouvement analytique. Élu membre correspondant de la Société belge de psychanalyse, il participe au congrès de psychanalyse de langues romanes en 1953.

4 Le premier groupe psychanalytique grec s’autodissout en 1950 après les départs d’Embiricos à Paris et de Zavitsianos au Canada. De même il conviendrait mieux d’écrire que l’année 1950 fut l’année de l’élection d’Embiricos et non de sa titularisation, comme l’écrit l’auteur. Embiricos a été élu membre adhérent et n’a jamais été titulaire de la SPP.

5 Je note un certain étonnement face à l’aspect conventionnel de l’article d’Embiricos, et l’auteur fait une hypothèse d’autocensure ou de censure qui s’imposerait à l’intérieur de la SPP. Cette hypothèse nécessite quelques éclaircissements. L’auteur a raison d’évoquer les phénomènes de censure qui bien souvent sont présents aux moments de passage dans les sociétés analytiques. Le premier numéro de la revue Essaim donne un aperçu éloquent de la difficulté qu’ont toutes les institutions analytiques à éviter ce piège. Je n’ai pas besoin de citer une bibliographie longue à ce sujet du côté des revues de l’API. Cependant, la qualité de l’article d’Embiricos est équivalente aux productions théoriques de cette période. Son article ne passe pas inaperçu et se trouve cité dans la bibliographie anglo-saxonne de l’époque. On peut noter par ailleurs qu’Embiricos au moment où il produit son article est un « jeune » analyste. Il a derrière lui son analyse personnelle et quelques traitements analytiques. Si Embiricos commence son exercice en 1936, il serait erroné de dire qu’il a quinze ans d’exercice en 1950. En effet, les années 1940-1949 (guerre, occupation allemande, guerre civile) ne sont guère propices à un exercice analytique et encore moins à une formation analytique. D’ailleurs, lorsque Adam Limentani trace en 1989 l’histoire du mouvement analytique pendant la guerre, il fait état de l’absence de formation d’Embiricos.

6 Enfin, serait-il étonnant qu’un immense talent de poète ne trouve pas un talent analytique équivalent chez la même personne ? Les témoignages des conduites de cures par Embiricos dont on dispose ne laissent pas entrevoir du « génie » analytique. Ses interventions dans les cercles littéraires des années 1930 en Grèce témoignent d’une connaissance assez superficielle, ce qui n’est pas étonnant pour un jeune analyste qui, de plus, était très isolé sur le plan de l’exercice analytique.

7 En revanche, comme d’ailleurs témoigne le texte littéraire : « Œdipe Rex » que votre revue publie, le poète est novateur, révolutionnaire. Son importance pour la littérature grecque et pour l’histoire des idées en Grèce est capitale. Une intervention en 1971, peu connue, fut l’occasion d’une grande réflexion sur la langue pendant la sombre période de la dictature des colonels. À ma façon j’en ai donné un aperçu lors d’un congrès d’histoire de psychanalyse (Gougoulis, 2002).

8 Votre revue a parfaitement raison de se saisir de la figure d’Embiricos pour illustrer le sujet de l’analyse profane même si vos thèses prêtent à débat.

Bibliographie

Bibliographie

GOUGOULIS, N. 2002. « L’exil dans la langue », Topique, 80,41-47.

lIMENTANI, A. 1989. « The psychoanalytic movement during the years of the war. According to the archives of the IPA », International Review of Psychoanalysis, 16, 3-13.

 

Notes

[ *] Nous avons reçu de M. Nicolas Gougoulis la lettre suivante à la suite de l’article de Brigitte Lemerer, « Andrés Embiricos : psychanalyse et surréalisme », Essaim n° 10 (« Des sexes différents »).Retour

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POUR CITER CET ARTICLE

Nicolas Gougoulis « Quelques notes sur le mouvement psychanalytique en Grèce », Essaim 1/2005 (no14), p. 199-200.
URL :
www.cairn.info/revue-essaim-2005-1-page-199.htm.
DOI : 10.3917/ess.014.0199.