Un passé trop sollicité : les aléas de la commémoration
Régine Robin
Ce texte voudrait mettre l’accent sur la façon dont les sociétés, dans leur rapport
au passé, ne peuvent se passer de commémorations, de dates de fondation, de
fêtes nationales, de tout ce qui va établir des effets de légitimité de leur histoire, et
leur continuité légendaire. Néanmoins, cette commémoration a elle-même une histoire qui suit les lectures et les relectures du passé. Prenant l’exemple du 8 mai
1945 et la façon dont il a été commémoré l’an dernier, le texte veut montrer que la
commémoration est bien un présent qui, faute d’avenir, convoque le passé à tout
bout de champ, un passé trop sollicité.
This text seeks to underscore how in their relationship to the past, societies cannot
dispense with commemorations, foundational dates, national holidays, in other
words with everything which can serve to establish and legitimatise their history.
But this commemoration itself has its history, a history which runs parallel to successive readings of the past. Using the example of the historic date May 8th 1945
and the way it was commemorated last year, this text seeks to show how the act of
commemorating is part of the present, a present which, in the absence of any horizon looking to the future, invokes the past at every possible opportunity. (Translated by Claude Maire)