Parler avec les mains, entendre avec les yeux ...
André Meynard
Pourquoi donc ne parvenons-nous pas à prendre acte de ce que certains
humains en viennent à parler avec les mains et à entendre avec les yeux ?
Les tout jeunes enfants Sourds sont attirés par des modalités langagières
signées. Ils sont inscrits « en langage » grâce à leur famille et à ce que permet la transmission désirante. Or, paradoxalement, au-delà des apparences
et sur le mode du démenti, tout se met en place au sein des dispositifs d’accueil et d’éducation de notre pays, pour faire barrage à une telle modalité
de dire. Une filière de soin prospère en faisant taire le sujet. De manière
paradigmatique ceci peut nous enseigner sur nos modernes manières de
penser le vivre ensemble et de supporter l’altérité.
Why is it that we do not take note of the fact that certain individuals resort
to speaking with their hands and hearing with their eyes ? Deaf children,
from a very young age, are drawn to these linguistic modes, signed and
inscribed « in language », by virtue of their family and what allows for
desirable transmission. Yet, paradoxically, beyond appearances to the
contrary, everything in our educational centres is designed to hinder such
a mode of expression. A network of care thrives on silencing the subject.
This, as a paradigm, instructs us on our modern views on living together
and alterity.
• Pour introduire…
• Signer pour dire…
— Une poussée à dire avec les mains…
— Interroger quelques négligences…
• Quand une filière de soin attaque la langue
— L’oralisme civilisateur ou pour une parole pure…
— Un dépistage « de masse » ou comment fabriquer des malades…
• Pour penser l’existence d’un démenti culturellement
institué dans le champ de la surdité…
• Réinscrire un rebut langagier délaissé
par les spécialistes experts…
• Quand une constellation langagière évince le sujet…