Mélancolie et lien social
Marie-Jean Sauret
Il semble possible de rendre compte de la mélancolie à partir de la topique
du miroir introduite par Lacan : il y va d’un accident d’un rapport à un
idéal du moi présent mais désinvesti par l’Autre, de sorte qu’il n’est porteur que d’une signification de vide, de rien à laquelle le sujet s’identifie
faute de mieux. Le paradigme ainsi défini de la mélancolie devrait nous
permettre moins d’ordonner les phénomènes rangés aujourd’hui sous la
rubrique de la dépression que de proposer une hypothèse relative à la
mélancolisation elle-même du lien social pour certains de ceux de nos
contemporains qui se laissent suggestionner par l’anthropologie inhérente
au discours capitaliste.
It seems possible to consider melancholy from the mirror topography
introduced by Lacan : from an accident in the relation to an ego ideal which
is present but disinvested by the Other, in such a way that it carries signification
only of the emptiness, the nothingness to which the subject identifies,
for want of anything better. The paradigm of melancholy thus
illustrated serves less to organize phenomena arranged today under the
heading of depression, than to propose a hypothesis for those easily
influenced by the anthropology inherent in the capitalistic discourse : a
hypothesis relating to the « melancholisation » itself of the social link.
• L’amour comme traitement de l’Hilflosigkeit, la détresse,
et de l’angoisse sociale
• La phase du miroir, l’expérience du « laissé en plan »,
l’amour et le lien social
• Mélancolie
• La dépression et le « biologisme »
• Le sinthome contre la « manisation » du lien social ?