2008
Essaim - REVUE DE PSYCHANALYSE
L’exception mélancolique
Le nom de mélancolie remonte aux origines de la médecine, il a suivi
son évolution et a permis de distinguer de nombreuses variétés cliniques.
Parallèlement elle n’a cessé d’habiter les manifestations les plus élevées des
arts et des sciences, avec un sens qui a varié selon les époques et les
langues, ce qui lui a permis de maintenir une parenté avec la nostalgie,
l’acédie, le spleen, le blues, la saudade…
Ce thème nous a paru pertinent à traiter dans Essaim aujourd’hui en
raison d’une part de la quasi disparition de la mélancolie dans le DSM IV, où
elle ne subsiste qu’à titre de « caractéristique » relative à la « dépression
majeure » et aux « troubles bipolaires », et d’autre part du tapage autour de
la « dépression » promue nouvelle maladie du siècle. La récente campagne
médiatique (en novembre-décembre 2007) en France sur la dépression, lancée par l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé)
révèle qu’en fait la maladie du siècle est plutôt l’instrumentalisation de certaines maladies par des laboratoires pharmaceutiques et des janissaires des
thérapies cognitivo-comportementales.
La causalité de la mélancolie a toujours gardé une place à part dans le
champ clinique, Freud, par exemple, la situait entre la névrose et la psychose. Revenir à une approche structurale de la mélancolie apparaît, dans
ce contexte, participer d’une approche analytique de la clinique du sujet.