Ethnologie française
P.U.F.

I.S.B.N.9782130515067
192 pages

p. 219 à 227
doi: 10.3917/ethn.012.0219

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Vol. 31 2001/2

2001 Ethnologie française

L’ethnomusicologie bulgare

Nikolai Kaufman Institut de folkloreUl. Acad. G. Bontchev, bl. 6Sofia 1113
Les Bulgares ont commencé à transcrire leur folklore musical vers le milieu du xixe siècle. C’est un professeur de musique qui a le premier l’idée d’écrire la notation des chansons folkloriques en mesures asymétriques – 5/8 et 7/8. Au début du xxe siècle, les musiciens bulgares ont déjà noté toutes les mesures asymétriques. Dans les années vingt, Vasil Stoin et ses collaborateurs ratissent le pays et réussissent à recueillir des milliers de chansons de chaque dialecte, qu’ils regroupent dans de volumineux recueils. La création de l’Institut de musique en 1948 donne un coup de fouet aux travaux de recherche et de collection. En 1972, la fondation de l’Institut de folklore permet de canaliser encore mieux la recherche. Les archives de l’Académie des sciences bulgare contiennent plus de 250 000 chansons folkloriques et œuvres de musique instrumentale, des danses populaires, des films de pratiques rituelles accompagnées de musique.Mots-clés : musique, folklore, ethnomusicologie, Bulgarie. Bulgarians have been transcribing their musical folklore since about the middle of the 19th century. It is a music teacher who first wrote the notation of folkloric songs in asymetric times – 5/8 and 7/8. In the early 20th century Bulgarian musicians already noted all asymetric times. In the twenties Vasil Stoin and his collaborators travelled through the country and collected thousands of songs in each dialect that they compiled in voluminous books. The creation of the Music Institute in 1948 gave an impetus to research work and collecting. That of the Institute of Folklore in 1972 enabled to better control this research work. The archives of the Bulgarian Academy of Sciences contain more than 250 000 folksongs and pieces of instrumental music, folk dances, films on ritual practices with musical accompaniment.Keywords : music, folklore, ethnomusicology, Bulgaria. Die Bulgaren transkribieren ihre musikalische Folklore seit ungefähr der Mitte des 19. Jahrhunderts. Ein Musiklehrer war der erste, der die Notation der Volkslieder in asymmetrischen Takten – 5/8 und 7/8 schrieb. Anfang des 20. Jahrhunderts reisten Vasil Stoin und seine Mitarbeiter durch das Land und sammelten tausende von Liedern in jedem Dialekt, die in grossen Büchern zusammengetragen wurden. Die Schöpfung des Instituts für Musik in 1948 förderte die Forschung und das Sammeln. Diejenige des Instituts für Folklore in 1972 ermöglichte, diese Forschung besser zu kanalisieren. Das Archiv der bulgarischen Akademie der Wissenschaften umfasst mehr als 250 000 Volkslieder und Stücke von Instrumentalmusik, Volkstänze, Filme über rituelle Pratiken mit Musikbegleitung.Schlagwörter : Musik, Folklore, Musikethnologie, Bulgarien. Keywords : music, folklore, ethnomusicology, Bulgaria.
L’intérêt pour la musique populaire bulgare est déjà grand à l’époque où l’écriture solfégique est encore inconnue des Bulgares. Certains des premiers militants pour la conservation de la chanson et de la musique instrumentale populaires bulgares, G.S. Rakovski, L. Karavelov et surtout les frères Dimitar et Konstantin Miladinov [1], rêvent du temps où les chants seront notés avec leur mélodie, afin que la musique sans laquelle la chanson ne vit pas soit transmise aux générations futures. Quand Petko R. Slaveykov [2] publie ses premières poésies, transformées en chansons, il indique « sur quelle voix » elles doivent être chantées. Dans son célèbre article « Znachenieto i zadachata na nashata etnografiya » (« L’importance et la tâche de notre ethnographie »), Ivan Shishmanov formule en détail les tâches à accomplir pour une large ouverture de la recherche sur le folklore musical [1966]. Et tandis que les ethnographes et les chercheurs spécialisés dans la littérature orale déploient une large activité dès les vingt dernières années du xixe siècle, les premiers pas de la recherche musicale et du travail de collecte sont timides. Dans les années 1860-1870, peu de personnes connaissent la transcription solfégique. L’écriture neumatique, en usage dans la liturgie, est encore largement répandue. Angel Sevlievec et Petar Zl. Gruev transcrivent en neumes ecclésiastiques (hormuzievi) des chansons populaires comme les chansons de rondes ou de sedyanka [3] dépourvues de riches arrangements. Ils connaissent l’écriture solfégique, mais ils sont convaincus de la supériorité des neumes sur la notation occidentale. Ce n’est que plus tard que nous constaterons que l’écriture neumatique ne prend pas suffisamment en compte certaines composantes de la mélodie, en particulier la rythmique, les ornementations, etc.
Les premières transcriptions professionnelles des mélodies populaires sont effectuées par des disciples du collège français d’Istanbul : Dobri Voynikov, Anastas Stoyanov et, pour les générations suivantes, les compositeurs Emanuil Manolov et Dobri Hristov, les musiciens Todor Gavazov et Ivan Klinkov, le compositeur musicologue Angel Bukoreshtliev, ainsi que Rusi Kodzhamanov ou encore Georgi Ladzhev. Ils transcrivent principalement les chants populaires avec leurs mélodies ; certains sont édités dans la série du Sbornik za narodni umotvoreniya (« Recueil d’œuvres de l’esprit populaire ») [4], qui fut élaboré par Ivan Shishmanov [ibid.].
 
Les rythmes irréguliers
 
 
En 1886, le professeur de musique de Shumen, une ville située au nord-est de la Bulgarie, Atanas Stoyanov publie une chanson populaire en l’écrivant dans une mesure jusqu’alors inconnue : 5/8. Dans la mélodie, chaque temps est clairement marqué par cinq notes égales, des croches. L’année suivante, Stoyanov publie un chant rituel que des jeunes hommes chantent dans chaque maison la veille de Noël. Bien qu’ayant la même mesure que le chant de 1886 (5/8), la mélodie a un autre rythme. Les cinq croches qui sonnent simultanément se répartissent en deux groupes inégaux : l’un composé de deux croches, l’autre de trois. Ceci est la véritable mesure de temps « asymétrique » bulgare, aksak [5], phénomène qui est resté inconnu jusqu’alors. L’année suivante, Atanas Stoyanov publie une mélodie instrumentale à sept croches, Cherkezka. Ces découvertes ouvrent une large voie aux collecteurs et aux chercheurs dans le domaine de l’œuvre musicale populaire bulgare. Dans le champ de cette mélodie « asymétrique » bulgare naissent quelques-uns des plus importants travaux d’ethnomusicologie bulgare.
Les premières années du xxe siècle sont dévolues à la collecte et aux possibilités de comprendre d’une manière plus approfondie le phénomène asymétrique. Un grand nombre de chants est publié, notamment dans la série Sbornik za narodni umotvoreniya (« Recueil d’œuvres de l’esprit populaire »). Deux musicologues et compositeurs bulgares, Atanas Badev et Dobri Hristov, travaillent à l’explication et à la formulation théorique de ces mélodies. Deux conférences sont organisées. À la première, en 1904, Badev expose son analyse des formes métriques qui ont été récemment découvertes par les Bulgares. À la seconde, en 1908, Dobri Hristov explique le phénomène de manière plus détaillée. Une vive polémique se déclenche qui se termine en 1913 avec la parution de la célèbre étude de Dobri Hristov intitulée Ritmichnite osnovi na narodnata ni muzika (« Les bases rythmiques de notre musique populaire »).
Dobri Hristov y procède à la taxinomie des types de mesures asymétriques, qu’il appelle des « temps irréguliers », en fonction de la vitesse d’interprétation, et souligne qu’avec un tempo lent le groupe des trois croches s’entend comme étant séparé du groupe des deux croches, tandis qu’avec un tempo rapide les deux groupes irréguliers sonnent comme un seul ensemble ; il classe selon ce dénominateur toutes les mesures aksak connues jusqu’alors. Son tableau va des mesures à 5/8 aux mesures à 14/8. L’ouvrage est encore à cette date la présentation la plus claire et la plus exhaustive des mesures asymétriques bulgares, appelées plus tard « inégales » par l’ethnomusicologue Stoyan Dzhudzhev, terme toujours utilisé de nos jours. Pendant les années vingt, Vasil Stoin expose sa thèse sur l’origine des mesures de temps asymétriques comme étant une combinaison de mesures à deux et de mesures à trois temps.
L’activité de collecte des ethnomusicologues bulgares est énorme. Elle se déploie particulièrement après 1926, quand au sein du Musée ethnographique populaire de Sofia se forme un groupe spécialisé dans l’enregistrement de la musique populaire bulgare, dirigé par Vasil Stoin, célèbre musicologue, formé au conservatoire de Bruxelles. Des enregistrements intensifs commencent, principalement de chants populaires du nord de la Bulgarie, car les membres du groupe considèrent que le folklore musical y est le plus menacé de transformations ou de disparition. Très rapidement, les musiciens Vasil Stoin, Pavel Ev. Stefanov, Rayna Kacarova, Ivan Kamburov et d’autres enregistrent des milliers de chants du nord de la Bulgarie ; en 1928 paraît un recueil colossal, Narodni pesni ot Timok do Vita (« Chants populaires du Timok à la Vita ») comprenant quatre mille six chants populaires et soixante-treize mélodies instrumentales. Dans le recueil, qui a été élaboré sous la direction de V. Stoin, on découvre des mélodies et des chants anciens uniques, qui furent oubliés à peine quelques décennies après avoir été enregistrés. En 1931, sous la direction de V. Stoin, paraît un autre recueil, Narodni pesni ot Sredna Severna Balgariya (« Chants populaires du centre nord de la Bulgarie »), une édition tout aussi importante en volume ; en 1939 paraît Balgarski narodni pesni ot Iztochna i Zapadna Trakiya (« Chants populaires bulgares de la Thrace de l’Est et de l’Ouest »). Après la mort de Stoin, une série de recueils de chants populaires de différentes régions de la Bulgarie est publiée.
Jusqu’à la fin des années quarante, les collecteurs transcrivent les chants populaires en les écoutant, sans appareils d’enregistrement sonore. Les vérifications que nous avons effectuées ultérieurement – nous avons enregistré les mêmes informateurs – montrent que nos prédécesseurs travaillaient avec précision ; nous pouvons avoir totalement confiance en leurs notations.
 
Musique populaire et académie
 
 
Dans les années trente et quarante, les programmes de collecte baissent en intensité. Il faut attendre 1948, date de la création de l’Institut de musique auprès de l’Académie bulgare des sciences, pour que les études et les enregistrements reprennent de l’ampleur. La section qui étudie la musique et la danse folkloriques est dirigée par Rayna Kacarova, une ethnomusicologue expérimentée, collaboratrice de V. Stoin. Les enregistrements se font désormais au moyen d’appareils, et les différentes régions qui n’ont pas fait l’objet d’une recherche jusqu’alors sont étudiées en détail : les pays du Pirin, de la Strandzha, le centre-ouest de la Bulgarie, etc. Un grand centre d’archives est créé auprès de l’Institut ; y sont conservés aussi bien les originaux, qui ont été enregistrés par le groupe de V. Stoin, que les cahiers de terrain des ethnomusicologues de l’Institut et les mélodies. Le travail scientifique et le classement des archives commencent à cette époque ; le centre d’archives compte aujourd’hui 250 000 unités : les chants populaires et les mélodies instrumentales, les danses filmées ou décrites, les coutumes et les rites, les instruments de musique, etc.
En 1972 est créé l’Institut de folklore auprès de l’Académie bulgare des sciences. Progressivement, une activité d’ethnomusicologie s’y déploie également, sont réalisés des travaux de recueil et de recherche, s’y ajoute une section de folklore musical et de danse. L’Institut fonde un Centre national d’archives du folklore, qui publie des recueils, des monographies, des études et des articles dans sa revue Balgarski folklor (« Folklore bulgare »).
Les deux instituts poursuivent l’œuvre de V. Stoin avec des résultats exceptionnels. Des recueils de chants populaires du pays du Pirin sont publiés [Kaufman et Manolov, 1994 ; Kaufman et Todorov, 1967], du pays des Rhodopes [Kaufman et Todorov, 1970], des ballades populaires bulgares [Bogdanova, 1993, 1994], des chants populaires des Bulgares des républiques socialistes soviétiques d’Ukraine et de Moldavie [Kaufman, 1982], des danses populaires du Srednogorie [Ilieva, 1978], etc. D’autres recueils thématiques sont également publiés. Toutes les chansons, les mélodies instrumentales et les danses populaires sont déchiffrées grâce à des phonogrammes et à des films, les originaux étant conservés dans les archives, ce qui donne la possibilité de vérifier l’exactitude de la transcription.
Depuis les années soixante, des sabor (« festivals ») régionaux et nationaux de l’œuvre populaire sont organisés en Bulgarie. Ainsi, il y a vingt mille interprètes au festival national de la ville de Koprivshtica. Les chanteurs, les joueurs d’instruments, les danseurs, les groupes présentent des rites et des coutumes traditionnels, pratiquement toujours accompagnés de musique. Ces grands festivals sont toujours organisés avec le concours des ethnomusicologues bulgares. Les principaux matériaux, musique et danse, sont enregistrés et entrent dans les archives des deux instituts. C’est une manière d’enrichir les archives et d’augmenter les possibilités d’un travail de recherche.
 
Les grandes figures
 
 
Outre ces documents de première main, nous disposons des ouvrages scientifiques des fondateurs, notamment ceux de Dobri Hristov, d’Angel Bukoreshtliev, de Karel Mahan, de Vasil Stoin, et surtout de Stoyan Dzhudzhev, de Rayna Kacarova, d’Ivan Kachulev, d’Elena Stoin, jusqu’aux travaux des ethnomusicologues contemporains. La perspicacité exceptionnelle du fondateur Dobri Hristov permit, avec un minimum de matériel musical, pas plus de deux mille chants populaires, d’exposer, dès le début du xxe siècle, les principales caractéristiques de l’œuvre musicale populaire bulgare. Après la publication des plus importants recueils dans les années vingt, trente, les générations suivantes, et particulièrement Stoyan Dzhudzhev, réussirent à accéder aux traits les plus détaillés du folklore musical et à proposer une théorie élaborée de la métrique et du rythme, de la mélodie, de la prosodie, etc. [Dzhudzhev, 1931, 1945, 1954, 1955, 1956, 1961 ; Karastoyanov, 1950 ; Stoin, 1952, 1980, 1981]. Les ethnomusicologues qui fondèrent leurs recherches sur la totalité de ce capital accumulé depuis 1930 élargirent la problématique et eurent de plus grandes possibilités pour puiser également expérience et savoir dans l’ethnomusicologie de pays étrangers, avec lesquels les relations s’approfondirent pendant cette dernière décennie du siècle.
Dobri Hristov, hormis son ouvrage fondateur de 1913 déjà évoqué, publie plus tard une immense quantité d’études et d’articles qui éclairent divers champs de l’ethnomusicologie, mais ont souvent un caractère de vulgarisation, et, dans certains, il approfondit des questions déjà posées dans des articles théoriques [1928].
Le musicien tchèque Karel Mahan, professeur de musique en Bulgarie de 1891 à 1903, occupe une place particulière dans l’ethnomusicologie bulgare. Il se familiarise avec la musique populaire bulgare, qu’il affectionne et respecte, et qu’il appelle « notre musique populaire ». Il publie une série de brefs articles parmi lesquels certains évoquent une problématique qui sera développée plus tard [Balareva, 1959]. Ainsi, son article « Malko horeografiya iz Lomsko i Vidinsko » (« Un peu de chorégraphie des régions de Lom et de Vidin ») est la première étude scientifique sur le caractère de la danse dans des régions précises. Ailleurs, il effectue les premières comparaisons entre les musiques populaires bulgare et étrangère, il note l’unicité de la musique bulgare, certaines influences extérieures sur des harmonies bulgares, etc.
Indubitablement, depuis Dobri Hristov, c’est l’apport de Vasil Stoin qui fut fondamental pour l’évolution de l’ethnomusicologie bulgare, d’une part en raison de son travail de collecte et d’édition dans le domaine du chant populaire, d’autre part, en raison de ses communications lors de conférences scientifiques. Ses écrits sont concis, clairs. Dans l’une de ses premières études, Metrika i ritmika (« Métrique et rythmique ») [1956], il met en avant l’ancienneté de certains types de chants populaires, en se fondant sur la brièveté de la forme, la faible quantité de tons, la place dans le cycle de vie. Il exprime en détail sa position concernant l’origine des mesures de temps asymétriques en tant que combinaison de mesures de temps doubles et triples, qui forment progressivement le temps « réel » et « prolongé ». Cette thèse sert de base à la réflexion sur le problème des parties inégales dans le premier tome de Stoyan Dzhudzhev Teoriya na balgarskata narodna muzika (« Théorie de la musique populaire bulgare ») [1954]. La « Hipoteza za balgarskiya proizhod na diafoniyata » (« Hypothèse sur l’origine bulgare de la diaphonie ») occupe une place spéciale dans la musicologie bulgare. Stoin, lors d’une conférence de l’Académie musicale de Sofia en 1925, explique que la polyphonie a été apportée dans les Balkans et en Europe par les protobulgares. Les études ultérieures montrent que plusieurs peuples anciens de la péninsule Balkanique et d’autres régions du monde chantent en polyphonie. Dans ce texte, qui a été publié en français, V. Stoin est le premier à annoncer aux milieux scientifiques l’existence d’une polyphonie populaire chez les Bulgares.
 
Stoyan Dzhudzhev
 
 
L’ethnomusicologue Stoyan Dzhudzhev finit ses études en 1931 à Paris où il soutient une thèse de doctorat. À son retour en Bulgarie, il est nommé enseignant de musique populaire et d’autres disciplines à l’Académie musicale de Sofia, où il travaille jusqu’à sa retraite. Il publie un grand nombre d’articles dans des revues, principalement publiées à Sofia, remarquées à cette époque pour leur érudition exceptionnelle. Sa thèse de doctorat, Rythme et mesure dans la musique populaire bulgare, contient un résumé des principales questions qu’il approfondira en Bulgarie, notamment son intention d’élaborer une théorie fondamentale de la musique populaire bulgare, déjà en gestation dans ses idées et les cours qu’il donne aux étudiants. Il expose sa théorie [1954, 1955, 1956, 1961] sous la forme de quatre manuels de musique populaire publiés par l’Académie musicale d’État de Sofia, mais ces ouvrages dépassent de loin leur destination première. Dans le premier tome [1954], Dzhudzhev fait une analyse complète de la métrique et de la rythmique dans la musique vocale et instrumentale populaire bulgare ; il passe en revue toutes les formes connues de mesures de temps égales et inégales. Il y affirme son terme « neravnodelnost » (« inégalité »), qui est adopté par tous les musicologues bulgares et par certains musicologues étrangers. Dzhudzhev se fonde sur la théorie de V. Stoin qui porte sur l’origine des mesures inégales d’une combinaison de mesures à deux et à trois temps. Il construit ainsi l’arbre généalogique de chaque type ; à deux parties (2 + 3 ou 3 + 2) : 5/16 (5 doubles croches), 5/8 (5 croches), 5/4 (5 noires) ; à trois parties (2 + 2 + 3 ou 3 + 2 + 2) : 7/16 (7 doubles croches), 7/8 (7 croches), 7/4 (7 noires), et ainsi de suite. Cette parenté montre, selon lui, l’évolution naturelle et la structuration des mesures inégales. Plus tard, nous contesterons cette position en démontrant que la proximité entre les mesures de temps inégales est moins définie par le dénominateur de la fraction que par le schéma rythmique du temps. Par exemple, la proximité des mélodies ayant des mesures comme celles qui sont indiquées ci-dessous, ainsi que la proximité de leurs rythmes respectifs, est d’autant plus grande qu’elles ont un tempo proche :
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Plutôt qu’entre :
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Cette considération ne diminue pas pour autant la valeur scientifique de l’ouvrage de notre maître Dzhudzhev, et en particulier celle de son étude suivante intitulée Melodika (« Mélodie ») [1955], dans laquelle il passe en revue les quatre gammes que l’on trouve couramment dans la musique populaire bulgare, pentatonique, diatonique, chromatique et enharmonique. Cet ouvrage d’un niveau scientifique exceptionnel est écrit dans une perspective comparatiste. Les travaux de Dzhudzhev inspirèrent les générations suivantes d’ethnomusicologues professionnels bulgares, à qui il enseignait en tant que professeur de musique populaire bulgare à l’Académie musicale de Sofia. Dans le domaine de la chorégraphie populaire, Dzhudzhev propose le premier système bulgare de transcription des danses [1931] ; en 1945, il publie Balgarska narodna horeografiya (« Chorégraphie populaire bulgare »). Les recherches de ce grand scientifique sont utilisées par les ethnomusicologues de pratiquement tous les pays balkaniques et sont bien connues dans le monde.
Alors que Dzhudzhev est une figure centrale de la théorie de la musique populaire bulgare, Rayna Kacarova l’est dans le domaine du travail de terrain depuis les années quarante à nos jours. Après avoir travaillé plusieurs années en tant que collaboratrice de Vasil Stoin, et, au Musée ethnographique de Sofia, avec des ethnographes, elle adopte leurs méthodes, selon lesquelles tout ce qui est analysé doit être pris du peuple. Elle prend soin, en outre, de noter des descriptions de ses rapports avec les gens du village et de la ville. Elle-même et ses élèves, qui travaillèrent plus tard avec elle à l’Institut de musique auprès de l’Académie bulgare des sciences, construisent leur science sur la base de l’observation et de l’enregistrement de terrain, en l’interprétant théoriquement avec les outils de l’ethnomusicologie bulgare traditionnelle, qui fut fondée par Stoyan Dzhudzhev, Dobri Hristov, Vasil Stoin.
Les deux instituts de l’Académie bulgare des sciences étant stabilisés, les recherches en ethnomusicologie sont les fruits des efforts de leurs membres. À la première génération des élèves de V. Stoin, Rayna Kacarova, Ivan Kachulev, Elena Stoin, se joignent progressivement les futurs folkloristes, les disciples de Stoyan Dzhudzhev : Vergiliy Atanasov, Lyuben Botusharov, Mihail Bukureshtliev, Todor Dzhidzhev, Anna Ilieva, Dimitrina Kaufman, Nikolai Kaufman, Petar Lyondev, Iskra Racheva, Nataliya Rashkova, Todor Todorov, Cenka Yordanova, Svetlana Zaharieva. Les musicologues des établissements d’enseignement supérieur, Lidiya Litova, Iliya Manolov, Mariya Samokovlieva, Manol Todorov se trouvent en relation étroite avec eux. Le développement de la musicologie du folklore bulgare de nos jours est presque entièrement dû à la contribution des folkloristes des instituts de l’Académie bulgare des sciences et des enseignants des instituts d’études musicales supérieures.
 
De nouvelles thématiques
 
 
Après la création de l’Institut de musique en 1948, les premières monographies à être publiées sont celles de collaborateurs extérieurs, Aleksandar Mocev avec Ritam i takt v balgarskata narodna muzika (« Rythme et mesure dans la musique populaire bulgare ») [1949], et Asen Karastoyanov avec Melodichni i harmonichni osnovi na balgarskata narodna muzika (« Fondements mélodiques et harmoniques de la musique populaire bulgare ») [1950]. Ils y développent les problèmes fondamentaux qui avaient intéressé les classiques St. Dzhudzhev, D. Hristov, V. Stoin. Cette thématique « traditionnelle » accompagne les musicologues académiques de nos jours, et elle ne perdra pas de son actualité. Cependant, les principales contributions de la deuxième génération d’ethnomusicologues concernent d’autres domaines du folklore musical. En fait, pendant ces quatre décennies, les ethnomusicologues orientent leurs problématiques sur l’enquête de terrain : spécificités régionales de l’œuvre populaire musicale et de la danse, typologie des genres musicaux folkloriques, folklore et contemporanéité, périodisation du folklore musical, polyphonie populaire, études comparatives, folklore musical des Bulgares vivant hors des frontières actuelles du pays, folklore musical des minorités de Bulgarie, unité du folklore musical bulgare, genres des chants populaires, instruments musicaux populaires et musique populaire instrumentale, improvisation dans les musiques vocale et instrumentale. L’édition de recueils régionaux est reprise. Les ethnomusicologues participent activement à des forums scientifiques internationaux et bulgares, leurs contributions scientifiques sont de plus en plus connues dans le monde, et couramment citées.
Les premiers efforts des ethnomusicologues sont concentrés sur la thématique traditionnelle et régionale, alors qu’ils étaient auparavant surtout orientés sur des régions peu connues comme les Rhodopes et le Pirin. Dans les années cinquante, soixante, des expéditions pluridisciplinaires sont organisées, pour étudier la musique populaire, la danse folklorique, l’architecture et la peinture populaires, les broderies, etc., de certaines régions. Des recueils particulièrement riches sont publiés sur la Dobrudzha, la Strandzha, les Rhodopes, le nord-ouest de la Bulgarie, etc. Parallèlement, des études plus approfondies des différentes régions folkloriques sont réalisées dans le pays du Pirin, le centre-ouest de la Bulgarie, l’ouest du Srednogorie, les Rhodopes, etc. Des études concernant les musiques et les danses populaires, les coutumes accompagnées de musique et de danses sont aussi publiées, principalement par Anna Ilieva, Rayna Kacarova, Nikolai Kaufman, Elena Stoin, Todor Todorov. L’ouvrage d’Elena Stoin, Muzikalnofolklorni dialekti v Balgariya (« Dialectes musico-folkloriques en Bulgarie ») [1981] se présente comme l’apogée du travail de recherche effectué dans le domaine des études régionales. Dans leur propension à connaître même les endroits les plus reculés du pays, les ethnomusicologues révélèrent une série de types de polyphonies, inconnus dans le passé, même dans des régions où cela était inattendu (les chants à deux voix de Nedelino, de Turlash, etc.). Le « tableau » des mesures de temps inégales s’enrichit de combinaisons inconnues jusqu’à présent, deux nouvelles positions sur l’origine de l’inégalité des mesures sont formulées, quelques conceptions contestées. Lidiya Litova publie un ouvrage global, dans lequel elle trace le chemin des études régionales [1996].
L’ouvrage sur la polyphonie folklorique bulgare se place aussi dans le domaine des études régionales, un thème que V. Stoin avait déjà entamé dans les années vingt. Les sous-régions polyphoniques y sont étudiées en détail : le centre-ouest de la Bulgarie, la région de Pazardzhik et d’Ihtiman, la région de Velingrad et le pays du Pirin. La présence du chant polyphonique populaire à trois voix est également attestée chez les immigrés de la région de Kostur, ainsi que la mise en rapport originale de deux chants à deux voix des villages de Dolen et de Satovcha, situés dans le sud-ouest de la Bulgarie, dans laquelle se forme une structure à quatre voix.
En 1968 paraît la monographie Balgarskata mnogoglasna narodna pesen (« Le chant polyphonique populaire bulgare ») [Kaufman, 1968], qui porte globalement sur les polyphonies populaires bulgare et balkanique. Des hypothèses concernant l’origine de ce type ancien de polyphonie en bourdon y sont exposées, les caractéristiques, communes et différentes, des chants des diverses sous-régions y sont soulignées. Un peu plus tard paraît Balgarski naroden dvuglas (« Le chant populaire bulgare à deux voix ») de Sv. Zaharieva, qui propose une systématisation différente du matériel folklorique [1974].
Dans les années soixante, soixante-dix, la quête monographique fait place à l’étude des genres de chants. Par exemple, T. Dzhidzhev réalise une étude des chansons de Noël, principalement du point de vue de leur structure musicale [1998]. La richesse et la diversité des manières de chanter le conduisent à un certain nombre de conclusions qui se révèlent valables également pour d’autres genres, notamment au sujet de l’évolution de la forme et du rapport entre le texte et la mélodie. Les recherches de longue durée sur le folklore musical du centre-ouest de la Bulgarie d’Elena Stoin trouvent une expression tant dans son travail de dialectologie musicale, que dans l’étude spécialisée de la récitation épique, à laquelle elle consacre une imposante monographie [1980]. Le chant populaire rituel fait l’objet d’une étude dans les années soixante. En 1976, N. Kaufman publie Balgarskata svadbena pesen (« Le chant de noce bulgare »). Il étudie la place qui est accordée au chant dans les divers moments du rite, et en souligne la spécificité dans les différentes régions, les divers modèles rythmiques et mélodiques, l’arrangement, etc. Un autre ouvrage est consacré à la tradition des lamentations [Kaufman et Kaufman, 1988].
Les études comparatives ne sont qu’au début de leur développement. Nous découvrons des contributions particulières dans les travaux de R. Kacarova et surtout dans ceux de T. Dzhidzhev [1981], qui établissent des parallèles entre le chant populaire bulgare et celui des peuples balkaniques (roumain, grec, turc, serbe, etc.). N. Kaufman met en relation les principales composantes musicales des chants des Bulgares avec celles des chants slaves de l’Est, en soulignant la forte ressemblance que présentent le folklore musical des Bulgares et celui des Ukrainiens [1968b].
Dans le champ des études comparatives se trouvent également les recherches sur le folklore musical qui a été apporté par les émigrés bulgares en Bessarabie et en Tauride, au Banat et en Malaisie. Dans chacune de ces études, on découvre de riches matériaux, des idées et des analyses concernant l’ancienneté du style, les influences des cultures environnantes, etc. Dans ce domaine aussi, nous considérons les travaux des fondateurs de l’ethnomusicologie bulgare comme étant exemplaires, notamment ceux de Dobri Hristov et de Stoyan Dzhudzhev avec leurs ouvrages sur le folklore des Bulgares de Bessarabie [Dzhudzhev, 1952 ; Hristov, 1913]. R. Kacarova, Iv. Kachulev, N. Kaufman et St. Petrov s’intéressent également au folklore des Bulgares de Bessarabie. C’est N. Kaufman qui en fait l’étude la plus approfondie [1982]. Ces travaux éclairent l’histoire de notre création sonore populaire. Ce sont autant d’échantillons qui permettent un travail sur la périodisation du chant populaire bulgare et de la musique instrumentale. La question de la périodisation trouve en effet une place dans les recherches de plusieurs ethnomusicologues bulgares, qui défendent divers points de vue : St. Dzhudzhev, D. Kaufman, N. Kaufman, V. Stoin, T. Todorov, Sv. Zaharieva.
Le folklore musical des groupes ethniques minoritaires de Bulgarie (Turcs bulgares, Tsiganes, Grecs, Gagaouzes, Juifs, Aroumains, Kucovalaques), Valaques vivant près du Danube, Karakachans, est enregistré et étudié au même titre que le folklore bulgare. On constate que certains d’entre eux ont conservé des morceaux anciens de musique vocale et instrumentale, des coutumes, des rondes populaires, etc. Grâce à l’intérêt qui est manifesté au folklore musical de ces groupes de population, ceux-ci se réapproprient des chants et des coutumes qui avaient été oubliés et les accompagnent de musique.
Traditionnellement, les chercheurs travaillant sur la musique portent leur attention sur celle du village. L’intérêt pour la musique instrumentale et vocale urbaine diminue, particulièrement depuis les années cinquante. Les seuls chercheurs qui s’en occupent sont R. Kacarova, qui analyse les différents types de chants urbains bulgares, notamment les chants de la ville de Koprivshtica [1937], et N. Kaufman [1968c].
Folklore et contemporanéité sont des sujets parmi d’autres sur lesquels se penchent les ethnomusicologues depuis plusieurs décennies. Ils sont d’actualité dès la création de l’Institut de musique de l’Académie des sciences. Les travaux d’Iv. Kachulev et d’E. Stoin, la création de chants nouveaux dans l’esprit du folklore, de 1952 à 1955, notamment des chants de partisans, consacrés à la Russie et à l’Union soviétique, même s’ils furent dictés par la conjoncture de l’époque, indiquèrent les voies de la création du chant populaire, de même que la stabilité des modèles mélodiques sur lesquels se crée le texte de la chanson. Une grande anthologie, Pesni na balgarskoto rabotnichesko dvizhenie 1891-1994 (« Chansons du mouvement ouvrier bulgare 1891-1944 ») est publiée en 1959 par N. Kaufman ; l’auteur y trace l’histoire de la création, la variation et la diffusion des chansons, qui ont accompagné le mouvement pendant plus d’un siècle. T. Todorov consacre deux importants ouvrages au thème du folklore et la contemporanéité [1974, 1978].
La présentation scénique du folklore bulgare aux festivals qui ont lieu en Bulgarie, de même que l’arrangement musical des compositeurs font également l’objet des recherches spécialisées de plusieurs ethnomusicologues, T. Dzhidzhev, D. Kaufman, N. Kaufman, I. Manolov, T. Todorov, Sv. Zaharieva, et d’autres. Ils s’intéressent tout autant à des thématiques, comme la place qu’occupe le folklore dans les mass médias, dans l’enseignement du folklore des écoles spécialisées de Kotel et de Shiroka laka, dans les instituts supérieurs de musique et de danse, etc.
L’organologie occupe déjà une place dans les travaux de V. Stoin et de R. Kacarova, mais elle est étudiée de manière plus large et plus approfondie dans les années cinquante, soixante-dix par V. Atanasov, Iv. Kachulev, M. Todorov. Iv. Kachulev publie ses études Tamburite v Razlozhko (« Les luths de la région de Razlog ») [1952], Gadulkite v Balgariya (« Les vielles en Bulgarie ») [1959], Balgarski duhovi dvuglasni narodni instrumenti. Gayda i dvoyanka (« Instruments populaires bulgares à vent à deux voix. Cornemuse et flûte double ») [1965]. V. Atanasov édite une Sistematika na balgarskite narodni muzikalni instrumenti (« Systématique des instruments musicaux populaires bulgares ») [1977]. Les ouvrages de M. Todorov sur ce thème jouissent d’une grande popularité [1956, 1973].
La musique instrumentale populaire du passé est moins étudiée, faute d’appareils d’enregistrement sonore. Ultérieurement, cette musique est explorée par Iv. Kachulev, D. Kaufman et N. Kaufman, I. Manolov, Sv. Zaharieva. Les chercheurs constatent que, dans certaines localités, la musique n’évolue pas de manière autonome, mais qu’elle est construite uniquement sur la base des mélodies des chants populaires de la région (les Rhodopes), alors qu’ailleurs elle existe aussi sous ses propres formes, purement instrumentales.
En raison du fait que, dans le passé, les chercheurs ne disposaient pas de techniques permettant de filmer, les danses populaires ne sont pas étudiées en détail. Filmer devient possible après la fondation des instituts de l’Académie bulgare des sciences. R. Kacarova oriente progressivement ses efforts vers le filmage, le déchiffrage et l’analyse des danses populaires de l’ensemble du pays. A. Ilieva est son assistante dans les années soixante. Durant quatre décennies, des centaines de danses et de coutumes populaires sont filmées, leurs particularités régionales sont établies, plusieurs articles et certains recueils d’A. Ilieva, de R. Kacarova et récemment d’A. Shtarbanova sont publiés. Quelques-uns des systèmes les plus performants d’enregistrement des danses sont l’œuvre des musicologues St. Dzhudzhev et R. Kacarova, qui, malheureusement, ne trouvent pas place parmi les autres chercheurs bulgares du domaine de la danse folklorique et les chorégraphes.
La Bulgarie est l’un des rares pays où la musique populaire est enseignée au même titre que les autres disciplines au sein des académies musicales. En 1925 déjà, les grands ethnomusicologues bulgares D. Hristov et V. Stoin enseignent également le folklore musical bulgare à l’Académie musicale de Sofia, qui est l’unique du pays. Revenant de Paris, St. Dzhudzhev est nommé, jusqu’en 1936, enseignant honoraire de musique populaire à l’Académie musicale de Sofia, où il donne des cours d’acoustique et de théorie de la musique, parce que la musique populaire ne bénéficie pas d’une chaire d’enseignement officielle. En 1934, le conseil académique de l’Académie musicale prend la décision d’en faire une discipline. Jusqu’en 1936, Dzhudzhev enseigne gracieusement et ce n’est qu’en 1936-1937 qu’il obtient un statut et que cette nouvelle discipline entre à l’Académie. Il pose, dès le début, des exigences d’un niveau scientifique particulièrement élevé. Ses disciples sont les ethnomusicologues D. Kaufman, L. Litova, M. Todorov. N. Kaufman est en charge des cours de musicologie donnés aux doctorants en musique populaire bulgare ; il est aussi le directeur de recherche de doctorants, qui s’annoncent comme des ethnomusicologues de tout premier plan. La musique populaire est aussi une discipline enseignée dans d’autres instituts supérieurs de musique, et surtout à l’Académie d’art musical et de danse de Plovdiv, où M. Samokovlieva dirige cette discipline depuis longtemps. À l’université de Blagoevgrad, elle est dirigée par I. Manolov.
La problématique exposée ici n’épuise bien évidemment pas la thématique de l’ethnomusicologie. Les problèmes liés à l’archivage du matériel folklorique, la place du folklore musical à l’école, le folklore pour enfants, l’esthétique de l’interprète et celle du public populaire, la musique dans les coutumes et les rites populaires sont à l’ordre du jour et trouvent une place grandissante dans l’activité de recherche. La disparition progressive des foyers de folklore, le bouleversement dû à la restructuration de l’agriculture et le passage vers une économie de marché transforment de manière radicale le développement des recherches. Le manque de moyens pour travailler sur le terrain, pour entretenir les appareils d’enregistrements sont des obstacles au travail des chercheurs, mais nous espérons que, dans les années qui viennent, le travail pionnier de collecte et de conservation de la richesse folklorique se poursuivra. â– 
Traduit du bulgare par Detelina Tocheva
 
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NOTES
 
[1]Voir l’article de S. Stoykova.
[2]Voir l’article de S. Stoykova.
[3]« Sedyanka », du bulgare sedya « être assis », dans le contexte de la culture villageoise, des réunions vespérales de jeunes gens, lors desquelles ceux-ci travaillent, filent, tricotent, etc. ; on y chante des chants traditionnels.
[4]Voir l’article de S. Stoykova.
[5]Aksak, « boiteux » ; terme turc passé tel quel dans le vocabulaire ethnomusicologique.
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« Sedyanka », du bulgare sedya « être assis », dans le cont...
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[5]
Aksak, « boiteux » ; terme turc passé tel quel dans le voca...
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