Ethnologie française
P.U.F.

I.S.B.N.9782130525257
192 pages

p. 405 à 413
doi: en cours

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n° 91 2002/3

2002 Ethnologie française

Jours heureux, maisons de vacances et patrimoine

La côte du Lincolnshire de l’est de l’Angleterre avant 1940

Susan Barton 53, Braunstone AvenueLeicester le3 ojhGrande-Bretagne
Cet article examine le développement de la côte du Lincolnshire en Angleterre comme construction d’une immense localité de vacances. Il montre comment les villages d’une région rurale sont devenus de petites villes, en offrant des logements et en s’agrandissant très rapidement, à la fin du xixe siècle. Vers 1930, les hébergements situés le long des chemins de terre entre les champs et la mer menacent les dunes, et tendent à interdire l’accès à la plage pour les autres visiteurs. Une solution juridique fut trouvée à ce problème.Mots-clés : résidences secondaires, stations balnéaires, Angleterre. This article investigates the development of the Lincolnshire coast as a holiday location. It shows how villages situated in an essentially rural area have grown rapidly into small towns by offering lodgings to tourists. By the 1930s self-catering accommodation along the strip of land between fields and beach threatened to destroy the environment of the sandhills area itself and access to the beach for other visitors. A legislative solution was found to this problem.Keywords : second homes, seaside resorts, England. Dieser Artikel untersucht die Entwicklung der Küste von Lincolnshire in England zu einem riesigen Urlaubsort. Er zeigt, wie sich Dörfer einer ländlichen Gegend am Ende des 19. Jahrhunderts sehr schnell zu kleinen Städten entwickelt haben, indem sie Unterkunft für Touristen anboten. Um 1930 gefährderten die längs des Landstreifens zwischen Felder und Meer gebauteten Wohnungen die Dünen und den freien Zugang zum Strand. Diese Frage wurde gerichtlich gelöst.Schlagwörter : Ferienwohnungen, Badeörter, England.
Lorsqu’il était enfant, Alfred Lord Tennyson, futur « poète lauréat » [ndt : dignité conférée par la Couronne], se rendait régulièrement sur la côte est de l’Angleterre. Au début du xixe siècle, sa famille passait généralement les vacances d’été à Mablethorpe, et le jeune Alfred « avait depuis son enfance une passion pour la mer, surtout par gros temps ». Le futur poète se postait en haut des bancs de sable, où il avait « une vue sur l’immense étendue sauvage des marécages et sur les rides de sable qu’il pensait alors être l’épine dorsale du monde » [Hallam Tennyson : 161].
Le littoral désert et reculé qui inspira le jeune Tennyson séduisit également des milliers d’autres visiteurs jusqu’au siècle suivant. Ils furent si nombreux à découvrir le potentiel touristique des dunes que dès les années 1930, ces dernières furent menacées de disparition.
À partir du milieu du xixe siècle, la taille et la population des petites communautés rurales côtières s’accrûrent de façon inespérée, dès lors que le chemin de fer les rendit accessibles aux excursionnistes et aux vacanciers des villes de l’intérieur des East Midlands et du Yorkshire [1]. Quarante ans plus tôt, en 1861, les visiteurs de 1901 n’auraient probablement pas reconnu Cleethorpes : « À cette époque, la côte était sauvage et bordée de falaises d’argile brune, accidentées et escarpées. Elles s’étendaient de Ross Castle [2], situé aujourd’hui au point le plus haut des falaises, jusqu’aux dunes de Humberston Fitties, d’un côté, et à celles de Clee Ness, de l’autre » [C. Ernest Watson : 97]. Géographiquement isolés et jadis économiquement marginaux, ces villages firent plus que défier la tendance à l’exode rural de la fin du xixe siècle constatée par les historiens : ils la renversèrent. Les visiteurs de 1861 se retrouvaient « dans un village de pêcheurs typique, composé de cottages, le plus souvent sans étage, blanchis à la chaux et recouverts de chaume, avec des portes vertes et des seuils aussi blancs que pouvait les rendre la craie de la côte » [op. cit. : 98].
La petite communauté de Cleethorpes passa de seulement 674 habitants en 1831 [3] à plus de 21 000 en 1901 [4]. La population bien plus restreinte de Mablethorpe grimpa quant à elle, de 164 habitants en 1801 à 452 en 1871, puis à 934 en 1901 [Ruth Neller, 1995]. Au xixe siècle, la succession d’une croissance et d’un déclin de la population était caractéristique des zones rurales. La différence des communautés considérées ici tient à leur situation géographique – le bord de mer –, ainsi qu’à leur facilité d’accès par le train.
« Avant les années 1870, quelques centaines de personnes par an avaient visité la côte du Lincolnshire, séjournant dans des cottages ou dans la poignée d’hôtels des stations balnéaires telles que Friston Shore et Saltfleet. Ce n’était rien en comparaison des foules qui commencèrent à se déverser par trains dans les années 1870 [contrairement à] Saltfleet, autrefois haut lieu de baignade, mais handicapé par le manque de connexions ferroviaires ».
[Neil R. Wright : 196]
1
IMGIMGIMGIMFAgnès et Joan Feltwell à Cleethorpes, 1928. Document de l’auteur.
2
IMGIMGIMGIMFPeter Miller bâtit un château de sable à Mablethorpe, dans les années 1940s ou c1948. Document de l’auteur.
La situation démographique des villages côtiers du Lincolnshire, liée au réseau ferroviaire, contraste avec le schéma établi, selon lequel l’accroissement de la population rurale jusqu’au milieu du xixe siècle fut suivi par un déclin, dû à la chute de l’offre d’emplois agricoles en raison des transformations de la production et des méthodes de culture.
Conscientes des revenus qu’offrait l’accroissement du nombre de visiteurs de passage et de vacanciers, les compagnies ferroviaires investirent largement dans l’infrastructure touristique. L’érosion des falaises d’argile et des dunes de sable incita la Great Central Railway Company à acheter l’ancien terrain de jeux de Cleethorpes pour seulement 50 livres. Elle fit construire une digue et développa une véritable station balnéaire, transformant les falaises brunes escarpées en rivages et jardins soignés et verdoyants, afin de rendre l’endroit « plus attrayant ». Le projet fut achevé en 1885, lorsque le prince Albert Victor célébra la cérémonie d’ouverture [C. Ernest Watson, op. cit. : 104].
Afin de satisfaire les besoins des vacanciers, des « chambres d’hôtes » leur offraient la possibilité de dormir et de se faire préparer un repas. À Cleethorpes, le nombre de personnes tenant de telles habitations fut presque triplé entre 1871 et 1891 : il passa d’abord de 15 à 31 en 1881, pour s’élever à 44 en 1891, après une période de relative stabilité entre 1841 et 1871 [5]. La plupart d’entre elles étaient des personnes célibataires ou des veuves, souvent avec des personnes à leur charge. Fait notable, elles résidaient depuis peu dans la région. En 1891, seuls 6 hôteliers étaient natifs de Cleethorpes, tandis que 11 venaient d’autres endroits du comté, le Lincolnshire. Ils constituaient en outre une minorité par rapport aux 25 propriétaires (des femmes pour la plupart), qui avaient déménagé de divers comtés d’Angleterre et du pays de Galles pour s’installer à Cleethorpes [6]. À une échelle bien moindre, l’augmentation des gens qui hébergeaient les vacanciers à Mablethorpe suivit un schéma identique. Leur nombre passa de 4 en 1881 à 13 en 1891 [Ruth Neller : 20-21], période qui correspondait à la première décennie d’accès ferroviaire au village, devenu par la suite une petite ville. Là encore, les recherches montrent que ceux qui bénéficièrent du potentiel économique de la nouvelle industrie touristique n’étaient pas, en général, des locaux. Ces derniers restèrent fidèles à leurs domaines professionnels traditionnels (celui de l’agriculture à Mablethorpe et de la pêche à Cleethorpes), qui virent déferler une forte vague de migrants issus des villages côtiers d’autres régions d’Angleterre, mais aussi d’Europe. Comme en témoignent clairement ces données, contrairement aux communautés rurales de l’intérieur des terres, ces villages sont parvenus à maintenir leur main-d’œuvre au sein des activités traditionnelles et même à conserver leur population locale. De plus, ils suscitèrent un afflux d’hommes et de femmes indépendantes, originaires de régions aussi variées que la Cornouaille, le Devon, le Nottinghamshire, l’Écosse, le nord du pays de Galles, le Norfolk, Huntingdonshire, aussi bien que de Londres et même du Canada, de l’Allemagne, de la Finlande et du Danemark. Tous et toutes furent attirés par l’essor du commerce touristique, l’expansion de l’industrie de la pêche et les commerces associés qui formaient l’infrastructure de ce développement, comme la confection des briques, la construction et le commerce de détail. Ces communautés ont donc échappé à la dépopulation rurale, du fait de leur localisation en bord de mer et de leurs liaisons ferroviaires avec les villes industrielles de l’intérieur des terres.
La nourriture des chambres d’hôtes était généralement fournie par ce que l’on appelait le système de résidence. Les hôtes disposaient d’une chambre et de commodités tenant à la fois du self-service et de la pension complète. Les vacanciers présentaient la chose comme « une restauration en libre service » [7], accompagnée d’un couchage et d’une prestation à bon marché (il en coûtait environ 4 shillings la nuit dans les années 1920). Selon un témoignage : « La maîtresse de maison préparait le repas. C’était cela, le service. » [8] Les clients, le plus souvent les femmes, achetaient la nourriture que cuisinait la propriétaire. Ainsi, même en vacances, les femmes de milieu populaire n’étaient pas complètement déchargées de leurs tâches domestiques. Le même témoin rapporte : « Les mères sortaient après le petit déjeuner pour faire les courses. La propriétaire fournissait toujours les légumes […] C’est ainsi qu’elle faisait des bénéfices. » Cette tâche, prise sur le temps de loisirs des vacancières, résultait de l’absence d’appareils ménagers qui auraient libéré du temps pour que la propriétaire fasse elle-même les courses. Les familles de milieu populaire n’avaient de toute façon pas les moyens de payer les prix plus élevés des pensions ou hôtels pourvus de domestiques. Par ailleurs, le coût d’un domestique aurait entamé considérablement le revenu saisonnier des propriétaires des maisons les plus modestes et aurait pu créer une différence dans la lutte pour la survie économique [John Walton : 105]. Les propriétaires procuraient les aliments de base (pain, lait, pommes de terre) et, moyennant un supplément, l’eau chaude pour le thé. Elles augmentaient légèrement leurs bénéfices en faisant parfois payer les condiments. Elles travaillaient très dur en pleine saison, particulièrement celles qui maintenaient leurs prix de revient au plus bas en évitant d’employer du personnel. La journée de travail commençait à 5 ou 6 heures du matin pour se prolonger, le plus souvent, au-delà de minuit. Les clients pouvaient apporter de la nourriture à préparer à n’importe quelle heure, et la quantité des draps rendait très pénible la prise en charge du linge. Les témoignages oraux montrent combien les efforts des aubergistes étaient appréciés. Selon un témoin féminin, cette fois [cf. note 8] : « Je ne sais pas comment ces femmes s’en sortaient ! Elles louaient leur appartement tant pour le couchage ; vous achetiez votre propre nourriture, et vous pouviez la mettre dans un coin du buffet. La propriétaire avait une maison remplie, et préparait pour tous un bon petit repas. Vous savez, il y a le mouton aux haricots de Madame Untel, le bœuf et le pudding du Yorkshire de Madame Chose. Comment diable faisaient-elles ? Et c’était très raisonnable. Il y avait vos victuailles, et c’était environ cinq shillings la nuit et un shilling pour les condiments. »
Heureusement pour ces femmes, la plupart des familles de milieu populaire se conformaient aux horaires de l’usine, avec des heures de repas qui variaient peu, même en vacances : le rythme de la vie industrielle gouvernait celui de la vie quotidienne des villages côtiers.
Le « système de résidence » prédomina à la fin du xixe siècle et au début du xxe, puis fut remplacé dans l’entre-deux-guerres, dans le nord-ouest de l’Angleterre, par les pensions de famille. Apparus à la fin du xixe siècle, ces établissements se développèrent d’abord lentement. Les vacanciers des Midlands et du sud de l’Angleterre qui visitaient la côte furent les premiers à accepter d’y passer leurs vacances. Les pensions de famille offraient un service complet et des prix fixes, si bien que les clients savaient combien leur séjour leur coûterait au moment où ils réservaient. Si le système de résidence perdura néanmoins, c’est, avant tout, parce que les clients aimaient avoir la liberté de choisir leur propre nourriture et de décider à quel moment et où ils allaient manger [John Walton : 105] ; les vacanciers de milieu populaire appréciaient de pouvoir se nourrir d’aliments familiers.
Tandis que les pensions de famille prenaient la relève des chambres d’hôtes, on observa une augmentation conjointe de la demande en logements bon marché, liée au nombre croissant de vacanciers aux revenus modestes. Trop onéreuses pour beaucoup de familles populaires, les pensions n’étaient, de surcroît, pas au goût de tous. « Séjourner dans une pension de famille en bord de mer, cela voulait dire qu’on dormait dans une chambre propre avec un lavabo. Une cruche d’eau chaude était apportée le matin, une autre le soir, à condition de ne pas éclabousser le papier peint. Les toilettes étaient communes et il n’y avait généralement pas de baignoire. Du pain et de la confiture étaient servis pour le petit déjeuner, sauf le dimanche, où l’on mangeait quelque chose de chaud. À l’heure du thé, un repas chaud était rapidement servi et dégusté en silence » [Sue Read : 18].
Ce sombre tableau ne reflète visiblement pas l’expérience de la majorité des clients, qui appréciaient leurs vacances et retournaient souvent dans le même hôtel et la même pension de famille d’une année sur l’autre. Le mauvais temps, en revanche, pouvait saper le séjour des familles, privées d’accès à la plage comme de toute activité extérieure, et contraintes de rester enfermées dans leur chambre toute la journée, à l’exception de l’heure des repas. Lorsque aucun divertissement n’était prévu à l’intérieur, ou lorsqu’ils étaient trop chers, les familles se réfugiaient dans les abris disposés le long des promenades ou encore dans les jardins décoratifs du front de mer.
L’augmentation du nombre de personnes qui prenaient une semaine de vacances, payées ou non, nécessita, non seulement de leur offrir davantage de logements, mais aussi de diversifier ces derniers, pour répondre à un plus vaste marché populaire. Les pensions de famille, trop coûteuses, ne convenaient pas aux familles les plus modestes, tandis que les chambres d’hôtes ne répondaient pas à l’attente de ceux qui ne pouvaient dépenser qu’une somme fixe et devaient connaître le prix exact de leur séjour – loisirs inclus – avant de partir. Dans l’entre-deux-guerres, avant la loi sur les congés payés de 1938, des accords permettaient un départ annuel, combiné à des plans d’épargne contractés à cet effet. Tel était le cas dans l’industrie minière des Midlands de l’Est, ainsi que dans la bonneterie et l’industrie de chaussures et de bottes du Leicestershire, de Nottingham et du Derbyshire. Grâce à ces accords, Skegness, Mablethorpe et Cleethorpes devinrent les lieux de vacances de prédilection d’un nombre croissant d’ouvriers [9]. La multiplication et la modernisation des bus, couplées à l’extension de l’accès aux automobiles, permirent aux touristes de se rendre dans les dunes, isolées des lieux de vacances traditionnels et de leurs gares [John D. Sheail : 53-77 ; 55]. Des bungalows et des cabanes firent leur apparition là où la mer était accessible. En l’espace de quelques années, de petits villages agricoles, comme Ingoldmells et Chapel St Leonards, se transformèrent en centres résidentiels prospères. En 1931, un journal de Nottingham (le Nottingham Guardian du 24 janvier 1931) témoigne : « L’engouement rapide pour la côte du Lincolnshire comme lieu de vacances a conféré aux dunes une valeur dont elles manquaient cruellement auparavant. »
Les plages de sable et les dunes de cette côte la rendaient particulièrement vulnérable au développement non contrôlé. Le front de mer était accessible à tous, mais la construction de nombreuses clôtures dans les années 1920 fit craindre l’interdiction totale des dunes aux vacanciers [John D. Sheail : 57]. Jusque-là, la plupart des visiteurs voyageaient en train. La région étant bien desservie, les dunes de Mablethorpe et Skegness devinrent en vogue [idem : 55]. À Mablethorpe, les propriétaires de terrains situés le long de la côte considéraient que tout espace délimité par le niveau de la marée haute leur appartenait de droit. Ils en louaient une partie au Conseil municipal, qui le louait à son tour aux pourvoyeurs d’attractions de plus en plus nombreux. En 1912, les propriétaires prirent l’initiative de louer directement ces espaces de loisirs. Alarmé par ce manque à gagner, le Conseil municipal de Mablethorpe obtint, en 1914, un décret éponyme qui le déclara propriétaire des dunes. En 1918, lors d’un des litiges qui s’ensuivirent, la cour d’appel jugea que les propriétaires de terrains en bord de mer n’avaient pas la propriété automatique des dunes, mais que l’on pouvait l’obtenir après une période d’au moins douze ans de droits de propriété [David N. Robinson : 155-180 ; 160]. Cette mesure encouragea les « nouveaux arrivants » à construire des bungalows et à installer des clôtures sur les dunes afin, en squattant ainsi les lieux, d’acquérir le titre de propriété aussi vite que possible. Bungalows, cabanes, anciennes carrosseries de bus et de wagons firent leur apparition partout où un sentier menait aux dunes et à la mer.
Les propriétaires prirent vite conscience des profits que pouvaient leur procurer les maisons de vacances et les campings destinés aux familles d’ouvriers. La valeur des dunes s’en trouva accrue. D’un hameau constitué de trois fermes et d’une auberge, Chapel St Leonards devint, en cinq ans, une station balnéaire florissante. Quelques kilomètres plus au nord, à Anderby Creek, on bâtit des maisons en haut des collines, ainsi que des bungalows à Soldiers’ Hole. Ces constructions offraient une vue imprenable sur la mer, dans une région où les résidences côtières se situent généralement derrière les dunes et les ouvrages de défense maritime, ou en contrebas. Cela présentait l’avantage de pouvoir surveiller les enfants et presque de les entendre jouer sur la plage depuis la cuisine, tandis que les parents préparaient le repas, si l’on en croit le témoignage oral de Mme S. Heggs de Leicester [avril 2001], dont l’oncle avait une maison sur les dunes.
« Nous pouvons vous construire de ravissants bungalows en briques et de belles maisons à partir de 250 livres », était-il écrit au dos d’un guide touristique d’Anderby Creek datant des années 1930. Cette publicité informait du « nombre limité de maisons meublées ». Walker et Haines, experts en bois et agents immobiliers à Syston, près de Leicester, fournissaient des informations, des plans, des dessins et d’autres renseignements. Le notaire, Maurice Pick, était aussi établi à Leicester, centre de la zone touristique du Lincolnshire. Une photographie des années 1920 (encore exposée en 2001 dans les bars et salons de thé d’Anderby Creek) montre une affiche accrochée sur la devanture du café du village, avec l’annonce suivante : « À vendre, sites de choix pour bungalows ». Les petites constructions d’Anderby Creek survécurent malgré les menaces de restrictions qui suivirent et en dépit des destructions causées par la guerre, contrairement à bien d’autres communautés où il n’en reste aucune trace. Avant la Seconde Guerre mondiale, une des familles de visiteurs réguliers avait baptisé la côte d’Ingoldmells : « Notre plage », et tout étranger était indésirable. La mère sonnait la cloche sur le rivage pour convier les siens au repas [Rev. Wilfrid F.-H. Curtis, 1965]. Ingoldmells vit surgir des villages de vacances et à partir de 1921, un village dénommé « Bohème » s’ouvrit près de Sutton-sur-mer. Les chalets de Trusville et les caravanes de Trusthorpe datent également de cette époque.
Avant le Town and Country Planning Act de 1947, des enquêtes furent entreprises pendant les années 1940 sur les côtes de l’Angleterre et du pays de Galles. Dans l’une d’elles, le géographe J. A. Steers visite l’environnement côtier et livre ses observations : « Les horribles cabines et huttes qui ont germé dans un complet désordre pendant l’entre-deux-guerres » sont à ses yeux « pire que les zones industrielles ». Il s’attriste du « grand nombre de ces structures hideuses […] Des kilomètres entiers de la côte du Lincolnshire […] sont défigurés par de longues enfilades de cabanes à lapins » [J. A. Steers : 7-27 ; 11]. Ces commentaires sont postérieurs aux efforts conséquents et sans précédent du Conseil municipal de Lindsey, qui souleva le problème dans une loi de droit privé, le Sandhills Act de 1932.
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IMGIMGIMGIMFChalets à Sutton-sur-mer, 2001. Photo de l’auteur.
Les aménagements de la côte ne concernèrent pas uniquement les dunes et la plage. Les deux publicités citées plus haut se rapportaient à des zones situées juste derrière la plage et il semble qu’il y ait eu des tentatives pour créer un village de vacances moins ambitieux à Bourneleigh, ainsi que des attractions. Tel n’était malheureusement pas toujours le cas. Le site du nom de « Bohème » proposait des cabines rondes en tôle ondulée de quinze pieds de diamètre, comprenant un living-room et une chambre. Baptisées « Osocosy », ces cabines pour deux personnes étaient munies d’une isolation et d’un plancher en bois teinté. Pourvues d’eau et d’électricité, elles étaient meublées, dotées d’un fourneau à huile, de linge, vaisselle et couverts. Malgré cet équipement et, bien sûr, l’isolation, ces huttes ressemblaient beaucoup à celles décrites par George Orwell [George Orwell : 63] dans les champs de houblon du Kent. Les loyers, de quinze shillings la semaine d’octobre à mars, atteignaient deux livres, douze shillings et six pences au mois d’août. Tout cela, sans système sanitaire ni égout.
Ce fut l’affaire d’un parc de stationnement hôtelier situé sur un terrain non clôturé de Sutton-sur-mer qui, en 1927, déclencha une enquête sur les droits de propriété des dunes. De même que tous les autres aménagements qui limitaient le droit d’accès à la plage et aux dunes, ce cas conduisit en 1930 le Conseil municipal de Lindsey à lancer un projet de loi. Celui-ci l’autorisait à assurer l’accesssibilité aux dunes et aux plages situées entre Donna Nook et Gibraltor Point, et lui permettait de contrôler les constructions à venir. Le projet fut adopté en 1932.
Cette loi fut la seule mesure législative adoptée concernant l’aménagement de la région côtière. Elle établit un système de permis de construire dans les alentours de Lindsey, couvrant une superficie de 40 kilomètres de long sur 500 mètres de large, le plus grand espace d’Angleterre situé sur une réserve naturelle. En dépit de la demande grandissante en infrastructure touristique, qui provoqua la multiplication de huttes et de cabanes de toutes sortes, le Conseil parvint à désigner des zones sous contrôle où il était en mesure d’interdire ou de détruire des bâtiments et des enclos par le biais des permis. Il pouvait aussi réserver certains espaces à des usages spécifiques et acquérir de la terre par expropriation, et ce pendant cinq années à compter de la mise en application de la loi. Sous la direction du fonctionnaire Eric Scorer, pourtant réticent dans un premier temps, le Conseil acheta autant de terrain que possible avant la cessation de son pouvoir d’expropriation en 1937 [Sally Scott : 181-211 ; 200]. Le Sandhills Act aboutit à la désignation de 17 zones dès 1937 ; quarante-huit nouvelles cabines se trouvaient sur les dunes protégées de Mablethorpe et de Sutton, et près de trente à Anderby Creek, Chapel St Leonards et Ingoldmells. Environ 130 propriétaires achetèrent 500 acres de terre pour plus de 35 000 livres ; les villages de vacances d’Huttoft et Ingoldmells furent rachetés et les caravaniers expulsés [Sally Scott : 198-199]. La partie est du village de Bohème, la plus proche de la côte, fut mise sous contrôle. Quant aux « Osocosy », ces « escroqueries rouillées », elles furent démolies moyennant 4 750 livres de dédommagements de la part du Conseil municipal. « Ernest du Soleil Tipper, propriétaire de Bohème, dut retirer dix cabines avant le 1er novembre 1932 et reçut une compensation financière pour aménager un passage sur son terrain vers les dunes et la côte. » [10] Vu l’importante somme investie par le propriétaire au cours des dix années précédentes, on l’autorisa à conserver le reste du village [John D. Sheail : 63].
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IMGIMGIMGIMFMaisons à Anderby Creek, 2001. Photo de l’auteur.
Le cas de ces cabanes de vacances dont on exigea la démolition illustre l’élitisme présent dans le secteur immobilier et révèle des clivages sociaux entre classes de culture et de valeurs distinctes. Selon la loi : « La mise en clôture de certaines parties des dunes prive le public de l’accès et donc de la jouissance de celles-ci. De nombreuses constructions et structures bâties sur les dunes sont laides ou de nature indésirable et beaucoup des constructions et structures sus-citées, destinées à l’habitation, ne sont pas munies de canalisations et de système sanitaire appropriés » [Sandhills Act, 1 ; 2].
Si, aux yeux des observateurs issus de la classe moyenne, ces installations étaient qualifiées d’« horreurs indescriptibles », elles étaient parfaitement tolérées par leurs constructeurs, des ouvriers fiers de propriétés bâties de leurs propres mains. Leur nature indésirable n’était donc pas entièrement fondée, puisque leurs propriétaires et ceux qui y passaient leurs vacances les jugeaient tout à fait à leur goût. L’accusation selon laquelle elles condamnaient l’accès à la plage était juste, mais les propriétaires de classes moyennes et aisées empêchaient ou limitaient l’accès sur de bien plus grands espaces, le long des côtes et dans les campagnes.
Le sous-comité du Conseil chargé de l’application du Sandhills Act privilégia les endroits les plus sensibles de la côte aux alentours de Mablethorpe et Skegness, dans l’objectif de contrôler les lieux de vacances les plus populaires. Il fit l’acquisition de villages de vacances à Huttoft et Ingoldmells Point, expulsa les caravanes et engagea l’architecte du comté pour dessiner de nouvelles maquettes de villages. Malheureusement, le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale provoqua la réquisition des sites pour usage militaire avant même qu’aucuns travaux n’aient été accomplis [John D. Sheail : 63]. Le Sandhills Act ne mit pas un terme au développement touristique ; offrant des vacances à bon marché, des cabines et des caravanes furent à nouveau établies sur la plupart des collines, le Conseil acceptant de considérer qu’une cabine en bord de mer faisait partie du charme des vacances sur la côte du Lincolnshire. La loi protégeait d’ailleurs de la concurrence de certains entrepreneurs. Aucun salon de thé autre que le Sun Castle, coloré en rouge sur la carte de la région, ne fut autorisé dans un rayon de 400 yards [Sandhills Act : 47]. À Theddlethorpe St. Helens, George Beasley et l’ensemble de ses successeurs furent explicitement protégés d’une acquisition par le Conseil, dès l’instant où le terrain était exclusivement utilisé comme maison d’habitation, pension de famille, ou hôtel et tant que rien n’empêchait le passage sur un sentier adjacent [op. cit. : 56].
Le Conseil municipal de Lindsey utilisa la loi pour contrôler toute infrastructure touristique future dans la zone désignée. Il ne devait y avoir aucune interférence avec la côte, le fond de la mer, le lit des rivières, les criques, les baies, les estuaires et les droits de la Couronne [op. cit. : 91]. Les zones protégées impliquaient l’interdiction du camping, des divertissements et des sports publics, à l’exception des courses de véhicules à moteur dans une limite de quatre jours par semaine [op. cit. : 51]. Pour faciliter l’investissement municipal dans le secteur public, la loi permettait au Conseil du comté de construire des promenades, espaces de livraison, rampes de lancement, pavillons, abris, cabines de bains, stands, étalages, tentes, bungalows, magasins, toilettes publiques, salles de concerts et de danse, cinémas, scènes de spectacle, piscines, bains publics et autres commodités, dont la Ville pouvait récupérer les locations ou les droits d’entrée. À cette liste exhaustive, les autorités municipales ajoutèrent les parcs d’attractions, jardins d’agréments, parcs de stationnement, courts de tennis et de golf, bowlings, espaces de verdure et tout autre service de loisir et de jeu, là encore avec leur bénéfice financier [op. cit. : 29].
Dans les aires de jeu municipales, on pouvait aussi louer des équipements ainsi que dans les parties des zones protégées destinées à cet usage, afin que le Conseil ne soit pas seul à investir. Tout cela à condition que soient exclus toute pièce de théâtre, spectacle de music-hall ou film non éducatif, et sous réserve qu’aucun décor ne soit monté, à l’exception des productions d’amateurs [op. cit. : 30]. Ces restrictions étaient censées protéger l’investissement public de la compétition privée, à moins que les entrepreneurs privés ne paient une taxe ou un loyer aux pouvoirs publics. Toute barrière ou structure montée au-delà de la date imposée par la loi, pouvait être démolie sans dédommagement. Les autorités officielles étaient en droit de faire payer 5 shillings pour délivrer des permis de construire des promenades, espaces de livraison, rampes de lancement et clôtures, mais aussi pour chasser ou capturer le gibier, les oiseaux de mer, les lapins et les nuisibles [op. cit. : 17 ; 20]. Dans un effort précoce de conservation, tout coup de feu était interdit sans permis, de même que l’abattage des arbres. La loi présentait l’inconvénient d’autoriser l’acquisition de terrains aux militaires. À Theddlethorpe, de larges espaces furent réquisitionnés pendant la guerre. Aujourd’hui encore, certaines sections sont soumises au contrôle du ministère de la Défense, ce qui empêche l’accès au public.
Aujourd’hui, si la côte du Lincolnshire est couverte de caravanes et de chalets construits dans les champs, derrière les dunes, celles-ci sont pratiquement vierges de tout aménagement, à l’exception des sentiers menant à la plage.
Le Sandhills Act de 1932 permit au Conseil du comté de contrôler l’éclosion de campings entre les principaux lieux de vacances, dans les années suivant la Seconde Guerre mondiale. Le Town and Country Planning Act de 1947 jugula les constructions touristiques précaires dans l’ensemble de l’Angleterre et du pays de Galles, mais laissa la voie ouverte aux propriétaires de terrains réservés aux mobile homes. La mobilité des caravanes les exemptait en effet de nombreux contrôles qui s’appliquaient à des structures semblables, mais dépourvues de roues, comme les cabines de vacances et les bicoques [Philip Wren : 15]. Le Sandhills Act avait anticipé cette brèche et avait classé les caravanes comme des « structures ». La définition concernait non seulement les maisons d’habitation, les abris, les cabines, les tentes et toute construction autre qu’une clôture, mais aussi « une caravane ou un véhicule utilisé ou destiné à être utilisé comme habitation de jour ou de nuit (que les roues aient été retirées ou non) et non pas comme moyen de transport » [Sandhills Act, 4, § 4, lignes 15-20]. Les anciens wagons de trains étaient aussi concernés par cette clause. Les campings pour caravanes furent ainsi soumis au règlement du Sandhills Act. Il fallut attendre une période récente pour que le Caravan Sites and Control of Development Act de 1960 applique un nouveau système national de permis pour contrôler la location de ces sites [Philippa Bassett : vi]. Le nombre de mobile homes entre Cleethorpes et Skegness passa de 4 200 en 1950 à 21 000 en 1974, lorsque 8 % des caravanes du Royaume-Uni se retrouvèrent rassemblées sur cet endroit de la côte [Robinson : 175]. Plus d’un tiers de ce chiffre concernait Ingoldmells, ce qui lui fit gagner le surnom de « Caravan City ». On comptait 2 500 chalets à Humberston, Mablethorpe et Sutton-sur-mer, 3 000 (dont les 1 700 en self-service) dans le village de vacances de Butlin et 500 dans celui de Derbyshire Miner [Robinson : 175]. Ces chiffres, concernant tous des logements en libre-service, illustrent bien la demande de vacances bon marché liée à la loi de 1938 sur les congés payés, mise effectivement en application au lendemain de la guerre. Plus tard, de nombreuses pensions de famille se convertirent en appartements de vacances en libre-service, afin de satisfaire cette demande et de contenter le goût de la clientèle pour l’indépendance et l’absence de règles strictes.
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IMGIMGIMGIMFAbris de plage à Chapel Point, 2001. Photo de l’auteur.
On peut donc constater, non sans ironie, que l’évolution des goûts à la fin du xixe siècle a abouti, face à l’accroissement des vacances outre-mer et au déclin des stations balnéaires anglaises, à une nostalgie des simples constructions des années 1920. « Les Fitties font partie du patrimoine local. Ceux qui possèdent une maison de vacances – certains depuis plus de 40 ans – adorent cette région exceptionnelle, considérée comme un véritable trésor par les protecteurs de l’environnement, et comme un site historique unique par les autres », écrit Humberston Fitties, un ancien propriétaire [Stuart Russell : 148]. Un photographe d’architecture de renom présentait les chalets comme de « petits joyaux » [ibid.]. Les premiers terrains à bâtir furent loués dans les années 1920 par un agriculteur local, pour construire des chalets de vacances. Proches de Cleethorpes, en dehors de la région contrôlée par le Conseil du comté de Lindsey, ceux-ci ont survécu, car ils n’étaient pas soumis aux règlements du Sandhills Act, contrairement aux propriétés situées entre Mablethorpe et Skegness, dont beaucoup furent démolies. Grâce aux efforts de la société de protection des Fitties, la région fut déclarée zone protégée en 1990, en raison de son caractère original et de son intérêt historique. Tels sont les termes que l’actrice Julie Christie employa pour en faire l’éloge : « Les Fitties Humberston ont survécu à la pression incessante en faveur du changement et de la modernisation qui a balayé tant d’éléments de notre histoire moderne ou l’a confinée dans des parcs à thème et des musées. Les Fitties sont un exemple rare et florissant, débordant d’originalité et d’ingéniosité. Cet endroit m’a conquise. » [ibid.] â– 
Traduit de l’anglais par Sara Le Menestrel
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Bassett Philippa, 1980, A List of the Historical Records of the Caravan Club of Great Britain and Ireland [compilation dans le cadre d’un projet de recherche financé par le Social Science Research Council, Center for Urban and Regional Studies, University of Birmingham and the Institute of Agricultural History, University of Reading].
·  Curtis Wilfrid F.-H. [Rev., Recteur d’Ingoldmells 1960-67], 1965, Ingoldmells – A Short History of the Village in the Country by the Sea, and of its Ancient Parish Church, Ramsgate, Church Publishers.
·  History of St Aidan’s Parish Church, 2000, août, Cleethorpes.
·  Neller Ruth, 1995, Mablethorpe 1851-1891. A Population Study [mémoire non publié, diplôme d’Histoire régionale locale], mai, Lincoln.
·  Orwell George, 1968, « Hop Picking », Collected Essays, Journalism and Letters of George Orwell, vol. 1 : « An Age Like This 1920-40 », Londres.
·  Read Sue, 1986, Hello Campers, Londres.
·  Robinson David N., 1989, « The Changing Coastline », Twentieth Century Lincolnshire, Lincoln, ed. Dennis R. Mills.
·  Russell Stuart, 1999, « Memory Lane Cleethorpes », The Evening Telegraph, Derby.
·  Scott Sally, 1989, « The Early Days of Planning », Twentieth Century Lincolnshire, Lincoln, ed. Dennis R. Mills.
·  Sheail John D., 1932, « The Impact of Recreation on the Coast ; the Lindsey County Council (Sandhills) Act ».
·  – 1977, Landscape Planning 4.
·  Steers J. A., 1944, « Coastal Preservation and Planning », Geography Journal 104.
·  Tennyson Hallam, Mémoires, vol. 1, 1902, Londres.
·  Walton John, 1979, The Blackpool Landlady, Manchester.
·  Watson C. Ernest, 1901, A History of Clee and the Thorpes of Clee, Grimsby.
·  Wren Philip, 1981, Holiday Shanties in Britain : A History and Analysis [thèse écrite pour la Hull School of Architecture], nov.
·  Wright Neil R., 1982, Lincolnshire Towns and Industry 1700-1914, a History of Lincolnshire Committee, Lincoln.
 
NOTES
 
[1]Les régions du Manchester, de Sheffield et du Lincolnshire, connectées à d’autres voies des Midlands, formaient le Great Central Railway. Elles furent reliées à Cleethorpes en 1863. Le chemin de fer desservit Skegness à partir de 1873. Le South and East Coast Railway ouvrit à Mablethorpe en octobre 1877, et le Sutton and Willoughby Railway en 1886.
[2]Construction ornementale située sur l’ancienne falaise et baptisée du nom du secrétaire du chemin de fer du Manchester, Sheffield et Lincolnshire [Charles Eckberg, The Book of Cleethorpes, Buckingham, 1986, p. 31].
[3]Le Royal National Commercial Directory de Slater, Topography of Yorkshire and Lincolnshire, 1849, indique que la paroisse de Clee (incluant Cleethorpes) comprenait 674 habitants en 1831 et 1 002 en 1841. Ces données contredisent celles du recensement de 1841, selon lequel Cleethorpes aurait compté 778 habitants. Ce chiffre ne tient peut-être pas compte des hameaux situés à la périphérie du village.
[4]History of St Aidan’s Parish Church, août 2000.
[5]Les données du recensement de la paroisse de Cleethorpes indiquent 13 tenanciers en 1841, 14 en 1851, 12 en 1861, 15 en 1871, 31 en 1881, puis 44 à partir de 1891.
[6]D’après les recensements de 1851, 1861, 1871, 1881 et 1891.
[7]Pension dans laquelle le vacancier faisait ses propres courses, l’hôte préparant la nourriture.
[8]Celui d’un habitant de Leicester à propos de vacances sur la côte est, « I Remember Leicester », Holidays – Making the Most of Time Off, cassette audio, Leicester Oral History Archive, 1985.
[9]Pour des informations sur les avances pour congés versées par ces industries dans les Midlands, voir Alan Fox, A History of the National Union of Boot and Shoe Operatives, Oxford, 1958 ; Richard Gurnham, 200 Years – The Hosiery Unions 1776-1976, Leicester, 1976 ; J.-E. Williams, The Derbyshire Miners, Londres, 1962 et la correspondance des archives du Trade Union Congress MSS 292/114/1-3, Modern Records Center, University of Warwick.
[10]Stipulation concernant certains terrains de la circonscription de Lindsey, Lincolnshire, connus sous le nom de « Sandhills » ; à utiliser comme recours sur le Conseil du comté ou la circonscription de Lindsey sus-citée ; et dans d’autres circonstances. [Royal Assent, 12 juillet 1932] 22 & 23 George 5 – Session 1931 – 32 ; (nommé Sandhills Act dans les notes et le texte), p. 56.
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Les données du recensement de la paroisse de Cleethorpes in...
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[6]
D’après les recensements de 1851, 1861, 1871, 1881 et 1891. Suite de la note...
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