La jeunesse à Tahiti : renouveau identitaire et réveil culturel
Alexandrine Brami Celentano
L’affirmation identitaire des jeunes s’observe à travers des activités bénéficiant aujourd’hui de la reconnaissance d’une tradition culturelle ancestrale sacralisée largement réinventée, institutionnalisée et diffusée par les canaux de transmission les plus modernes. Parallèlement, les jeunes Polynésiens réagissent à ce travail de construction idéologique à partir de leurs propres valeurs, ce qui donne naissance à des « sous-cultures », parfois perçues comme des formes de contre-cultures. Ainsi, la pénétration des modèles californiens et hawaïens à Tahiti, depuis une quinzaine d’années, va-t-elle de pair avec la référence accrue à une « différence culturelle » parmi les jeunes, incarnée par la revendication de leur spécificité « ma’ohi » définie à travers des pratiques traditionnelles modernisées, comme le tatouage, le surf ou la pirogue Polynésienne.Mots-clés :
Tahiti, jeunes, acculturation, syncrétisme, tatouage, surf, folklore.
Young Tahitians affirm their identity through activities legitimized by an ancestral culture regarded as sacred which is largely reinvented, institutionalized and diffused by modern transmission channels. At the same time they react to this ideological reconstruction from their own values, which gives rise to the formation of sub-cultures that are sometimes perceived as counter-cultures. The diffusion of Californian and Hawaiian models in Tahiti since about fifteen years has led young Tahitians to claim more and more their « cultural difference » embodied by their ma’ohi specificity and to express it through modernized traditional practices such as tattooing, surfing or Polynesian pirogueing.Keywords :
Tahiti, youth, acculturation, syncretism, tattooing, surfing, folklore.
Die Jungen von Tahiti behaupten ihre Identität durch das Betreiben von Aktivitäten, die durch eine sakralisierte altüberlieferte Kultur legitimiert werden, die weit rekonstruiert, institutionalisiert und von den modernsten Kommunikationsmitteln verbreitet wird. Zur gleichen Zeit reagieren sie auf diese ideologische Rekonstruktion aus ihren eigenen Werten, was zur Entstehung von Subkulturen führt, die manchmal als Gegenkulturen wahrgenommen werden. Die Verbreitung kalifornischer und hawaiischer Lebensweisen seit ungefähr fünfzehn Jahren in Tahiti hat diese Jungen geführt, ihren kulturellen Unterschied und ihre ma’ohi Spezifizität mehr und mehr zu fordern und sie durch modernisierte traditionelle Tätigkeiten wie Tatowieren, Surfing, oder polynesisches Pirogefahren auszudrücken.Schlagwörter :
Tahiti, Jugend, Akkulturation, Synkretismus, Tatowieren, Surfing, Folklore.
• La « jeunesse » Polynésienne, laissée pour compte du mouvement de renouveau culturel à Tahiti ?
— • La culture ma’ohi : une valorisation récente
— • Les jeunes : identité en creux et rupture culturelle ?
• Du sentiment identitaire au renouveau identitaire : la part d’héritage
— • Une connaissance floue et approximative du passé ancestral
— • Des référents toujours prégnants, des pratiques resacralisées
— • Une réécriture syncrétique de l’histoire du peuple et de la culture ma’ohi
— • La vague ma’ohi des mythes d’origine… à la mode d’aujourd’hui
— • La réinvention d’un passé mythique
— • Une intime conviction de supériorité
— • Un champ culturel remodelé et dynamisé
• Du désengagement à la contre-culture ? Les jeunes, acteurs du renouveau culturel à Tahiti
— • Du désengagement au refus de l’engagement politique
— • L’engagement associatif ou le choix du pragmatisme
— • De la création à la contre-culture ? Le parti-pris des jeunes
• Références bibliographiques