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Ethnologie française

2004/2 (Vol. 34)


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Cette étude tente de faire le point sur l’histoire des recherches féminines en Ukraine et sur les recherches dans le domaine du gender[1][1] (NdT) : « Gender » (de l’anglais gender) : terme officiellement.... Le problème du statut de la femme dans le cadre de la culture traditionnelle a attiré l’attention des chercheurs entre la deuxième moitié du xixe et le début du xxe siècle. C’est à cette époque qu’apparurent les premiers ouvrages folkloriques et ethnographiques importants, consacrés à ce sujet [Efimenko, 1873 ; Okhrimovitch, 1890 : 277-279 ; Levitski, 1900 : 108-122]. Ainsi le monde de la femme fut reconnu en tant qu’objet digne de recherche.

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Dans le contexte de l’engouement général pour les théories de l’évolutionnisme social, la théorie du matriarcat de Bakhoven fut reprise par la suite en Ukraine par Vladimir Okhrimovitch, qui fut un facteur important dans l’intérêt croissant pour le thème de la femme dans les recherches historiques et ethnologiques. Dans son étude : « L’importance des rites de noces chez les Petits-Russes dans l’histoire de l’évolution de la famille » [« Znatchenie malorousskikh svadebnykh obryadov v istorii evolyoutsii sem’i »] [Okhrimovitch, 1891 : 44-105], basée sur une analyse approfondie du rôle dominant des femmes dans les rites familiaux des Ukrainiens (en particulier, dans le rite de noces), ainsi que le droit coutumier, le folklore et les données ethnographiques, ce chercheur démontra l’existence dans le passé des Ukrainiens d’une époque matriarcale dont les traces étaient encore apparentes dans la culture paysanne de la fin du xixe siècle.

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Dans les recherches folkloriques et ethnographiques de cette période, l’influence du romantisme était encore très sensible. En essayant de définir les traits ethniques et psychologiques de la femme ukrainienne, son sort historique grâce à l’analyse des chansons populaires, Nikolaï Kostomarov et Alexandre Borovikovskiï avaient créé une image assez idyllique de l’Ukrainienne, ce qui joua un grand rôle sur les tendances du développement des recherches féminines [Kostomarov, 1906 : 933-1081 ; Borovikovskiï, 1879].

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L’étude historique de la famille et son développement très rapide furent un moteur important dans ces recherches. En analysant les voies de l’évolution des formes et des structures de la famille ukrainienne, les chercheurs abordaient inévitablement la question de la position de la femme au sein de la famille [Efimenko, 1886 : 593-598 ; Franko, 1897 : 217-230 ; Kaïndl’, 2000 ; Levitski, 1909 ; Zoubritski, 1906 : 119-124 ; Taranavski, 1853 ; Sitsinski, 1891 : 56-67]. Apparurent ainsi des recherches dans le domaine du droit coutumier, concernant la gestion des biens personnels dans la famille, ainsi que celle des droits et des devoirs [Ganenko, 1886 : 136-159 ; Charovitch, 1896 ; Tyoutryoumov, 1879 : 123-156 ; Dnistryanski, 1900 ; Tchoubinski, 1869]. Ces recherches permettaient, d’un côté, de constater une asymétrie considérable dans les droits des époux et l’existence de doubles standards moraux et éthiques, et de l’autre, de montrer une coopération dans les tâches ménagères et des marques d’égalité dans la sphère économique, ainsi que l’importance du facteur des biens matériels dans la création de la famille et la hiérarchie familiale. Il convient de mentionner le mérite d’une mission ethnographique et statistique importante conduite sous la direction de Pavel Tchoubinski [2][2] Cf. Bibliographie [Troudy…]. qui avait recueilli des renseignements concernant cette question. Ses données sont jusqu’à nos jours considérées comme une source irremplaçable pour les chercheurs dans le domaine du mode de vie populaire.

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Des études comparatives furent menées entre la position de la femme dans la famille ukrainienne et le statut de la femme en Russie. Les conclusions étaient plus avantageuses pour les femmes ukrainiennes. Mais leurs droits et leurs pouvoirs dans la famille étaient souvent surestimés. Dans la plupart des cas, on passait en effet sous silence les faits témoignant de la subordination féminine. En exagérant le rôle des femmes dans la famille, et ce, au moment où naissait la nation ukrainienne contemporaine, les ethnographes-romantiques développèrent tout un système de symboles, d’éléments mythologiques, d’archétypes nationaux et culturels de la femme [Malantchouk-Ribak, 1999 : 17-22].

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Dans le cadre de l’étude de la famille se développèrent également des recherches ethnographiques sur l’enfance. Les ouvrages mentionnés ci-dessus traitaient en partie des problèmes de l’éducation des enfants des deux sexes, du travail des enfants et des loisirs. Les difficultés et les problèmes de la maternité et de l’enfance dans le milieu paysan furent traités dans plusieurs recherches [Lepkiï, 1886 : 269-270 ; Derlitsya, 1898 : 121-140 ; Onichtchouk, 1912 : 90-113 ; Yachtchourjinski, 1893 : 74-83 ; Dachkevitch, 1877 : 538-565 ; Belozerski, 1900 : 112-120]. Des aspects importants de la vie quotidienne de la femme, tels que les représentations populaires de la procréation, la sexualité, le contrôle de la natalité, la mortalité infantile et la médecine populaire se trouvèrent pour la première fois au centre de l’investigation dans l’ouvrage unique : L’enfant dans les coutumes et les croyances du peuple ukrainien, publié par Zénon Kouzelya [Kouzelya, 1906-1907]. Tous les problèmes abordés, malgré l’interdiction de les porter publiquement à la discussion, y étaient éclairés franchement et ouvertement. Le problème de l’expérience « intime » des jeunes gens avant le mariage n’était même pas passé sous silence. La culture des jeunes des villages ukrainiens, représentée par la tradition des réunions du soir (vetchornytsi), était également analysée. Dans les publications de cette époque-là, on trouve des renseignements précieux sur la vie des jeunes gens, les formes et règles de leurs relations, les préparatifs au mariage et les critères du choix des conjoints, la répartition des fonctions entre l’homme et la femme dans l’organisation du travail et des loisirs, les idéaux de la jeune fille et du jeune homme dans le contexte des normes morales et du droit coutumier [Dikariv, 1918 : 170-275 ; Soumtsov, 1886 ; Savtchenko, 1927 : 85-90 ; Kouzelya, 1914 ; Levitski, 1905 : 89-97]. Durant ces mêmes années, on abordait aussi la problématique féminine dans les recherches ethnologiques [Choukhevitch, 1901-1902 ; Afanassiev-Tchoujbinski, 1855 : 129-156 ; Bogouslavski, 1855 : 1-43 ; Ivanov, 1907 ; Kravtchenko, 1911]. Non seulement ces études nous proposaient des données diversifiées, mais elles reflétaient aussi la position de l’auteur dans leur interprétation.

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Grâce aux efforts des disciples de l’école mythologique, apparurent alors de nombreuses recherches sur l’étude des éléments archaïques de la conception populaire du monde, moyennant une analyse des mythes, des légendes, des croyances et des rites calendaires, de la magie. C’étaient les premières tentatives de reconstruction des structures de base de la conscience mytho-poétique qui avaient déterminé la place, le rôle, la sémantique et la symbolique féminine dans le tableau ethnoculturel du monde vu par les Ukrainiens [Afanassiev, 1995 ; Soumtsov, 1890 ; Ben’kovski, 1899 : 128-131 ; Gnatyouk, 1910 : 74-85]. Il faut mentionner les recherches consacrées à la sorcellerie [Antonovitch, 1872 : 323-360 ; Afanassiev, 1996 : 45-86 ; Miloradovitch, 1901 : 217-233 ; Ivanov, 1991 : 430-511 ; Gnatyouk, 1912 : 178-201 ; Efimenko, 1883 : 374-401] où, à côté des interprétations différentes de la sorcière comme un personnage de la démonologie populaire, il existe un grand nombre d’observations pertinentes permettant la reconstruction du statut social de la sorcière de village [Kis, 2000 : 274-285].

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Malgré la quantité considérable d’études sur les femmes, on peut noter le caractère inégal de l’intérêt des chercheurs pour certains sujets. La cause en est leur focalisation sur l’étude des manifestations normatives de la culture (avant tout, la famille). Ne se trouvèrent donc privilégiés que certains des rôles sociaux de la vie d’une femme (mère, épouse, ménagère). En même temps, d’autres « états » de la femme (par ex., petite fille, jeune fille, grand-mère, veuve, vieille fille) restèrent marginaux. Si le phénomène de la mère célibataire (pokrytka) fut étudié au moins dans deux publications [Nos, 1882 : 427-429 ; Gnatyouk, 1919], et les particularités de la socialisation des filles et des jeunes filles également plus ou moins traitées dans les ouvrages mentionnés, il est pratiquement impossible de trouver de l’information digne d’intérêt sur la position des autres catégories de femmes.

La position de la femme en Ukraine : le début des recherches

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L’essor général du mouvement féministe en Europe et en Ukraine [Bogatchevska-Khomyak, 1995] eut une influence considérable sur le développement des investigations sur la femme du début du xxe siècle. Les nouvelles idées du féminisme, de l’émancipation, des droits de la femme, en pénétrant dans le milieu académique, stimulèrent l’examen critique du statut de la femme ukrainienne [Gankevitch, 1891 ; Kobrinska, 1887 : 68-102 ; Oukrainka, 1977 : 76-99].

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Précisons qu’une importante contribution au développement des recherches dans ce domaine fut apportée par les chercheurs hommes. D’une part, cela permit d’éviter la transformation de ce domaine de recherches en « ghetto féminin » (des femmes écriraient sur les femmes et pour les femmes). D’autre part, grâce à l’intérêt porté à la problématique des femmes par des savants remarquables de l’époque, la menace de la marginalisation des recherches dans ce domaine fut évitée. Mais, en même temps, cela aboutit inévitablement à un centrisme androgyne (androtsentrizm) dans la représentation de l’expérience féminine de la section ethnographique. En effet, les informateurs étaient principalement des paysans masculins interviewés par les chercheurs masculins qui, à leur tour, interprétaient l’enquête à leur manière. On aboutit à une approche purement masculine de la problématique féminine, souvent considérablement différente de la représentation des femmes [Kis, 2001 : 43-58] (comme cela s’avéra avec l’apparition des femmes narratrices et des femmes chercheurs).

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Cependant, le problème principal – celui de l’inégalité entre l’homme et la femme – n’échappa pas à l’attention de Mikhaïl Grouchevskiï [3][3] Sur l’analyse de la position de la femme dans l’héritage.... En étudiant les racines préhistoriques de la soumission de la femme, il remarqua que « … le premier acte de l’inégalité au sein de la tribu fut l’esclavage de la femme, souvent le premier esclave et le premier animal domestique utilisé dans le couple en tant que force physique ». En analysant la société patriarcale, ce chercheur avoua que « la structure patriarcale de la tribu est en principe moins favorable pour la femme que pour l’homme » [Grouchevskiï, 1921 : 113].

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Également estimables sont les recherches de Vladimir Gnatyouk, auxquelles il convient de rendre justice. Grâce à elles, le monde intime et les problèmes spécifiques de la femme furent pris en compte par la science. Elles traitaient de sujets tels que la sexualité féminine, la grossesse et l’accouchement, la menstruation, la contraception, l’avortement, l’adultère, etc. [Gnatyouk, 1922 : 172-224], et se basèrent toujours sur l’analyse méticuleuse et objective du folklore et des sources ethnographiques de différentes régions de l’Ukraine. De même, ses conclusions proposèrent des comparaisons interculturelles.

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L’article d’Ivan Franko : « La servitude féminine dans les chansons populaires ukrainiennes » (« Jenskaya nevolya v oukraïnskikh narodnykh pesnyakh ») joua un rôle important dans la formation d’une nouvelle approche critique de la position de la femme dans une famille paysanne [Franko, 1980 : 209-253]. Dans cette étude, à côté d’autres déclarations courageuses pour l’époque, l’auteur, l’un des premiers dans l’ethnologie ukrainienne, attira l’attention sur le fait que ce furent la dépendance financière de la femme et l’interdiction du divorce qui obligèrent la plupart d’entre elles à souffrir toute leur vie de la violence masculine. Ainsi fut dépassé le stade de la pure description et de la seule constatation des faits de l’inégalité et enclenchée l’étape suivante : la mise au jour des causes du statut social si bas de la femme dans la société.

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Un véritable manifeste des nouvelles approches dans l’étude de la problématique féminine fut l’article d’Ekatérina Grouchevska « Sur l’étude des différents groupes sexuels dans la société primitive » (« Ob isslédovanii polovykh soobchthchestv v pervobytnom obchtchestve ») [Grouchevska, 1929 : 24-33]. L’auteur critique le trait typique des études de l’époque, c’est-à-dire l’analyse des aspects masculins de la culture, « essayant de traiter la femme hors du contexte culturel ». En touchant au cœur même du problème, elle remarque : « Vu les circonstances, c’est le monde “masculin” qui fut étudié plus soigneusement : avec la prééminence de l’aspect social et masculin de la culture, on a l’impression que ce dernier est une norme, à côté de laquelle le monde “féminin” ne représente qu’une variante, un épisode, un fragment. » Notons que cette remarque de Grouchevska sur la réception culturelle de « l’homme comme une norme » et de « la femme comme l’autre » devança pratiquement de vingt ans l’idée centrale de Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe, grand classique de la critique féministe de la culture. Quant à la conception de la coexistence de deux cultures – culture dominante masculine et culture marginale féminine – dans le cadre d’une seule tradition ethnique, Grouchevskaya l’articulait, bien avant l’apparition des études classiques de Margaret Mead, sur l’anthropologie du sexe [Mead, 1935 ; Mead, 1949]. La scientifique ukrainienne soulignait que les intérêts de la science exigent une représentation complète de la perspective culturelle (masculine et féminine), laquelle constitue la condition sine qua non de l’intégrité des reconstructions tant historiques qu’ethnologiques. Cependant, l’appel de cette chercheuse remarquable, dont les approches scientifiques étaient pionnières, resta sans lendemain. Les nouvelles générations d’ethnologues ukrainiens continuèrent à étudier la problématique féminine dans la culture populaire dans les limites du centrisme androgyne. L’école ukrainienne des recherches sur la femme en ethnologie, fondée dans la première moitié du xxe siècle, fut détruite par l’élimination physique des savants progressistes à l’époque des répressions staliniennes.

La recherche ethnographique sur les femmes pendant la période soviétique

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À l’époque soviétique, la thématique féminine fut principalement étudiée sous l’angle de la propagande, avec le lancement de l’image « de la nouvelle femme soviétique » et du mode de vie correspondant. La plupart des ouvrages de cette époque, écrits à la demande du pcus sur les positions du marxisme-léninisme – les seules « correctes » – sont scientifiquement atypiques. L’ethnologie historique se trouve alors dans une situation difficile, conditionnée par : de sévères limites théoriques et méthodologiques dans le cadre de la censure idéologique ; le statut secondaire (marginal) de la discipline elle-même, lié à la politique de la russification et de la soviétisation (d’où l’inutilité d’études des racines ethniques) ; l’isolement, l’absence de contacts avec les courants scientifiques internationaux ; la rupture de la succession scientifique entre la génération des chercheurs du début du xxe siècle et la nouvelle génération de chercheurs (les études principales des prédécesseurs devinrent inaccessibles). C’est pourquoi l’essor des recherches sur la femme et les débats féministes dans le domaine de l’anthropologie culturelle et sociale, s’étant produits dans les pays occidentaux dans les années soixante-dix, n’exercèrent aucune influence sur les approches de la thématique féminine en Ukraine soviétique.

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Néanmoins, dans le cadre de l’ethnologie historique, les études de la famille et de la femme continuèrent à se développer. Parmi les ouvrages publiés à cette époque, on pourrait distinguer les monographies d’Eléna Kravets et d’Alexandre Ponomariov [Kravets, 1966 ; Ponomariov, 1989]. Cependant, basées sur le fonctionnalisme, elles apportèrent peu de nouveauté. Deux autres monographies – celle d’E. Syavavko sur l’ethno-pédagogie ukrainienne [Syavavko, 1974] et celle de N. Gavryliouk sur des rites d’accouchement [Gavryliouk, 1981] – présentent un intérêt plus grand, car les problèmes de la maternité, des soins donnés aux enfants, de la socialisation différentielle des sexes, des stéréotypes sexuels et des représentations populaires de la nature des femmes furent largement étudiés. Bien que certaines affirmations de ces auteurs soient assez discutables, la présence même de ces ouvrages dans le champ scientifique de l’ethnologie ukrainienne signifiait l’existence de la problématique féminine.

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Au déclin de l’époque totalitaire, quoique très différentes dans leur style et genre, apparurent deux études occidentales très intéressantes sur la femme ukrainienne. D’abord, la monographie de M. Bogachevska-Khomyak, consacrée aux problèmes de l’évolution du mouvement féministe et de la participation des femmes dans la vie sociale et politique en Ukraine en 1884-1939 [Bogachevska-Khomyak, 1988 : 424]. En 1988, l’« Association des femmes slavistes des usa » proclama que cette monographie était la meilleure dans le domaine des recherches sur la femme. Il est difficile de ré-estimer l’importance de cet ouvrage, puisque c’était la première tentative d’appliquer des méthodes scientifiques modernes à l’analyse historique de la vie des femmes ukrainiennes. La deuxième étude fut réalisée dans l’esprit de l’anthropologie féministe [Worobec, 1990 : 227-238]. Son auteur, Kristina Vorobets, analyse les problèmes de l’existence des doubles standards moraux dans le milieu paysan, les formes du contrôle de la sexualité féminine par l’homme et les facteurs de la formation de l’image diabolisée de la femme-pécheresse dans la conception populaire du monde. Malgré l’âpreté de certaines affirmations et le caractère radical de certaines estimations (ce qui résulte probablement de la position féministe de l’auteur), cet article détruit les illusions des partisans de la rétrospection romantique qui ont tendance à idéaliser le système du « genre » qui s’était formé dans le village ukrainien dans la deuxième moitié du xixe siècle. La faiblesse de cette étude tient au nombre restreint de ses sources, ce qui conduit son auteur à généraliser et extrapoler des particularités locales en appliquant ces interprétations à toute la tradition ukrainienne.

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Cependant, ces deux recherches servirent d’exemple : considérées comme des applications réussies des nouvelles approches de la culture ukrainienne, elles mirent en perspective l’évolution des recherches du « genre » sur la femme dans la science nationale.

La problématique féminine dans l’ethnologie en Ukraine post-soviétique

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Après la chute de l’urss et la proclamation de l’indépendance de l’Ukraine, des transformations radicales commencèrent dans les sciences humaines. Cependant, le changement du paradigme scientifique ne s’effectua pas d’un seul coup ; ce processus n’est pas encore achevé aujourd’hui. Malgré l’apparition, sur les douze dernières années, de nombreuses études ethnologiques et historiques de la culture ukrainienne, le conservatisme en matière d’analyses sur la femme et le refus de l’approche du « genre » sont encore sensibles. Par exemple, Roman Tchmelyk peint dans son ouvrage un tableau idéal des relations dans la famille ukrainienne en suivant les traditions des romantiques du xixe siècle [Tchmelyk, 1999]. L’auteur fait des éloges sur le rôle important réservé à la femme au sein de la famille – celui de la mère et de l’épouse. Il maximalise l’importance de la morale chrétienne dans le milieu des jeunes, en ignorant les aspects négatifs de la vie quotidienne de la famille et de la société.

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Les dernières études sur le droit coutumier des Ukrainiens introduisent des éléments intéressants sur la position de différentes catégories de femmes (en particulier, celles des veuves et des mères célibataires), sur la hiérarchie familiale, sur les voies et les moyens de résolution des conflits conjugaux, sur les différences entre l’homme et la femme en matière de responsabilité et de punition de la conduite immorale, etc. [Gorin’, 1993 ; Gochko, 1999]. Cependant, ces chercheurs, eux-mêmes prisonniers de leurs propres stéréotypes, ne font que décrire et constater les faits qui indiquent l’asymétrie des droits et la position dominante de l’homme dans la vie familiale et sociale, sans même essayer d’établir les causes et les conséquences d’une telle inégalité. D’autres études de cette époque restent attachées aux traditions des recherches du xixe siècle avec les descriptions détaillées qui leur sont propres, de la vie quotidienne de la femme, sans avoir recours à la perspective du « genre » [Boltarovitch, 1993 : 16-24 ; Gvozdevitch, 1997 : 111-122 ; Pankiv, 1997 : 105-110].

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L’affirmation de la structure de l’État ukrainien et l’achèvement du processus de la formation de la nation ukrainienne contemporaine prédéterminèrent les tendances particulières des recherches historiques sur la femme. Dans les années quatre-vingt-dix, apparut un grand nombre d’ouvrages concernant le rôle des femmes dans la création de la nation et de l’État, ainsi que dans les processus sociaux et historiques durant plusieurs siècles sur l’histoire ukrainienne [Smolyar, 1998 ; Lougoviï, 1994 ; Berezovski, 1995 ; Jerebkina, 1996]. On sait que pendant la formation d’une nation moderne, l’idée de la maternité (naturelle et culturelle) et l’archétype même de la Mère-Patrie deviennent immanquablement une partie intégrante de la nouvelle idéologie nationale. C’est ce que l’Ukraine ressentit pendant la première décennie de son indépendance : au cours des transformations politiques, c’est le rôle que joua la Beregynya. Apparue grâce à la création des écrivains passionnés par la culture populaire [4][4] L’un des premiers qui utilisèrent cette image fut Vasiliï..., cette image soi-disant historique de la femme du matriarcat devint vite populaire, aussi bien dans le milieu des hommes politiques que parmi les ethnologues [5][5] À vrai dire, nombreux sont les ethnologues qui n’acceptent....

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Certains chercheurs furent si concentrés sur un retour au néo-romantisme, qu’en louant l’idéal de la femme-mère, ils oublièrent leur tâche principale de savant : l’analyse approfondie des faits. Par exemple, certains articles de la monographie collective, dont : « Le genre ukrainien : la vie familiale et la vie dans la société » (« Ukraïnski rod : semeyny i obchtchestvenny byt ») frappent le lecteur par le pathétique patriotique excessif et le caractère émotionnel de leurs auteurs. Leur aveugle fidélité à la culture nationale ne leur permet plus de remarquer et d’examiner la vie familiale de la femme dans son intégralité (y compris les aspects négatifs). Elle les incite à des déclarations répétitives et des affirmations banales. Les études ukrainiennes contemporaines présentent un paradoxe : d’une part, on souligne constamment le rôle exceptionnel et la position particulière de la femme dans la famille ukrainienne, dans la vie sociale et politique et même dans l’histoire de l’Ukraine. D’autre part, il existe un manque d’études approfondies dans ce domaine. L’ethnologie ukrainienne, en poursuivant les traditions du romantisme, a toujours tendance à sacraliser la problématique féminine, ce qui complique son étude critique. Le mythe de l’Ukrainienne comme « type de femme particulier et unique », incarné dans l’image de la Beregynya qui s’est enracinée profondément dans la conscience publique et les sciences historiques, satisfait seulement les aspirations cognitives du chercheur contemporain.

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La particularité des études de la culture traditionnelle ukrainienne consiste en ce qu’elles ont été effectuées principalement par des chercheurs ukrainiens. Cela a permis d’éviter, durant les recherches et l’analyse des données empiriques, le « centrisme » européen (evropotsentrizm), lequel demeurait, un certain temps, un sérieux problème pour l’anthropologie occidentale quand elle se pencha sur les études des cultures des peuples colonisés. Dans le contexte des recherches sur la femme, cela signifie que des chercheurs et des informateurs parlaient la même langue et étaient porteurs de la même culture ; c’est pourquoi, dans leurs descriptions et interprétations, ils reproduisaient le système du « genre », propre aux Ukrainiens, avec des altérations minimales. Cependant, il leur arrivait rarement, demeurant à « l’intérieur » de leur culture, de franchir leurs limites et de prendre leurs distances afin d’en avoir une vision « panoramique », donc, de l’étudier d’une façon objective.

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En l’absence d’études historiques et ethnologiques approfondies, basées sur l’approche du « genre », il apparut un grand nombre de publications superficielles de vulgarisation scientifique, sur le destin historique des femmes ukrainiennes [Loutsenko, 1999 : 10-18 ; Gamal, 2002 : 20-26 ; Kostyouk, 2002 : 116-120 ; Govoroun, 2001 : 92-100 ; Kikinejdi, 2001 : 190-199 ; Griniv, 1993 : 227-235]. Ces publications légitimèrent l’image de l’« Ukrainienne-Beregynya » dans le discours scientifique et social, en insistant sur les sources historiques du « matriarcat domestique » et sur la nature féminine de la mentalité ethnique (etnopsikhika) des Ukrainiens [6][6] Par exemple, en analysant l’influence de l’ethnopédagogie.... Dans ces textes, la conception propre au discours patriarcal de la place « naturelle » de toute femme, en priorité ses rôles de mère et de ménagère, fut articulée à plusieurs reprises ; le modèle traditionnel de l’identité féminine fut proclamé comme normatif pour l’Ukrainienne contemporaine.

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L’application constante de résultats scientifiques de l’ethnologie dans les sphères politiques et idéologiques (ce qui témoigne du maintien dans la science du paradigme soviétique : la priorité donnée aux valeurs idéologiques sur celles qui sont cognitives) ne contribue pas à la réussite des recherches sur la femme. Le danger de cette approche est qu’elle serve aux besoins d’État, politiques ou sociaux. Outre des conséquences négatives de telles falsifications historiques – car ce n’est rien d’autre que la manipulation de l’opinion publique –, une telle pratique freine le développement des recherches du « genre » en privant ainsi l’ethnologie ukrainienne d’une chance de se joindre au processus scientifique international.

Les problèmes et les perspectives des recherches du « genre » de la culture ukrainienne

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C’est Solomia Pavlytchko, spécialiste de littérature, qui, la première, a découvert la problématique féministe contemporaine. En 1991, elle a déclaré publiquement l’utilité d’appliquer cette nouvelle approche critique dans l’analyse de la culture ukrainienne [Pavlytchko, 2002 : 29-36]. Dans ses études postérieures, elle a montré sa valeur heuristique. Dans ses articles, interventions, interviews, elle a attiré l’attention sur l’engouement romantique excessif pour le passé dans le milieu des spécialistes de sciences humaines en Ukraine. Elle s’est rendu compte du danger consistant à idéaliser le mode de vie traditionnel, à extrapoler de manière aveugle d’anciens idéaux, des valeurs, normes et modèles de la féminité dans les recherches contemporaines. « Avant de faire renaître [des traditions], il vaut mieux [les] étudier, comprendre et analyser », souligne-t-elle [7][7] Les travaux de S. Pavlytchko sur les investigations....

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La première édition ukrainienne des ouvrages classiques de Simone de Beauvoir (en 1995) et de Kate Millet (en 1998) exerça une grande influence sur la propagation de la critique féministe et de l’approche du « genre » dans les sciences humaines. À la fin des années quatre-vingt-dix, le paradigme du « genre » est institutionnalisé dans certaines disciplines scientifiques (en sociologie, politologie, critique littéraire, jurisprudence, philosophie et psychologie). L’intérêt porté aux études du « genre » comme domaine interdisciplinaire et méthodologie nouvelle s’est manifesté dans la publication d’un certain nombre de recueils [8][8] Cf. : [Nezavisilyï koul’tourologotcheskiï journal « I »,... à la limite de deux siècles. Dans les sciences historiques, ce processus est moins visible, car la problématique féminine est toujours considérée d’une façon stéréotypée, comme une problématique secondaire. Quelques ouvrages de chercheurs femmes [9][9] Il est curieux, mais toutes les spécialistes de la... remarquables, aujourd’hui reconnues pour leur compétence, font exception.

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En 1999, apparut à Odessa la première monographie collective sous la plume de L. Smolyar : La femme dans l’histoire et la femme aujourd’hui (Jenchtchina v istorii i segodnya) [Smolyar, 1999], consacrée uniquement à l’histoire des femmes ukrainiennes. Son importance pour le développement des recherches féminines contemporaines dans les sciences historiques fut hautement appréciée [Kis, 2000 : 503-511 ; Karpenko, 2000 : 321-323]. Cet ouvrage proposait une analyse du statut économique, juridique, social et politique des femmes de différentes couches sociales à plusieurs époques historiques (à partir de l’époque de la Russie de Kiev jusqu’au début du xxe siècle). Bien que cette étude appartienne au domaine de l’histoire sociale (les sources folkloriques et ethnographiques y occupent peu de place), cette tentative de dévoiler des particularités de la mentalité ethnique, dont certaines représentations religieuses de la morale traditionnelle des Ukrainiens, et de montrer la spécificité régionale du droit coutumier, rend ce travail très intéressant, même dans le contexte de l’analyse de la culture traditionnelle du point de vue du « genre ». Cette étude est aussi importante, car elle contient des renseignements soigneusement récoltés et parfaitement présentés et comporte une bibliographie des études ukrainiennes dans le domaine des recherches féminines, peut-être la plus complète à l’heure actuelle.

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L’étude d’Oxana Ribak est consacrée aux problèmes de l’historiographie et de la philosophie historique des recherches féminines ukrainiennes [Malantchouk-Ribak, 1999]. L’auteur analyse les conditions et les facteurs de la formation des images principales de la femme dans les sciences historiques de la fin du xixe siècle, qui par la suite « … se transformèrent en archétypes féminins nationaux stables et définirent également des paramètres principaux de l’interprétation du rôle social des femmes au niveau scientifique ». La plus importante dans la conscience des masses, d’après l’auteur, demeure l’idée de la maternité sacrificatoire et la limitation des sphères de l’activité de la femme dans la société par le triangle « mère-épouse-patriote ». Outre l’aperçu détaillé des ouvrages ethnographiques sur la femme, de la deuxième moitié du xixe siècle au début du xxe, ainsi que des recherches sur le développement du mouvement féministe en Ukraine, l’auteur réfléchit sur l’un des problèmes les plus impérieux dans les recherches contemporaines sur la femme dans l’histoire : le non-professionnalisme. « Les investigateurs contemporains traitent souvent ce problème par hasard, voilà pourquoi leurs recherches sont généralement superficielles. Dans la conscience historique, les stéréotypes romantiques sur la position égalitaire de la femme en Ukraine, … sur l’unicité mondiale de la femme ukrainienne continuent d’agir et d’exister. »

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Il faut bien reconnaître que ce défaut est propre à la plupart des publications contemporaines ukrainiennes sur la problématique féminine où l’on trouve généralement un chapitre ou un article écrit sur le mode historique et ethnographique. Par exemple, dans l’étude de Natalia Lavrinenko « La femme : sa réalisation dans la famille et la société (sous l’aspect du “genre”) » (« Jenchtchina : samorealizatsiya v sem’e i obchtchestve (Gendernyï aspekt) », l’examen de la problématique de « La position des femmes dans le passé historique » constitue un chapitre à part, basé sur les affirmations du genre : « le fait de conserver longtemps des restes du matriarcat », « depuis l’époque lointaine du matriarcat… », etc. [Lavrinenko, 1999]. Le manuel universitaire : Le sexe et la sexualité : l’approche psychologique (Pol i seksoual’nost’ : psikhologitcheskiï rakours), dont les auteurs sont les psychologues Tamara Govoroun et Oxana Kikinejdi, attire l’attention, non seulement sur les titres déroutants des chapitres : « Le décaméron ukrainien (« Ukraïnskiï dekameron »), « La sexualité a-t-elle un costume national ? » (« Est’ li u seksual’nosti natsional’nyï kostum ») et « Les orientations sexuelles dans la société ukrainienne » (« Seksoual’nye oustanovki v oukraïnskom sotsioume »), mais surtout par les renvois innombrables à la « tradition » de l’éros ukrainien [Govoroun, Kikinejdi, 1999]. Cette situation est surtout liée au fait que les auteurs de ces publications (sans aucun doute des professionnels d’autres disciplines des sciences humaines) sont des ethnologues amateurs et ont tendance à répéter sans réfléchir les idées d’autres chercheurs. Leurs textes n’ont aucune valeur cognitive et deviennent un moyen de reproduction des stéréotypes et des mythes archaïques, en proposant aux lecteurs le tableau incomplet, unilatéral, voire même déformé, du passé historique des femmes ukrainiennes.

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D’autre part, il existe une autre tendance dangereuse : la critique non fondée des rapports du « genre » dans la culture ukrainienne. Ce refus est, dans la plupart des cas, une conséquence de la même incompétence des chercheurs et souvent, c’est une expression de leurs préférences nationales et sociales (cette fois, pro-russes). Cela concerne avant tout les publications d’Irina et de Sergueï Jerebkin qui analysent « le féminin » dans la conscience historique, la politique, la littérature et le discours national en Ukraine contemporaine [Jerebkine, 1999 : 281-335 ; 2002 : 224-244 ; Jerebkina, 1996]. Cependant, ces auteurs ne connaissent ni la langue ukrainienne (toutes leurs études sont écrites en russe), ni les réalités ukrainiennes, en bâtissant leur théorie sur les faits pris hors du contexte (historique, politique, culturel) et en généralisant leurs conclusions concernant toutes les femmes ukrainiennes.

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Néanmoins, grâce aux dernières publications des ouvrages clés des auteurs occidentaux [Scott, 2000 : 142-171 ; Moor, 2000 : 115-141 ; Mat’e, 2000 : 4-20] et aux recherches des collègues des pays limitrophes (Pologne, Russie, Biélorussie), les Ukrainiens ont eu la possibilité de faire plus ample connaissance avec la méthodologie de l’approche du « genre » et des stratégies féministes dans les études historiques et ethnologiques. Une nouvelle génération de chercheurs a commencé à se former, savants qui maîtrisent parfaitement les méthodes scientifiques contemporaines, qui ont une approche critique et aspirent à moderniser le champ académique en Ukraine.

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Par exemple, dans son ouvrage, Natalia Startchenko, pratiquement la première dans l’histoire sociale de l’Ukraine, a choisi le problème du statut des veuves dans le milieu aristocratique [Startchenko, 2001 : 20-42]. L’analyse des testaments et des dossiers judiciaires (procès) lui a permis d’arriver à cette conclusion importante : une veuve, propriétaire de biens considérables (meubles et immeubles), acquérait une liberté d’action importante et un droit d’initiative lors du choix de son nouvel époux ; après son remariage, elle avait un statut assez important dans la vie personnelle et économique, ce qui signifiait une certaine égalisation dans l’asymétrie des droits des époux. La recherche d’Andreï Zayarnyouk sur le rôle des femmes dans la vie familiale du clergé catholique grec à la fin du xixe siècle représente également un grand intérêt [Zayarnyouk, 2002 : 372-387]. Il s’avère que les épouses des prêtres jouaient un rôle très important, non seulement au sein de leur famille, mais aussi dans l’unité (solidarizatsiya) du clergé comme groupe social à part.

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Il est nécessaire de mentionner l’article de Maria Maertchik : « L’aspect du “genre” dans les modèles archaïques de la culture » (« Gendernyï aspekt arkhaitcheskikh obraztsov koul’toury ») [Maïertchyk, 2001 : 139-161]. L’auteur y a effectué une analyse du « genre » des rites du cycle familial, en la comparant avec les études des images paléolithiques. Sa conclusion : l’asymétrie du « genre » dans le rituel (la prédominance féminine en tant que sujets, mais aussi objets des actes rituels) et la position dominante de la symbolique féminine dans la conscience archaïque ne sont qu’une conséquence du fait qu’à l’époque préhistorique, toute la sphère du sacré faisait exclusivement partie intégrante de la compétence des femmes. L’auteur pense qu’il y a toutes les raisons de supposer l’absence du principe binaire dans la mentalité archaïque. Ce travail de recherche est important pour nous, parce qu’il s’agit de la première application de l’approche du « genre » dans l’étude des rites en Ukraine.

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Ces dernières années, les chercheurs ont abordé certains rôles sociaux de la femme dans la famille et dans la communauté paysanne, des problèmes de la socialisation du « genre », des particularités des relations conjugales (fin du xixe-début du xxe siècle) [Kis, 1998 : 684-692 ; 1999 : 49-55 ; 2000 : 109-119 ; 2002 : 183-201]. La première étude historico-ethnologique sur la problématique masculine a été également publiée, l’objet de l’analyse étant la culture masculine dans le village ukrainien [Balouchok, 1998].

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Il faut bien dire que la prise en compte des études étrangères du « genre » souffre de l’inaccessibilité de la plupart des publications pour les chercheurs ukrainiens. Cette lacune est parfois comblée par la publication de recueils thématiques et de numéros spéciaux des revues sur la « culturologie » [10][10] Genderni studii [Les études du « gender »] no 17, « Nezavisimyï... qui proposent, à côté des traductions, des articles de chercheurs ukrainiens. Un progrès important dans le domaine des sciences historiques est attendu après l’apparition de l’anthologie : Histoire. Culture. Société : l’approche du « genre » (« Istoria. Koul’toura. Sotsioum : gendernyï podkhod »), en cours de publication sous la direction d’Oxana Kis et Liliana Gentoch à Lvov. Le manque de manuels et de matériel didactique [11][11] Excepté le manuel, publié récemment : [Malantchouk-Ribak... est en partie compensé par les publications électroniques concernant la thématique du « genre » sur les sites Internet ukrainiens « Vydnokola » [12][12] www.vidnokola.kiev.ua et « Gender-Bibo » [13][13] www.bibo.gender.org.ua.

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Les études actuelles sur les formes et les mécanismes de la différenciation sociale des sexes représentent un domaine interdisciplinaire des recherches. On ne peut définir clairement l’étude ethnologique des sexes et du genre comme une sous-discipline de l’ethnologie qu’à condition de reconnaître l’interdisciplinarité de la science ethnologique. Une telle approche, utilisant les moyens scientifiques de diverses sciences humaines (avant tout, la sociologie, l’histoire orale, la psychologie sociale, la linguistique, la philosophie, la critique d’art), permet de voir le « genre » dans toutes ses manifestations. L’utilisation dans les recherches historiques et ethnologiques des sources classiques et non traditionnelles, l’étude comparative des données statistiques et de l’expérience personnelle des individus, permettent d’établir différents niveaux de fonctionnement du « genre », notamment : les niveaux individuel, institutionnel et social. Joan Scott a déjà attiré l’attention sur ce point [Scott, 2000 : 157]. D’autre part, dans l’approche du « genre » de l’ethnologie historique, c’est cette optique scientifique qui permet de voir, non seulement dans le cadre d’une seule civilisation ses paramètres masculins et féminins, mais aussi d’établir les mécanismes latents du pouvoir et de la soumission.

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Actuellement, les recherches sur la femme et le « genre » en Ukraine se développent et surmontent les difficultés liées à l’institutionnalisation dans la science académique et l’école supérieure. Cette tradition scientifique, artificiellement interrompue pour un long moment ; les idées du féminisme, déformées par l’idéologie communiste, et discréditées par la pratique soviétique ; la faible circulation des informations et la pression idéologique sont les causes principales de la stagnation durable dans ce domaine. En surmontant maintenant ces handicaps, l’ethnologie ukrainienne est prête à répondre au défi du temps, en découvrant les nouveaux sujets et en réexaminant les anciens. ?

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Traduction de Svetlana Trouvé

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revue et corrigée par Anne Coldefy-Faucart,

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avec les remerciements les plus vifs de la traductrice.


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Notes

[1]

(NdT) : « Gender » (de l’anglais gender) : terme officiellement reconnu et utilisé dans les études historico-ethnographiques et littéraires actuelles, qui mettent en relief les formes et les mécanismes de la différenciation sociale des sexes.

[2]

Cf. Bibliographie [Troudy…].

[3]

Sur l’analyse de la position de la femme dans l’héritage scientifique de Grouchevskiï, voir : [Ribak, 1994].

[4]

L’un des premiers qui utilisèrent cette image fut Vasiliï Rouban, qui avait appelé sa nouvelle sur l’authenticité du matriarcat en Ukraine : Beregynya. Le même titre fut donné par Vasiliï Skourativskiï à son recueil de récits sur les traditions ukrainiennes [Kiev, 1987], l’auteur fonda plus tard une revue de vulgarisation scientifique folklorique et ethnographique portant le même nom.

[5]

À vrai dire, nombreux sont les ethnologues qui n’acceptent pas le mot « beregynya », qui désignait chez les Slaves païens les esprits féminins des fleuves qui habitaient sur les berges (bereg). Cependant, la nouvelle signification de ce mot (la maternité qui se sacrifie, veille sur la maison, a un rôle exceptionnel dans la reproduction de la nation) ne suscite aucune objection de leur part.

[6]

Par exemple, en analysant l’influence de l’ethnopédagogie familiale sur la formation des caractéristiques ethnopsychologiques dans son article : « La famille et l’âme du peuple » (« Sem’ya i doucha naroda »), l’ethnopsychologue de la diaspora ukrainienne Bogdan Tsimbalistyï arrive à la conclusion que le rôle de l’image maternelle dans la structure de la mentalité ukrainienne est primordial. Voir : [Tsimbalistiï, 1992].

[7]

Les travaux de S. Pavlytchko sur les investigations féministes furent longtemps dispersés dans différents ouvrages, ils furent aussi publiés à plusieurs reprises par des éditions occidentales. Voir bibliographie. Le recueil de presque tous ses travaux sur le féminisme ne fut publié que l’année dernière. Cf. : [Pavlytchko, 2002].

[8]

Cf. : [Nezavisilyï koul’tourologotcheskiï journal « I », no 17 : « Genderni stoudii » [Revue indépendante culturelle « I », no 17 : « Études sur le genre »], Lviv [Lvov], 2000 ; K. Stilos, 2001, Filosofsko-antropologitchni studii’2001 [Les études philosophiques et anthropologiques] : Spetsvipousk [Numéro spécial] ; Gender i koul’toura [Le genre et la culture] [sous la dir. de] Red. V. Ageeva, S. Oksamitna, Kiev, 2001 ; Jinka v naoutsi ta osviti : minoule, soutchasnist’, maïboutne, Materiali Mijnarodnoï konferentsii [Les résultats de la conférence internationale], Kiev, 1999 ; Genderniï analiz oukrainskogo souspil’stva [L’analyse de la société ukrainienne (sous l’aspect du genre)], Kiev, 1999 ; N. Khamitov, 1997, Predely moujskogo i jenskogo : kours lektsiï po filosofii [Les limites du féminin et du masculin : cours de philosophie], Kiev.

[9]

Il est curieux, mais toutes les spécialistes de la problématique du « genre » et de la femme dans le domaine historique et ethnologique sont liées, d’une façon ou d’une autre, avec la ville de Lvov ; on peut citer L. Smolyar, O. Malantchouk-Ribak, O. Kis sont nées à Lvov, M. Maïertchyk et N. Startchenko y ont fait leurs études.

[10]

Genderni studii [Les études du « gender »] no 17, « Nezavisimyï koul’tourologitcheskiï journal » [Revue indépendante culturelle], Lviv [Lvov], 2000 ; Feminnist’ i maskoulinnist [Le féminin et le masculin], no 27, Lviv [Lvov], 2003 ; Gendernye issledovaniya [Les études sur le genre], no 1, 1998 ; no 2, 1999 ; no 3, 1999 ; no 4, 2000 ; no 5, 2000 ; no 6, 2001 ; [I. Jerebkinoï, 1998], Gendernye issledovaniya : feministskaya metodologiya v sotsial’nykh naoukakh [Les études sur le genre : méthodologie féminine dans les sciences sociales], Khar’kov.

[11]

Excepté le manuel, publié récemment : [Malantchouk-Ribak O., 2002].

Résumé

Français

À partir de la deuxième moitié du xixe siècle, apparaissent les premiers ouvrages ukrainiens consacrés au statut de la femme dans la famille et dans la société. Cet article tente la synthèse des principales tendances de la recherche dans ce domaine : essor du mouvement féministe dès le début du xxe siècle, évolution et difficultés des études sur le « genre » à l’époque soviétique ; enfin la problématique féministe dans l’ethnologie en Ukraine post-soviétique.

Mots-clés

  • Ukraine
  • féminisme
  • études sur le genre

English

Early Ukrainian works on the women’s status within the family and society appear in the second half of the 19th century. This article tries to summarize the main research trends in this field : the development of the feminist movement as early as the 20th century, the evolution and difficulties of « gender » studies in the sovietic period and lastly the feminist problematics in Ukrainian postsovietic ethnology.

Keywords

  • Ukraine
  • feminism
  • studies of gender

Deutsch

Die ersten ukrainischen Werke über den Status der Frau innerhalb der Familie und der Gesellschaft erscheinen in der zweiten Hälfte des 19. Jahrhunderts. Dieser Artikel versucht, die Haupttendenzen der Forschung auf diesem Gebiet zusammenzufassen : den Aufschwung der Frauenbewegung schon vom Anfang des 20. Jahrhunderts an, die Entwicklung und Schwierigkeiten der « Geschlechtsstudien » in der sowjetischen Zeit und endlich die feministische Problematik in der ukrainischen postsowjetischen Ethnologie.

Stichwörter

  • Ukraine
  • Frauenbewegung
  • Geschlechtsstudien

Plan de l'article

  1. La position de la femme en Ukraine : le début des recherches
  2. La recherche ethnographique sur les femmes pendant la période soviétique
  3. La problématique féminine dans l’ethnologie en Ukraine post-soviétique
  4. Les problèmes et les perspectives des recherches du « genre » de la culture ukrainienne

Pour citer cet article

Kis Oxana, « L'approche du " genre " dans les recherches historiques et ethnologiques », Ethnologie française, 2/2004 (Vol. 34), p. 291-302.

URL : http://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2004-2-page-291.htm
DOI : 10.3917/ethn.042.0291


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