DOI : 10.3917/ethn.093.0495.
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| Vivre et construire la mort des animaux par Bérénice Gaillemin |
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S'inscrire Alertes e-mail - Ethnologie française Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezVivre et construire la mort des animaux
Le cimetière d’AsnièresAuteurBérénice Gaillemin du même auteur
Université Paris Ouest-Nanterre-La-Défense,Maison de l’Archéologie et de l’Ethnologie
Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative
21, allée de l’Université
92023 Nanterre cedex berenice.gaillemin@laposte.net
Résumé
Le cimetière animalier d’Asnières est le plus ancien de France. Construit à la fin du xixe siècle pour des raisons pratiques, il témoignait déjà d’un changement de comportement du maître envers l’animal domestique. Nous décrivons ici en quoi cette nécropole, comparable sur quelques points aux cimetières pour humains, est un lieu original dans lequel se développe une grande liberté d’expression. À travers une analyse systématique du décor des tombes récentes et grâce à plusieurs entretiens livrés en 2000 puis en 2005, nous observons dans ce jardin de mausolées, au-delà de l’anthropomorphisme dont on accuse en général les maîtres excessifs, une exubérance décorative accompagnée d’une forte propension à la conversation. La construction d’un art funéraire original serait le témoin d’une liberté qui pourrait fleurir hors des conventions et se déployer autour de l’image d’un alter ego de l’homme, d’un animal hors catégorie, ou bien d’un être jugé à part, grâce auquel s’est formée à Asnières une véritable communauté de croyants.
Mots-clés
cimetière, animal, mort, anthropomorphisme, religion
Experiencing and organising the animals’ deathExperiencing and organising the animals’ deathThe pet cemetery of Asnières is the oldest in France. Built in the 19th century for practical reasons, it already witnessed a change of behaviour of the masters toward their pets. To some extent we can compare it to a normal cemetery. In that perspective, we will try to demonstrate how, in this original necropolis, a complete freedom of speech unfolds. Through our systematic analysis of the recent tomb decorations, and thanks to several interviews led in 2000 and 2005, we could observe, in this mausoleum garden, a great deal of decorative exuberance and a great faculty of communication that goes beyond the stereotypical anthropomorphism of many excessive pet owners. The creation of a funerary art could be the reflection of a developing freedom, careless of norms, spreading from the image of man’s alter ego, an exceptional pet, or a special being, thanks to whom a real community of believers was created in Asnières.Keywords
cemetery, pet, death, anthropomorphism, religion
Schlagwörter
Friedhof, Tier, Tod, Anthropomorphismus, Religion
PLAN DE L'ARTICLE
- Un important lieu de visite
- Le « pastiche » des nécropoles humaines
- Des tombes de petits hommes
- La question de l’âme animale
- Lieu d’une liberté expressive atypique
- Développement d’un art funéraire exemplaire
- Conversations avec et autour de l’au-delà
- La construction d’un Autre : ni animal ni homme



