Etudes
S.E.R.

I.S.B.N.sans
140 pages

p. 655 à 668
doi: en cours

Veille sur la revue
Vous consultez

Figures Libres

Tome 400 2004/5

Les droits de l’homme en Chine

Susan Perry [*]
La politique officielle des droits de l’homme constitue l’une des différences les plus importantes entre la Chine et l’Europe. Alors qu’en Europe l’engagement pour les droits de l’homme est à la base de la construction de valeurs communes sous la bannière de l’Union, en Chine il est vu au mieux comme un luxe, au pire comme une invention occidentale destinée à déstabiliser le pays. Pourtant, cette vision est en train de changer. Les universitaires et les membres des professions libérales font preuve d’un attachement grandissant au concept de droit universel et cherchent comment appliquer ces normes, tout en évitant de mettre en danger leur carrière ou leur sécurité.
Ces « nouveaux dissidents » ont cependant peu en commun avec les activistes chinois qui, tout au long des cinquante dernières années du communisme, ont vécu de longues périodes de rééducation par le travail, de condamnation à la prison à vie ou à la peine capitale pour avoir exprimé des opinions perçues comme une menace directe pour le système du Parti unique. Ils sont souvent membres du Parti communiste et détiennent des positions éminentes au sein du gouvernement ou dans le secteur privé. Pour s’attaquer à l’Etat, ils utilisent la constitution et la loi. Comme ils appartiennent à l’élite, ils bénéficient souvent de protections via des réseaux familiaux ou universitaires.
Le Parti communiste a clairement fait savoir qu’il entendait s’appuyer sur la loi pour gouverner (yi fa zhi guo). Les féministes furent les premières à mettre le gouvernement au défi de respecter ce principe, insistant pour qu’il applique l’esprit égalitaire de la constitution et se conforme à la loi antidiscriminatoire promulguée en 1992. Des dizaines de procédures juridiques accusant l’Etat de parti pris sexiste lors de l’embauche ou du licenciement ont été lancées devant les tribunaux par la Fédération panchinoise des femmes. Cette organisation de masse, après avoir été étroitement liée au Parti communiste, est devenue une sorte d’électron libre composé de fonctionnaires, d’activistes et de membres de base d’organisations non gouvernementales. Cette tendance s’est accentuée avec le récent défi lancé à l’Etat en ce qui concerne l’exécution des « éléments criminels dangereux » ou des « ennemis de l’Etat ». Des juristes et des avocats ont mis en place une coalition informelle d’experts questionnant la capacité de l’Etat à établir des faits précis et à n’appliquer la peine capitale que dans les cas extrêmes. Au cours des deux dernières années, leur travail s’est transformé en un mouvement abolitionniste solide, le premier d’une telle ampleur dans l’histoire du pays. Ces juristes ont non seulement signé des pétitions et publié leurs opinions, mais aussi accueilli favorablement l’expérience de l’Union européenne dans le domaine de l’abolition. Ils se sont engagés dans des discussions approfondies avec leurs homologues occidentaux sur le sujet de la peine capitale.
Dans la Chine traditionnelle, la loi était strictement codifiée et interprétée par l’Etat sans l’intervention d’un système judiciaire indépendant. La peine capitale, cependant, était toujours revue par les supérieurs du magistrat local, et l’empereur lui-même se devait d’approuver la décision finale. Le droit criminel durant l’ère maoïste s’est trouvé soumis au contexte politique de l’époque. Les punitions étaient influencées par le statut social du prévenu, son attitude vis-à-vis du délit et aussi par la ligne politique dominante. A la fin des années cinquante et durant la Révolution culturelle, des campagnes de masse et des procès sommaires ont condamné à mort des centaines de milliers d’individus. Avec la politique de la porte ouverte sous Deng Xiaoping, la procédure du droit criminel fut enfin codifiée. L’un des buts des législateurs était de mettre fin aux punitions arbitraires et aux abus généralisés qui avaient marqué les soulèvements politiques des trente années précédentes. Cependant, la nature politique de nombreux délits demeurait, et le code prévoyait que les contre-révolutionnaires pouvaient être condamnés à mort quand « le tort causé à l’Etat ou au peuple était particulièrement grave et les circonstances particulièrement odieuses ».
Selon le code de procédure criminelle en cours, révisé en 1996, soixante-huit crimes sont présentement soumis à la peine de mort, incluant le nouveau concept de « crime économique ». Durant l’élaboration de son amendement, de nombreux juristes éminents ont débattu pour une réduction du nombre de crimes capitaux, en particulier afin d’abolir la peine de mort pour les offenses non violentes. En fin de compte, la nouvelle législation n’augmente ni ne réduit le nombre de crimes capitaux, mais définit différemment certaines offenses. Les crimes contre-révolutionnaires sont définis dorénavant comme fautes graves mettant en danger la sécurité nationale ou l’ordre public ; par exemple, « vendre des secrets étatiques » ou « promouvoir la division » (une référence évidente à l’activité politique concernant Taiwan). Le crime de vol a été ôté de la liste, car les experts réalisèrent que plus de la moitié de ceux qui furent exécutés pendant les années quatre-vingt-dix l’avaient été pour cette raison. Pourtant, ces ajustements récents n’ont en rien réduit l’impact de la pratique. On estime qu’environ 15 000 citoyens chinois sont exécutés chaque année, souvent après un procès bâclé et une procédure d’appel sommaire. Ce qui gène le plus les experts juridiques chinois n’est pas le nombre de condamnations, mais le mauvais fonctionnement de la justice. Pour que la Chine puisse gagner sa place de membre respecté de la communauté internationale, elle doit avoir un système judiciaire indépendant, fonctionnant efficacement ; ce n’est pas le cas à l’heure actuelle.
C’est le service de la Sécurité publique qui est en charge de l’arrestation, de la détention et de la première des trois interrogations d’un suspect. Le Procureur public a la responsabilité d’approuver l’arrestation et de préparer le dossier des poursuites judiciaires, suite à une seconde enquête. Les Tribunaux du peuple procèdent à une troisième enquête, ainsi qu’au jugement des affaires et aux condamnations. Bien que l’avocat de la défense ait le droit de rencontrer son client dans les quarante-huit heures suivant l’arrestation, ce délai est souvent mis en brèche par la police. Cet avocat n’est pas admis aux interrogatoires menés par la police ou le procureur, alors qu’un policier peut être présent durant toute rencontre entre l’avocat et son client dans le cas où l’infraction est considérée comme sérieuse par la police. Des avocats se sont vu soumis à des procédures criminelles sur la base de l’article 306 de la loi criminelle pour avoir prétendument encouragé leur client à changer leur déclaration faite sous pression, avant qu’eux-mêmes aient pu intervenir dans la procédure.
Un procès ordinaire en Chine est extrêmement court et peut être suivi par un seul appel. L’objectif des tribunaux est de s’assurer que les faits d’un dossier sont « clairs » et non pas de vérifier la culpabilité au delà d’un doute raisonnable. Selon les informations rassemblées chaque année dans l’annuaire juridique (China Law Yearbook), à peu près 99 % de tous les accusés conduits devant le tribunal de première instance sont jugés coupables. L’article 34 du Code pénal prévoit que tout individu risquant la peine de mort a accès à une aide judiciaire avant et au cours de son procès. Le Centre national d’aide juridique, l’un des points positifs du système judiciaire, soutient qu’il a pu apporter une aide dans environ 90 % de l’ensemble des procès en Chine et qu’il a répondu présent dans pratiquement tous les cas où cette aide était obligatoire. En ce qui concerne les archives juridiques, chaque dossier est entreposé au sein du tribunal du district ou de la province, et son accès est strictement limité ; de plus, il n’y a aucune publication officielle de la jurisprudence. En conséquence, il n’existe aucune base de données qui soit accessible au public et qui puisse aider les juristes et les législateurs à évaluer le besoin de réforme.
L’écrivain Liao Yiwu a publié une interview fictive extrêmement sinistre d’un condamné à mort en attente d’exécution (L’Empire des bas-fonds, traduit par Marie Holzman, 2001). La plupart des experts légaux n’ont pas lu cet ouvrage car il est interdit en Chine ; ils ont cependant accès régulièrement aux dossiers de leurs propres clients et entendent les histoires de leurs confrères avec lesquels ils partagent les informations sur l’inhumanité et le dysfonctionnement du système actuel. Presque tous les experts judiciaires qui prennent part à l’initiative sino-européenne pour « renforcer la défense des prisonniers encourant la peine de mort » espéraient initialement pouvoir réformer l’engrenage de la peine capitale. Presque tous ont dorénavant adopté l’abolition comme la seule solution viable à long terme. Bien qu’aucun ne veuille s’engager sur une date-butoir pour obtenir cette abolition, il y a un consensus général pour considérer qu’une période minimum d’une vingtaine d’années est nécessaire pour changer la mentalité des citoyens et de l’Etat. A ce rythme, il est possible que 300 000 citoyens supplémentaires soient exécutés avant que l’abolition ne soit entérinée. En conséquence, les pro-abolitionnistes doivent rapidement trouver des moyens de réduire l’usage de cette sanction.
Compte tenu du nombre et de l’étendue des crimes encourant la peine de mort, certains juristes chinois soutiennent que le Code de procédure criminelle ne respecte pas l’article 6-2 de la Convention internationale sur les droits civils et politiques, qui exige que la sanction ultime soit limitée aux crimes « les plus sérieux ». Comme la Chine, en octobre 1998, a exprimé son intention de signer cette convention, elle devra, le jour de cette signature, la respecter, ce qui est peut-être la stratégie la plus encourageante pour que le pays s’engage à réduire, puis finalement à abolir la peine capitale. Un autre espoir est l’inclusion de la référence aux droits de l’homme lors de la récente révision de la Constitution chinoise. Le respect de la Constitution, la législation et les traités que le gouvernement a signés s’avèrent être le meilleur moyen pour les juristes de mettre en avant un agenda sur la réforme des droits de l’homme. Vraisemblablement, cette stratégie devrait réussir. Au cours des vingt prochaines années, des innovations légales progressives auront un impact beaucoup plus puissant que des manifestations Place Tiananmen.

Glanes de Chine, fin 2003

Jean-Yves Calvez s.j.
La Chine change, nul ne l’ignore. Chacun sait que Shanghai s’est, en quelque six ans, donné « un double » avec Pudong et ses gratte-ciel flambant neufs, culminant pour l’instant à 450 mètres, mais attendant de s’élancer plus haut encore (le chantier est commencé) [1]. Son aéroport est d’une architecture spectaculaire ; on peut l’atteindre par le maglev, transport par suspension magnétique, à 450 km/heure. Commence, d’autre part, la construction d’un nouveau port, sur les îles en mer de Chine face à l’embouchure du Yangtze : ce port sera relié à la terre ferme par un pont de trente kilomètres… Il est impossible de décrire la nouveauté de la Shanghai du xxie siècle, peut-être la métropole la plus brillante du monde de demain. Bien sûr, ni Shanghai, ni Pékin, ni Shenzhen — pas plus que Hong-Kong — ne sont la Chine entière, mais le développement économique soutenu de ces dix dernières années a eu des effets considérables.
Au plan politique. – On sait, en même temps, que la Chine demeure l’un des pays les plus marqués par les exécutions capitales : on en lit la nouvelle tous les jours dans la presse. Il a beau s’agir de malversations énormes, on n’en est pas moins choqué. Dans le domaine politique, pourtant, une certaine évolution est en cours. La notion de « droits de l’homme » n’est plus récusée : elle est au contraire intégrée, y compris au niveau constitutionnel, même si la pratique laisse à désirer. Le mot « démocratie », en revanche, fait problème.
Pour les dirigeants, la grande affaire est l’inscription prochaine dans la constitution des « trois représentativités » nécessaires au Parti, selon Jiang Zemin. Qui doit être à l’avant-garde de ce pays ? Qui doit donner le ton ? « Les forces productives les plus avancées ; la culture la plus avancée ; les intérêts de l’écrasante majorité du peuple chinois. » Bien des gens, simples ou cultivés, font des gorges chaudes de ces grands mots. D’autres, qui ont une notion précise de ce qu’est une constitution, estiment qu’il n’est pas de son ressort de proclamer des principes de ce genre. Ce qui est à noter, c’est que les couches sociales mises en avant ne sont plus les « ouvriers et paysans », mais des favorisés, des gagneurs même. Est-ce le bourgeois qui l’emporte ? Ce serait plutôt le producteur, créateur, inventif et efficace, l’homme de science et de culture. Le « peuple » n’est pas oublié pour autant, mais il vient ensuite… Quelques-uns mesurent la distance prise avec le marxisme. Les termes de « classe sociale » et de « lutte des classes » ont disparu, selon un rapport de Tian Ying (du Bureau politique) ; on leur préfère celui de « couche sociale ». 20 % des entrepreneurs privés ont désormais la carte du Parti, le chiffre monte à 24,1 % à Hefei dans l’Anhui, près de Shanghai. Tel qualifie la république de « censitaire », au sens où l’on n’est citoyen qu’à condition d’avoir un bon magot.
Les idées. – Les idées, des idées, mènent-elles le monde chinois ? Des « idées-mères », quelque équivalent du contractualisme social (même peu rousseauiste) caractéristique de la pensée politique de nos pays, par exemple ? Or, la Chine n’est pas plus une « nation » que ne le sont les Etats-Unis. Tous deux constituent des réalités originales, fort éloignées du modèle-standard que connaît l’Européen, et le Français en particulier. A la question : Qu’est-ce que la Chine aurait le désir de proposer au monde (lors des Jeux olympiques de Pékin de 2008, par exemple) ?… l’intellectuel hésite à répondre, craignant généralement que les J.O. ne se limitent au commerce. Par contre, il ne semble pas croire à des Jeux olympiques « politiques », à la manière de ceux de Berlin à la veille de la Seconde Guerre mondiale, ni redouter une telle éventualité. Comme l’a dit Jean-Luc Domenach il y a quelques années, les Chinois n’ont jamais pensé à proposer quoi que ce soit, ni à offrir un message ; ils ont eu assez à faire, jusqu’ici, pour se libérer de toutes les sujétions qu’ils ont connues avec les Anglais, les Français, les Allemands, puis les Japonais. Pour l’instant, il faut surtout vivre : pour certains, « survivre » ; pour d’autres, gagner beaucoup d’argent.
Une vue traditionaliste. – De la part d’intellectuels (professeurs surtout), on peut entendre tout et son contraire, signe éminent de la liberté de pensée. Même si l’on sait être discret, on ne redoute plus de s’exprimer devant un étranger. C’est nouveau, et c’est beaucoup, même si l’ensemble donne une impression de confusion déconcertante.
Voici une vision du monde minoritaire (selon son porte-parole) parmi les intellectuels, mais majoritaire dans le peuple et appelé à progresser chez les intellectuels eux-mêmes quand aura été expurgé un certain libéralisme enthousiaste et naïf [2]. Ce point de vue peut paraître extravagant ; il mérite toutefois d’être entendu. Jusqu’à la Révolution de 1911 et Sun Yat-sen, la Chine traditionnelle n’est ni une nation, ni un Etat… Elle est seulement constituée de paysans individuels et libres, qui n’ont pas connu la féodalité à l’européenne, ni non plus de classes sociales, faute d’enrichissement durable (qui ne dépassait jamais deux ou trois générations) ; peu de commerce, mais seulement cette paysannerie autosuffisante peu « tentée » par le gain… Avec cela, un gouvernement léger, voire très léger, établi par le moyen d’« examens », de concours : 40 000 fonctionnaires au début du xxe siècle pour 400 millions d’habitants, me dit mon interlocuteur (je ne vérifierai pas ses chiffres) ; guère de conscience ethnique — fût-ce de l’ethnie han ; et une tendance plutôt « cosmopolite ».
Il n’y a pas de Chine, dit ce professeur, ni d’Empire à la romaine, ni d’Etat-nation. On était « le peuple sous les Mings », « sous les Qings », ou bien « peuple sous le Ciel ». Dans la seconde moitié du xixe siècle, les Japonais se sont adressés à l’Empereur de China. Les Chinois se sont sentis insultés par ce vocable. Il a donc fallu chercher un nom : l’on est convenu, juste avant le xxe siècle, de Zhong Guo, pays du milieu, pays « au » milieu… Comment une telle réalité n’aurait-elle pas été exposée aux conquérants ? 20 000 soldats occidentaux ont donc suffi au temps des Boxers. Et mon interlocuteur de poursuivre : le résultat est que la Chine, si longtemps envahie et pillée, en est encore à la défense et récupération de soi, après un intermède plus ou moins « fasciste » sous le Kouomintang, et un autre, « stalinien », sous Mao Zedong. Diversions. La Chine revient à son vieux système libre. Ce serait une illusion de croire à un capitalisme à l’américaine : 99 % au moins des entreprises ou firmes sont de petites affaires familiales (qui, du coup, se portent bien). Une sorte de « démocratie » à l’ancienne, mais que trahit le mot démocratie. Démocratie signifie lutte intestine de classes, de groupes opposés entre eux, de nations ; un système « conflictuel », typique de l’Occident. Le modèle que la Chine peut apporter au monde, c’est un extraordinaire mode de gouvernement, sans grand « pouvoir » et sans classes, modèle qu’elle n’a pas conçu pour elle-même mais pour tout homme ; système « confucéen », me dit encore mon interlocuteur, ou « platonicien » ; gouvernement fondé sur quelques vertus éthiques fondamentales, valant pour l’individu, la famille, la collectivité. Les Occidentaux (les Américains en particulier) nous « fatiguent » avec leur exigence de démocratie majoritaire, système de lutte, d’équilibre de puissance, de pouvoir qui n’a jamais conduit qu’à des dominations ! Mon interlocuteur est « minoritaire » ; il ne risque pas de gêner le gouvernement en place. Il n’écoute guère ; dans la conversation, il est sûr de lui.
L’appétit d’une certaine liberté. – N’est-il pas probable, cependant, que l’opinion publique débordera peu à peu une si belle théorie d’un Etat « de droit » hors démocratie ? Beaucoup expriment, en tout cas, un désir de liberté. On n’échappe pas à la question des droits de l’homme : « Je puis être arrêté n’importe quand, n’importe comment, mis en prison, mis en camp. » Sous-entendu : pour bien peu de chose, et sans garantie. Cela colore le problème de Taiwan. Un chauffeur de taxi qui veut savoir si je suis pour l’indépendance de l’île, estime, quant à lui, que ce sera « chose faite avant 2008 » — autrement dit : on n’arrête pas la liberté.
On demeure trop contraints, estime un professeur : « Mes élèves sont désemparés : ils posent des questions, y compris sur l’éthique familiale, sexuelle… J’évite de répondre, je n’en ai pas le droit. Je ne suis pas chargé de les aider à résoudre leurs questions de vie. J’enseigne ma discipline, c’est tout. Autrement, je déborderais aux yeux des autorités. » Par ailleurs, le but de la plupart des jeunes, c’est d’avoir une bonne profession et de gagner de l’argent. Sont-ils heureux ? « Sans doute pas », me répond ce témoin. A-t-on fréquemment ce genre d’échange en public ? Evidemment non. En privé, oui, à trois ou quatre.
Un autre explique qu’il a de l’estime pour le gouvernement, mais n’en tempête pas moins : « Il faudrait qu’on puisse débattre de tout cela » ; débattre librement. Il est disciple de Habermas, le Habermas de « l’espace public », de la « société civile » : un terme qu’on trouve d’ailleurs chez Marx, souligne-t-il. Il est un des rares à citer Marx, mais dans un sens libéral, nullement autoritaire-totalitaire.
Je reviens à la question de l’éventuel message de la Chine au monde. S’il y en a si peu, c’est que l’on est encore au stade (« négatif ») de l’effort pour se débarrasser des dominations et achever l’acquisition-accumulation de tout le bien technologique à tirer de l’Occident… En même temps, on veut toute l’autonomie possible, la sauvegarde de sa culture propre, être « laissé tranquille ». Faire du commerce, oui ; mais il ne s’agit pas tant d’échanger, de communiquer, que du « doux commerce » de Montesquieu — voire de Montaigne —, car on est bien entre soi. Voilà qui n’irait guère dans le sens « cosmopolite » évoqué tout à l’heure, mais plutôt dans celui d’une farouche autonomie, dans une pratique étendue du commerce des biens. Et cela ne repose guère sur une anthropologie personnaliste.
Les campagnes. – La « démocratie », dont tant doutent, arrive pourtant dans les villages, me dit-on encore, avec la mise en place des élections locales ; et elle ne devrait pas s’arrêter là. On ne sait pas comment, car on est très attentif à ne pas trop ouvrir la vanne aux « associations », ONG de quelque forme que ce soit, dont on ne sait où elles peuvent conduire. Certains partis n’en seraient-ils pas le prolongement [3] ?
Sur les villages, sur les « paysans », j’ai entendu les points de vue les plus opposés. Tout le monde sait que la misère paysanne demeure dans un contraste particulièrement évident avec l’opulence des grandes villes de la côte. En même temps, le président Hu Jintao a désormais montré de l’attention pour le Nord-Est (Mandchourie), qui se débat — à la manière des vieilles régions industrielles de la Russie — avec le problème de la reconversion des « industries lourdes », et pour l’Ouest, le Nord-Ouest surtout, qui est paysan. Tel ne croit pas qu’il y ait quoi que ce soit derrière ces bonnes ou belles paroles. A ma question : « Ne peut-on améliorer le sort des paysans en faisant monter les prix de leurs produits ? », il m’est répondu : « C’est impossible, les officiels sont aujourd’hui bien trop “libéraux” pour cela (libéraux, cette fois, au sens du libre marché, de l’absence de tout subventionnement des prix, sous l’influence de la pensée économique “unique” de l’heure [4] — on est Chicago boy jusqu’en Chine) ». Alors ? « Alors, il y aura une révolution… », me répond-il, le soulèvement de ces immenses masses paysannes, sans qu’on sache où cela peut mener. Déjà, la criminalité et l’insécurité augmentent. Les dirigeants ne savent pas où ils vont, ils ont peur, ils ferment les yeux, vont « dans le mur ».
D’autres interlocuteurs nient carrément l’éventualité d’une telle perspective. Les paysans ? Non, leur situation ne se détériore pas, elle s’améliorerait plutôt ; et l’absorption des paysans par les villes va bon train. Voyez-les sur les chantiers de construction : ils vivent et dorment sur le chantier même ; et voyez toutes ces aides-coiffeuses et serveuses de restaurant venues de la campagne, et qui dorment, elles, dans les recoins à l’étage au-dessus des magasins. Dans un deuxième temps, parfois quelques mois seulement, certains — surtout des femmes — ont mis de l’argent de côté (on se demande comment) ; ils ont acquis quelques notions d’informatique et créent une petite boutique ; les voici dans le circuit. Les migrants intérieurs, arrivés ainsi dans les grandes villes, seraient dans les 150 millions. Ce point de vue revient plusieurs fois dans les conversations : le problème paysan se résout, car « il n’y aura bientôt plus de paysans ». Une chose est certaine, c’est que, si en Europe on parle de « délocalisations » vers la Chine (on pense : vers les grandes villes de la Chine de l’Est), à Shanghai on en est à la délocalisation vers l’intérieur, hors de Shanghai, où le travail devient trop cher. Et il y a là, ajoute-t-on, une ressource pour longtemps.
Que penser de tels propos ? L’optimisme ne se justifie, en toute hypothèse, qu’à une condition : que l’économie, financière tout particulièrement, demeure prospère. Que viennent à chuter, même un peu, la production et sa croissance, et voici que les prêteurs battront le rappel de nombre de crédits imprudemment contractés (et imprudemment accordés). Ce sera bien autre chose que la crise « asiatique » de 1997.
Ces diverses opinions. – Si je reviens en arrière, je suis porté à trouver la pensée « conservatrice », la première évoquée, bien artificielle, idéologique en somme, construite à la manière de tant d’idéologies traditionalistes du xixe siècle européen. Quant à la pensée plus progressiste ou libérale, elle paraît à « courte vue » en ce qui concerne la liberté, peu politique et peu démocratique, et non pas parce qu’elle ne va pas jusqu’à l’idée de pluralisme des partis, mais parce qu’elle est encore « négative », guère soucieuse de « participation » véritable (il s’agit plutôt, encore une fois, d’être laissé en paix !).
A propos de cette dernière tendance, remarquons qu’on parle de l’inclusion constitutionnelle des « trois représentativités » sans guère faire valoir l’idée même de « représentation » et d’activation de la représentation (ou participation, précisément).
La tendance à demander des libertés, des débats, une société civile, est davantage présente, elle, à Shanghai, dans une atmosphère plus « délurée ». Pékin est toujours plus sévère, austère, formelle. Tel intellectuel shanghaien me dit, se moquant de ceux de Pékin : ils sont en général d’origine plutôt « paysanne » (du Nord paysan), d’expérience urbaine récente, portés, du coup, à un constructivisme intellectuel souvent artificiel… Comme les Prussiens de Berlin au xixe siècle… Voici donc encore deux mondes qui s’affrontent ou se confrontent, dans la réalité contemporaine de la Chine.
***
Conclure est hors de propos pour un simple voyageur, sauf à constater une égale difficulté, là-bas, pour les observateurs les plus chevronnés ; difficulté qu’ils confirment d’ailleurs eux-mêmes. L’heure est en tout cas passionnante, au milieu de tant de contrastes et de points de vue. Preuve supplémentaire de la vitalité qui anime ce pays (cette cinquième part de la population mondiale) depuis les Réformes de Deng Xiaoping. Il y a de quoi provoquer des secousses… mais aussi de quoi les « absorber ». C’est un sentiment d’optimisme modéré que je retiens [5].

Sur les pas de Teilhard

Henri Madelin s.j.
Le père Pierre Teilhard de Chardin, au cours de plusieurs séjours, de 1923 à 1945, a passé une quinzaine d’années de sa vie en Chine.
En octobre 2003, j’ai participé, avec une cinquantaine de Français, à un voyage dans ce pays organisé par l’Association des Amis de Teilhard de Chardin. Occasion de relire des pages nombreuses des œuvres scientifiques et spirituelles, de la correspondance aussi, de ce jésuite mystique et savant. Découverte des lieux parcourus, des sites visités et des fouilles entreprises. Ce paléontologue, envoyé en Chine avec un ordre officiel de mission signé du Muséum de Paris où il compte de nombreux amis, s’embarque à Marseille le 6 avril 1923 et arrive à Tianjin (Tien-Tsin) le 23. Il y rejoint le père Licent, l’un de ses confrères, pour poursuivre l’exploration géologique de la Chine du Nord-Est et mettre de l’ordre dans le Musée d’Histoire Naturelle qui y a été fondé en 1914 par le père Licent. Les vitrines, au contenu très riche, sont toujours là, rassemblant pierres et fossiles avec des étiquettes savantes rédigées en chinois et en latin. En 1997, la municipalité de Tianjin a « transféré » le musée dans un bâtiment ultra-moderne. Dans le hall de cette construction de béton et de verre, se trouve une immense paroi arrondie et envahie par la lumière du jour. Elle éclaire une longue fresque qui remémore les grandes étapes de l’histoire des sciences et de l’évolution de la vie. L’œil averti y repère facilement des représentations de Galilée, du père Ricci, du père Licent, sorte d’hommage de la Chine à ces précurseurs d’une vision du monde montrant l’humanité sortant de ses modestes origines. Au bas de cette fresque, on découvre même une représentation de Darwin tournée vers Teilhard : reconnaissance par la Chine communiste de la pluralité des manières de comprendre cette évolution « devenue consciente en l’homme », selon une formule chère au savant jésuite. Nous avons eu aussi l’occasion d’aller revoir dans le désert des Ordos les lieux où, en juillet 1923, Teilhard et Licent ont découvert pour la première fois en Chine un « établissement paléolithique » à Shuidongkou, qui se trouve à 60 kilomètres de Yinchuan. Se déplaçant à dos de mulet, les deux chercheurs, un mois plus tard, mettaient au jour des pierres taillées et de nombreux fossiles.
Pour mieux connaître les travaux scientifiques de Teilhard, un colloque de bon niveau scientifique avait été organisé à Pékin au début de notre voyage. Il nous a permis d’entendre des Chinois de terrain et de haut rang académique louer le travail du savant jésuite. Ce dernier a réalisé une sorte de « pont », disent-ils, entre la culture occidentale et la culture orientale. Il a su former des collaborateurs chinois, à la différence d’autres savants étrangers trop dépendants d’organismes autonomes liés à leur pays d’origine.
M. Liu Dongsheng, de l’Académie des Sciences de Chine, a attiré notre attention sur un aspect trop méconnu de la présence de Teilhard en Chine : « Lorsque le père Teilhard travaillait en Chine, a-t-il dit, surtout avant la Seconde Guerre mondiale, les scientifiques chinois ne le connaissaient que comme paléontologiste et géologue, et en savaient fort peu sur sa pensée philosophique, parce qu’il obéissait strictement aux instructions de l’Eglise de ne rien faire d’autre que de la science et que la plupart de ses ouvrages philosophiques furent publiés plus tard en Occident. En revanche, comme la plupart des ouvrages scientifiques du père Teilhard étaient sur la Chine et publiés en Chine, ses exploits scientifiques sont moins connus en Occident que sa pensée philosophique. »
De même Jean Lefeuvre, jésuite résidant à Taipeh, a souligné que le père Teilhard « ne s’est pas intéressé à la vision chinoise du Yin-Yang ». Tout est bouleversé actuellement en Chine : démographie, économie, religion, urbanisme. La science n’échappe pas à ces remises en cause. On saisit mieux que tout ne peut s’expliquer par la philosophie chinoise classique, comme l’avait pronostiqué Teilhard en son temps.
Teilhard de Chardin, souligne encore le père Lefeuvre, est fondamentalement un paléontologue, non pas un paléontologue en chambre, mais un chercheur passionné qui a dirigé des fouilles nombreuses sur le terrain… Les ossements qu’il a arrachés à la terre avec ses jeunes disciples chinois, de plus en plus séduits, lui ont imposé une constatation inéluctable : la biosphère s’auto-organise dans une complexité croissante. Il en est arrivé à reconnaître trois évidences fondamentales au sujet des progrès de cette complexité : « Un plus grand nombre d’éléments différents, une organisation plus complexe de ces éléments et une unité fondamentale plus étroite sont la marque d’un progrès plus poussé. »
Madame Wang Haiyan, docteur ès-Lettres de l’Université de Nanterre avec une thèse sur Le Milieu divin, a présenté, de son côté, la conception de l’union chez Teilhard en la comparant à celle de l’harmonie et de l’unité dans la pensée chinoise.
***
A lire la correspondance de Teilhard à cette époque, on s’aperçoit qu’après un temps d’intense activité scientifique de terrain, le mystique semble de plus en plus intéressé par une logique de la vie spirituelle telle qu’il la conçoit, et par une réflexion philosophique sur l’évolution de la vie qui donnera l’essentiel du Phénomène humain.
Au fil des ans, dans ses lettres envoyées en Occident, il se voit comme une sorte d’annonciateur des temps à venir : « […] plus les années passent, plus je commence à croire que ma fonction aura simplement été d’être, à l’image bien réduite du Baptiste, celui qui annonçait et appelait ce qui devait venir. Ou encore je soupçonne que ce qui m’est demandé est simplement d’aider une âme nouvelle à naître dans ce qui est déjà. […] Quand j’en viens à l’examen objectif des faits et de ma capacité, je finis toujours par conclure que ce qui m’est demandé c’est, en suivant ma ligne individuelle, de tâcher d’être “jésuite” plus à fond. Si le grand Christ est bien ce que nous croyons, et s’il désire vraiment se servir de moi pour le prêcher, c’est dans cette fidélité qu’il viendra me chercher. »
Relisant ces lettres et écoutant les scientifiques chinois rassemblés à ce colloque, on voit mieux que Teilhard est une sorte de nouveau Ricci pour les temps modernes. Il n’a pas toujours saisi la Chine profonde et ses chances futures. Mais il a remis en cause des visées ancestrales et ouvert la voie à de nouvelles conceptions que les Chinois ratifient aujourd’hui, au milieu des bouleversements de la période actuelle. C’est pourquoi un grand moment du voyage a été la visite à la stèle du père Ricci, bien entretenue, au milieu de 63 autres tombes de jésuites des xviie et xviiie siècles. L’empereur des Ming rend hommage à ces savants, venus de l’étranger et « amis » de la Chine. Les tombes se trouvent dans le jardin d’une ancienne résidence des jésuites, devenue aujourd’hui un centre de formation : pour éviter les dégradations des gardes rouges ? Pour un bon entretien ? Pour sélectionner les visiteurs ?
***
« Puisque, une fois encore Seigneur, non plus dans les forêts de l’Aisne, mais dans les steppes d’Asie, je n’ai plus, ni pain, ni vin, ni autel, je m’élèverai par-dessus les symboles jusqu’à la pure majesté du Réel, et je vous offrirai, moi votre prêtre, sur l’autel de la Terre entière, le travail et la peine du monde. »
Ainsi commence La Messe sur le monde, cet hymne cosmique du père Teilhard ébauché durant la Grande guerre à proximité du Chemin des Dames : immense douleur alentour, terre abreuvée du sang de deux peuples qui se déchirent, offrande d’un prêtre qui intercède auprès du Seigneur de toutes choses, sans pain ni vin. Sur l’autel de la terre, il présente le travail inlassable, la joie et la peine mêlées de tous les hommes.
Dans les années 1920, au cœur de la Chine qu’il parcourt à l’orient de notre Occident, le père Teilhard de Chardin se laisse à nouveau enivrer par l’Esprit. Remonte alors en son être profond cette prière sacerdotale du temps de la guerre. Il la chante désormais dans le désert des Ordos, immense plateau de lœss à perte de vue, coloré de ces jaunes d’or qui virent à l’orange, aux portes de la Mongolie intérieure. A l’extrême de ce désert, le soleil sort de sa tente pour courir sa carrière de chaque jour. Sur l’horizon que rien ne borne, il jaillit pour l’orant qui s’émerveille ; il « vient d’illuminer, là-bas, la frange extrême du premier Orient. Une fois de plus, sous la nappe mouvante de ses feux, la surface vivante de la Terre s’éveille, frémit et recommence son effrayant labeur ». Monde cosmique, lumière et chaleur éparses entre terre et ciel, étonnante agitation de ces vivants par excellence que sont les humains.
***
Au cœur de la Chine immense, approche d’un Dieu qui n’est pas celui des panthéons, puisqu’il s’est glissé dans les entrailles de la terre pour nous entraîner avec lui vers le point Oméga. Acte de foi dans l’invisible qui donne sens au visible, force d’un « plus grand » que soi recueillant le calice de toutes nos amertumes. Et voici la promesse, immense elle aussi, élaborée en terre de Chine : « Celui qui aura aimé passionnément Jésus caché dans les forces qui font mourir la terre, la terre en défaillant le serrera dans ses bras géants, et avec elle, il se réveillera dans le sein de Dieu. »
 
NOTES
 
[*]Université américaine de Paris.
[1]Pudong est l’Est du fleuve Huangpu. Puxi, l’Ouest, constituait jusque-là toute la ville. Il y avait Puxi, puis le fleuve, avec au bord le Bund, bornant la ville et, de l’autre côté, des entrepôts et Pudong, vaste campagne. Il y a désormais quatre beaux ponts entre les deux parties de la ville. Puxi ne se développe pas moins que Pudong, en particulier le quartier qui fut celui des jésuites sous le nom de Zikawei (Xujiahui dans la translittération d’aujourd’hui) ; on parle de Caoxi comme d’un nouveau quartier des affaires, comme, à Pudong, Lujiahui.
[2]Avec imitation enthousiaste aussi, mais combien superficielle, des Etats-Unis.
[3]Comme elles furent jadis le ver dans le fruit en Hongrie, en 1988.
[4]Le même, il est vrai, répond à une autre question : « On dit que les produits alimentaires d’origine chinoise n’arriveront pas à concurrencer ceux d’origine américaine (comme aujourd’hui, au Chiapas au Mexique, la concurrence du maïs américain déplace le maïs indien). » « Le gouvernement chinois ne laissera jamais faire cela, il n’hésitera pas à rétablir des protections. »
[5]Je n’ai point retenu ici de notations sur les aspects religieux. Il est pourtant des nouveautés aussi à cet égard, non pas tant dans la situation du catholicisme, « visible » d’un côté, « caché » de l’autre, qui n’évolue guère, pour l’instant, au plan juridique, mais dans celle du protestantisme (« évangélique » souvent) qui se développe beaucoup, mais qui est « agressif », m’a dit un officiel : celui-ci me donnait l’impression, pour une fois, qu’on pourrait finalement se faire moins de souci du catholicisme que du protestantisme… Peut-être, en effet. Il faut surtout signaler la reprise religieuse en général, particulièrement bouddhiste, avec ses pèlerinages très dévôts, par exemple. Très intéressant aussi le fait que, dans telle université de Shanghai, il y a maintenant un Institut de la religion : un professeur que j’ai rencontré y enseigne « L’histoire de l’Eglise catholique » et « Les religions comparées ». A Qinghua, à Pékin, se constitue de même un Institut de l’Ethique et des Religions.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[*]
Université américaine de Paris. Suite de la note...
[1]
Pudong est l’Est du fleuve Huangpu. Puxi, l’Ouest, constitu...
[suite] Suite de la note...
[2]
Avec imitation enthousiaste aussi, mais combien superficiel...
[suite] Suite de la note...
[3]
Comme elles furent jadis le ver dans le fruit en Hongrie, e...
[suite] Suite de la note...
[4]
Le même, il est vrai, répond à une autre question : « On di...
[suite] Suite de la note...
[5]
Je n’ai point retenu ici de notations sur les aspects relig...
[suite] Suite de la note...