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Études

2006/3 (Tome 404)

  • Pages : 140
  • Éditeur : S.E.R.

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Trois pollutions majeures de cours d’eau en trois mois... La plus grave est survenue en novembre 2005, lorsque l’explosion d’une usine chimique priva d’eau pour cinq jours les quatre millions d’habitants de la ville de Harbin, au nord-est de la Chine. En décembre, un autre accident fermait pour une semaine les réserves accessibles à plusieurs dizaines de milliers d’habitants de la province du Guandgong. En janvier 2006, c’était au tour de la province du Hunan d’éprouver les effets d’une pollution chimique accidentelle. Pareils incidents sont révélateurs d’une crise structurelle : la ponction opérée sur l’environnement menace le modèle de développement chinois.

Une croissance à haut risque

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Les autorités chinoises n’en font pas mystère, et le constat dressé par les observateurs extérieurs est plus alarmant encore que ne l’est le discours officiel : la croissance chinoise est un processus à haut risque : eaux souterraines polluées dans 90 % des villes [1][1] Qiu Baoxing, vice-ministre de la Construction, parle..., alternance des inondations et des sécheresses (situation causée par la déforestation, et aujourd’hui en partie seulement stoppée), tensions sur les ressources énergétiques, exploitation des ressources minières dangereuse pour les régions concernées, dangers de pandémie… Selon les statistiques officielles, plus de 60 % des cours d’eau sont impropres à tout usage. Seize des vingt villes les plus polluées au monde sont chinoises. La Banque mondiale estime que la pollution atmosphérique est la cause de 300 000 décès par an. Les cancers du foie et de l’estomac sont souvent liés à la contamination des eaux dans les milieux ruraux affectés par la présence d’industries opérant en dehors de tout contrôle [2][2] Vue d’ensemble in Elizabeth C. Economy, The River Runs.... Une étude conjointe de la Banque mondiale et de deux banques régionales estimait en 2005 que les dommages causés par la pollution coûtaient chaque année à la Chine l’équivalent de 7,7 % de son Produit Intérieur Brut (PIB) [3][3] « Connecting Asia », rapport cité dans International....

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Bien entendu, l’utilisation excessive des ressources naturelles est aussi la résultante d’un déséquilibre structurel : si la Chine compte 22 % de la population mondiale, son territoire comprend seulement 7 % des terres émergées, 9 % des terres cultivées, 6 % des ressources mondiales en eau, 4 % du patrimoine forestier mondial. S’ajoute à ce problème celui de la répartition territoriale : 65 % des terres cultivées sont situées au nord du Fleuve Bleu, quand cette région ne dispose que de 20 % des réserves d’eau. Et l’espace utilisable se réduit drastiquement : de 1950 à 1990, l’accroissement annuel de la désertification est passé de 560 à 2 460 km2. Les sables couvrent désormais plus de 18 % du territoire du pays. L’érosion est une réalité omniprésente de la Chine rurale, même si les statistiques officielles indiquent des progrès récents en ce domaine. Le relatif coup d’arrêt donné à l’érosion est en partie la conséquence de l’interdiction des coupes de bois en zones sensibles. Effet contrebalancé à l’échelle mondiale par les massives importations de bois auxquelles la Chine se livre maintenant, au détriment des forêts asiatiques et océaniennes [4][4] Cf., par exemple, rapport de Greenpeace, « Partners.... La non-application des règles de sécurité et de protection environnementale dans le secteur industriel est un fait général, et provoque une interminable série des catastrophes humaines et naturelles. Les accidents à répétition intervenus dans les mines de charbon en sont une tragique illustration. Les besoins enregistrés vont à l’encontre des efforts déployés pour fermer les mines dangereuses : le charbon représente 67 % de la consommation énergétique chinoise et 76 % de sa production. Les réserves exploitables ont atteint 115 milliards de tonnes, et les réserves estimées sont supérieures à mille milliards de tonnes.

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La situation des forêts est particulièrement alarmante [5][5] Cf. 6e rapport national sur les ressources forestières,.... Les replantations n’ont pas pris en compte qualité et diversité du patrimoine forestier : 15 à 20 % des espèces animales et végétales sont considérées en péril, contre une moyenne mondiale située entre 10 et 15 %. Le territoire forestier affecté par diverses maladies était estimé à environ un million d’hectares en 1950 ; il est de 10 millions d’hectares en 2005 [6][6] 16,5 % du territoire chinois est couvert par des forêts.....

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Plus grave, peut-être, encore : une étude récente de l’Agence nationale pour la protection de l’environnement indiquait que les niveaux de pollution en Chine quadrupleraient dans les quinze prochaines années si la courbe de croissance de la consommation énergétique restait constante. La même étude notait que le niveau d’émission de dioxyde de sulfure était le plus élevé au monde, et que les pluies acides couvraient déjà 30 % du pays. Par ailleurs, les ventes de voitures individuelles ont augmenté en moyenne de 50 % durant les trois dernières années, et les ventes annuelles devraient passer de 4,4 millions de véhicules en 2003 à 13 millions en dix ans. La Chine est d’ores et déjà le second producteur mondial d’émissions de dioxyde d’azote [7][7] Entre 1996 et 2004, la concentration de ce polluant..., et la continuation des tendances observées réduirait irrémédiablement à néant les efforts accomplis contre l’effet de serre par le reste du monde.

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Par ailleurs, la tension induite par la croissance chinoise sur l’approvisionnement mondial en énergie est désormais un fait bien connu : 40 % du pétrole consommé est importé. Si la Chine consommait aujourd’hui autant de pétrole par tête d’habitant que le fait Taiwan, sa consommation serait d’ores et déjà de 49 millions de barils par jour, alors que la production mondiale actuelle est de 85 millions de barils/jour. Nul, du reste, ne saurait faire reproche à la Chine de la tension enregistrée sur le marché énergétique, et l’interrogation se doit d’être portée au travers d’un partenariat international responsable. La crise du modèle de développement n’est pas d’abord une crise du modèle chinois. La taille du pays ne fait qu’amplifier des contradictions déjà bien connues au niveau mondial…

Des tensions systémiques

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Pour le dire autrement, la crise écologique de la Chine renvoie à des causes multiples, certaines propres à ce pays (retard de développement rattrapé en brûlant les étapes, manque de transparence, corruption…), d’autres imputables au modèle de croissance qui s’est imposé partout. Cette crise produit aussi des effets sociaux – ou se conjugue avec des évolutions culturelles et sociales – qui la transforment en une véritable crise de système.

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Ce n’est pas l’économie chinoise qui est malade. Après la réévaluation récente du PIB (décembre 2005), la Chine est sans doute désormais la quatrième économie mondiale [8][8] Réévaluée de 16,8 %, la somme des richesses produites.... Les scénarios-catastrophe en vogue il y a cinq ans environ n’ont plus guère cours. Les risques bancaires liés aux prêts inconséquents consentis aux grandes entreprises d’Etat ont été assez largement jugulés – à condition que de nouveaux prêts de même nature ne soient pas rapidement recréés, ce qui reste une question ouverte [9][9] A partir de la fin de 2003, le gouvernement a racheté.... On a dit longtemps que le problème de fond tenait à la faible rentabilité de la croissance chinoise : l’investissement était régulièrement évalué à environ la moitié du PIB (proportion unique dans l’histoire), bonne part étant le résultat de commandes publiques d’infrastructures dont l’efficience est sujette à caution. De même, disait-on, la rentabilité des investissements privés est faible, la décision d’investir étant d’abord la résultante de la facilité d’accès aux prêts, situation elle-même provoquée par la captation des ressources financières par le système bancaire domestique. En fait, l’économie chinoise est sans doute plus « normale » qu’on ne le disait encore récemment : il est très probable que le faible pourcentage de la consommation comme la part très réduite des services dans la production intérieure étaient davantage le résultat d’une sous-évaluation statistique que l’expression de la réalité. La récente réévaluation du PIB chinois corrige assez largement l’impression antérieure. En d’autres termes, l’économie chinoise est affectée de déséquilibres réels, mais ces déséquilibres restent maîtrisables.

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Il n’en est pas moins indéniable que, même après correctif des informations statistiques disponibles, l’usage du capital et du travail reste caractérisé par sa faible rentabilité. Le fait est illustré par un chiffre assez simple : si la croissance du PIB était de 9 % en 2003, l’augmentation de la consommation d’acier la même année était de 28,6 %, et celle de pétrole brut de 13,6 %. Constat qui nous renvoie encore aux ponctions opérées sur les ressources naturelles.

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Si le danger n’est pas de nature proprement économique, en revanche le lien entre crise écologique et tensions sociales est de plus en plus évident. On connaît les fait saillants de la crise du système social : faillite du système de santé (financé à seulement 16 % par l’Etat) [10][10] Contre 44 % aux Etats-Unis et plus de 70 % dans la... ; écart toujours croissant des revenus citadins et ruraux ; inégalités scolaires criantes dues à la « privatisation de fait » de l’enseignement – une grande partie des familles paysannes ne pouvant payer l’école secondaire, ni parfois même primaire ; mécontentements dus aux expropriations forcées ; manifestations liées à la corruption, aux accidents dans les mines et dans les industries (74 000 mouvements sociaux en 2004 d’après les statistiques officielles, contre moins de 10 000 au milieu des années quatre-vingt dix). Par ailleurs, le croisement des indices par régions et par classes sociales révèle que les niveaux d’inégalité atteignent ceux enregistrés aux Philippines ou dans certains pays d’Amérique latine. Si la classe moyenne urbaine (150 millions de personnes environ) est la grande gagnante de la croissance de ces vingt dernières années [11][11] Revenu citadin moyen en 2004 : 940 euros par an (et..., les habitants des bourgs et des villages sont exaspérés, moins peut-être par l’écart croissant entre leur revenu moyen et celui des citadins que par l’arbitraire des décisions qui affectent leur vie. Que la montée des mécontentements soit désormais étroitement liée à l’usage de la terre (expropriations), au lien entre environnement et santé [12][12] Fréquemment, des usines très gravement polluantes,..., ou encore à une exigence accrue de transparence sur l’état réel du pays, voilà qui est révélateur du caractère systémique de la crise de croissance encourue.

Un tournant vers le développement durable ?

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Ne nous y trompons pas : les dirigeants chinois ont une conscience claire des dangers qui menacent l’économie et la société chinoises. Même si l’économie chinoise n’est plus régie depuis longtemps par une planification à la soviétique, les plans dont la Chine se dote gardent une valeur d’orientation. Nous sommes désormais entrés dans la période du 11e plan (2006-2010) [13][13] Les orientations du 11e plan ont été définitivement.... Les orientations arrêtées à cette occasion méritent qu’on leur prête une attention particulière : la Chine dit vouloir prendre le tournant du développement durable.

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En tout état de cause, les documents préparatoires au 11e plan offrent une vision assez cohérente de la stratégie déclarée : le gouvernement chinois entend d’abord maintenir un taux de croissance élevé entre 2006 et 2010 : il parle de 7 % par an environ. Mais ce sur quoi il concentre son attention, c’est la nature de la croissance à réaliser : le revenu des plus pauvres doit désormais croître plus vite que celui des plus riches ; c’est donc la consommation de base qui devrait tirer la croissance. Une part supplémentaire de la richesse nationale doit être consacrée à l’accès de tous aux services sociaux. Le recyclage industriel et le relèvement des normes de protection environnementale doivent recevoir une attention prioritaire. L’Agence nationale pour la protection de l’environnement estime à 156 milliards de dollars les investissements qui seront réalisés dans ce domaine par les divers échelons gouvernementaux entre 2006 et 2010. L’ensemble des politiques publiques doit concourir à la formation d’une « société harmonieuse », qui ait davantage souci des plus pauvres, des zones en retard et des générations futures.

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S’agit-il d’un simple discours de façade ? De fait, bien des objectifs annoncés vont totalement à l’encontre des réa-lités présentes ; et les réalisations passées peuvent inciter au scepticisme. Sur les 700 projets annoncés pour réduire la pollution des eaux entre 2001 et 2005, la moitié d’entre eux n’est pas encore entrée dans la phase d’exécution. D’un autre côté, le changement politique annoncé ne surgit pas d’un seul coup. Depuis au moins 2002, les dirigeants ont testé et affiné le vocabulaire dans lequel ils expriment le tournant qu’ils souhaitent prendre. Il va cependant de soi qu’un infléchissement de pareille ampleur exige beaucoup de temps et comporte de nombreux risques.

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Certaines mesures récentes, annoncées ou en cours de réalisation, donnent une idée plus précise des changements qui s’amorcent : doublement du seuil d’imposition fiscale, afin d’encourager la consommation des plus pauvres ; doublement programmé des budgets national et locaux consacrés à l’environnement ; loi en préparation sur l’approvisionnement énergétique : accélération annoncée de la fermeture des industries les plus polluantes (c’est là que le décalage entre le discours et les faits reste le plus criant, reflétant sans doute les différences d’intérêt entre gouvernements central et locaux) ; intérêt manifesté pour l’agriculture organique ; développement d’un « PIB vert » expérimental par les autorités centrales [14][14] Le PIB vert cherche à déduire les coûts liés à la consommation... ; vote d’une loi sur les énergies renouvelables en février 2005 ; sélection d’« éco-cités » et développement d’études de cas ou projets-pilotes avec de nombreux partenaires internationaux ou de grandes entreprises [15][15] Voir, par exemple, le « China-EU Sustainable Business... ; objectif de traiter 60 à 70 % des eaux urbaines polluées d’ici cinq ans (contre largement moins de la moitié aujourd’hui) ; annonce d’un programme destiné à rendre l’éducation primaire gratuite en zone rurale ; débat autour de la réforme du système de santé…

Les obstacles au changement

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Le niveau de développement présent de la Chine, remarquait Hu Jintao dans un séminaire des cadres du Parti [16][16] Agence Chine Nouvelle, 25 juin 2006., a déjà été atteint par plusieurs économies dans le monde, qui ont été ensuite incapables de gérer les problèmes sociaux liés au nouveau stade de développement et n’ont pu passer à l’étape ultérieure. D’où la nécessité vitale de construire une « société harmonieuse » pour résoudre les problèmes liés au stade présent de développement. Le concept de « société harmonieuse » prôné par le Parti-Etat demeure bien vague : il s’agit manifestement de conserver le rôle dirigeant du Parti, tout en assurant une transparence et une participation plus grandes à l’intérieur, ainsi qu’une communication plus effective entre la population et le groupe dirigeant [17][17] Cf. mon article « A quoi sert le Parti communiste chinois ? »,.... De même, le concept de « développement scientifique » répond avant tout au souci de sérier les étapes de la croissance et d’élaborer des décisions techniquement indiscutables. En d’autres termes, la « science » déployée dans la gestion du pays doit rendre presque inutile l’approfondissement démocratique, puisque les décisions élaborées ne sauraient être meilleures…

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La limite de la réponse apportée par le pouvoir chinois aux défis qu’il doit affronter est ici atteinte. Elle est trahie par l’extrême raideur toujours manifestée envers les médias, qui dénoncent les cas de corruption, de pollution non contrôlée ou de despotisme local. Démission forcée de directeurs de rédaction, procès intentés aux journalistes ou aux responsables éditoriaux, répression brutale des internautes trop audacieux, restent une réalité quotidienne. Alors même que le pouvoir encourage officiellement la dénonciation des abus, l’équilibre qu’il recherche entre stabilité politique et progrès social aboutit toujours à privilégier la première au détriment du second. Le lien entre gestion des ressources naturelles, transparence et bonne gouvernance est pourtant manifeste, partout dans le monde. Mais on est là au cœur des contradictions du système chinois.

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Pour autant, cela ne saurait conduire l’observateur à rejeter d’un revers de main les efforts déployés par la Chine pour changer son modèle de développement. La plupart de ces efforts sont réels et sincères. Du reste, si la Chine ne changeait pas le cours de sa croissance, elle deviendrait un monstre incontrôlable tant pour le bien-être de ses citoyens que pour la communauté internationale dans son ensemble. La Chine ne peut faire autrement que de rechercher de nouveaux équilibres entre les différentes classes de la population, entre cette population prise dans son ensemble et l’environnement naturel, entre sa puissance nouvelle et le reste du monde. L’Occident aurait tort de se gausser de ces efforts vers la définition d’une politique de développement durable – d’autant qu’il ne brille guère lui-même en la matière. Il nous faut plutôt sincèrement espérer, pour la Chine et pour le reste du monde, que les changements dans le discours amorcent de fait la mise en place progressive d’une nouvelle façon de concevoir et de gérer le développement de la Chine. La véritable question est de savoir si le tournant vers le développement durable peut s’effectuer sans améliorer en même temps la gouvernance du pays – ce qui exigerait pour le moins une transparence plus grande (comme, par exemple, liberté donnée aux médias d’enquêter sur les cas de corruption ou les causes réelles des catastrophes minières ou naturelles), des codes éthiques plus sévères appliqués d’abord à l’échelon des gouvernements locaux, et la fin de la collision entre cadres politiques et entrepreneurs. Jamais peut-être la protection de l’environnement et la réforme politique ne se sont révélées être des exigences à ce point liées.

Notes

[1]

Qiu Baoxing, vice-ministre de la Construction, parle d’un risque d’écroulement de l’écosystème des eaux urbaines, risque plus sévère qu’en aucun autre pays du monde. Le Quotidien du Peuple, 2 novembre 2005.

[2]

Vue d’ensemble in Elizabeth C. Economy, The River Runs Black : The Environmental Challenge to China’s Future, Cornell University Press, 2004.

[3]

« Connecting Asia », rapport cité dans International Herald Tribune, 8 janvier 2006. Entre autres indicateurs, le même rapport estime à 178 000 les morts prématurées causées chaque année par le système de chauffage au charbon dans les grandes villes.

[4]

Cf., par exemple, rapport de Greenpeace, « Partners in Crime », octobre 2005.

[5]

Cf. 6e rapport national sur les ressources forestières, janvier 2005. Repris dans le bimensuel Banyuetan, 15 octobre 2005. Cf. aussi Shen Xiaohui, « China’s forests : their quality and sustainable management », Chinese Cross Currents, 2005, 4, p. 100-129.

[6]

16,5 % du territoire chinois est couvert par des forêts. Le gouvernement espère porter ce pourcentage à 18,2 % en cinq ans.

[7]

Entre 1996 et 2004, la concentration de ce polluant dans la troosphère au-dessus des régions de l’Est de la Chine a crû de 50 %.

[8]

Réévaluée de 16,8 %, la somme des richesses produites est désormais estimée à 1 651 milliards d’euros.

[9]

A partir de la fin de 2003, le gouvernement a racheté une très grande part des mauvaises créances et encouragé l’investissement étranger dans les banques. Vers la fin de 2007, les opérateurs étrangers contrôleraient déjà un sixième du capital des banques chinoises. Cf. Jonathan Anderson, « The Great Chinese Bank Sale », Far Eastern Economic Review, septembre 2005, p. 7-12.

[10]

Contre 44 % aux Etats-Unis et plus de 70 % dans la plupart des autres pays industrialisés. La carence étatique se double d’une crise éthique due à une privatisation sans principes. Ainsi, 50 % des accouchements dans les hôpitaux se font par césarienne : comme il s’agit d’un acte chirurgical, la rémunération du praticien est bien plus importante que lorsque l’accouchement se déroule de façon naturelle. International Herald Tribune, édition de Hong-Kong, 20-21 août 2005, p. 6.

[11]

Revenu citadin moyen en 2004 : 940 euros par an (et hausse annuelle de 9 %). Revenu rural moyen pour la même période : 290 euros (hausse annuelle de 4 %). Le ratio est désormais de 3,2 contre 1,85 au milieu des années 1980 ; 60 % des Chinois sont des ruraux.

[12]

Fréquemment, des usines très gravement polluantes, occasionnant des taux anormaux de décès dans les bourgs et villages affectés, ne sont pas fermées, car elles sont propriété de cadres du Parti ou de leurs protégés.

[13]

Les orientations du 11e plan ont été définitivement arrêtées par le Comité central en novembre 2005 et doivent être validées par un vote de l’Assemblée Nationale Populaire en mars 2006.

[14]

Le PIB vert cherche à déduire les coûts liés à la consommation des ressources naturelles et aux dégâts environnementaux du PIB.

[15]

Voir, par exemple, le « China-EU Sustainable Business CEO Forum » en mai 2004.

[16]

Agence Chine Nouvelle, 25 juin 2006.

[17]

Cf. mon article « A quoi sert le Parti communiste chinois ? », Etvdes, avril 2005, p. 461-470.

Résumé

Français

Trois pollutions majeures de cours d’eau en trois mois ; la situation alarmante des forêts ; le niveau d’émission de dioxyde de sulfure le plus élevé au monde... La crise écologique assortie de ses composantes sociales constitue une crise du système. La Chine ne peut que rechercher de nouveaux équilibres.

Plan de l'article

  1. Une croissance à haut risque
  2. Des tensions systémiques
  3. Un tournant vers le développement durable ?
  4. Les obstacles au changement

Pour citer cet article

Vermander Benoît, « La Chine face à la crise écologique », Études, 3/2006 (Tome 404), p. 309-316.

URL : http://www.cairn.info/revue-etudes-2006-3-page-309.htm


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