Etudes anglaises
Klincksieck

I.S.B.N.sans
128 pages

p. 310 à 316
doi: en cours

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Étude critique

Tome 54 2001/3

2001 Études anglaises Étude critique

Perspectives nouvelles sur l’histoire de l’anglais  [1]

François Chevillet Université de Grenoble III
Après les volumes I et II (1992 : voir CR dans EA [47 : 67-9]), V (1994 : voir CR dans EA [49 : 207-9]), voici les deux derniers en date — dans le désordre — de cette histoire de l’anglais qui en comprendra six au total. Cette prestigieuse série, publiée sous la responsabilité éditoriale de Richard M. Hogg, Smith Professor of English Language and Medieval Literature, University of Manchester, devant se clore avec le Volume VI, English in North America: Origins and development (ed. J. Algeo). Hogg a raison de souligner qu’il est parfois — et même souvent — artificiel de vouloir à tout prix séparer la synchronie et la diachronie : tout spécialiste de l’histoire de la langue sait très bien qu’elles sont inextricablement entremêlées, et qu’il est impossible de produire une description synchronique satisfaisante si l’on ne possède pas un minimum de recul diachronique. Pour Hogg, qui valorise très fortement les paramètres extralinguistiques, « The reasons for the spread of English are political, cultural and economic rather than linguistic. So too are the reasons for such linguistic elements within English as the high number of borrowed words. This History, therefore, is based as much upon political, cultural and economic factors as linguistic ones, and it will be noted that the major historical divisions between volumes are based upon the former type of events (the Norman Conquest, the spread of printing, the declaration of independence by the USA), rather than the latter type » (Préface générale, xii). Pour Hogg, le développement de l’anglais a suivi un processus « centripète » jusqu’au XVIIe siècle, après quoi le processus s’est inversé pour devenir « centrifuge » (colonisation, émigration, entraînèrent l’émergence de nouvelles variétés d’anglais indépendantes).
L’introduction substantielle de S. Romaine, spécialiste renommée dans les domaines sociolinguistique et diachronique, brosse à grands traits l’évolution de la langue, depuis le vieil-anglais jusqu’aux « New Englishes » — pièces maîtresses de la sociolinguistique, qui a définitivement acquis ses titres de noblesse avec Labov, Trudgill, Chambers, Milroy et Milroy. Y a-t-il une unité dans la diversité ? Malgré les déplacements du/des centre/s de gravité, et le caractère « pluricentric » de l’anglais (27), on peut néanmoins parler d’un « common core » : sur le plan lexical (on trouve une brève genèse de l’OED — de Murray à Burchfield —, l’auteur faisant remarquer, chemin faisant, un glissement de sources des citations, de la langue littéraire vers la langue journalistique), sur le plan grammatical (cf. Quirk et al.), sur le plan phonologique (la présence d’un tableau répertoriant les divergences de prononciation entre les différentes variétés d’anglais, p. 40, est opportune), et sur le plan littéraire (le problème de la langue de l’ère post-coloniale est clairement posé : « acte d’identité » pour les auteurs utilisant un anglais africain ou teinté de créole hawaïen, par exemple). Les considérations sur la nature de l’anglais standard et sur la prononciation communément désignée sous le nom de RP (received pronunciation) ne manqueront pas de retenir l’attention de tous les universitaires qui utiliseront ce livre. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que l’étiquette « RP » est due à A. J. Ellis (1869), qui parlait de « a received pronunciation all over the country, not widely differing in any particular locality, and admitting a certain degree of variety » (36). S. Romaine passe brièvement en revue les phonéticiens ayant contribué à asseoir le terme et à (re)définir le concept : Daniel Jones, bien sûr, dont la première édition du célèbre English Pronouncing Dictionary date de 1917, H. C. Wyld qui, en 1927 (A Short History of English), préférait parler de « Public Shool English », D. Abercrombie, qui faisait déjà remarquer en 1963 (Problems and Principles in Language Study) que beaucoup d’anglophones étaient hostiles à RP en raison des connotations sociales négatives suscitées par cet accent, et plus récemment J. Honey (Does Accent Matter? The Pygmalion Factor, 1989), qui se plaisait à souligner que l’accent de la Reine et de la Reine mère était diversement apprécié par les Anglais.
Après cette excellente introduction, on trouve six chapitres sur le vocabulaire (J. Algeo), la syntaxe (D. Denison), l’onomastique (R. Coates), la phonologie (M. K. C. MacMahon), la grammaire et l’usage (E. Finegan), et la langue littéraire (S. Adamson). Après avoir fait remarquer qu’il est impossible d’évaluer correctement, objectivement, scientifiquement, l’escarcelle lexicale d’une langue (61), Algeo montre que l’évaluation de l’accroissement du vocabulaire relève de la gageure. Se fonder sur l’OED pour jauger ce dernier se révèle être une gymnastique pour le moins hasardeuse : on a remarqué, par exemple, que le dictionnaire contenait très peu de citations du XVIIIe siècle, et l’on a pu être tenté d’en conclure hâtivement que le tempérament conservateur des rationalistes pouvait en être la cause. En fait, ce déclin dans l’accroissement du stock lexical de l’anglais est certainement dû (Algeo le prouve de façon convaincante) à une raréfaction des matériaux à inclure pour de simples raisons techniques (« uneven gathering of citations », 64). Telles sont les vicissitudes de la pratique lexicographique : « Shakespeare was over-read; the eighteenth century was under-read » (64).
Dans sa contribution syntaxique, Denison fait remarquer qu’il n’a pas pu bénéficier de « towers of published syntactic research » semblables à celles qu’avaient à leur disposition R. Hogg et N. Blake pour les volumes I et II : il a donc dû œuvrer tout seul. Le corpus utilisé est essentiellement celui de l’anglais 1) « informal » ; 2) littéraire (la poésie en est cependant exclue ! — en particulier des dialogues de romans ou de pièces de théâtre, auxquels vient s’ajouter un immense corpus de correspondance privée (100 000 mots) s’échelonnant de 1861 à 1918, car, nous dit à juste titre Denison, « Informal private letters not intended for publication are generally a convenient source of colloquial language » (94). À ce corpus épistolaire viennent s’ajouter les lettres de Keats, de Mrs Gaskell, et de Jane Austen. Sont également dépouillés certains livres de littérature enfantine, par exemple ceux de E. Nesbit (l’usage des pronoms personnels y est particulièrement intéressant, 107-8). Les sources secondaires comprennent l’OED (2e édition sur CD-ROM), et les « monuments » incontournables : Jespersen, Visser, Poutsma. Il s’agit là d’une contribution très soignée, extrêmement bien documentée. L’absence de tout dogmatisme est appréciable : les usages discutables — et discutés — sont évalués à l’aune de différentes théories, dont le générativisme à l’occasion. Mais les renvois aux notes en fin de chapitre sont trop fréquents, et certains des longs développements qu’on y trouve auraient gagné à être inclus, d’une manière ou d’une autre, dans le corps du texte : c’est le seul reproche — bien mince au demeurant — que l’on puisse faire à Denison, dont le texte fourmille de pistes de réflexion passionnantes, sur BE + -ING, la passivation, les modaux.
Coates, qui traite de l’onomastique en anglais, soulève d’entrée les problèmes de créativité lexicale dans ce lexique particulier, qu’il baptise « onomastique » (« Individuals’ onomasticons are loosely associated with the lexicons of particular languages, or with particular langages », 331). Qu’est-ce qu’un nom anglais ? Athens (USA) en est-il un ? (le nom de la ville grecque se traduit en français, celui-ci, non). Coates considère qu’un nom anglais est « one coined using English material » (332). D’un point de vue phonologique, on remarque que 1) la prononciation actuelle masque souvent l’étymologie : Horsham n’est plus perçu comme hors(e)s + ham/hamm ; 2) les prononciations régionales comme /deintrI/ (Daventry) sont nettement archaïsantes. Mais ceci ne vaut que pour les noms propres anciens, car les patronymes et les toponymes les plus récents sont souvent transparents. Les considérations sur la mode de certains prénoms, leur troncation et leur restructuration phonologique (Derek > Del, Gary > Gaz) ne manquent pas de retenir l’attention, et l’on aimerait des exemples encore plus nombreux.
La contribution phonologique de MacMahon est un véritable tour de force, et repose sur une bibliographie d’une richesse tout à fait exceptionnelle, mentionnant des ouvrages précieux du XVIIIe siècle : il s’agit d’une somme inégalable, qui force l’admiration. Tout angliciste phonologue doit absolument lire et méditer ce travail hors pair. Les remarques sur la circonspection avec laquelle il faut évaluer les contributions de certains orthoépistes (souvent anonymes) offrent amplement matière à réflexion (377). On constate avec intérêt qu’avant Daniel Jones, un phonéticien américain, S. Haldeman, avait dès 1860 ressenti le besoin d’établir une grille phonétique s’apparentant au modèle qui allait donner naissance aux voyelles cardinales. Les vitupérations de Webster contre les diktats de Walker (399-400) ne manquent pas de saveur. Sélectionnons arbitrairement deux morceaux de bravoure de cette contribution brillante : 1) l’évolution de la prononciation des voyelles des syllabes pré-toniques et post-toniques (420-31), qui s’appuie sur Walker 1791, Ellis 1874 et Wells 1990 : nous avons là affaire à du grand art ; 2) l’évolution des schémas accentuels dans le lexique (492-516) : les six tableaux proposés, d’une richesse rencontrée nulle part ailleurs, devraient nous permettre de revoir certaines de nos analyses diachroniques ; les chercheurs y trouveront un outil de travail absolument indispensable, qui pourrait déboucher sur l’élaboration d’un très utile « historical pronouncing dictionary ». Signalons que MacMahon évalue la proportion de locuteurs RP à 3 % (380, 395) — contre Romaine, qui donne 5 %. En revanche, la majorité des Américains utilise le « General American » (381) — étiquette due à Krapp (1925).
Finegan, qui se penche avant tout sur les questions d’usage, présente ainsi son travail : « The codification of usage, not by an official academy but by a disparate band of independent entrepreneurs, constitutes the story of this chapter » (536). Son texte relève autant de l’histoire des idées que de la linguistique stricto sensu : on y trouve des discussions sur la standardisation, la « correction », l’influence des grammaires latines, la genèse de l’OED — l’influence incontestable de Richard Chenevix Trench, et le rôle central qu’il joua dans le lancement et la promotion de l’ouvrage. La bibliographie utilisée est abondante, et le chercheur souhaitant poursuivre ses investigations trouvera, en fin de chapitre, un guide sélectif sur chacun des points développés.
L’étude de la langue littéraire de S. Adamson clôt l’ouvrage. L’auteur essaie, avec une compétence manifeste, d’y réconcilier les deux « révolutions » — la révolution romantique (Wordsworth et Coleridge dans les Lyrical Ballads, 1798), et la révolution moderniste (T. S. Eliot, The Waste Land, 1922). Elle traite de ces deux révolutions comme d’événements successifs, mais s’empresse de conclure en disant : « But for most of the twentieth century they have also been competing synchronic options » (679). On peut lire, entre autres, un traitement approfondi de la métaphore, des réflexions intéressantes sur l’opposition présent simple — présent progressif dans « The Solitary Reaper », et des considérations très pertinentes sur l’environnement spatio-temporel des objets (système de la deixis).
Dans son introduction, Lass rappelle opportunément qu’il ne faut pas mélanger le linguistique et le social : « Linguistic facts as such are socially neutral; it is only their evaluation by a social group as having a particular significance that makes them socially relevant » (5). L’ouvrage s’ouvre sur une contribution de V. Salmon, « Orthography and Punctuation », où l’on constate que les problèmes soulevés par les homophones, les homographes et les homonymes étaient déjà perçus clairement au XVIIIe siècle. On y lit deux sections très solides sur l’orthographe et la ponctuation de 1582 à 1600 et de 1661 à 1676. Sont passés au peigne fin les travaux de R. Mulcaster et de l’Écossais A. Hume (Of the Orthographie and Congruitie of the Britain Tong, 1617) — ce dernier avait bien saisi les distinctions entre le nord et le sud. Les deux hommes, qui s’adressaient manifestement plus à l’écrivain qu’à l’imprimeur, préconisaient globalement une plus grande cohérence orthographique.
R. Lass est l’auteur de « Phonology and Morphology ». Selon Lass, si les orthoépistes constituent encore et toujours un recours incontournable pour le diachronicien phonologue, il faut cependant faire la part des choses, et bien distinguer 1) ceux qui avaient conscience de la nécessité de séparer graphie et phonétisme (par exemple J. Wallis et J. Hart) ; 2) les « second-raters » (innombrables). La comparaison entre Hart (1569) et Holder (1669) permet à Lass de mettre en évidence le changement de point d’articulation de /t, d/ (dental > alvéolaire) entre le XVIe et le XVIIe siècle — fait ignoré des historiens de la langue (60). Au sujet du Grand Changement Vocalique — dont Lass est un expert reconnu —, l’auteur, qui s’interroge à bon escient sur les phénomènes de fermeture et de diphtongaison, écrit la phrase suivante, à laquelle tout diachronicien ayant quelque peu réfléchi au problème ne peut qu’adhérer entièrement : « How do we know that these particular ones belong to a named unit ; that we’re not … attributing spurious unity to a collection of unrelated changes that happen to make a nice pattern? » (74). Ici, cependant, on est très surpris de ne pas trouver cité l’excellent C. Jones 1989. Par ailleurs, Lass a très certainement raison de considérer que « most of the really interesting questions in history are methodological or philosophical » (73). Plus loin Lass, qui a décidément le goût de la formule, déstabilise, à juste titre une fois de plus, les historiens — idéalistes — de la langue favorables à l’unicité du processus : « Geometrical beauty or neatness of course do not always correlate with “truth” (though for physicists the aesthetics of a solution are often a strong argument for its genuineness). Here beauty and likelihood fall together nicely » (77). Mais pourquoi ne pas citer l’article très convaincant de P. Johnston : « English Vowel Shifting : One Great Vowel Shift, or Two Small Vowel Shifts? » (Diachronica 9/2, 1992, 189-226) ? Pour l’évolution du vocalisme, Lass s’appuie sur une multitude de sources, examine attentivement les écrits des orthoépistes — en comparant Hodges et Wallis, par exemple, on s’aperçoit que, lors de la mise en route de la scission de /u/ (cf. angl. contemp. /U/ ¤ /­/), le phonème n’avait encore amorcé ni ouverture ni centralisation : une telle constatation rectifie une opinion communément admise. Les nombreux tableaux récapitulatifs sont de grande qualité. Pour l’évolution des pronoms allocutoires, les faits rapportés par Lass sont connus. Si l’influence du français a peut-être contribué à donner à you un rôle prépondérant au détriment de thou, en revanche, rien n’explique pourquoi la codification du système français (tu-vous) n’a pas entraîné un fonctionnement analogue en anglais, alors que l’influence du français — de la Cour — est censée avoir été si importante. Assurément, trop peu d’études approfondies ont été consacrées à ce problème, et force est de constater qu’à ce jour, la disparition du tutoiement en anglais n’a toujours pas été élucidée.
La très substantielle section « Syntax », due à M. Rissanen, est complétée par quelques notes succinctes mais pertinentes, et une sélection critique d’ouvrages est suggérée pour chacun des points développés (this et that, syntaxe génitivale, genèse des modaux, origine et développement de do, etc.). L’accent est mis sur les XVIe et XVIIe siècles — période où variabilité et instabilité sont encore grandes. Les exemples sur lesquels s’appuient les considérations de ce chapitre sont puisés dans le « Helsinki Corpus of English Texts » (500 000 mots). La prose y occupe une place de choix, et les dramaturges élisabéthains, dont l’importance n’est pas sous-estimée, ne sont utilisés qu’avec parcimonie. On note de très fines remarques pragmatico-sémantiques sur le glissement du numéral one vers l’indéfini (197), accéléré sans nul doute par la disparition de man dès la fin du moyen-anglais. La section sur l’origine de l’auxiliarisation de do (239-48) est dense et synthétique. Le développement du système d’auxiliaires dès la fin du moyen-anglais a-t-il contribué à populariser do dans ses nouvelles fonctions? La construction périphrastique relève-t-elle plus de l’oral que de l’écrit? Doit-on mettre en avant des considérations phonotactiques (« Thou didst imagine » préféré à « Thou imaginedst ») ? Quel rôle conjoint ont pu jouer la pragmatique et la stylistique ? Une chose est certaine : le déclin de la popularité de la construction en do dans les énoncés affirmatifs fut aussi rapide que son émergence (XVIIe siècle), et son utilisation fréquente chez Bunyan est vraisemblablement due à l’influence de la Bible.
T. Nevalainen est l’auteur de « Early Modern English Lexis and Semantics ». La période examinée se caractérise par un accroissement lexical sans précédent, tant par l’exploitation des ressources morphologiques internes que par l’emprunt extensif (le travail remarquable de Serjeantson [1935] fait toujours autorité) : alors que le vieil-anglais recelait seulement 3 % d’emprunts, l’escarcelle lexicale du début de l’anglais moderne en abrite environ 50 %. Les mots nouveaux rivalisent parfois avec des éléments indigènes, favorisant la synonymie et l’instauration de plusieurs registres. Le problème de l’évaluation de l’intégration lexicale (par exemple « animal », à côté de « beast » et de « deer ») fait l’objet de considérations fines (362-4). La section finale sur le changement sémantique est excellente, en particulier l’exposé sur la motivation linguistique — la phonesthétique, notamment. De la contribution de M. Gorlach (« Regional and Social Variation »), on retiendra l’impossibilité — dans l’état actuel de nos connaissances du moins — de donner une interprétation sociolinguistique vraiment convaincante des données historiques. Dans « Literary Language », S. Adamson rappelle que la période envisagée dans ce volume a donné naissance (parallèlement à l’émergence d’une langue « nationale » — Standard English) à une littérature « nationale » (importance des « best authors », canonisés par S. Johnson) — à laquelle E. Partridge donna naguère le nom de « Literary Standard ». Bien que cette forme de littérature soit fortement critiquée dans les milieux universitaires britanniques à l’heure actuelle (539), Adamson prend le parti d’adopter une attitude prudemment conservatrice car « … an account of the forms of the canonical literary language may be an essential first step towards explaining features of the non-canonical » (540). L’étude approfondie des figures de style est séduisante. Et bien que l’on doive à Sheridan le célèbre « malapropism », les incongruités langagières émaillaient déjà, de toute évidence, le discours des prédécesseurs de Mrs Malaprop : ainsi H. Peacham (The Garden of Eloquence, 1593) parlait de « cacozelon » (terme emprunté à Quintilien) — dont se rendent coupables deux célèbres personnages de Shakespeare : Mistress Quickly et Dogberry. Où se situe, du reste, la frontière entre créativité et incompétence ? Shakespeare n’était-il pas lui-même un expérimentateur de génie, dont les nombreux latinismes — fleurant parfois l’encrier — n’ont pas tous réussi à s’implanter ?
Ces deux volumes sont de véritables joyaux, tant par la qualité des textes des diverses contributions que par le travail d’harmonisation remarquable effectué par S. Romaine et R. Lass.
 
NOTES
 
[1]SUZANNE ROMAINE, ed. — The Cambridge History of the English Language, Vol. IV: 1776-1997. (Cambridge: Cambridge UP, 1998, xx + 789 pp., £ 80. 00.)ROGER LASS, ed. — The Cambridge History of the English Language, Vol. III: 1476-1776. (Cambridge: Cambridge UP, 1999, xviii + 771 pp., £ 80. 00.)
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